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De quoi Total est-elle la somme?

29 mai 2017

«Comploter, coloniser, collaborer, corrompre, conquérir, délocaliser, pressurer, polluer, vassaliser, nier, asservir, régir : autant de moyens employés par les multinationales pour faire et défaire les lois et asseoir leur domination sur nos régimes politique et économique». Voilà ce qu’on peut lire dans la quatrième de couverture du dernier livre d’Alain Deneault, De quoi Total est-elle la somme ? Multinationales et perversion du droit. Les 12 verbes du début de cette phrase sont justement les titres des chapitres de ce livre.

Introduction – Du droit à la violence : L’auteur explique qu’une société aussi puissante que Total peut prétendre respecter la loi tout en étant responsable des pires actes. Ce sont ces actes qui seront présentés dans les chapitres de ce livre.

1. COMPLOTER : L’auteur retrace l’historique de Total, qui a vu le jour par la création de la Compagnie française des pétroles (CFP) en 1924, une société privée avec participation minoritaire du gouvernement (je passe les détails souvent croustillants des circonstances entourant cet historique). Il raconte ensuite plein de tractations entre les pétrolières, dont des ententes sur l’exploitation et la distribution du pétrole un peu partout sur la planète, leur permettant de former un cartel.

2. COLONISER : Les possibilités de croissance de ses activités d’exploration et d’exploitation étant limitées au Moyen-Orient (l’auteur explique bien pourquoi), la CFP et Elf (autre entreprise créée par le gouvernement français qui sera privatisée en 1994 et fusionnera avec Total dans les années 2000) cherchent dans les années 1950 de nouveaux gisements dans les colonies françaises, notamment en Algérie. Elles conserveront le contrôle de ces gisements après l’indépendance de l’Algérie, mais seulement jusqu’en 1971, lorsque l’Algérie a nationalisé (en prenant une participation de 51 %) ce secteur. Malgré cette nationalisation officielle, Total et surtout Elf forment un véritable État dans l’État dans de nombreuses anciennes colonies françaises (dans le cadre de ce qu’on a appelé la «Françafrique»), n’hésitant pas à corrompre de nombreux dirigeants de ces pays (je simplifie, alors que l’auteur fournit de nombreuses manifestations de ce contrôle). Et, c’est encore le cas de nos jours. Mon résumé ne rend nullement justice à ce chapitre terrifiant qui confirme de façon exhaustive les rumeurs les plus extrêmes qu’on peut se faire du rôle des sociétés transnationales sur les malheurs de l’Afrique.

3. COLLABORER : Ce n’est pas pour rien que la France a retardé (ou amoindri l’impact) l’application des embargos adoptés par l’ONU contre l’Afrique du Sud en raison de l’apartheid qui y régnait. Total (et d’autres sociétés françaises) y avait en effet de nombreux intérêts. Ce fut la même histoire lors de l’embargo contre la raciste Rhodésie (aujourd’hui Zimbabwe).

4. CORROMPRE : L’auteur se concentre ici sur les activités de corruption d’Elf et de Total. C’est le règne de l’euphémisme. Plutôt que de parler de pots de vin, on préfère parler de commissions à des conseillers qui facilitent les ventes, à des relations d’affaires et à des amis qui entretiennent des réseaux, et de «rétrocommissions», soit les faveurs obtenues en contrepartie des commissions ainsi que les retours d’ascenseurs aux politiciens et fonctionnaires français pour les remercier de leur compréhension des enjeux de la société… Les meurtres d’opposants à un régime dictatorial sont des investissements pour s’assurer un bon climat des affaires. La fameuse «affaire Elf», qui a éclaté en 1994, a mis à jour cette corruption, mais n’y a pas mis fin (l’auteur raconte efficacement les détails de cette affaire).

