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Sauver la planète une bouchée à la fois

28 juin 2017

Dans Sauver la planète une bouchée à la fois, Bernard Lavallée (connu aussi sous le nom du nutritionniste urbain) vise à «montrer qu’une saine alimentation allie la santé humaine à la santé de la planète».

Avant-propos : L’auteur explique comment il en est venu à s’intéresser à l’impact de nos choix alimentaires «sur le monde que nous habitons» et donc à écrire sur ce sujet.

Introduction : L’auteur se demande pourquoi la formation en nutrition aborde si peu la question pourtant fondamentale de l’alimentation durable. Pourtant, si on n’applique pas de principes de ce genre, il sera impossible de viser la sécurité alimentaire à long terme. Sans prétendre bouleverser le monde, ce livre vise à fournir des trucs et des conseils à ses lecteurs pour les aider à faire des choix alimentaires plus respectueux de l’environnement.

Manger local : La disponibilité sur une base annuelle des fruits et des légumes a des conséquences. En effet, ceux-ci voyagent en moyenne entre 3500 et 5000 kilomètres avant de se retrouver dans nos mains (ou nos assiettes). Même si le transport ne génère en moyenne que 11 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) de la production alimentaire et que le mode de production des aliments et la nature de ces aliments ont un impact plus important, celui-ci n’est pas à négliger, d’autant plus que le temps de transport a en général des conséquences sur la qualité des aliments et sur leur mode de production et de conservation. Le chapitre contient un calendrier de production des fruits et légumes québécois qui peut aider à mieux planifier nos achats ainsi que des conseils pour faciliter l’achat local.

Manger bio : L’auteur décrit les désavantages de l’agriculture industrielle (monoculture, engrais polluants, pesticides, OGM, etc.) et les avantages de l’agriculture biologique. Ce chapitre est intéressant, mais je déplore l’absence totale de références sur les très nombreuses affirmations qu’il contient, surtout sur celles qui sont controversées scientifiquement. Les sources sont probablement contenues dans les ressources décrites à la fin du livre, mais elles ne sont pas spécifiées.

Manger moins de viande : À l’échelle de la planète, l’élevage génère autant d’émissions de GES que tous les modes de transport, le premier responsable étant l’élevage de ruminants, surtout de bœuf (pour plus de précision, on peut lire ce billet qui analyse cette question en détail). Un bon moyen de faire diminuer ces émissions serait donc de manger moins de viande, surtout de ruminants. Ce chapitre contient même quelques recettes pour nous encourager à manger moins de viande!

Choisir la pêche durable : Tout bon nutritionniste recommande au moins deux repas par semaine de poisson. Mais, si on les écoutait, les océans seraient vides et les entreprises d’aquaculture pollueraient encore plus qu’elles ne le font! Il faut donc bien choisir les poissons qu’on mange et tenir compte du mode de pêche utilisé et des pratiques d’aquaculture.

Manger moins transformé : L’auteur maintient avec raison qu’il «faut reprendre le contrôle de nos cuisines et arrêter de nous fier seulement à l’industrie pour nous nourrir». Ai-je besoin d’ajouter que l’auteur donne ensuite des trucs, des conseils et des recettes pour nous aider à atteindre cet objectif?

Produire moins de déchets : Le meilleur moyen de produire moins de déchets est de moins consommer, puis de réutiliser et recycler davantage. À cet effet, l’auteur donne beaucoup de conseils et de recettes dans les chapitres suivants qui sont intitulés Mieux planifier les repas, Mieux conserver les aliments, Cuisiner les aliments fatigués, Cuisiner les parties d’aliments négligées, Produire sa nourriture et Manger «sauvage».

Conclusion : Dans cette conclusion, l’auteur exprime son souhait que le prochain guide alimentaire canadien (et ses équivalents dans les autres pays) tienne compte de l’impact environnemental des aliments dans ses recommandations. Il est certain que le lobby des producteurs et transformateurs de viandes s’oppose fortement à un tel changement! Il termine son livre en récapitulant les 10 conseils qu’il juge les plus importants.

Et alors…

Lire ou ne pas lire? Je ne sais pas trop… Si on cherche un livre de conseils pour changer ses comportements alimentaires, moins gaspiller et mieux utiliser les aliments, ce livre est excellent, ses conseils pertinents et ses recettes utiles. Si, par contre, on fut comme moi principalement attiré par le titre du livre qui laisse penser à un livre contenant surtout de l’information macro sur le rôle de l’alimentation dans le réchauffement climatique, dans l’épuisement des ressources et dans la pollution, on risque d’être déçu. Les premiers chapitres abordent ces questions, mais pas de façon aussi approfondie que je l’aurais souhaité (et sans citer ses sources, comme je l’ai mentionné plus tôt). En outre, parler de «sauver la planète» (ou de la «santé de la planète») dans ce sens me fatigue toujours, car notre planète n’a pas besoin d’être sauvée, ni par nous ni par d’autres, pour continuer à faire le tour du soleil pendant encore quelques milliards d’années. Ce sont plutôt la faune, dont l’être humain, et la flore actuelles qui ne peuvent survivre et prospérer que dans des conditions climatiques bien spécifiques qui ont besoin d’être sauvées! En plus, je me regimbe toujours contre les livres qui laissent penser que des changements, même importants, à notre façon individuelle de vivre peuvent avoir un impact significatif sur le réchauffement climatique, sur la pollution et sur l’épuisement des ressources, alors que seuls des changements collectifs peuvent entraîner des impacts d’une ampleur suffisante. Cela dit, ces changements ne peuvent pas nuire!

Par ailleurs, ce livre se lit bien, sa facture agrémentée de nombreux dessins est amusante et son ton est enjoué, permettant une expérience de lecture agréable. Alors, selon ce que vous recherchez, ce livre peut aussi bien être à lire que de ne pas l’être!

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One Comment leave one →
  1. 3 juillet 2017 19 h 28 min

    En ce 409e de Québec, réflexion sur l’avenir.

    L’autre Darwin, Charles, 1809-1882, celui qui s’est arrêté à l’évolution des espèces plutôt qu’à l’économie et j’en passe. A-t-il écrit : on n’arrête pas l’évolution ?

    Comme Céline sur un autre sujet ou le même, Je sais pas.

    https://www.youtube.com/watch?v=zCsuKp9ewLY Une bonne main à Goldman et au saxophoniste, il va chercher, sans oublier les autres que je ne connais pas, je n’en demande pas pardon ni à Dieu, ni à vous internautes, sans qui ce ne serait pas pareil en meilleur ou en pire. 25 037 205.

    Les livres d’Hubert Reeves me portent à croire que l’hom.me n’est pas l’avenir de l’univers mais un.e passager de passage, sensible, intelligent.e et borné.e bien avant un 4 juillet.

    D’un passage obligé Charles ? (Charles Sirois)

    Sur ce, un peu de l’avenir désiré meurt un jour à la fois.

    https://www.youtube.com/watch?v=n0pM7RQDX38 une bonne main à André Breton

    Vive l’avenir qui s’en vient.

    – Que revive les Nordiques à Québec ?

    Comme Céline et non, je sais pas.

    Aimé par 1 personne

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