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Le revenu des ménages

21 septembre 2017

Statistique Canada a publié mercredi dernier (le 13 septembre) les données du recensement 2016 sur les revenus des ménages en 2015. Les médias ont surtout parlé du revenu médian et taux de faible revenu, même si certains, notamment dans cet article de Radio-Canada, sont allés un peu plus loin. Je vais ici tenter de donner un peu plus d’information sur le revenu médian des ménages, ce qui permettra de mieux comprendre le sens des informations transmises.

Revenu des ménages selon leur taille

La plupart des médias, par exemple dans cet article, ont mis l’accent sur le fait que le revenu total (incluant les revenus d’emploi, de placements, d’un régime de pension privé, de transferts et autres, mais excluant les gains en capital) médian («montant qui divise la répartition des revenus de ce groupe en deux moitiés») des ménages du Québec se situait en 2015 au neuvième et avant-dernier rang des provinces canadiennes (légèrement devant le Nouveau-Brunswick), qu’il avait moins augmenté entre 2005 et 2015 au Québec que pour l’ensemble des ménages canadiens (8,9 % par rapport à 10,8 %) et que seul le revenu des ménages ontariens avait moins augmenté (3,8 %).

Quelques jours plus tard, Pierre Fortin a failli me voler le sujet de ce billet en soulignant d’une part que «la configuration des ménages jouait également dans la balance», notamment que «les familles monoparentales et les personnes vivant seules» sont «en hausse [au Québec], et plus nombreuses qu’en Ontario» et d’autre part que le coût de la vie est supérieur en Ontario (et aussi dans le reste du Canada), ce qui permet aux couples québécois de bénéficier d’un «pouvoir d’achat supérieur de 5 % à celui d’un couple ontarien». Le même jour, Gérald Fillion, citant en partie Pierre Fortin, précisait que «Si on regarde le revenu médian des couples avec ou sans enfant, le Québec passe de la 9e à la 7e position. Si on examine les familles monoparentales, le Québec est la province qui affiche le 3e revenu médian le plus élevé du Canada». Et, plus récemment (en fait, j’avais presque terminé la rédaction de ce billet), Ianik Marcil est allé dans le même sens en insistant surtout sur la taille des ménages. De mon côté, je vais utiliser les données du fichier 98-400-X2016097 en fonction de la taille des ménages, fichier qui fait partie de ceux que Statistique Canada a rendus publics la semaine dernière, pour mieux visualiser l’impact dont parlait Ianik de la taille des ménages sur le revenu total médian.

Les quatre premières colonnes de ce premier tableau indiquent le revenu total médian en 2005 et 2015 au Québec et au Canada pour l’ensemble des ménages et selon la taille des ménages. On remarque que, sans surprise, les ménages de petites tailles ont des revenus bien moins élevés que les ménages de grandes tailles, la seule exception (et de peu) s’observant entre les ménages de quatre personnes et ceux de cinq personnes et plus. Les cinquième et sixième colonnes présentent la différence entre le revenu médian des ménages canadiens et celui des ménages québécois. La première ligne de ces colonnes montre que l’écart entre ces revenus s’est légèrement creusé entre 2005 et 2015, passant de 13,5 % à 14,9 %. Par contre, les lignes suivantes nous apprennent que cet écart a au contraire diminué dans les ménages d’une (de 11,7 % à 10,2 %) et de cinq personnes et plus (de 9,9 % à 8,2 %), qu’il est resté le même (8,3 %) dans les ménages de quatre personnes et qu’il a augmenté plus légèrement que pour l’ensemble des ménages dans ceux de deux (de 10,4 % à 10,9 %) et de trois personnes (de 7,5 % à 8,5 %). Ce phénomène peut étonner, mais sûrement moins que le constat que les écarts entre les ménages canadiens et québécois furent moins élevés parmi les ménages de mêmes tailles que pour l’ensemble des ménages, aussi bien en 2005 qu’en 2015 (les écarts variant de 6,3 % à 11,7 % dans les dix cellules en question, par rapport à 13,5 % et 14,9 % pour l’ensemble des ménages). J’y reviendrai.

Les deux dernières colonnes indiquent le taux de croissance du revenu total médian entre 2005 et 2015, au Québec et au Canada. On reconnaît d’ailleurs les taux que j’ai mentionnés au début du billet, soit 8,9 % pour le Québec et 10,8 % pour le Canada. Les constats des cinq lignes suivantes sont semblables à ceux notés pour les deux colonnes précédentes : la croissance fut plus forte au Québec qu’au Canada pour les ménages de une et de cinq personnes et plus, plus forte au Canada qu’au Québec pour les ménages de deux et de trois personnes (mais avec des écarts moins élevés que pour l’ensemble des ménages) et égale pour les ménages de quatre personnes. En plus, les dix cellules par nombre de personnes montrent des taux de croissance plus élevés que les deux taux pour l’ensemble des ménages.

