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Les angles morts

25 décembre 2017

Avec Les angles morts – Perspectives sur le Québec actuel, Alexa Conradi, l’ex-présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), se penche sans lunettes roses «sur des sujets qui font détourner le regard : culture du viol, austérité, islamophobie, colonisation, exclusion».

Voix au chapitre : L’auteure raconte brièvement ce qui l’a amenée à s’engager politiquement et à ne pas hésiter à le faire sur des sujets dérangeants, notamment sur «les angles morts du Québec politique», puis à quitter le Québec en 2015 en raison de la «violence des débats sur la laïcité et l’islam». «À mi-chemin entre le personnel et le politique, ce livre porte sur mes expériences avec le Québec et sur son rapport à la justice sociale et à l’appartenance».

La peur : La peur dont parle ici l’auteure est celle de «problèmes bien réels et concrets : le déclin des conditions de travail, le terrorisme, les changements climatiques, la perte de filets sociaux, la peur de l’isolement, de l’éclatement de la famille traditionnelle et des institutions. S’ajoute à cela la peur de l’immigration, du pluralisme culturel, de la religion, voire de l’islamisme».

Par amour : Citant bell hooks, l’auteure nous propose ici «de mettre l’amour au cœur de notre action», «d’allier l’engagement, le souci de l’autre (care), le savoir, la responsabilité, le respect et la confiance en l’avenir et en l’humanité dans une pratique politique».

Comprendre la souffrance de l’autre, sans complaisance : En tant qu’Anglo-Québécoise favorisée, l’auteure a eu l’occasion jeune de comprendre l’oppression vécue par les autres, notamment par les femmes québécoises d’origine canadienne-française. Elle aimerait bien que cette communauté en fasse plus souvent autant avec les minorités opprimées, comme les femmes autochtones ou racisées. Malheureusement, certains partis politiques préfèrent alimenter l’insécurité identitaire de la majorité que de tenter de l’encourager à comprendre la souffrance de l’autre.

Le déni du racisme systémique : L’auteure explique pourquoi il est essentiel de tenir une commission sur le racisme (ou sur la discrimination) systémique et en quoi une telle commission n’a rien à voir avec une accusation de racisme envers les Québécois.es comme le prétend le chef du Parti québécois.

L’égalité, valeur centrale du Québec : «En 2008, l’Assemblée nationale a adopté un changement à la Charte des droits et libertés pour y inscrire la mention «l’ensemble des droits et libertés sont garantis autant aux femmes qu’aux hommes». À quoi est dû ce geste spectaculaire? À une victoire du féminisme? Pas vraiment…

S’inspirer réellement du féminisme : Si le mouvement féministe a connu un certain ralentissement au cours des dernières années, il a retrouvé un nouveau souffle dernièrement. Il s’agit d’un féminisme qui a évolué, beaucoup plus diversifié qu’avant, tant sur le plan culturel (nord-américain, européen, autochtone, maghrébin, etc.) que sur les enjeux qu’il aborde (discrimination systémique, non binarité sexuelle, écoféminisme, handicaps, contenu de la formation universitaire, etc.).

Désapprendre : L’auteure raconte sa participation à un événement à la Baie d’Hudson en 2005 au cours duquel elle a rencontré des femmes autochtones et a pu prendre connaissance de leur vision et de l’oppression de nombreuses origines qu’elles subissent. Un texte bouleversant et fort instructif!

La découverte : La «doctrine de la découverte» «qui a donné naissance au concept de «terra nullius ou terra nullus» [territoire n’appartenant à personne], consacre le principe selon lequel tout monarque chrétien qui découvre des terres non chrétiennes a le droit de les proclamer siennes». C’est en perpétuant cette injustice qu’on a appris que Jacques Cartier a découvert le Canada et que Jeanne Mance fut une des fondatrices de Montréal, mais qu’aucun autochtone n’a fondé quoi que ce soit et qu’aucune personne n’a fait avancer la cause des femmes en Amérique avant que des Européennes n’y habitent.

Des entraves au progrès : Avec ce texte, l’auteure «souhaite approfondir la question des meurtres et des disparitions des femmes autochtones en les mettant en lien avec la colonisation, toujours à l’œuvre».

La violente dépossession : Lorsqu’il y a des conflits autour du contrôle des ressources naturelles, la violence contre les femmes (souvent des autochtones dans les régions où de tels conflits éclatent) augmente, ici et encore plus dans les pays pauvres.

