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C’est fou comme t’as pas l’air d’en être un!

5 mars 2018

Avec son livre C’est fou comme t’as pas l’air d’en être un!, Drew Hayden Taylor, auteur ojibwe originaire de la communauté de Curve Lake en Ontario, «parvient à mettre en lumière, avec un humour intelligent et décalé, les différences entre le mode de vie des Autochtones et celui des Blancs pour briser certains stéréotypes tenaces». Comme ce livre est un recueil de près de 100 textes regroupés en quatre chapitres, je me contenterai de mentionner sommairement les sujets abordés.

Introduction : Dramaturge pour le théâtre et la télévision à l’origine, l’auteur a décidé au début des années 1990 d’écrire des chroniques humoristiques pour mieux transmettre ses idées. Il explique que ce livre regroupe les meilleurs textes de quatre recueils parus auparavant. Ce livre est un bel exemple des deux solitudes au Canada, puisque je n’avais jamais entendu parler de cet auteur avant de le lire!

1. Les observations d’un Ojibway aux yeux bleus : L’auteur aborde :

  • le fait d’être un ojibway aux yeux bleus (évidemment) et les quiproquos que cela provoque;
  • les représentations érotiques et pornographiques des femmes autochtones chez les Blancs;
  • sa participation à un colloque sur les Autochtones du Canada en Allemagne;
  • la supposée supériorité morale des Blanc.hes;
  • le sens du mot «Ojibway» (le vrai nom de ce peuple est «Anishnabe»);
  • le sens des appellations autochtones (Indiens, Sauvages, Amérindiens, etc.);
  • la façon supposément «correcte» d’écrire que doit adopter un Autochtone;
  • des questions bizarres qu’il reçoit de temps en temps;
  • la légende et la vraie histoire (ce qu’on en sait) de Pocahontas;
  • les stéréotypes des personnages autochtones dans les films et à la télévision;
  • des histoires inventées par des enfants autochtones (contre des sous) qui se retrouvent dans un livre de chercheurs universitaires sur les légendes autochtones;
  • les causes spécifiques dans les abus de substances chez les Autochtones;
  • l’étrange attrait de certain.es Blanc.hes pour une culture autochtone imaginaire (et imaginée);
  • la commercialisation des pow-wow;
  • quelques termes qui peuvent ne pas avoir le même sens pour les Autochtones et pour les Blanc.hes.

2. Les nouvelles aventures d’un Ojibway aux yeux bleus : L’auteur poursuit ses observations sur :

  • les cadeaux d’anniversaire toujours liés à la culture autochtone qu’il reçoit de ses ami.es blanc.hes;
  • les végétariens et les Autochtones qui le sont rarement;
  • les caractéristiques de l’humour autochtone;
  • la difficulté de la critique d’une œuvre autochtone par un Autochtone;
  • la quasi-absence des Autochtones à la télé et au cinéma;
  • la censure imposée par la rectitude politique;
  • les exigences des émissions pour enfants;
  • les critères pour définir ce qu’est un.e Autochtone;
  • la gêne des Blanc.hes face à l’humour autochtone;
  • les commentaires qu’il reçoit de ses lecteurs;
  • les avantages et désavantages d’être un Autochtone au teint clair;
  • la présence de dizaines de cultures autochtones au Canada et non d’une seule;
  • l’appropriation culturelle par alliance;
  • les nombreuses «découvertes» de l’Amérique avant l’arrivée Christophe Colomb;
  • une question sur le suicide posée par un élève d’une école secondaire lors d’une lecture publique;
  • quelques farces plates (mensonges) sur la culture ojibway qu’il a faites à l’étranger.