Un bel effet de composition…

– répartition des ménages selon leur taille

Quand les parties n’évoluent pas comme leur tout, comme c’est le cas ici, c’est parce que l’importance relative de ces parties s’est modifiée entre les deux époques comparées. On parle alors d’un effet de composition. Pour évaluer à quel point c’est le cas ici, j’ai commencé par aller chercher les données sur le nombre de ménages qu’il y avait en 2005 et en 2015 au Québec et dans le reste du Canada (RdC) dans chacune des catégories de taille des ménages, comme on peut le voir dans le tableau ci-contre. En fait, je n’ai rien à dire sur ce tableau, sinon qu’il a servi à réaliser le tableau qui suit.

Les quatre premières colonnes présentent la répartition des ménages dans le reste du Canada et au Québec en 2005 et en 2015, les deux suivantes l’écart de la proportion des ménages selon la taille entre le Québec et le reste du Canada, et les deux dernières cet écart au Québec et dans le reste du Canada entre les répartitions de 2015 et de 2005. Les cinquième et sixième colonnes montrent clairement que, comme attendu, le Québec comptait proportionnellement plus de ménages de petites tailles (d’une et de deux personnes) que le reste du Canada et moins de ménages de grandes tailles (de trois personnes et plus) aussi bien en 2005 qu’en 2015. Elles nous apprennent aussi que cet écart s’est creusé entre 2005 et 2015 pour les ménages d’une (de 5,4 à 6,8 points de pourcentage) et de trois personnes (de -0,5 à -1,8 points), mais qu’il s’est amoindri dans les ménages des autres tailles (de deux, de quatre et de cinq personnes et plus).

Cela est sûrement une des raisons qui expliquent que le revenu total médian du Québec se classe à l’avant-dernier rang (je vais revenir là-dessus après le prochain paragraphe), puisque les ménages de petites tailles, on l’a vu plus tôt, ont des revenus bien moins élevés que les ménages de grandes tailles. Or, plus la proportion de ces ménages de petites tailles et de petits revenus est importante, moins le revenu médian global sera élevé.

Les deux dernières colonnes nous montrent que la proportion de ménages d’une personne a augmenté aussi bien au Québec que dans le reste du Canada, mais bien plus au Québec (hausse de 2,5 points de pourcentage par rapport à 1,1 point), que celle de ménages de deux personnes a aussi augmenté, mais beaucoup moins et cette fois davantage dans le reste du Canada (de 1,0 par rapport à 0,3 point), et que celle de ménages de trois personnes et plus a au contraire diminué (de 2,1 point dans le reste du Canada et de 2,9 points au Québec). L’impact de ces écarts, aussi bien entre le Québec et le reste du Canada qu’entre 2005 et 2015, se reflète aussi dans la taille moyenne des ménages comme on peut le voir dans le petit tableau ci-contre. On y constate que cette taille était en 2015 nettement plus petite (d’environ 10 %) au Québec (2,26 personnes par ménage) que dans le reste du Canada (2,51) et qu’elle a davantage diminué au Québec (de 0,064 personne, donnée non illustrée) que dans le reste du Canada (de 0,047 personne).

– rang du revenu total médian par taille des ménages

On a vu que la croissance des revenus entre 2005 et 2015, et les écarts de revenus entre le Québec et le reste du Canada sont fortement influencés par la taille des ménages. Je me suis alors demandé si le revenu total médian du Québec arrivait aussi à l’avant-dernier rang dans les cinq tailles de ménages (me doutant bien que ce n’était pas le cas, mais ne sachant pas à quel point…) et si ce rang avait beaucoup changé entre 2005 et 2015. Le tableau ci-contre permet de répondre à ces questions.

  • Dans l’ensemble des ménages, le Québec a reculé du huitième au neuvième rang, simplement parce que les revenus pétroliers de Terre-Neuve (et Labrador) ont permis aux ménages de cette province de passer du dernier au sixième rang.
  • Dans les ménages d’une personne, le Québec a reculé du cinquième au sixième rang, parce que les revenus pétroliers (et sûrement aussi de potasse) de la Saskatchewan ont contribué à faire passer les ménages de cette province du sixième au deuxième rang. Étrangement, les revenus pétroliers de Terre-Neuve ne semblent pas avoir bénéficié autant à ses ménages d’une personne, car le revenu de ces ménages sont demeurés au dernier rang.
  • Dans les ménages de deux personnes, le Québec a reculé du sixième au neuvième rang, mais le revenu total médian (64 455 $) de ces ménages n’était inférieur à celui des ménages de la province se classant au sixième rang (Nouvelle-Écosse, 65 560 $) que de 1105 $ ou de 1,7 %.
  • Dans les ménages de trois personnes, le Québec a reculé du sixième au septième rang, encore une fois parce que les revenus pétroliers de Terre-Neuve ont permis au revenu des ménages de cette province de devancer celui des ménages du Québec, les ménages de Terre-Neuve passant du dernier au troisième rang (et leur revenu total médian de 65 809 $ à 96 601 $, une hausse de 47 %!).
  • Dans les ménages de quatre personnes et de cinq personnes et plus, les revenus pétroliers de Terre-Neuve et de la Saskatchewan ont fait reculer le revenu des ménages du Québec du quatrième au sixième rang.