Nier et minimiser : Il peut être tentant, car rassurant, de tenter de minimiser ou même de nier l’ampleur de la violence faite aux femmes, même pour une féministe. Mais, on doit y faire face, car la «violence sexuelle est une forme efficace de contrôle social des femmes qui permet le maintien de plusieurs hiérarchies sociales».

La culture du viol se décline au pluriel : S’attaquer à la culture du viol, c’est plus compliqué qu’on pourrait le penser et que ça le devrait. L’auteure présente les nombreux obstacles qu’il faut affronter dans cette lutte.

La dépolitisation de la violence sexuelle : Si les Forces armées canadiennes voulaient vraiment accueillir plus de femmes dans leurs rangs, elles devraient tout d’abord combattre le harcèlement et les agressions sexuelles qui les caractérisent (et qui font partie de leur culture patriarcale de domination), et surtout s’attaquer aux causes de ces comportements.

Le Québec antiguerre, vraiment? : L’auteure raconte les objectifs d’une vidéo produite et diffusée par la FFQ pour s’opposer à la participation du Canada à la guerre en Afghanistan et les réactions inattendues qu’elle a provoquées, réactions d’autant plus inattendues que cette vidéo s’inscrivait tout à fait dans la tradition des mouvements féministes de s’opposer à la guerre.

La tuerie : L’auteure établit certains parallèles entre les tueries de la mosquée de Québec contre des musulmans et celle de la Polytechnique contre des femmes. Dans les deux cas, une bonne partie de la population a tenté de rejeter l’interprétation terroriste de ces tueries (haine des féministes et des musulmans), préférant les attribuer à la folie des tueurs (je simplifie…).

Le retour du religieux? : Trop de gens confondent les attitudes antireligieuses des attitudes xénophobes : les signes religieux des autres les dérangent beaucoup, tandis qu’ils ne remarquent même pas ceux des institutions chrétiennes. On dira souvent que ces dernières font partie de notre patrimoine (ou de notre héritage culturel…).

Prévenir le fondamentalisme : Dans ce texte, l’auteure propose une définition du fondamentalisme, en fournit quelques exemples (aussi bien dans les religions que dans les idéologies politiques), analyse son impact sur les femmes et présente les facteurs qui favorisent ou découragent son développement.

Rompre avec le fondamentalisme marchand : L’auteure raconte sa participation à une manifestation de nuit lors de la grève étudiante de 2012 et souligne l’ampleur de la répression policière qui est pour elle une forme de «criminalisation des luttes sociales et de la dissidence», et une conséquence de l’application du néolibéralisme.

La fausse neutralité de l’austérité : L’auteure démontre dans ce texte que «l’austérité – en fait le néolibéralisme – est sexiste» et raciste. En effet, la supposée neutralité de l’austérité et des autres dogmes néolibéraux est une chimère. Loin d’être neutres, les mesures d’austérité, en accentuant les inégalités et en faisant diminuer la quantité et la qualité des services publics, frappent en premier lieu les plus pauvres, donc plus fortement les femmes et les personnes racisées.

Une injustice fracassante : Les femmes à la retraite ne recevaient en 2013 que 60 % des revenus des hommes, en bonne partie parce que le travail invisible (ou domestique ou ménager) des femmes n’est pas considéré dans le calcul des prestations de retraite. Elle précise ensuite que d’autres facteurs structurels contribuent aussi à ce bas niveau de revenu, surtout la discrimination salariale, la faiblesse de leurs actifs et de leur patrimoine, et l’absence fréquente de régimes de retraite dans les emplois qu’elles occupent dans le secteur privé.

Sommes-nous allé.e.s trop loin? : Face aux conséquences du capitalisme mondialisé qui réduit les emplois de qualité même chez les hommes blancs et accentue les inégalités pour tout le monde, dont les personnes racisées, la gauche saura-t-elle canaliser la colère ouvrière et celle de la population en général ou bien la droite en profitera-t-elle comme dans trop de pays?

Repenser le rapport à la Terre et à la reproduction : L’auteure présente le concept autochtone du Buen vivir (ou bien vivre), provenant surtout de la Bolivie et de l’Équateur, qui vise l’établissement d’une «relation harmonieuse entre être humain et la nature, d’une vie communautaire faite d’entraide, de responsabilités partagées, de production collective et de distribution des richesses selon les nécessités des membres de la communauté».