5. CONQUÉRIR : Non contentes de leurs magouilles dans les anciennes colonies françaises, Elf et Total entendaient bien conquérir de nouveaux marchés dans d’autres territoires. Par exemple, en Angola, Elf finançait dans les années 1990 à la fois l’armement du gouvernement et de l’opposition armée, pendant que d’autres acteurs (États-Unis, Grande-Bretagne, Cuba, etc.) favorisaient un camp ou l’autre. Tout cela pouvait difficilement déboucher sur autre chose que sur une guerre civile (ayant causé quelque 300 000 morts). Les interventions de Total en Libye ont été moins «fructueuses» en raison du refus de Khadafi de collaborer avec elle. Comme la production de Total dans ce pays a décuplé après l’intervention militaire de 2011 qui a résulté en la mort de Khadafi, il est difficile de ne pas voir un lien de cause à effet entre ces événements (d’autant plus que l’auteur fournit bien d’autres éléments allant dans ce sens). On parle dans ce cas de milliers de morts, sans plus de précision.

6. DÉLOCALISER : La CFP et Elf ont utilisé les paradis fiscaux dès leur création (ou peu après), surtout aux Bermudes pour la première et en Suisse pour la deuxième, pour délocaliser leurs profits, payer moins d’impôts (tant en France que dans les pays africains) et disposer de liquidités pour leurs pots de vin. Ils ont aussi trafiqué leurs déclarations sur le niveau et la qualité de leur production pour payer moins d’impôts. L’utilisation de sociétés-écrans a aussi permis à Total de se dédouaner (au moins partiellement) des conséquences du naufrage de l’Erika au large de la Bretagne en 1999. Ce simple transport de fiouls lourds (si ce n’était pas des déchets industriels dont l’exportation est interdite) passait en effet par le biais d’une quinzaine de sociétés différentes conçues par des avocats. Et je saute la suite de ce chapitre, tout aussi éclairante et décourageante…

7. PRESSURER : On pensait avoir atteint le fond du baril (scusez la…), mais c’était sans compter sur l’effet des programmes d’ajustement structurel du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. Ces programmes représentent en effet une opportunité en or (noir) pour Total. Et, elle en a profité pour appauvrir les pays africains où elle fut et est encore présente, et s’enrichir. Par exemple, face à la dette élevée en Algérie, due à la fois aux programmes d’ajustement structurel et à la corruption (ce qui rend une grande partie de cette dette illégitime ou même odieuse selon bien des organismes internationaux), Total a utilisé ce contexte pour renégocier les contrats qu’elle avait signés avec ce pays.

8. POLLUER : L’auteur présente la situation catastrophique de l’environnement au Nigéria, un important producteur de pétrole, tant en raison d’accidents importants que de la négligence des sociétés d’exploitation, dont Total, qui laissent leurs sites d’exploitation pollués sans les nettoyer quand elle y a saisi tout ce qu’il y a de précieux pour elle. Ce chapitre est une suite d’horreurs, notamment subies par le peuple Égi (voir par exemple cet article).

9. VASSALISER : Ce chapitre relate l’évolution de la propriété d’Elf et de Total. Alors qu’elles ont été toutes deux créées par le gouvernement français, la part de leur propriété lui appartenant n’a jamais cessé de se réduire pour disparaître complètement au début du siècle. Pire, Total n’a plus de français que le nom, car ses actions appartiennent maintenant majoritairement à des intérêts étrangers, en grande majorité à des investisseurs institutionnels. L’auteur raconte l’implication importante des membres de la famille Desmarais qui furent, avec le Belge Albert Frère, les actionnaires les plus importants (avec à peine 5 à 6 % des actions), ce qui leur a permis d’influencer de nombreuses décisions de la société, dont celle d’investir dans les sables bitumineux albertains. Il souligne aussi les liens de cette famille avec de nombreux premiers ministres canadiens, ainsi que la participation importante de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) dans la filière énergétique albertaine.

10. NIER : L’auteur raconte la négation de responsabilité de Total dans l’explosion d’un hangar d’une usine de fertilisants d’une de ses filiales à Toulouse en 2001, explosion qui a causé plus de 30 morts et 2500 blessés, ainsi que des dégâts à un nombre encore plus élevé d’habitations. Il détaille les manœuvres de la société pour jeter le doute sur la cause de l’explosion et limiter ainsi les sommes qu’elle a dû verser aux victimes. Plus de 15 ans après les faits, les démarches judiciaires ne sont toujours pas terminées. L’auteur poursuit avec cinq autres exemples du genre dans d’autres causes mettant en cause Total.

