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Cinq chantiers pour changer le Québec

12 décembre 2016

cinq-chantiersComme je consacre passablement de temps à ce blogue et que je travaille à temps plein, je ne sors pas souvent. J’ai fait une exception pour participer au lancement du livre Cinq chantiers pour changer le Québec – Temps, démocratie, bien-être, territoire, transition sous la direction de Gabrielle Brais Harvey le 23 novembre dernier. Ce livre, dont la parution a été rendue possible grâce à une campagne de sociofinancement organisée par l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS), entend répondre à cette question : «Quelles seraient les politiques qu’un gouvernement au service du bien commun pourrait mettre en branle dans un premier mandat ?».

Introduction : Cette introduction présente la situation politique actuelle au Québec et précise que nos gouvernements se limitent trop souvent aux projets suivants : «déficit zéro, extractivisme, baisses d’impôts, compression des dépenses, privatisation, etc.». Elle aborde ensuite l’objectif de ce livre mentionné dans l’amorce de ce billet.

Temps : Eve-Lyne Couturier, Minh Nguyen et Julia Posca examinent dans un premier temps «ce qui fait défaut dans l’organisation actuelle du temps de travail». Après avoir posé ce diagnostic, les auteur.e.s proposent trois mesures pour faire face à cette situation, «soit la réduction de la semaine de travail, une bonification des vacances payées et l’instauration d’un congé universel».

Démocratie : François Desrochers et Philippe Hurteau décrivent en début de chapitre la situation dans nos milieux de travail où les employé.e.s ont peu à dire sur la façon d’exécuter leurs fonctions. Les nouveaux modes d’organisation du travail tendent au contraire à en faire de simples exécutant.e.s. Il proposent donc deux mesures pour contrer cette tendance et instaurer plus de démocratie dans nos milieux de travail : «favoriser l’expansion rapide du mouvement coopératif» et «amorcer un renversement dans le secteur public en ce qui concerne la concentration du pouvoir entre les mains des hauts fonctionnaires et des ministres qui caractérise les politiques actuelles».

Bien-être : Vivian Labrie et Simon Tremblay-Pépin montrent que les sommes accordées comme dernier recours, soit l’aide sociale, le bien-être ou le BS, sont non seulement insuffisantes, mais en fait conditionnelles à certains comportements, culpabilisants (si une personne ne réussit pas à s’en sortir, c’est de sa faute) et assorties «du déluge de préjugés qui entretient une réprobation souvent contagieuse à leur (les bénéficiaires) égard». Pour sortir de ce concept du bien-être, les auteur.e.s proposent plutôt des mesures pour viser le bien-vivre :

  • assurer la couverture des besoins de base pour tous et toutes;
  • établir le salaire minimum à un niveau qui permet à une personne qui travaille à temps plein de sortir de la pauvreté;
  • faire en sorte que «la contribution aux finances publiques augmente en importance à mesure que le revenu augmente».

Territoire : Louis Gaudreau, Guillaume Hébert et Jennie Laure Sully expliquent en partant l’importance des territoires et tout ce qui ne va pas avec le type d’utilisation actuelle qu’on en fait, tant du côté de l’exploitation minière, de l’appropriation des terres autochtones et de l’agriculture que de celui de l’étalement urbain et de l’abolition des organismes qui tentaient d’en faire une meilleure utilisation dans toutes les régions du Québec. Les auteur.e.s proposent ensuite des mesures pour que la population puisse se réapproprier ses territoires et faire en sorte qu’ils bénéficient à l’ensemble des citoyen.ne.s plutôt qu’à une petite élite, en localisant et en décentralisant la gestion du territoire, et en développant «le territoire en fonction du mode de vie (l’usage) plutôt que de la valorisation marchande (l’échange)».

Transition : «L’objectif d’une économie durable est de coordonner la production et la consommation de biens et services de manière à procurer à la population un niveau de vie décent tout en respectant les limites des écosystèmes». Après cette mise en contexte, Renaud Gignac et Bertrand Schepper montrent que l’économie appliquée au Québec ne va absolument pas dans le sens de cet objectif. Ils proposent donc cinq mesures pour s’y approcher :

  • définir un budget carbone pour le Québec;
  • réinvestir dans le transport collectif urbain et interurbain;
  • reprendre le contrôle du transport interurbain;
  • introduire un tarif environnemental sur les importations;
  • miser sur les circuits économiques courts.

Conclusion : La conclusion fait l’éloge du partage et des pistes de solutions proposées dans les cinq textes précédents. Mais, les auteur.e.s insistent, leurs propositions ne sont justement que des pistes. Elles sont proposées en premier lieu pour susciter des débats. Ils et elles souhaitent que les personnes qui liront ce livre en discutent avec leurs proches, laissent tomber des propositions et en ajoutent d’autres.

Et alors…

Lire ou ne pas lire? Lire, bien sûr! L’idée de ce livre est à la fois ambitieuse et modeste. Ambitieuse, car c’est tout un défi de tenter de proposer des solutions de rechange à propos de sujets dont on critique depuis des années les décisions que les autorités prennent à leur sujet. Modeste, car les auteur.e.s laissent toute la place aux personnes qui les liront. Personnellement, j’ai trouvé certaines propositions emballantes tandis que d’autres m’ont laissé perplexe. Cela semble une conséquence quasiment souhaitée par les auteur.e.s!

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One Comment leave one →
  1. 13 décembre 2016 12 h 48 min

    Seulement de se sortir du cercle vicieux «déficit zéro, extractivisme, baisses d’impôts, compression des dépenses, privatisation, etc.» et considérer que les gens sont des citoyens non pas de simple contribuable, c’est déjà beaucoup!

    Aimé par 1 personne

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