Miser sur la gauche? Oui, mais… : L’auteure explique que les «gens soucieux de la justice sociale ont besoin d’une gauche franche, assumée et rassembleuse». Elle ajoute que «Québec solidaire semble vouloir se positionner dans cette mouvance». Elle conclut ainsi ce chapitre :

«Si nous voulons construire un mouvement capable de renverser l’ordre dominant, je nous invite à ne pas opposer le bien commun aux intérêts des femmes et des minorités. Je nous propose au contraire de viser une société libre qui refuse toute forme de domination et qui embrasse l’idée que la définition du bien commun est à réinventer. À mon avis, ce sont les féministes qui montrent la voie à suivre.»

Conclusion : L’auteure résume dans cette conclusion sa vision d’une société juste, avec les obstacles qui se mettent sur sa route, les pièges qui se présentent et les possibilités dont elle doit profiter. Elle souhaite finalement que son livre encourage les personnes «qui repoussent les frontières imposées par un monde encore rempli d’injustices, pour ouvrir la voie».

Et alors…

Lire ou ne pas lire? Lire! J’ai été agréablement surpris par ce livre. J’ai tellement lu de livres sur le féminisme récemment que je pensais ne pas y trouver beaucoup de sujets différents de ceux lus dans les autres livres. Je me trompais. En plus, l’auteure arrive rarement avec des solutions toutes faites, mais vise surtout à favoriser la réflexion. Elle dit d’ailleurs au début du livre que «Vous ne trouverez pas ici de solutions pratiques comme dans un livre de bricolage (ou dans une plateforme politique). Je vous invite plutôt à réfléchir…». Si la majorité des sujets abordés sont sensibles, elle sait toujours les amener dans un style agréable à lire. Par exemple, plutôt que de se lancer dans une envolée pour se désoler de la situation actuelle où on tente davantage de ne pas reculer que d’avancer, elle dit simplement que : «Se contenter de défendre des acquis est un projet plutôt tristounet». Et, en plus, les notes sont en bas de page!

10 commentaires leave one →
  1. 25 décembre 2017 12 h 40 min

    Il n’y a rien dans ce recensement qui me soit étranger. Je lui concède qu’elle a le mérite d’en avoir fait un livre, ce qui n’est pas mon cas. Et je suis sûr que son livre contient des informations qui pourraient être utiles à alimenter la réflexion de gens qui auront pris la peine de le lire. Toutefois, je ne crois pas que ces personnes ont besoin de se faire encourager à réfléchir.
    Ce qui me rend réticent à trouver sa démarche sympathique est qu’on y retrouve plus une position moraliste envers des gens qui ont d’autres préoccupations, même s’ils épousent aussi les siennes. On attend longuement le moment où elle s’en prend au pouvoir établi. Et, quand ça vient, c’est dévié vers des considérations tordues.
    Ainsi, dire que l’austérité est sexiste parce que les femmes en souffrent plus que les hommes, c’est une façon de ne pas reconnaître que la majorité des hommes en souffrent aussi tout en les en tenant pour complices. Bien sûr que les malheurs qui touchent la société font plus mal aux défavorisés qu’aux autres.
    À ce compte-là, on peut dire que le bombardement de la Lybie par, entre autres, notre gouvernement, a été encore plus sexiste puisqu’un des principaux résultats a été l’instauration de la charia. Curieusement, les gens de sa mouvance ne parlent jamais de ces choses-là.
    Elle ne manque pourtant pas d’écorcher les femmes francophones au sujet de leur supposée indifférence à l’égard des racisées. J’ai milité dans le milieu communautaire et je peux témoigner qu’il y a toujours eu un volet consacré à l’intégration et au sort des diverses communautés, en particulier des femmes, dans la mesure où ces organismes en avaient les moyens. Peut-être pourrait-on s’en prendre au peu de ressources qui y sont accordées par nos gouvernements ou à l’information véhiculée par les médias établis, même les anglophones, mais, là encore, il semble que ce soit une sphère sacrée pour elle.
    Et il semble que le fait que les Québécois francophones s’occupent aussi d’eux mêmes (et qui le fera si ce n’est eux) soit un péché qui ne soit pardonnable que pour tous les autres. Je ne vois pas en quoi sa communauté anglophone a fait preuve de plus de sainteté.
    Je m’étonne surtout que toutes ces considérations lui aient fait quitter le Québec. J’aimerai bien savoir dans quel Eldorado elle a trouvé une société plus progressiste

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  2. 25 décembre 2017 12 h 51 min

    Beaucoup d’accusations non fondées (et de remarques mesquines, je trouve) dans ce commentaire, farci de «il semble». Joyeux Noël à vous aussi.

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  3. Richard Langelier permalink
    26 décembre 2017 20 h 52 min

    Je me permets de m’adresser à Alexa Conradi puisque je sais qu’elle lit Jeanne Émard:
    «Je me permets de te tutoyer, puisque tu animais nos réunions du comité de rédaction de «Bien commun recherché». Puisque ça meurt de plus en plus autour de moi qui ai 69 ans, je suis en train de faire la liste des personnes à qui je ne pardonnerai pas sur mon grabat. Avant de lire cette recension de Darwin, tu étais sur cette liste avec Françoise David pour avoir entériné le choix d’un membre de la Chaire socio-économique de l’UQAM comme premier responsable de la Commission Économie, fiscalité et lutte à la pauvreté de Québec solidaire, alors que l’économiste Pierre Beaulne nous avait démontré, noir sur blanc que le principal obstacle à la construction d’un parti de gauche responsable au Québec serait ce discours.. Au cas où Darwin aurait fait une recension trop laudative de ton livre, je le lirai avant de rayer ton nom de ma liste.: – ( . »

    @ tous
    En ce qui concerne le Régime des rentes du Québec, Ruth Rose avait rédigé un mémoire pour la FFQ, proposant de modifier la formule pour éviter que la femme qui quitte le travail pendant une grossesse et pour le parent qui le quitte pour s’occuper d’un enfant en bas âge ne soit pas pénalisés. Par contre, la mesure du travail invisible, que ce soit pour le PIB ou pour la retraite accordée par taux de remplacement du revenu financé par capitalisation (RRQ, RPA et REER) ne sera pas facile à calculer.

    @ g7gilbert
    Je suis d’accord avec vous: «Ainsi, dire que l’austérité est sexiste parce que les femmes en souffrent plus que les hommes, c’est une façon de ne pas reconnaître que la majorité des hommes en souffrent aussi tout en les en tenant pour complices »
    «Et il semble que le fait que les Québécois francophones s’occupent aussi d’eux mêmes (et qui le fera si ce n’est eux) soit un péché qui ne soit pardonnable que pour tous les autres.» Je ne sais pas si vous faites allusion aux projets de charte (la première intitulée des valeurs québécoises et la seconde aux valeurs laïques) visant interdire à l’infirmière portant le foulard islamique qui a pris ma pression et changé mon sac de sérum de pratiquer. Si c’est le cas, je ne suis évidemment pas d’accord.

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  4. 26 décembre 2017 21 h 58 min

    Pas sûr qu’Alexa lit les commentaires ici. Mais, bon, peut-être…

    «Ruth Rose avait rédigé un mémoire pour la FFQ»

    Ce sujet est abordé dans un autre livre que j’ai présenté récemment (https://jeanneemard.wordpress.com/2017/12/18/toutes-les-femmes-sont-dabord-menageres/ ).

    Et, en passant, dire que les femmes souffrent plus de l’austérité que les hommes signifie en français que les hommes aussi en souffrent, mais moins. Je ne vois pas comment cette affirmation peut être interprétée comme voulant dire que les hommes sont complices.

    Aimé par 1 personne

  5. Richard Langelier permalink
    26 décembre 2017 23 h 18 min

    Je confesse que, selon ta recension, rien n’indique qu’Alexa Conradi prétend qu’il y a un complot des hommes contre les femmes remontant à la soupe primitive.J’ai pris ça, sans doute lorsque certaines équipes avaient le contrôle de la revue «La Vie en rose».

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  6. 27 décembre 2017 4 h 52 min

    «J’ai pris ça, sans doute lorsque certaines équipes avaient le contrôle de la revue «La Vie en rose».»

    Je ne me souviens pas qu’on parlait d’austérité à l’époque.

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  7. Richard Langelier permalink
    27 décembre 2017 22 h 54 min

    «La Vie en rose est un magazine féministe québécois créé en 1980 et disparu en 1987». https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Vie_en_rose_(magazine) . La récession des années 80 a été sévère. La réponse du second gouvernement Lévesque et le discours des leaders syndicaux ont été surréalistes: les profs toujours en vacances vs nous voulons notre part de l’enrichissement collectif. Comme j’ai été sollicité à l’UQAM pour m’abonner à «En lutte», «La forge» et «La vie en rose», je ne me suis abonné à aucun de ces périodiques. J’ai eu des exemplaires un peu partout. Mon souvenir, c’est qu’il y a un complot des hommes contre les femmes depuis la soupe primitive. Voilà pourquoi je considère le commentaire de g7gilbert intéressant. Doit-on décrire les mesures du second gouvernement Lévesque comme des mesures d’austérité?
    Selon http://www.cnrtl.fr/definition/sexisme la définition serait: «Attitude discriminatoire adoptée à l’encontre du sexe opposé (principalement par les hommes qui s’attribuent le meilleur rôle dans le couple et la société, aux dépens des femmes reléguées au second plan, exploitées comme objet de plaisir, etc.)». À partir de cette définition peut-on conclure que des mesures d’austérité sont sexistes?

