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Désordonnances

26 février 2018

Avec son livre Désordonnances – Conseils plus ou moins pratiques pour survivre en santé, Alain Vadeboncoeur «nous raconte l’histoire de la médecine et nous explique les fondements de sa rigueur scientifique, tout en montrant ses limites».

Avertissement : Même si les conseils contenus dans ce livre sont bons, ils ne remplacent pas ceux des professionnel.les de la santé qui nous examinent pour vrai!

Préface : Le Pharmachien présente de façon humoristique l’auteur et le livre.

Prologue. La vie raccourcie de Caroline Maxwell : L’auteur raconte notamment comment l’invention de l’appendicectomie a pu sauver des vies.

I. Construire

Faites un tour de médecine : Ce chapitre porte sur l’évolution de la médecine, nous apprenant entre autres que la chirurgie se pratiquait dans l’Antiquité, fut mise au ban au cours du Moyen-Âge et est revenue en grâce graduellement par la suite. Mais, les grandes avancées en médecine ont dû attendre les XIXe et XXe siècles.

Bouclez la médecine bâclée : Où l’auteur montre entre autres que les résultats négatifs d’une recherche médicale peuvent être aussi importants que les résultats positifs.

Doutez avec le Pharmachien : L’auteur commente les conséquences de l’affirmation du Pharmachien comme quoi un jus d’orange au déjeuner n’est pas mieux qu’un Coke, affirmation lancée à Tout le monde en parle.

II. Prévenir

Bougez-vous de là : L’auteur explique le concept des facteurs de risque et se concentre sur un des facteurs de prévention parmi les plus importants, l’exercice.

Entraînez-vous trois minutes par semaine : Le bon docteur Vadeboncoeur (j’espère que le docteur Julien n’a pas de droits d’auteur sur cette expression…) nous présente ici une méthode d’exercice par intervalles qui donnerait autant de bienfaits que des exercices plus conventionnels effectués quatre fois plus longtemps. Il avait déjà abordé ce sujet dans une chronique de L’actualité.

Soyez d’ordinaires sportifs : L’auteur nous raconte ses expériences avec le sport et, comme le titre l’indique, conseille d’en faire suffisamment, mais pas trop, car les bénéfices se réduisent à partir d’un certain niveau (qui peut varier d’une personne à l’autre).

Mangez mieux que les Américains : On devinera que ce chapitre porte sur l’alimentation…

Détoxifiez-vous de la détox : Non, notre corps n’a pas besoin de se faire désintoxifier. Il faut simplement en prendre soin et il se désintoxifiera tout seul comme un grand!

N’appelez pas à votre secours les Superaliments™ : L’auteur nous met en garde contre les promesses entourant les supposés superaliments aux vertus presque infinies : avec une bonne alimentation, on n’en a tout simplement pas besoin (et ils ne compenseront jamais une mauvaise).

Ne fondez pas pour le chocolat noir : L’auteur analyse cette fois les vertus du chocolat et, comme le titre l’indique, conclut à peu près de la même façon que dans le chapitre précédent.

Écrasez nature ou électronique : Où l’auteur proscrit sans surprise la cigarette, mais recommande la cigarette électronique aux fumeur.euses avec quelques réserves.

Piquez-vous avec raison : Ce chapitre porte sur les vaccins et sur l’opposition ridicule et meurtrière (ce qualificatif est de moi) que certaines personnes entretiennent envers eux.

III. Diagnostiquer

Examinez vos examens avec Simon : Parfois, deux tests valent mieux qu’un et trois mieux que deux!

Tchéquez ben vos tests : Ce chapitre complète le précédent en abordant la question des faux positifs et des faux négatifs, leurs probabilités et leurs conséquences.

Relativisez vos risques : L’auteur nous explique l’interprétation à donner à d’autres probabilités, liées cette fois aux facteurs de risques qui font augmenter la possibilité qu’un événement fâcheux survienne. Il en profite pour préciser qu’une corrélation n’est pas nécessairement causale.

Ne courez pas toujours après le cancer : Vaut-il la peine de dépister le cancer? En tentant de répondre à cette question difficile, l’auteur en profite pour faire la distinction trop souvent méconnue entre la prévention, le dépistage et la démarche diagnostique, et pour expliquer les dangers du surdiagnostic.

Ne dépistez pas toujours en profondeur : Ce chapitre est consacré à quelques cas particuliers de dépistage, surtout à celui de la prostate, mais aussi à l’examen bimanuel de dépistage du cancer des ovaires et de l’utérus.

Déposez votre bilan de santé : Après une parenthèse intéressante sur la vie de Norman Bethune, l’auteur s’interroge sur la pertinence des bilans de santé annuels (la réponse se devine en lisant le titre…).

IV. Traiter

Ne vous pressez pas pour votre pression : Trop s’inquiéter pour sa pression peut la faire augmenter!

