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Un Québec-pays

18 juin 2018

Sous la direction du Réseau des citoyennes pour l’indépendance (RéCI) des OUI Québec, le livre Un Québec-pays – Le Oui des femmes regroupe des textes de femmes qui croient «que l’édification d’un Québec-pays offre une dynamique exceptionnelle pour la mobilisation citoyenne des femmes et l’avancement de leurs droits». Comme ces textes sont courts et nombreux, je devrai me contenter de mentionner les sujets qu’ils abordent sans les commenter.

Le mot des OUI Québec : Claudette Carbonneau, présidente des OUI Québec, explique le contexte entourant la rédaction de ce livre.

Introduction : Le RéCI présente dans cette introduction les objectifs du livre, qui sont notamment de démontrer les avantages que retireraient les femmes de l’indépendance et «d’interpeller le mouvement indépendantiste qui (…) ignore trop souvent les femmes dans ses analyses», et le contenu des textes qui suivront.

Penser l’avenir du Québec dans une perspective féministe : Francine Descarries montre qu’il faut raviver et repenser «le projet féministe pour une société égalitaire et le projet d’un pays du Québec, plus juste et équitable pour toutes et tous».

Pour une nécessaire consolidation des acquis : Nicole de Sève retrace les principales luttes et les gains les plus importants du mouvement féministe au cours des dernières décennies, puis la contribution des femmes au mouvement indépendantiste.

Le mouvement communautaire et l’indépendance du Québec : Amélie Lafortune-Lauzon et Marie Leclerc échangent sur la vision des organismes communautaires autonomes, sur leur contribution à l’émancipation des femmes et sur ce qu’ils peuvent apporter au projet indépendantiste.

La Fédération des femmes du Québec (FFQ), de 1980 à 1995: un cheminement vers le Oui : Ginette Drouin explique pourquoi la Fédération des femmes du Québec (FFQ), dont elle a été présidente de 1985 à 1989 et qui n’avait pas pris position lors du référendum de 1980, en est venue à appuyer le oui lors de celui de 1995.

La culture, puissant vecteur de cohésion sociale : Claire Aubin et Ginette Drouin démontrent l’importance pour le Québec d’accéder à l’indépendance pour récupérer tous les pouvoirs en matière de culture et expliquent que les femmes ont fortement contribué à l’héritage culturel du Québec, constituant un véritable matrimoine québécois. Ce texte est suivi d’une annexe intitulée Une célébration du matrimoine, présentant notamment quatre peintures réalisées par des femmes.

Le français comme point de ralliement : Josée Boileau insiste sur l’importance de protéger le français et de se doter d’un pays pour pouvoir le faire efficacement.

L’indépendance, levier d’action pour les femmes en culture : Aurélie Lanctôt s’entretient avec Brigitte Haentjens sur la place des femmes dans le milieu artistique et sur l’impact que pourrait avoir l’indépendance du Québec sur cette place.

De certains blocages engendrés par le régime fédéral dans des programmes essentiels : Si le Québec a su adopter plusieurs lois qui ont contribué à l’égalité entre les sexes, ces lois ne s’appliquent pas aux quelque 15 % des femmes assujetties au Code canadien du travail, nous explique Claudette Carbonneau. Elle soulève aussi d’autres incongruités entre les lois des gouvernements fédéral et du Québec qui ne peuvent être éliminées que par l’indépendance.

Pour les femmes, une assurance-chômage intégrée aux politiques de l’emploi : Sylvie Morel montre que le fait que l’assurance-chômage soit gérée par le gouvernement fédéral crée une incohérence institutionnelle entre ce programme et les autres programmes de main-d’œuvre et de sécurité sociale de compétence provinciale. En plus, la conception de ce programme désavantage les personnes qui travaillent à temps partiel, donc les femmes. La solution? L’indépendance, bien sûr!

Les régimes de retraite publics et les femmes : Ruth Rose explique que les programmes à l’intention des personnes âgées souffrent aussi de leur répartition entre les deux paliers de gouvernements et pénalisent les femmes de diverses façons, notamment en ne reconnaissant pas le travail «invisible» des femmes (comme de cesser de travailler ou de travailler moins pour prendre soin des enfants ou d’un.e proche) qui n’est pas considéré dans le calcul des rentes.

Nos villages, nos régions et la participation des femmes face à l’indépendance du Québec : Les interventions dans le domaine du développement régional bénéficieraient aussi de l’indépendance, selon Claire Bolduc. En effet, les interventions seraient plus coordonnées, donneraient la priorité aux enjeux les plus importants pour le Québec et ses régions, et les femmes pourraient mieux se faire entendre.

Apprendre à ne plus avoir peur : Erika Soucy nous exhorte à être fier.ères de ce que nous sommes et à ne pas douter de notre valeur et à ne pas avoir peur.

Des ponts à construire et à reconstruire : Aurélie Lanctôt a davantage connu «les mouvements de résistance au néolibéralisme et à la mondialisation économique sauvage qu’à la construction d’un projet de souveraineté». Pour réaliser l’indépendance, le projet souverainiste doit tenir compte des valeurs féministes et être rassembleur, et non pas tabler sur la division.

