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Le sale discours

21 mai 2018

Avec Le sale discours ou géographie des déchets pour tenter de distinguer au mieux ce qui est propre de ce qui ne l’est pas, David Wahl, dramaturge, écrivain et interprète, nous offre un récit qui parle «d’un environnement façonné par nos ordures, nos excréments et nos déchets (…), de notre instinct de survie, de nos rêves d’éternité, de la peur de la mort».

I : L’auteur raconte les événements entourant la décision de Louis VI Le Gros d’interdire aux porcs de circuler librement dans les rues de Paris, puis ses conséquences (ce livre est tellement court, 84 pages, selon l’éditeur, et en fait 73 avec du texte, que je vais tenter d’en dire le moins possible…). Il explique que l’être humain a longtemps (toujours?) confondu ce qui est propre de ce qui est sale, ce qui est sain et ce qui ne l’est pas. Il en profite bien sûr pour assaisonner son texte de gags parfois rigolos, d’autres fois douteux, et pour raconter de nombreux épisodes de confusion entre le propre et le sale (ou le sain et l’insalubre).

II : L’auteur relate tout d’abord les hypothèses avancées historiquement sur les «matériaux fondateurs» de notre monde (l’eau, la terre, le feu et l’air, puis les atomes), puis les tentatives de modifier la matière. Il fait ensuite le lien entre cet historique et la confusion entre les croyances (et la magie) et la science, confusion qui accentue celle entre le nettoyage et le salissage, puis, et pourquoi pas, celle entre la vie et la mort. Rien de moins!

Et alors…

Lire ou ne pas lire? Je ne vois aucune raison de ne pas lire ce livre. On n’a pas d’une part besoin de beaucoup de temps pour passer à travers (c’est un cas patent de location à une bibli), et il est agréable à lire. Les liens qu’il fait sont originaux et rigolos. Même s’il avertit le lecteur que certaines parties du livre pourraient dégoûter des lecteur.trices, ce ne fut pas mon cas. Il faut dire que je ne suis pas du tout malécoeureux. Ah oui, les notes ne sont pas à la fin, en fait pas non plus en bas de page, car il n’y en a pas!

Je vais terminer ce court compte-rendu avec une citation que j’ai bien appréciée (même si sa première partie n’est pas vraie) et qui montre bien l’esprit de ce livre : «Le porc est sale et nettoie; l’homme est propre et salit».

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