Substituez, subrogez : À partir d’un cas vécu, l’auteur s’attaque à la croyance erronée que les médicaments d’origine seraient meilleurs que les génériques.

Ne meurez pas de rire : Ce chapitre bizarroïde aborde les effets dangereux de la juxtaposition d’un fou rire avec une pneumonie ainsi que les bienfaits de l’invention des antibiotiques.

Méfiez-vous des enrhumés : L’auteur départage le vrai du faux, ce qui fonctionne de ce qui n’a aucun effet, pour prévenir et soigner le rhume. Cela ne doit pas vous empêcher de continuer à utiliser vos trucs si leurs effets placebo marchent pour vous (le doc le fait lui-même!).

Épargnez les antibiotiques : «(…) les antibiotiques doivent être réservés pour certains problèmes spécifiques, aux infections sévères ou récurrentes et à celles qui causent des complications» et surtout pas utilisés pour «une otite, une sinusite et une bronchite sans complication». Non seulement ils ne sont pas nécessaires, mais ils peuvent nuire, notamment parce qu’ils favorisent la résistance des microbes aux antibiotiques, sujet que l’auteur développe par la suite.

Ne vous cassez pas la grippe : Mis à part le vaccin, dont l’efficacité varie d’une année à l’autre, aucun produit ne peut prévenir la grippe, quoique certaines mesures hygiéniques peuvent augmenter la probabilité de ne pas l’attraper. Par contre, seul le temps (grâce à notre système immunitaire) parvient à nous en guérir, même si certains produits (dont l’eau et le zinc) peuvent amoindrir quelque peu ses effets.

Croyez ce petit rien homéopathique : Le seul avantage de l’homéopathie est de fournir un effet placebo sans effets secondaires. Il faut toutefois éviter de compter sur elle pour remplacer les effets bien réels de vrais médicaments, surtout pour soigner des maladies graves…

Tirez sur les joints : L’auteur aborde les côtés positifs et négatifs de l’utilisation thérapeutique du cannabis et présente les conclusions d’études sur le sujet.

Ne vous cassez pas la gueule de bois : Ce chapitre aborde les trucs qui fonctionnent pour amoindrir les effets de la gueule de bois.

Ne jetez pas votre grand-mère avec ses remèdes : L’auteur fait le tour de médicaments et d’autres produits qui étaient populaires pour se soigner quand il était jeune. Heureusement, un grand nombre d’entre eux, dont le mercurochrome, ont été retirés des tablettes.

V. Soigner

Comprenez le docteur : Le langage des médecins est souvent incompréhensible pour la majorité de la population (et il ne faut pas compter sur leur écriture pour pallier cette lacune!). Pourtant, la communication entre les médecins et leurs patients est essentielle…

Choisissez avec soin : «Le plus grand défi de la pratique médicale, c’est de régler ce problème majeur : le manque de pertinence de nombreux soins prodigués». L’auteur présente justement dans ce chapitre des données sur quelques-uns des soins qui ne sont pas «choisis avec soin» par les médecins.

Ne soyez pas malades de vos médecins : L’auteur fait ici le diagnostic de notre système de santé, aussi bien sur la forme (structure, responsabilité des professions, etc.) que sur le fond (qualité et quantité des soins, accessibilité, etc.).

Culturez-vous : L’auteur conclut, en soulignant entre autres l’importance de lutter pour la dignité humaine.

Épilogue. La vie prolongée de Maude : À l’inverse du prologue, où une vie était perdue (ou raccourcie de dizaines d’années) parce que l’appendicectomie n’était pas encore courante au XVIIIe siècle, une vie est ici sauvée (celle de sa fille…) alors que cette opération est devenue presque routinière (quoiqu’aucune opération ne doit être considérée routinière). Il souligne le rôle des personnes qui ont inventé cette chirurgie et la contribution de celles qui travaillent en équipe dans notre système de santé, un peu comme je l’avais fait dans le billet que j’ai écrit après mon quadruple pontage le printemps dernier. Il mentionne d’ailleurs que ce billet l’a inspiré pour cette partie de son épilogue.

Et alors…

Lire ou ne pas lire? Lire! Ce livre pratique contient une foule d’informations et est amusant et agréable à lire. Il m’a fait penser au deuxième livre du Pharmachien avec plus d’informations, mais moins d’images. Comme je l’ai dit du livre du Pharmachien, je regrette presque de ne pas l’avoir acheté pour le consulter au besoin. Le langage est clair et les nombreuses anecdotes qu’il contient sont pertinentes et permettent à la fois de mieux comprendre les sujets abordés et de sourire souvent (ce qui est bon pour la santé!). Et, autre qualité, les notes explicatives sont en bas de pages, et celles de référence à la fin, ce qui me convient parfaitement.

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One Comment leave one →
  1. Richard Langelier permalink
    26 février 2018 21 h 12 min

    «Trop s’inquiéter pour sa pression peut la faire augmenter!» m’a dilaté la rate.

    Aimé par 1 personne

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