11. ASSERVIR : Dans les années 1990, Total s’est associée avec la junte militaire du Myanmar (anciennement Birmanie) pour profiter du travail forcé de la population, même d’enfants (un crime en droit international), et pour faire déplacer des paysans pour installer un gazoduc. Poursuivie en Belgique et en France, Total s’en est tiré soit en raison de considérations juridiques (que je passe) ou en signant des ententes «à l’amiable» avec les victimes, faisant passer les sommes versées dans le cadre de ces ententes comme un signe de bonne foi de sa part pour des motifs humanitaires. Et Total continue à recevoir l’appui de la classe politique française, de droite comme de «gauche».

12. RÉGIR : Là, l’auteur nous amène en Bolivie, où un gouvernement de gauche (le Mouvement vers le socialisme d’Evo Morales) devait tout changer. Loin d’être nationalisée (comme Morales l’avait promis), Total continue son exploration dans les territoires autochtones sans respecter son obligation de tenir compte des consultations pourtant obligatoires avec ces peuples. Elle établit par exemple elle-même le montant des compensations à verser aux personnes qui subissent les conséquences de l’exploitation. En Argentine, elle exploite des gisements de gaz par fracturation hydraulique dans des aires naturelles protégées, même si cela est interdit (mais avec la bénédiction des gouvernements). L’auteur présente d’autres exemples du genre dans d’autres pays (Centrafrique, Afrique du Sud, Danemark et Royaume-Uni).

Conclusion – Pas de politique : «Total et consorts ne font (…) pas de politique, ils font la loi». Et quand ils ne la font pas, ils ne respectent que celles du marché, de la finance et «de l’entreprise libérée de toute entrave». Pour Total, ne pas faire de politique permet quand même de faire des pressions pour que l’embargo sur les investissements étrangers en Russie ne l’empêche pas d’y explorer et exploiter des gisements de gaz et de pétrole. Pour elle, respecter l’embargo serait faire de la politique! Plutôt que de respecter des lois, elle et ses sœurs appliquent plutôt quatre principes :

  • maîtriser les règles du marché : comme de former un cartel pour se partager les parts de marché et surtout ne pas se concurrencer;
  • compter sur un État complice : pour ne pas qu’il les contrôle et pour qu’il les aide à s’établir où elles le veulent et comme elles le veulent;
  • se jouer de la loi : notamment par l’utilisation des paradis fiscaux et la création de filiales et autres sociétés-écrans;
  • soumettre les États à sa loi : par le lobbying, la corruption, les portes tournantes, les poursuites et même par l’armement des opposants s’il résiste.

L’auteur donne ensuite de nombreux exemples de l’application de ces principes et d’autres stratégies, comme d’acheter des scientifiques pour qu’ils présentent les aspects positifs de l’énergie fossile et minimisent ses pires conséquences, ou de produire des publicités visant le même objectif. Total invoque même la morale pour justifier la poursuite de l’exploitation des énergies fossiles en prétendant viser à offrir aux populations de pays pauvres (qu’elle a exploitées et dont elle a même provoqué la mort de milliers de leurs habitants) les mêmes sources d’énergie dont bénéficient que les populations des pays riches…

Je terminerai le compte-rendu de ce chapitre avec un lapsus du pdg de Total : «Le réchauffement climatique est un enjeu majeur bien évidemment et nous devons y contribuer».

Le totalitarisme pervers : La marque Total a été lancée en 1953. Elle montrait l’ambition de la CFP de s’étendre à la fois géographiquement et verticalement. Dans ce chapitre, l’auteur compare et distingue le totalitarisme psychotique (celui de l’hitlérisme et du stalinisme, par exemple) du totalitarisme pervers, comme celui de Total. La distinction entre les deux se situe dans les liens entre les États et les lois. Je n’en dirai pas plus (même si j’ai compris ce texte à forte teneur philosophique!)…

Postface de l’association Sherpa : Je vais me contenter de cette citation pour montrer l’esprit de cette courte postface :

