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Le FMI et les inégalités

15 octobre 2016

fmi_inegalitesComme je l’ai mentionné à quelques reprises, le discours de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et du Fonds monétaire international (FMI) sur les inégalités ne cesse de nous étonner depuis quelques années. J’ai tenté de compiler ces études il y a quatre ans, mais j’ai renoncé depuis tellement il y en a! Heureusement, le FMI a justement publié récemment un document (en fait une présentation utilisée dans une conférence) de Prakash Loungani qui fait le tour des analyses du FMI sur la question depuis quelques années. Il vaut la peine d’en présenter les faits saillants, même si le contenu d’une présentation ne peut les approfondir. Au moins, cela nous donnera un aperçu de la réflexion du FMI sur ce sujet de première importance.

Les causes des inégalités

L’auteur mentionne dès le début de sa présentation que les causes des inégalités peuvent varier d’un pays à l’autre. Il demeure que certains facteurs ressortent nettement (j’ai mis des liens vers les études du FMI qui parlent des sujets mentionnés, tandis que celle-ci couvre ces sujets et quelques autres qui leur sont liés) :

  • l’évolution démographique;
  • le commerce international (ou la mondialisation);
  • les mesures d’austérité;
  • les récessions;
  • les politiques fiscales (notamment la diminution des impôts des riches et des entreprises);
  • la libre circulation internationale des capitaux;
  • l’affaiblissement des institutions encadrant le marché du travail, notamment la syndicalisation et le salaire minimum;
  • les politiques financières et monétaires (dont le déréglementation du secteur financier);
  • la capture de la réglementation par les riches.

Les conséquences des inégalités

Les inégalités :

  • nuisent à la croissance et diminuent la durée des périodes de croissance (une autre étude plus récente du FMI que j’ai commentée dans ce billet arrive à la même conclusion);
  • fragilisent la cohésion sociale;
  • accentuent l’influence des élites (des riches) sur les décisions politiques;
  • peuvent être désirables si maintenues à un niveau acceptable (niveau toutefois indéfinissable, car variable selon les situations);
  • doivent faire l’objet d’une analyse pays par pays pour déterminer les politiques les mieux adaptées pour éviter qu’elles soient excessives.

Les solutions aux inégalités

Ces solutions peuvent aussi bien s’attaquer aux inégalités de marché (avant impôts et transferts) que viser à les amoindrir à l’aide des impôts et des transferts (ces recommandations viennent presque toutes de cette étude et, dans une moindre mesure, de celle-ci) :

  • se doter de systèmes d’éducation et de santé efficaces;
  • réglementer adéquatement le secteur financier;
  • améliorer les lois du travail (dont le droit à la syndicalisation) et hausser le salaire minimum;
  • implanter des programmes sociaux complets et des programmes de transferts pour redistribuer la richesse;
  • adopter des impôts plus progressifs et réduire les exemptions et crédits d’impôt qui avantagent les plus riches;
  • tenir compte de l’impact sur les inégalités (y compris de genre) dans l’adoption de toute politique, surtout lors de périodes de consolidation fiscale (diminution du déficit);
  • prévoir des systèmes de retraite qui offrent des pensions adéquates pour les pauvres dont l’espérance de vie est moins élevée que celle des plus riches (donc des régimes pas seulement basés sur les contributions des travailleurs);
  • taxer la propriété et les héritages (recommandation de Thomas Piketty).

Et alors…

Ce court compte-rendu du document du FMI n’apporte pas vraiment de révélation renversante, mais permet tout de même de constater à quel point les analyses et recommandations du FMI ont changé depuis qu’il imposait ses «ajustements structurels». Comme je l’ai mentionné en amorce, ce revirement ne cesse de nous étonner depuis quelques années, même si des gestes concrets allant dans le sens de ce discours nous surprendraient beaucoup plus! En effet, le FMI hésite par exemple à inciter l’Allemagne à utiliser ses «excédents pour stimuler la croissance mondiale», et demeure toujours aussi jovialiste face aux ententes internationales de supposé libre-échange (comme l’expliquait bien hier à RDI économie Olga Zrihen, députée socialiste au Parlement de la Wallonie), sans pourtant que ces ententes ne garantissent une juste répartition de la croissance qu’elles sont censées favoriser.

On doit noter que ces études contiennent toutes un encadré nous avertissant que leur contenu ne représente pas nécessairement les opinions du FMI. Mais, lorsqu’il en diffuse autant sans qu’aucune n’aille dans le sens opposé, on peut se demander à tout le moins ce qu’attend le FMI pour adopter officiellement les principales conclusions de ces études et pour qu’elles fassent partie de ses politiques officielles. Et, si jamais il le fait, nous applaudirons, mais attendrons quand même qu’il les applique avant de vraiment nous réjouir.

2 commentaires leave one →
  1. Richard Langelier permalink
    15 octobre 2016 20 h 24 min

    Mieux vaut tard que jamais, mais «On doit noter que ces études contiennent toutes un encadré nous avertissant que leur contenu ne représente pas nécessairement les opinions du FMI». Peuple à genoux, ne chante pas délivrance trop tôt! Le courroux du père ne sera pas apaisé par un rédempteur.

    J'aime

  2. 15 octobre 2016 21 h 32 min

    «Mieux vaut tard que jamais»

    Tu penses que j’aurais dû le mentionner avant? Peut-être, mais le document que je présente dans ce billet n’en parle même pas!

    J'aime

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