3. Les cruelles observations d’un Ojibway aux yeux bleus : L’auteur nous offre ses observations cruelles sur :

  • sa participation à un festival de littérature canadienne en Allemagne;
  • le froid au Canada;
  • la communauté innue de Davis Inlet;
  • les conséquences de vieillir;
  • le nombre disproportionné d’aventuriers européens venus en Amérique dont le nom commence par un C (Colomb, Cabot, Cartier, Champlain, etc.);
  • un lexique rigolo sur la vie autochtone;
  • quelques comportements qui peuvent irriter les Autochtones;
  • des visiteurs indésirés dans son logement;
  • l’augmentation de la prévalence du diabète chez les Autochtones;
  • la supposée tendance qu’auraient les Autochtones d’arriver en retard;
  • les changements dans les associations faites avec le mot «blanc»;
  • la responsabilité des Blanc.hes actuel.les des actes accomplis par leurs ancêtres;
  • le statut des personnes à moitié blanches et à moitié autochtones (et avec d’autres proportions);
  • les fréquentations des Autochtones connu.es médiatiquement avec des Blanc.hes;
  • la nouvelle popularité de la culture autochtone;
  • l’appropriation culturelle autochtone par les adeptes du nouvel âge;
  • l’absence de littérature érotique autochtone (autre que celle écrite par des Blanc.hes).

4. Les futiles observations d’un Ojibway aux yeux bleus : L’auteur nous offre ses observations futiles sur :

  • un regroupement d’hommes autochtones ayant fréquenté des femmes autochtones (est-ce une blague?);
  • l’appropriation culturelle dans les sports et les loisirs;
  • la relation ambiguë entre les Autochtones et les religions chrétiennes, et avec Noël;
  • d’autres conséquences de vieillir;
  • sa participation au Salon international du livre de Turin;
  • le concept de deux catégories d’Anishnabe, les normaux et les suiveux;
  • la possible appropriation culturelle d’un Autochtone qui écrit sur un peuple autochtone autre que celui auquel il appartient;
  • la formation universitaire par rapport à la formation traditionnelle autochtone;
  • les caractéristiques que doit ou ne doit pas avoir un aîné autochtone pour être reconnu comme tel;
  • la quasi-absence d’hommes autochtones nus dans les pièces de théâtre et au cinéma;
  • des Blanc.hes qui refusent de jouer des rôles d’Autochtones dans des pièces de théâtre;
  • un discours qu’il a prononcé dans sa communauté natale de Curve Lake (ce texte de plus de 20 pages est de loin le plus long du livre et est celui qui explique le mieux ce qu’il fait);
  • la sexualité autochtone passée, présente et à venir, sa représentation dans les arts (et la perversion de celle des religieux chrétiens dans les pensionnats, perversion qui a eu des conséquences sur la sexualité des Autochtones y ayant vécu et même sur celle des autres Autochtones);
  • une publicité rigolote qu’il a conçue pour lutter contre le racisme envers les Autochtones;
  • un courriel qui lui a été envoyé pour critiquer une de ses chroniques et auquel il a répondu.

Et alors…

Lire ou ne pas lire? Lire! Ça ne paraît peut-être pas en lisant les thèmes abordés dans ce livre, mais il s’agit d’un livre d’humour! Cet humour, comme on peut le constater, n’exclut surtout pas les thèmes sérieux et même controversés. L’auteur apporte une vision vraiment différente de la culture autochtone de celle à laquelle on peut habituellement accéder. Il sait bien relever nos travers et notre culpabilité parfois envahissante, mais manie aussi l’autodérision avec brio. Je croyais commencer à m’ennuyer après une dizaine de textes, mais non, j’ai eu du plaisir à lire ce livre jusqu’à la fin. Même si on trouve quelques répétitions dans ces textes, elles sont bien moins nombreuses que je le pensais et présentées dans des contextes différents. Autre bon point, les notes (peu nombreuses et, sauf erreur, toutes de la traductrice) sont en bas de page! Seul bémol, j’aurais aimé savoir la date (ou le mois, ou même l’année) de parution des textes, car cela aurait souvent aidé à contextualiser leur contenu.

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