«Ce recueil de situations (…) permet de comprendre comment un projet initial d’intérêt public, qui était de garantir la sécurité énergétique d’une nation et de ses citoyens, s’est transformé en la soumission pure et simple à l’intérêt privé d’une firme. Constitués en trusts horizontaux et verticaux, ces oligopoles fixent les prix aux consommateurs et se soustraient à toute concurrence, bien loin du libéralisme dont ils se réclament. Parvenus à une échelle globale, ils deviennent plus puissants que les États dans lesquels ils opèrent, se soustrayant à l’impôt, et en sus, bénéficiant de millions d’euros de crédit d’impôt pour la recherche ou la compétitivité, financés par les petits contribuables citoyens.»

Et alors…

Lire ou ne pas lire? J’ai été sévère envers quelques-uns des derniers livres d’Alain Deneault à teneur plus philosophique (notamment, La médiocratie, et Politiques de l’extrême centre), ou n’en ai même pas parlé (Gouvernance), mais c’est vraiment dans ses livres qui dénoncent les sociétés transnationales ou les paradis fiscaux que je le trouve incontournable, pour ne pas dire indispensable. Ce genre de livre est en effet essentiel, tant par l’exhaustivité de ses recherches que par la pertinence de ses propos. Ce qu’il révèle dans ce livre est en effet aussi important que tout ce qu’il a fait connaître sur les paradis fiscaux ou sur les horreurs commises par les sociétés minières. Donc, oui, même si ce livre s’étend sur plus de 400 pages écrites en petits caractères, il faut le lire!

J’ai bien quelques bémols à apporter. Contrairement à ce que je recommande habituellement, les références sont fournies par des notes en bas de pages, alors que les explications complémentaires, souvent très substantielles, sont à la fin du livre, notes que l’auteur appelle des notules, terme qu’on définit comme «une courte annotation à un texte», alors que la première s’étend sur une page complète en caractère lilliputien! Et d’autres sont encore plus longues… Mais, bon, devant le caractère essentiel du contenu de ce livre, je pardonne facilement ce désagrément à l’auteur et à l’éditeur.

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12 commentaires leave one →
  1. Richard Langelier permalink
    29 mai 2017 7 h 27 min

    Pascal Bruckner dira sans doute que ce ne sont que des sanglots de l’homme blanc.

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  2. 29 mai 2017 10 h 38 min

    Je ne connais pas Pascal Bruckner autrement que de nom. J’en ai toutefois entendu parler ce matin à propos d’une lettre délirante parue ce matin dans Le Devoir. Disons qu’il m’est à première vue antipathique. Très.

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  3. bimi permalink
    30 mai 2017 10 h 25 min

    Le premier commentaire fait dévier l’analyse «De quoi Total est-elle la somme?» vers un romancier français qui m’est inconnu. Quand on veut facilement assassiner quelqu’un, on lui prête des intentions de mâle blanc dominant ( une tautologie bien-pensante).

    Sans le moindre argument, l’auteur de ce commentaire associe le romancier à des fanges nébuleusement critiquables.

    Vous renchérissez avec une certaine modération tout de même, « à propos d’une lettre délirante parue ce matin dans Le Devoir» («ce matin», devrait être le 29 mai). J’ai tenté de trouver cette lettre en date du 29 mai dans Le Devoir: rien. Pourriez-vous me fournir le lien?

    L’essai dont vous faites l’analyse est trop riche et trop fondamental pour qu’il ne serve que de tremplin à la vindicte gratuite.

    Que nous apprend Alain Denault : le pouvoir tentaculaire des multinationales, pouvoir qui grouille au-delà et en parallèle de celui des gouvernements, mais toujours en synergie insidieuse avec celui des pouvoirs publics. Qui contrôle quoi? Qui sont les maîtres du politique?

    Ce puissant essai est dévastateur; il réduit à peu de chagrin la démocratie… Les rouages des pouvoirs sont démontés avec une efficacité prométhéenne.