On remarquera également que, aussi bien en 2005 qu’en 2015, le classement du revenu total médian observé au Québec est bien meilleur quand on compare des comparables, c’est-à-dire des ménages de même taille, que quand on le compare sans tenir compte du fait que les ménages du Québec sont de plus petite taille. L’autre constat qui ressort de ce tableau est que les ménages d’une, de quatre et de cinq personnes du Québec se classent mieux que ceux de deux et de trois personnes, et cela aussi bien en 2005 qu’en 2015. S’il semble clair que les programmes de transferts aux familles avec enfants plus avantageux au Québec jouent sûrement un rôle important pour les ménages de quatre et de cinq personnes et plus, les facteurs qui expliquent le rang plus satisfaisant des ménages formés d’une seule personne sont moins clairs (enfin, pour moi!). Il serait logique de penser que les loyers moins élevés au Québec puissent expliquer que ces ménages soient proportionnellement plus nombreux au Québec et que cet ajout de ménages d’une personne pourrait se réaliser chez des personnes ayant des revenus un peu plus élevés, ce qui ferait augmenter légèrement la médiane des revenus des ménages d’une personne, mais j’aimerais avoir des éléments plus solides allant dans ce sens avant d’avancer cette hypothèse avec confiance…

Et alors…

J’aurais aimé présenter d’autres aspects de la question, comme le revenu total médian selon le type de ménage (ménages avec ou sans enfants, familles monoparentales, personnes hors des familles, etc.), mais, bon, j’ai recommencé le boulot cette semaine et en plus Pierre Fortin et Gérald Fillion en ont parlé! Je n’ai même pas vérifié leurs constats! Quant à donner plus d’information sur d’autres sujets liés à la publication de la semaine dernière de Statistique Canada sur le revenu des ménages (il reste beaucoup de choses à dire), je vais garder cela pour un ou deux autres billets!

Cela dit, je crois que l’exercice que j’ai fait est suffisant, en le jumelant avec les observations pertinentes sur le coût de la vie plus faible au Québec, pour montrer qu’il faut toujours faire attention aux manchettes portant sur des enjeux aussi complexes que le revenu. C’est ben plate, mais tout ne se réduit pas à un seul chiffre qui nous dirait tout!

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6 commentaires leave one →
  1. Jacques René Giguère permalink
    21 septembre 2017 12 h 31 min

    On peut voir ici la job de bras de désinformation que Bill Johnson fait dans The Gazettte…
    https://www.pressreader.com/canada/montreal-gazette/20170914/281659665208095

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  2. 21 septembre 2017 14 h 53 min

    Désinformation? Je ne le sais pas. Il faudrait voir les données. En tout cas, son explication se tient.

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  3. Jacques René Giguère permalink
    21 septembre 2017 15 h 36 min

    Elle oublie :petits échantillons. Combien de Franco au YU et NW? Probablement des ouvriers miniers très spécialisée et des ingénieurs ou des fonctionnaires fédéraux alors que les emplois de prolos sont réservés au locaux.
    La principale cause du ralentissement de la convergence est l’influence exagérée du pétrole sur les 3 provinces productrices. Lorsque 7 provinces sur 10 sont sous la moyenne définissant la péréquation et que parmi ces 7 provinces on trouve les 3 plus peuplées, il y aura des conséquences sur le revenu médian. SI les producteurs de pétrole sont tous anglophones, le revenu des franco sera par définition plus bas. Si les revenus élevés du système financier sont tous (ou presque en Ontario et anglophones), oui le revenu francophone sera plus bas.

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  4. Francis Vailles permalink
    21 septembre 2017 17 h 45 min

    Très intéressant. Je savais que la taille des ménages jouait un rôle, ayant analysé la question lorsque j’ai comparé le revenu des ménages du Québec à ceux des provinces canadiennes et des états américains l’été dernier. Je n’avais cependant pas évalué l’impact de façon aussi pointue. Il reste qu’entre 2005 et 2015, le Québec a reculé dans toutes les catégories de ménages, peu importe la raison. Et il serait préférable que ce soit l’inverse.

