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Crise grecque, tragédie européenne

7 novembre 2016

crise-grecqueTémoin privilégié de la crise grecque, puisqu’il a vécu dans ce pays au cours des six mois les plus marquants de cette crise pour conseiller son ami Yanis Varoufakis, alors ministre des Finances de la Grèce, James K. Galbraith était bien placé pour écrire Crise grecque, tragédie européenne. Comme ce livre compte 37 chapitres, je ne pourrai les commenter. Sauf pour l’introduction, je vais simplement mentionner les sujets qui y sont abordés.

1. Le cadeau empoisonné : L’auteur retrace dans ce chapitre-introduction les événements à la source de la crise grecque. Même si les facteurs sont nombreux et remontent à la Deuxième Guerre mondiale, Galbraith insiste surtout sur l’établissement de la monnaie unique en Europe et sur la politique économique de l’Allemagne qui ont non seulement été des facteurs prédominants de la crise grecque, mais aussi de celles vécues en Irlande, au Portugal, en Espagne et en Italie, considérant que la crise financière n’a fait qu’exacerber (considérablement, toutefois) l’ampleur de ces facteurs. Il raconte ensuite les circonstances au cours desquelles il a rencontré pour la première fois (en 2011) Yanis Varoufakis et Alexis Tsipras, qui est encore le premier ministre grec. Et il explique le contenu des textes qui composent ce livre :

«Les écrits qui suivent proposent un récit personnel de ces années et de ces mois-là, qui ont conduit au score magnifique de 61,5 % en faveur du «Non» lors du vote du 5 juillet 2015; à la démission de Yanis le 6; puis à la capitulation du gouvernement face aux exigences de ses créanciers le 13 juillet; au nouveau protocole d’accord; à la scission interne de Syriza; et enfin à la démission d’Alexis Tsipras et à de nouvelles élections (…)»

C’est là que j’ai réalisé que ce livre est en fait un recueil de textes, certains déjà publiés dans divers médias, d’autres tirés de courriels. Précisons toutefois que ces textes ont été remaniés et que l’auteur a ajouté des mises en contexte au début de chaque texte et des précisions dans des notes en bas de page.

Première partie 2010-2014

Dans cette première partie, Galbraith aborde les sujets suivants :

  • comment briser l’emprise des créanciers et des spéculateurs sur la situation économique européenne en général et grecque en particulier (et pourquoi cela n’a pas été fait);
  • l’inanité des mesures d’austérité imposées à la Grèce (et à d’autres pays européens);
  • l’illusion que n’importe quelle croissance serait une solution à l’austérité, alors que seule une croissance reposant sur la solidarité et la protection sociales peut en venir à bout;
  • l’élection de Syriza et ses conséquences sur les intérêts des États-Unis;
  • les différences de la reprise aux États-Unis et en Europe, et l’échec des réformes structurelles dans ce continent.

Deuxième partie 2015

Dans cette deuxième partie, l’auteur présente :

  • les conséquences politiques et économiques de l’élection de Syriza en Grèce en janvier 2015, et l’importance de négocier de façon constructive (finalement, ces négociations ne l’ont jamais été);
  • l’impact de l’élection de Syriza sur les États-Unis;
  • une vue de l’intérieur des négociations entre la Grèce et ses créanciers (la troïka formée de la Banque centrale européenne, du Fonds monétaire international et de la Commission européenne) pour reporter les échéances de remboursement de quatre mois en février 2015, ainsi que les faussetés rapportées dans les médias sur le contenu de ces négociations (le gouvernement de la Grèce y est constamment noirci);
  • les attaques personnelles contre Yanis Varoufakis lors de ces négociations;
  • l’absence d’ouverture de la troïka et les contrôles tatillons imposés par ses représentants;
  • le contexte politique en Europe (avec des élections prévues dans de nombreux pays, dont en Espagne où Podemos menaçait) lors des négociations;
  • les possibilités que la Grèce quitte la zone euro;
  • ses conseils à Yanis Varoufakis et ses échanges avec une représentante de la Banque fédérale des États-Unis lors des négociations entre la Grèce et la troïka (en mai 2015);
  • l’intransigeance des économistes orthodoxes de la troïka (qui ne reconnaîtront jamais que leurs recettes sont nuisibles);
  • des propositions pour mettre fin à l’austérité, pas seulement en Grèce, mais dans toute l’Europe;
  • une rencontre informelle entre l’auteur, Yanis Yaroufakis et Wolfgang Schäuble, ministre des Finances de l’Allemagne, rencontre qui s’est révélée vaine;
  • un examen du concept de réforme;
  • quatre analyses des conséquences du résultat du référendum grec du 5 juillet 2015, la première une semaine avant sa tenue et les trois autres au cours de la semaine le précédant;
  • la mauvaise foi de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international dans leur analyse de la situation financière de la Grèce depuis 2010 (alors qu’il était déjà clair que sa dette était insoutenable);
  • les suites de la démission de Yanis Varoufakis comme ministre des Finances le lendemain du référendum;
  • les réactions de l’auteur face aux exigences encore plus draconiennes (et vengeresses) de la troïka après le référendum;
  • sa participation à un groupe secret qui a conçu un plan de sortie de l’euro, plan B qui n’a bien sûr jamais été réalisé, et ses suites quand Yanis Varoufakis en a révélé l’existence après sa démission;
  • une analyse des conséquences de la capitulation complète de la Grèce aux exigences de la troïka le 13 juillet 2015, à la fois sur la Grèce et sur toute l’Europe;
  • une conclusion dans laquelle il propose des pistes pour établir une «politique économique pragmatique» qui pourrait permettre à tous les pays de poursuivre le bien commun de la société.

Appendice : Ici l’auteur présente plus en détail le plan de sortie d’urgence de l’euro sur lequel il a travaillé, comme mentionné plus tôt.

Et alors…

Lire ou ne pas lire? Si on s’intéresse aux négociations qui ont eu lieu entre la troïka et la Grèce après l’élection de Syriza, il n’y a pas de doute que ce livre est à lire. Il est toutefois préférable de connaître au moins les grandes lignes de ces événements pour bénéficier pleinement de sa lecture. Par contre, comme il s’agit d’un recueil de textes, le contenu est souvent répétitif. Les textes sont comme une loupe sur des événements quotidiens, sauf vers la fin, ce qui comporte à la fois des avantages et des désavantages. Et, je tiens à vous avertir, l’histoire que raconte ce livre est profondément déprimante…

2 commentaires leave one →
  1. 9 novembre 2016 12 h 17 min

    …sauf que la tragédie américaine vient de commencer!

    J'aime

  2. 9 novembre 2016 12 h 36 min

    En effet…

    J'aime

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