    Pour compléter votre information sur cet essai, vous pouvez écouter l’interview d’Alain Denault sur les ondes de CKRL 89,1 FM : https://legraindesableqc.wordpress.com/2017/05/20/20-mai-2017-total/

    Votre texte et cette écoute m’ont personnellement éveillé à l’importance de cet essai sur la mécanique du pouvoir dans nos sociétés. L’État démocratique en prend pour son rhume…

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  4. 30 mai 2017 10 h 50 min

    «J’ai tenté de trouver cette lettre en date du 29 mai dans Le Devoir: rien. Pourriez-vous me fournir le lien?»

    Disons que cela ne me sourit pas de fournir ce lien, mais bon, c’était à moi de ne pas en parler…

    http://www.ledevoir.com/politique/quebec/499863/quebec-solidaire-enclave-du-gauchisme-et-allie-de-l-islamisme

    Notons cette réplique parue aujourd’hui qui me rejoint davantage ce matin :

    http://www.ledevoir.com/politique/quebec/499972/des-juifs-bolcheviques-aux-gauchistes-islamistes

    Mais, comme vous le mentionnez, cela n’a rien à voir avec l’objet du billet.

    Merci pour vos commentaires pertinents à ce sujet.

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  5. bimi permalink
    30 mai 2017 12 h 33 min

    Pour 2016 seulement.

    (Peut-être que ces chiffres sont à préciser, mais ils donnent un ordre de grandeur…)

    Walmart, 482,1 milliards $ de chiffre d’affaires
    State Grid, 329,6 milliards $ de chiffre d’affaires
    China National Petroleum, 299,3 milliards $ de chiffre d’affaires
    Sinopec Group, 294,3 milliards $ de chiffre d’affaires
    Royal Dutch Shell, 272,2 milliards $ de chiffre d’affaires
    Exxon Mobil, 246,2 milliards $ de chiffre d’affaires
    Volkswagen, 236,6 milliards $ de chiffre d’affaires
    Toyota, 236,6 milliards $ de chiffre d’affaires
    Apple, 233,7 milliards $ de chiffre d’affaires
    BP, 226 milliards $ de chiffre d’affaires
    (…)
    Total : chiffre d’affaires, en diminution 149,743 milliards $ (2016).

    À titre de comparaison : Canada 2016 : 89,8 milliards de dollars au titre des dépenses budgétaires.

    Ces chiffres sont étourdissants; d’autant plus qu’Alain Denault nous démontre le pouvoir hors la loi des multinationales. Comment faire face à ces puissances?

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  6. Richard Langelier permalink
    30 mai 2017 14 h 10 min

    @ bimi

    J’écris des commentaires sur Jeanne Émard depuis des années. La tradition a fait en sorte que nous dévions parfois jusqu’aux origines du rock’n’roll. Vous vous permettez d’écrire que vous ne connaissez pas Pascal Bruckner, mais que «L’essai dont vous (Darwin) faites l’analyse est trop riche et trop fondamental pour qu’il ne serve que de tremplin à la vindicte gratuite.». Pourtant, vous demandez à Darwin le lien de l’article où un commentateur (Jean Duchesneau à 19h52) parle de Pascal Bruckner.

    Je soigne ma paranoïa et vous remercie de donner un ordre de grandeur du chiffre d’affaires de certaines entreprises. Une référence serait appréciée (calque de l’anglais?). Veuillez accepter mes salutations.

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  7. 30 mai 2017 16 h 48 min

    «À titre de comparaison : Canada 2016 : 89,8 milliards de dollars au titre des dépenses budgétaires.»

    Déjà que la comparaison est douteuse (chiffre d’affaire avec dépenses budgétaires), mais je me demande aussi d’où vient cette donnée. Je trouve plutôt des dépenses avoisinant les 250 milliards $ (https://www.canada.ca/fr/secretariat-conseil-tresor/services/depenses-prevues/plan-depenses-budget-principal/2016-17-budget-depenses/introduction.html#toc2). Et, le PIB canadien approche les 2000 milliards $.

    «Comment faire face à ces puissances?»