La justice climatique et féministe au sein du mouvement indépendantiste : Alejandra Zaga Mendez avance que l’indépendance doit inclure «un projet de société qui permettrait de véritablement éradiquer les injustices sociales [de genre, économiques] et climatiques».

Une démarche constituante pour dessiner les contours du pays : Selon Claudette Carbonneau, la «mise en place d’une assemblée constituante [paritaire] chargée d’élaborer un projet de Constitution d’un Québec indépendant» permettrait notamment de «bâtir une société plus conforme à nos valeurs et à nos aspirations».

Le Québec et nous: les convictions et les concepts relatifs à l’indépendance ne seront jamais obsolètes : Carmen Sabag Vaillancourt explique comment les immigrant.es pourraient bénéficier de l’indépendance et l’appuyer.

Pourquoi une féministe immigrante ou réfugiée serait-elle indépendantiste en 2017? : Marjorie Villefranche nous raconte pourquoi une immigrante haïtienne et féministe comme elle en est venue à appuyer avec conviction l’indépendance du Québec.

Mon parcours de militante, de ma Kabylie natale à mon Québec adoptif : Farida Sam se souvient des luttes des femmes et hommes kabyles pour l’indépendance de leur pays (qui fait actuellement partie de l’Algérie). Elle considère tout naturel dans ce contexte d’appuyer le mouvement indépendantiste au Québec, tout en précisant que l’indépendance ne pourra se faire que si ce mouvement ouvre grand ses portes «à toutes les femmes immigrantes soucieuses de l’avenir du Québec».

Les femmes et le renouvellement de la démocratie : Élaine Hémond rêve d’un pays qui adoptera «un nouveau modus vivendi de la démocratie susceptible de donner aux femmes un réel pouvoir».

L’exigence de reconnaissance : Au cours d’un entretien avec Lorraine Guay, Viviane Michel, membre de la nation innue, exprime sa rage contre le paternalisme (entre autres) des colonisateurs qui ont imposé leurs valeurs et leur culture aux nations déjà présentes sur ce contient avant leur arrivée. Avant même de commencer à parler d’un éventuel appui des nations autochtones à l’indépendance du Québec, il faudrait que les Québécois.es les reconnaissent et reconnaissent leurs droits, et qu’il et elles les respectent, elles et leurs différences. Là, peut-être que la confiance pourrait s’établir et qu’on pourrait véritablement cohabiter.

Quel rapport de nation à nation? : Annie O’Bomsawin-Bégin explique le type de rapport de nation à nation que le Québec devrait établir avec chacune des 11 nations autochtones et présente les principaux enjeux et écueils auxquels ces rapports devraient faire face.

L’expérience du Regroupement des femmes québécoises (1976-1981), un exemple particulier de l’articulation féminisme-indépendantisme : Lors d’un entretien avec Lorraine Guay, Andrée Yanacopoulo, Tunisienne d’origine, raconte son parcours qui l’a amenée à participer aux activités de nombreux regroupements féministes, toujours près du mouvement indépendantiste tout en restant en retrait, jusqu’à ce qu’elle se dise que ces deux enjeux peuvent se conjuguer.

Les femmes et le nationalisme: soyons vigilantes : Micheline Dumont explore les liens entre le féminisme et le nationalisme, puis entre l’indépendance et l’immigration francophone.

Tout ne sera pas réglé dans un Québec indépendant… et pourtant! : L’indépendance ne réglera pas tout, mais fournira les outils pour en régler beaucoup. Lorraine Guay fait le tour des débats, notamment ceux touchant les femmes, qui continueront à se tenir dans un Québec indépendant.

Conclusion: une réflexion à poursuivre : Le RéCI fait ici le tour des sujets abordés dans ce livre et de ceux qui ne s’y trouvent pas et qui mériteraient d’être analysés à l’avenir.

Postface: Articuler indépendantisme et féminisme: la position du RéCI : Le RéCI en appelle avec ce texte à la convergence des forces indépendantistes. Pour ce, il montre que «l’indépendance est à la fois une fin et un moyen, ces deux dimensions se nourrissant l’une l’autre».

Le livre contient trois annexes dont je vais simplement mentionner les titres :

  • Annexe 1: L’économie du Québec, le fédéralisme canadien, les transferts sociaux et l’insécurité économique des femmes: quelques brèves;
  • Annexe 2: Immigration, refuge et pluralisme: perspectives indépendantistes et féministes;
  • Annexe 3: Les OUI Québec et le RéCI.

Et alors…

Lire ou ne pas lire? Lire! Compte tenu du grand nombre d’auteures qui y ont écrit et de textes qui le composent, ce livre contient étonnamment peu de répétitions. On doit donc souligner le bon travail de conception et d’édition. On peut bien sûr être en accord ou en désaccord avec les thèses qui y sont défendues, mais il faut reconnaître que la direction de ce livre a su réunir un vaste spectre d’opinions et d’arguments appuyant surtout l’indépendance, avec quelques réserves qui permettent d’approfondir notre réflexion. Je craignais de m’embêter après quelques textes, mais j’ai terminé ce livre avant que ça arrive! En plus, les notes sont en bas de pages.

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