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Économix (nouvelle édition)

18 septembre 2017

Un des livres que j’ai le plus encensés sur ce blogue, soit le livre d’économie en bande dessinée intitulé Économix de Michael Goodwin (textes) et Dan E. Burr (dessins) vient d’être réédité dans une «édition revue et augmentée». Plutôt que de simplement reprendre mon précédent billet et d’y spécifier les ajouts, j’ai décidé de le relire pour voir si je le trouve toujours aussi bon et, tant qu’à y être, de le présenter autrement, plus en détail, comme il le mérite bien.

Avant-propos et introduction : David Bach et Joel Bakan nous disent à quel point ce livre est extraordinaire et à quel point il peut faire comprendre une discipline qui demeure obscure pour la majorité de la population.

Préface : L’auteur nous explique le rôle prédominant de l’économie dans nos vies et l’importance de la comprendre, ce qui est bien moins compliqué qu’on tente de nous en convaincre.

La main invisible (Du passé lointain à 1820) : Ce chapitre porte sur l’état de l’économie (et parfois de la société) en Occident avant que le capitalisme ne s’impose et au cours de ses premières décennies, et aborde un bon nombre de concepts de base en économie : capital, capitalistes, mercantilisme, physiocratie, main invisible, libre marché, profits, biens publics, société (dans le sens de corporation) et bien d’autres concepts parfois plus complexes (comme la fameuse théorie des avantages comparatifs en commerce international). L’auteur y présente aussi les principaux penseurs en économie de cette époque, dont François Quesnay, Adam Smith, Nicholas Malthus et David Ricardo.

À toute vapeur (1820-1865) : L’auteur raconte dans ce chapitre les conséquences économiques et sociales de la révolution industrielle, surtout en Grande-Bretagne, aussi bien du côté de la hausse de la production que de la dégradation du rapport de force des travailleurs et de leurs conditions de travail.

Concepts : cycles économiques, création de monnaie, esclavagisme, syndicalisme, coopératives, socialisme, communisme, offre et demande, et économie néoclassique.

Penseurs : Karl Marx, Alfred Marshall et Léon Walras.

Le pouvoir de l’argent (1865-1914) : Ce chapitre porte sur la période de grande concentration des sociétés privées dans tous les domaines (banques, chemins de fer, acier, etc.) qui a caractérisé la fin du XIXe siècle et le début du XXe, et a permis l’émergence des grandes fortunes comme celles des Vanderbilt, Rockefeller, Morgan, Carnegie et autres barons voleurs.

Concepts : monopoles et monopsones, darwinisme social, élasticité de la demande, personnes morales et consommation ostentatoire.

Penseurs : Henry George et Thorstein Veblen.

Tout s’écroule (1914-1945) : Quoique plus courte que celles présentées dans les deux chapitres précédents, la période couverte par celui-ci fut marquée par de nombreux événements déterminants : deux guerres mondiales et la pire crise économique de l’histoire moderne.

Concepts : économie de guerre, hyperinflation, bulles, spéculation, déflation, New Deal, trappe à liquidité et rigidité des salaires.

Penseurs : John Maynard Keynes.

Les armes et le beurre (1945-1966) : Ce chapitre correspond à la période de forte croissance relativement égalitaire qu’a connue l’Occident après la Deuxième Guerre mondiale, période qu’on appelle souvent les Trente glorieuses (mais pas l’auteur).

Concepts : plan Marshall, Nations Unies, Accords de Bretton Woods, étalon-or, guerre froide, impôts progressifs, PIB, plein emploi, rêve américain, étalement urbain, uniformisation de l’information, complexe militaro-industriel, The Great Society, planification soviétique et exploitation du Tiers-monde.

Penseurs : Paul Samuelson et Ernst Friedrich Schumacher.

L’ère des limites (1966-1980) : Ces années connaissent aussi une bonne croissance, mais se sont surtout distinguées par un taux d’inflation élevé accompagné d’un haut taux de chômage, et par le rejet des politiques économiques interventionnistes.