    Cela dit, justement, depuis 2015, il semble y avoir un renversement de tendance à ce sujet, selon les deux enquêtes de l’EPA et de l’EERH. Peut-être avez-vous vu mon article, qui m’a demandé beaucoup de travail.

    (http://plus.lapresse.ca/screens/3b3684fb-4aa5-4865-85f1-a125cfbc858a%7C_0.html)

    Les graphiques valent mille mots, et ils démontrent très nettement la tendance. Je suis toutefois incapable de les insérer ici. Espérons que la tendance se poursuivent. Francis Vailles

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  5. 21 septembre 2017 19 h 16 min

    «Il reste qu’entre 2005 et 2015, le Québec a reculé dans toutes les catégories de ménages, peu importe la raison.»

    J’imagine que vous parlez de recul par rapport à l’ensemble (ou au reste) du Canada, car, en fait toutes les catégories ont connu des hausses notables de revenus, au Québec comme au Canada. Si c’est ce que vous voulez dire, ce n’est pas ce que montrent les deux dernières colonnes du premier tableau de mon billet :

    – Le revenu des ménages d’une et de cinq personnes et plus ont augmenté davantage au Québec que dans l’ensemble du Canada de 1,8 et 2,1 points de pourcentage respectivement;
    – le revenu des ménages de deux et de trois personnes et plus ont moins augmenté au Québec que dans l’ensemble du Canada de 0,7 et 1,2 points de pourcentage respectivement;
    – le revenu des ménages de quatre personnes a augmenté du même pourcentage au Québec et dans l’ensemble du Canada.

    Comme les écarts favorisant le Québec sont plus élevés que les écarts le défavorisant, je conclurais plutôt que les ménages québécois ont un peu plus profité de la croissance que les ménages canadiens, d’autant plus que le plus gros écart touche les ménages dans lesquels il y a le plus de personnes (2,1 points de pourcentage du côté des ménages de cinq personnes et plus). Cela dit, je préfère simplement conclure que les avantages sont très semblables!

    Par contre, leur niveau de revenu actuel est plus bas au Québec dans toutes ces catégories, mais, comme le dit Pierre Fortin, le coût de la vie y est plus bas. Bref, le portrait est très nuancé.

    «depuis 2015, il semble y avoir un renversement de tendance à ce sujet, selon les deux enquêtes de l’EPA et de l’EERH. Peut-être avez-vous vu mon article, qui m’a demandé beaucoup de travail»

    Non, je ne l’avais pas vu. Je lisais la version papier de la Presse, mais ai arrêté lors du passage à la tablette (je suis encore abonné le samedi). Je vois parfois vos articles par d’autres moyens, mais n’avais pas vu celui-là. Intéressant en effet! Si vous fréquentez régulièrement ce blogue, vous savez sûrement que je compare régulièrement les données de l’EPA et de l’EERH, mais seulement sur l’emploi. Votre hypothèse sur ce resserrement qui pourrait être dû (au moins en partie) au vieillissement me semble intéressante.

    Par contre, un petit détail, mais ce ne sont que les données sur l’emploi de l’EERH qui viennent des données administratives de l’Agence du revenu du Canada sur les listes de payes et qui sont beaucoup plus fiables que celles de l’EPA. Les données sur la rémunération viennent d’un échantillon, qui produit aussi des données plus fiables que celles de l’EPA (15 000 entreprises ont plus de salariés que 56 000 ménages), mais elles ne viennent pas de l’ARC. On peut en effet lire dans l’encadré méthodologique au bas de la page http://www.statcan.gc.ca/daily-quotidien/170727/dq170727a-fra.htm :

    «L’Enquête sur l’emploi, la rémunération et les heures de travail (EERH) est la combinaison d’un recensement d’environ un million de retenues salariales fournies par l’Agence du revenu du Canada et des résultats de l’Enquête sur la rémunération auprès des entreprises, qui recueille des données à partir d’un échantillon de 15 000 établissements. Les données pour les administrations publiques fédérale, provinciales et territoriales sont recueillies à partir de divers fichiers administratifs fournis par ces administrations. Le principal objectif de l’EERH est de dresser un portrait mensuel du niveau de rémunération, du nombre d’emplois et du nombre d’heures travaillées selon des catégories d’industrie détaillées à l’échelle du pays, des provinces et des territoires.

    Les estimations de la rémunération et des heures de travail hebdomadaires moyennes proviennent d’un échantillon et sont donc sujettes à la variabilité d’échantillonnage. Cette analyse porte sur les différences entre les estimations qui sont statistiquement significatives à un niveau de confiance de 68 %. Les estimations de l’emploi salarié sont fondées sur un recensement de données administratives et ne sont pas sujettes à la variabilité d’échantillonnage.»

    Au plaisir!

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