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  8. 27 décembre 2017 23 h 45 min

    «Doit-on décrire les mesures du second gouvernement Lévesque comme des mesures d’austérité?»

    Je n’ai pas écrit qu’il n’y avait pas de mesures d’austérité à l’époque, mais que «Je ne me souviens pas qu’on parlait d’austérité à l’époque». On parlait peut-être de coupures aveugles!

    «Mon souvenir, c’est qu’il y a un complot des hommes contre les femmes depuis la soupe primitive.»

    En tout cas, je n’ai rien lu de tel dans ce livre. Et, ne vous en déplaise, ce livre est le sujet de ce billet. Vos frustrations masculinistes sont donc hors sujet. Et, je ne te demande surtout pas de preuves de ce que tu avances sur la soupe primitive, car ce serait aussi hors d’ordre.

    «À partir de cette définition peut-on conclure que des mesures d’austérité sont sexistes?»

    Selon moi, oui. Dans ce type de mesures, je parlerais d’un sexisme systémique. Il n’est pas intentionnel, mais comme on coupe en premier les domaines où il y a le plus de femmes en emploi et les services qu’elles utilisent davantage, sans analyse différenciée selon le sexe (ce qui est pourtant supposé se faire selon les politiques gouvernementales, voir http://www.scf.gouv.qc.ca/fileadmin/publications/ADS/ads_guide2007-10.pdf ), il est clair que les mesures d’austérité favorisées par le dernier gouvernement (qui a continué à subventionner des secteurs plus masculins comme les mines, le ciment et l’aéronautique) étaient sexistes. Et si tu n’aimes pas ce mot, disons que l’austérité pénalise davantage les femmes (ce qui ne veut pas dire qu’elle ne pénalise pas les hommes), ce qui est l’expression la plus utilisée à ma connaissance. Et, les données semblent confirmer que l’austérité pénalise davantage les femmes sur le plan de l’emploi https://jeanneemard.wordpress.com/2017/12/21/lausterite-et-les-femmes-3/ . Voir aussi http://iris-recherche.s3.amazonaws.com/uploads/publication/file/Femmes_et_austerite_WEB.pdf .

    PS Ça m’étonnerait qu’Alexa ait écrit dans la vie en rose dans les années 1980.

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  9. 28 décembre 2017 12 h 07 min

    @ Richard Langelier Je référais au fait de s’en prendre au discours identitaire des francophones. Moi aussi, j’ai eu droit à d’excellents soins de la part d’infirmières portant le foulard islamique
    @ Darwin Puisque le seul argument que vous m’avez adressé concerne mon style, je vous concède que j’ai employé deux fois « il semble », ce qui correspond à votre définition de « commentaire farci ». Ça paraît d’autant plus mal qu’ils sont très rapprochés. Alors veuillez considérer que je remplace « là encore, il semble que ce soit une sphère sacrée pour elle » par « là dessus, pas un mot »

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  10. Richard Langelier permalink
    28 décembre 2017 17 h 17 min

    @ g7gilbert
    Je suis indépendantiste depuis 1964. Pour moi l’expression: «discours identitaire des francophones» me rappelle surtout l’attitude d’amis souverainistes lors de la Crise d’Oka. Au début, ils étaient sympathisants des Mohawks. En apprenant que The Gazette l’était aussi, ils ont conclu que c’était un complot du Canada anglais. Je pense aussi au «nous» de Jacques Parizeau le soir du référendum de 1995. J’ajoute que lors des audiences de la commission Bouchard-Taylor, il y avait beaucoup d’interventions: «Qu’ils retournent dans leur pays!». La popularité du discours de Mathieu Bock-Côté chez plusieurs souverainistes me donne des frissons dans le dos.
    Je suis évidemment partisan de la défense de la langue française. L’imbroglio provient peut-être de notre interprétation de l’expression: «discours identitaire des francophones».

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