    En fait, bien des solutions ont été mises de l’avant, mais pas dans ce livre. En gros, il faudrait coopérer…

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  8. bimi permalink
    31 mai 2017 8 h 31 min

    À Richard Langelier

    «J’écris des commentaires sur Jeanne Émard depuis des années. »
    Ce site mérite une réelle participation tant sa qualité et sa régularité peuvent nourrir le lecteur. En outre, les présentations de lecture de Darwin ont souvent gonflé ma propre liste de lecture. J’y ai ajouté Total d’Alain Denault que je devrais entreprendre d’ici quelques semaines.

    Je lis la quasi-totalité des articles de Darwin sur mon agrégateur de flux RSS. Cette façon de faire a l’avantage de regrouper sur une même page tous les blogues auxquels je suis abonné, mais comporte deux inconvénients 1. je ne suis pas comptabilisé comme lecteur par l’auteur du blogue, 2. je n’ai pas accès aux commentaires. C’est pour cette raison, M. Langelier, que je ne vous ai pas croisé…

    «Pourtant, vous demandez à Darwin le lien de l’article où un commentateur parle de Pascal Bruckner. »

    Je me méfie toujours de toute condamnation rapide (en seize mots) d’un auteur. Admettez que l’argumentaire est plus que court. J’aime identifier personnellement mes affinités et mes antagonismes. Donc je me confronterai à Pascal Bruckner, romancier dont je sais que l’oeuvre a déjà été couronnée par de prestigieux prix littéraires. L’essayiste m’est totalement inconnu. Je tenterai de me faire une tête sur cet écrivain au-delà de quelques mots de références trouvés dans l’article du Devoir.

    «en sorte que nous dévions parfois jusqu’aux origines du rock’n’roll»
    Excusez le béotien qui vous parle, il n’a pas le rock’n’roll dans le sang…

    à Darwin

    «Déjà que la comparaison est douteuse»

    C’est fort possible; ma littératie comptable est aussi assurée qu’un château de cartes bâti sur pilotis en pleine tempête tropicale…
    Quand je joue avec des chiffres, je me mets souvent les pieds dans les plats de l’absurde. La comptabilité et les statistiques m’entraînent trop souvent dans un triangle des Bermudes d’où je reviens plutôt hagard.
    D’ailleurs, je vous reconnais toute la compétence en la matière.

    Notons que sur le fond, la réalité reste affirmée : la puissance économique et idéologique des multinationales peut contenir celle des états.

    «je me demande aussi d’où vient cette donnée.»
    https://www.canada.ca/fr/secretariat-conseil-tresor/services/depenses-prevues/plan-depenses-budget-principal/2016-17-budget-depenses/texte-complet.html

    Sommaire du budget des dépenses

    89,8 milliards de dollars au titre des dépenses budgétaires – dépenses de fonctionnement et dépenses en capital, paiements de transfert à d’autres ordres de gouvernement, organisations ou particuliers et paiements à des sociétés d’État;

    En gros, il faudrait coopérer… Parfaitement d’accord. Au surplus, travailler à débusquer toutes ces forces économiques occultes qui gangrènent la démocratie, observer les mécanismes d’ingérence pour mieux les annihiler, etc.

    Bonne journée

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  9. 31 mai 2017 16 h 37 min

    «89,8 milliards de dollars au titre des dépenses budgétaires – dépenses de fonctionnement et dépenses en capital, paiements de transfert à d’autres ordres de gouvernement, organisations ou particuliers et paiements à des sociétés d’État;»

    Si j’ai bien compris, il s’agit en fait de ce type de dépenses adoptées «au moyen de crédits annuels». Cela ne tient pas compte des mêmes types de «dépenses législatives prévues (qui) représentent des sommes à payer en vertu d’une loi approuvée antérieurement par le Parlement». Enfin, c’est ce que j’ai compris et cela correspond bien aux partis noires et grises des barres de la Figure 1.

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  10. Yves permalink
    3 juin 2017 7 h 00 min

    Fiouuu je l’ai échappé belle! bimi n’a pas pu voir mes commentaires passés, d’une insipidité incroyable et complètement hors sujets. Faut fêter ça! 🙂

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  11. 3 juin 2017 7 h 57 min

    De nos jours, on ne parle plus de commentaires insipides, mais de commentaires alternatifs… 😉

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Trackbacks

  1. Moi aussi, j’ai profité du système |

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