Concepts : stagflation, concurrence monopolistique, publicité et différenciation artificielle, choc pétrolier, externalités et défaillance du marché.

Penseur.es : Joan Robinson, John Kenneth Galbraith, Robert Lucas, Friedrich Hayek et Milton Friedman.

La révolte des riches (1981-2001) : Là, on entre dans la période de gloire du néolibéralisme, de la baisse des impôts, de la déréglementation, de la privatisation des services publics, et de la hausse des inégalités.

Concepts : reaganomie, obligations de pacotille, produits dérivés, privatisation des profits et socialisation des pertes, asymétrie de l’information, autogestion, chute du mur de Berlin, l’économie des gagnants qui raflent la mise («winner-take-all economy»), réchauffement climatique, Internet, bulle technologique et ajustements structurels.

Penseur : Alan Greenspan (ça m’en prenait un!).

Le monde aujourd’hui (Après 2001) : Effondrement des tours du Word Trade Center, guerre injustifiée (encore plus que les autres…) en Irak, gonflement et éclatement d’une bulle immobilière presque mondiale, pire crise depuis la Grande Dépression, politiques d’austérité, les dernières années furent vraiment fertiles en événements à conséquences économiques.

Concepts : guerre au terrorisme, krach, plans de relance, lutte des classes, inégalités et fusions et acquisitions.

Penseur : Thomas Piketty.

Épilogue : Cet épilogue représente l’ajout de cette édition et est entièrement consacré au Partenariat trans-pacifique et au libre-échange. Comme cet accord n’a finalement pas été conclu et ne le sera probablement pas au cours des prochaines années, cet épilogue tombe un peu à plat. Même s’il contient quelques bonnes observations, il ne justifierait pas d’acheter ce livre à nouveau si on possède déjà l’édition originale. Dans ce cas, faites comme moi, louez-le ou lisez ce chapitre sur Internet!

Et alors…

Lire ou ne pas lire? Lire, et même relire! Dans mon précédent billet (tellement différent qu’il peut être intéressant de le lire ou de le relire lui aussi!), j’avais conclu en plaçant ce livre au sommet de la courte liste de livres à lire pour connaître les bases de l’économie politique. Comme je ne peux pas le rehausser, je réitère sa première position! Ce livre est pour moi le plus clair que j’ai lu sur la pensée et l’histoire économiques. Non seulement est-il donc idéal pour une personne qui connaît peu les principes à la base de l’économie politique, mais je le conseille aussi aux gens qui maîtrisent le sujet. Cette lecture peut à tout le moins les aider à mieux vulgariser l’économie!

Peut-être est-ce dû à ma deuxième lecture, mais je lui ai trouvé un défaut. Il contient en effet de nombreuses erreurs de traduction. Cela a son importance, car on pourrait ne pas reconnaître un concept si on le voit énoncé correctement ailleurs. J’ai noté les quatre erreurs suivantes, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y en a pas d’autres, et tient à les souligner car elles sont liées à des concepts relativement importants :

  • salaires «adhésifs» plutôt que «rigides» pour qualifier la difficulté à faire diminuer des salaires nominaux et les fortes résistances que cela suscite (en fait, on parle rarement de salaires rigides, mais plutôt de la rigidité des salaires);
  • «personne légale» plutôt que «personne morale» pour parler du statut juridique d’une société;
  • «faillite du marché» au lieu de «défaillance du marché» (market faillure);
  • «obligations pourries» au lieu d’«obligations de pacotille» (junk bonds).

Par ailleurs, l’auteur a créé un site Internet dédié à ce livre. On y trouve toutes sortes d’informations, dont un blogue et des chapitres en anglais non publiés sur la sécurité sociale, la neutralité d’Internet, l’Obamacare et le Trumpcare, ainsi que, comme mentionné précédemment, l’épilogue en français sur le Partenariat trans-pacifique. On peut s’attendre à ce qu’il ajoute d’autres chapitres au cours des prochaines années. Ah oui, autre bon point, les notes du livre (surtout de la traductrice) sont en bas de page!

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