Skip to content

La révolution des mœurs

27 juin 2016

révolution des mœurs

La révolution des mœurs Comment les baby-boomers ont changé le Québec de Jean-Marc Piotte «distingue soigneusement la révolution des mœurs de la Révolution tranquille avec laquelle on la confond trop souvent». La première s’est manifestée dans la plupart des démocraties occidentales, la deuxième fut plus spécifique au Québec.

Préface : Normand Baillargeon situe ce livre parmi tous ceux qui ont été écrits sur cette époque. Il place ensuite les enjeux soulevés par ce livre.

Introduction : En plus de présenter les chapitres qui suivent, l’auteur précise que si la révolution des mœurs est essentiellement «le fait des baby-boomers, dont font évidemment partie les femmes», la Révolution tranquille «est animée principalement par des acteurs provenant des mouvements de l’Action catholique». J’ai d’ailleurs toujours trouvé incongru qu’on associe les Lesage, Lévesque et autres Gérin-Lajoie à des baby-boomers… Comme je dis souvent, nous sommes déjà assez nombreux, n’en rajoutez pas!

Les Trente Glorieuses et la révolution des mœurs : L’auteur explique de façon sommaire les événements qui ont mis la table pour l’avènement de la Révolution tranquille internationale et la révolution des mœurs québécoise, soit ceux qui ont mené à la forte croissance de l’époque qu’on a par la suite baptisée les Trente glorieuses.

Les bonnes mœurs et l’Église : Avant nos deux révolutions, l’église catholique ne contrôlait pas seulement nos établissements d’éducation, de santé et de services sociaux, mais aussi nos lectures et même notre vie sexuelle.

L’Église ne se réduit pas au clergé : L’auteur nous rappelle que, même avant nos deux révolutions, l’église était loin d’être monolithique. Une grande partie du réveil de la société est en effet due à des organisations catholiques, comme la Jeunesse ouvrière catholique (JOC), la Jeunesse étudiante catholique et les syndicats catholiques (dont la Confédération des travailleurs catholiques du Canada, ancêtre de la CSN).

La révolution québécoise des mœurs (1960-1980) : La création de l’État-providence lors de la Révolution tranquille a entre autres permis aux premières cohortes de baby-boomers de trouver des emplois nombreux dans les nouvelles institutions nouvellement créées (cégeps, Université du Québec, nouveaux hôpitaux, Hydro-Québec, firmes d’ingénierie, etc.). L’élévation du niveau de vie, avec la généralisation de l’utilisation de la pilule anticonceptionnelle, fut d’ailleurs un des moteurs de la révolution des mœurs.

Pour illustrer les changements apportés par la révolution des mœurs, l’auteur a retenu deux revues qu’il présente dans ce chapitre, soit Parti pris (dont il fut un des fondateurs) et Mainmise, chacune ayant accompagné cette révolution à leur façon. Il présente aussi d’autres événements de l’époque.

L’approfondissement de la révolution des mœurs:le mouvement féministe (19701990) : Passant rapidement sur les faits marquants du féminisme d’avant les années 1970, l’auteur procède comme dans le chapitre précédent, soit en se penchant sur deux revues des années 1970 et 1980, Québécoises deboutte! (revue du Front de libération des femmes du Québec) et La vie en rose.

Conclusion : Des revues qu’il a présentées, l’auteur considère que Mainmise et La vie en rose furent celles qui ont le mieux reflété la révolution des mœurs, notamment sur la libération sexuelle et sur l’acceptation des orientations sexuelles auparavant cachées (quoique cette acceptation demeure encore aujourd’hui bien relative…). Cette libération s’est aussi manifestée par l’explosion du nombre de couples en union libre et par l’arrivée en masse des femmes sur le marché du travail.

L’auteur bifurque ensuite pour analyser les conséquences de la montée du néolibéralisme et de la hausse des inégalités depuis au moins le début des années 1980, puis la situation de la politique internationale et québécoise, et enfin la place de la religion et de la démocratie dans notre société. Même si ses propos sont intéressants et pertinents (il appuie QS!), ils m’ont semblé bien loin du sujet du livre. Comme l’auteur a annoncé que ce livre serait son dernier, peut-être a-t-il voulu laisser son testament politique, ce qu’on ne peut que respecter.

Et alors…

Lire ou ne pas lire? Je ne sais pas. D’une part, la distinction qu’il fait entre la révolution des mœurs et la Révolution tranquille est intéressante, mais, d’autre part, il ne la développe pas suffisamment à mon goût, s’étendant parfois longuement sur des sujets faiblement liés au thème du livre, même s’ils sont intéressants. Ce livre n’est pas long à lire (à peine plus de 100 pages), mais, justement, il est peut-être trop court! Il faut dire aussi que j’ai tellement lu sur cette époque dernièrement que je suis peut-être devenu plus exigeant quand on en parle… En somme, si vous en avez moins lus que moi, ce livre est peut-être pour vous!

Advertisements
No comments yet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :