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L’ IÉDM et la «disparition» des jeunes au Québec

2 août 2018

L’Institut économique de Montréal (IÉDM) a publié la semaine dernière sous la plume de Marcel Boyer un court texte (2 pages) intitulé Pénurie de main-d’œuvre : la «disparition» des jeunes au Québec. J’ai tout d’abord pris connaissance de ce texte par son compte-rendu dans La Presse (compte-rendu un peu trompeur). Je n’ai trouvé qu’un autre article portant sur ce texte, article qui rend bien mieux son contenu.

La thèse de ce texte repose sur les données du tableau que j’ai reproduit dans l’image qui accompagne ce billet. On y observe que, entre 1981 et 2010, le nombre de Québécois.es ayant moins de 15 ans et entre 15 et 44 ans a diminué respectivement de 12,6 % et de 6,1 %, alors que le nombre d’Ontarien.nes et de Canadien.nes du reste du Canada (incluant étrangement les Ontarien.nes, qui représentaient 48,2 % des autres Canadien.nes en 1981 et 50,1 % en 2017) a augmenté respectivement de 16,2 % et de 26,1 % en Ontario, et de 6,5 % et de 20,8 % dans le reste du Canada. Devant ces évolutions contraires, l’auteur se demande ce qui explique cette «hécatombe» au Québec. Il souligne ensuite ce qu’il appelle le «léger rebond» entre 2010 et 2017, alors que le nombre de Québécois.es ayant moins de 15 ans et entre 15 et 44 ans a augmenté respectivement de 6,5 % et de 1,2 %, tandis que le nombre d’Ontarien.nes a augmenté respectivement de 0,7 % et de 5,0 %, et de Canadien.nes du reste du Canada de 3,9 % et 5,5 %, soit moins qu’au Québec chez les moins de 15 ans et plus qu’au Québec chez les 15 à 44 ans.

Pour expliquer cette «hécatombe», M. Boyer se pose les questions suivantes : «Les jeunes Québécois se sont-ils exilés en masse pendant les années de décroissance? Le Québec a connu un solde migratoire international nettement positif, mais en proportion nettement inférieur à celui de l’Ontario. Quant au solde migratoire interprovincial, il est systématiquement négatif, ce qui semble indiquer que la capacité d’attraction du Québec est relativement faible». Je dois accorder à l’auteur qu’il est beaucoup plus posé dans ce paragraphe que ne l’est le compte-rendu paru dans La Presse, dans lequel on peut lire «que de 1981 à l’an dernier, 229 700 personnes de 45 ans et moins ont déménagé dans une autre province», ce que M. Boyer ne dit pas (quoiqu’il le laisse penser un peu en parlant d’exil et de disparition).

Dans ce billet, je compte relativiser ces différences, regarder si ces personnes ont vraiment disparu et commenter quelques autres affirmations contenues dans ce texte.

Écarts vraiment différents? À quel point?

Il m’est arrivé souvent de reprocher à des analystes de regarder l’évolution de données sans les mettre en perspective. C’est exactement ce que M. Boyer a fait ici en parlant d’hécatombe dans ces classes d’âge. Les deux graphiques qui suivent (tirés des données du tableau 17-10-0005-01 de Statistique Canada) examinent plutôt l’évolution de la part de la population des personnes âgées de moins de 15 ans et ayant entre 15 et 44 ans dans les trois territoires définis par l’auteur de ce texte par rapport à leur population totale.

Le premier, portant sur la population ayant moins de 15 ans, montre que l’évolution de la part de cette population fut très semblable dans les trois territoires. En fait, cette proportion est passée entre 1981 et 2017 de :

  • 21,5 % à 15,6 % au Québec (ligne bleue), en baisse de 5,9 points de pourcentage;
  • 21,6 % à 15,7 % en Ontario (ligne rouge), en baisse de 5,9 points aussi;
  • 22,6 % à 16,1 % dans le reste du Canada (ligne jaune), en baisse de 6,4 points.

On peut voir que, de fait, la hausse de cette proportion depuis 2010 (année indiquée par la ligne verticale), hausse très faible, soit de 0,09 point, jumelée à la poursuite de la baisse dans les autres territoires (de 1,15 point en Ontario et de 0,72 point dans le reste du Canada) explique en partie ce résultat, mais il demeure qu’il est difficile en regardant ce graphique de crier à l’hécatombe quand, en fait, la situation s’est davantage détériorée dans le reste du Canada (qui comprend l’Ontario, je le répète) qu’au Québec et que la proportion de jeunes en Ontario, malgré des trajectoires un peu différentes, fut quasiment la même qu’au Québec en 1981 et en 2017. Il faut noter que cette évolution reflète en premier lieu celle de la natalité dans ces territoires. En effet, l’indice synthétique de fécondité est plus élevé au Québec qu’en Ontario depuis 2005 (comme on l’a vu dans le billet que j’ai publié vendredi dernier) et que dans le reste du Canada depuis 2006 (voir le dernier graphique sur cette page). Cette remontée relative n’est donc pas étonnante.

Le deuxième graphique, portant cette fois sur la population ayant de 15 à 44 ans, montre que l’évolution de la part de cette population fut très semblable en Ontario et dans le reste du Canada, mais que cette part a diminué beaucoup plus au Québec. En fait, cette proportion est passée entre 1981 et 2017 de :

  • 50,6 % à 37,9 % au Québec (ligne bleue), en baisse de 12,7 points de pourcentage;
  • 48,5 % à 39,9 % en Ontario (ligne rouge), en baisse de 8,6 points;
  • 48,7 % à 40,1 % dans le reste du Canada (ligne jaune), en baisse de 8,6 points aussi.

La différence de l’évolution de la part de la population âgée de 15 à 44 ans entre le Québec et les deux autres territoires s’explique en deux étapes. Tout d’abord, cette part était au départ nettement plus élevée au Québec. En effet les personnes qui avaient entre 15 et 44 ans en 1981 sont nées, que ce soit au Québec ou ailleurs, entre 1936 et 1966. Or, ces années comprennent toutes les années du baby-boom, que Statistique Canada situe entre 1946 et 1965 au Québec et au Canada. Or, c’est au Québec que ce boom fut le plus important. Ensuite, la baisse plus forte de la part de la population ayant moins de 15 ans observée dans le graphique précédent au cours des années 1990 et 2000 s’est inévitablement répercutée dans la population ayant de 15 à 44 ans au cours des années suivantes, d’autant plus que, en 2017, cette population est née entre 1973 et 2002 et ne comptait plus aucun baby-boomer. Les baby-boomers ayant tous plus de 44 ans, il est normal que la part de la population ayant 45 ans et plus soit plus élevée au Québec que dans les deux autres territoires (46,5 % au Québec, 44,4 % en Ontario et 43,8 % dans le reste du Canada), faisant diminuer par voie de conséquence la part de celles âgées de moins de 15 ans et de 15 à 44 ans. Le redressement de la part de la population ayant moins de 15 ans depuis 2010 devrait améliorer la situation de la population ayant de 15 à 44 ans par rapport à celle des deux autres territoires au cours des prochaines années. Bref, là, oui, il y a une baisse d’importance de cette population plus élevée au Québec que dans les deux autres territoires, mais cette baisse s’explique bien sans imaginer de départs massifs ou d’hécatombe.

Disparition?

Même si le texte de M. Boyer est plus prudent que le compte-rendu paru dans La Presse sur l’influence de départs dans d’autres provinces, il demeure que cette hypothèse est mentionnée dans son texte, qu’il se demande si les jeunes Québécois se sont «exilés en masse pendant les années de décroissance» et qu’il parle de «la «disparition» des jeunes au Québec» dans le titre de son texte. En fait, la baisse du nombre de personnes ayant moins de 45 ans ne signifie qu’une chose, que ceux et celles qui avaient cet âge en 1981 ont vieilli! Pour savoir s’ils se sont exilés en masse, la meilleure méthode est de suivre leurs cohortes de départ dans le temps. Les deux prochains graphiques (tirés aussi des données du tableau 17-10-0005-01) suivent ces deux cohortes, soit celle des personnes qui avaient moins de 15 ans en 1981 (donc nées entre 1966 et 1981) et celle des personnes qui avaient entre 15 et 44 ans en 1981 (donc nées entre 1936 et 1966).

Dans le premier, les données de 1981 sont celles des personnes qui avaient moins de 15 ans, les données de 1982 celles des personnes qui avaient entre 1 et 15 ans, et ainsi de suite jusqu’aux données de 2017 qui sont celles des personnes qui avaient entre 36 et 50 ans. Il faut comprendre que ces données ne portent pas exactement sur les mêmes personnes, mais sont plutôt le résultat du total des personnes qui avaient moins de 15 ans en 1981, plus les personnes qui ont migré au Québec provenant des autres provinces ou d’un pays étranger et qui étaient encore présentes l’année en question (y compris les résident.es non permanent.es), moins les personnes de cette tranche d’âge qui ont quitté le Québec pour un autre pays ou une autre province, moins les décès, variable qui sera bien plus importante dans le deuxième graphique, mais qui n’est pas négligeable dans le premier (en utilisant les taux de mortalité selon le groupe d’âge entre 2013 et 2017, j’ai estimé à un peu plus de 20 000 le nombre de décès qu’il y a eu au cours de ces 36 années chez les membres de cette cohorte, ce qui représente environ 1,4 % du nombre de personnes qu’il y avait dans cette cohorte en 1981).

On peut voir dans ce premier graphique que, loin de disparaître, la population qui avait moins de 15 ans en 1981 n’a presque jamais cessé de croître. En fait, elle a diminué un peu entre 1981 et 1984 (de 0,3 %), années où le solde migratoire total, soit international et interprovincial (voir l’avant-dernière colonne de ce tableau) et le solde des résident.es non permanent.es (voir la dernière colonne du même tableau) furent négatifs, mais il a augmenté toutes les autres années, sauf en 1998 (baisse de 113 personnes ou de 0,008 %), année suivant la dernière où le solde migratoire total et le solde des résident.es non permanent.es furent négatifs (très légèrement). Au bout du compte, leur nombre a augmenté de plus de 250 000 entre 1981 et 2017, ou de 17,9 %. Il faut dire que cette augmentation fut encore plus forte dans le reste du Canada (35,4 %, donnée non illustrée), mais, chose certaine, il ne doit pas avoir beaucoup de ces jeunes qui sont disparu.es et il est plus que douteux qu’ils et elles se soient exilé.es en masse! Je le répète, ces jeunes ont simplement vieilli et les cohortes qui ont suivi étaient moins nombreuses en raison de la baisse de l’indice synthétique de fécondité par la suite (de 2,72 en 1966 à 1,57 en 1981, puis à 1,36 en 1987, avant de remonter à 1,73 en 2008 et de baisser à nouveau à 1,54 en 2017, selon cette page du site de l’Institut de la statistique du Québec ou ISQ).

Le deuxième graphique est construit sur le même principe. Cette fois, les données de 1981 sont celles des personnes qui avaient entre 15 et 44 ans, les données de 1982 celles des personnes qui avaient entre 16 et 45 ans, et ainsi de suite jusqu’aux données de 2017 qui sont celles des personnes qui avaient entre 51 et 80 ans.

Comme dans le graphique précédent, cette population baisse en début de période (jusqu’en 1986) pour les mêmes raisons (soldes migratoires et des résident.es non permanent.es négatifs) et dans une moindre mesure en raison des décès, remonte jusqu’en 1990 puis baisse toutes les années suivantes, le nombre des décès surpassant l’apport des soldes migratoires positifs. Pour estimer l’importance de ces décès, j’ai consulté cette page du site de l’ISQ qui fournit des données sur les décès par groupe d’âge de cinq ans de 2013 à 2017. En utilisant les taux de mortalité pour ces années (qui étaient certainement plus élevés avant 2013, comme le montre la forte hausse de l’espérance de vie entre 1981 et 2017, soit de 74,9 ans à 82,6 ans), j’ai estimé à au moins 650 000 (j’ai conservé mon estimation la plus basse) le nombre de décès qu’il y a eu au cours de ces 36 années chez les membres de cette cohorte, ce qui représente près de 20 % du nombre de personnes dans cette cohorte au départ. Ce nombre est aussi beaucoup plus élevé que la baisse indiquée dans le graphique (environ 400 000). Sans ces décès, le nombre de personnes dans cette cohorte aurait donc augmenté d’au moins 250 000. Bref, encore là, rien ne laisse penser qu’il y ait eu un exil massif.

Autres affirmations

Même si ce texte n’a que deux pages, on y trouve deux autres affirmations négatives sur l’économie du Québec et les solutions de l’IÉDM pour renverser la vapeur.

– PIB par habitant : «l’écart de PIB réel par habitant avec l’Ontario et le ROC s’est accru, respectivement de 71,7 et de 84,6 % [depuis les 35 dernières années, soit entre 1981 et 2016]». En utilisant les données des tableaux 36-10-0222-01 (PIB, en termes de dépenses, provinciaux et territoriaux) et 17-10-0005-01 (Estimations de la population au 1er juillet) de Statistique Canada, je retrouve l’augmentation de 71,7 % de l’écart du PIB réel par habitant entre le Québec et l’Ontario, mais obtiens une augmentation de 73,2 % de celui entre le Québec et le reste du Canada. Mais, bon, le petit écart entre mon calcul et celui de M. Boyer n’a guère d’importance, car le résultat est sensiblement le même. Ce qui en a plus, c’est qu’en fait la différence entre les croissances du PIB réel de ces trois territoires entre 1981 et 2016 est en fait minime (50,2 % au Québec, 53,2 % en Ontario et 54,5 % dans le reste du Canada), et que l’augmentation de l’écart ne signifie par grand-chose. Par exemple, le PIB par habitant a augmenté entre 2001 et 2016 de 11,9 % au Québec, de 10,4 % en Ontario, mais cela n’a pas empêché l’écart entre les PIB réels du Québec et de l’Ontario d’augmenter de 3,1 %. Cela s’explique par le fait que la croissance de l’Ontario se calcule sur des montants plus élevés. Il y a aussi le fait que l’augmentation de l’écart peut donner de drôle de résultats. Par exemple, s’il était passé de 1 à 2 $, il aurait augmenté de 100 %. Cela dit, il est vrai que le PIB réel par habitant du Québec, sans pétrole, sans secteur financier dominant et sans industrie de l’automobile protégée par l’État, a augmenté moins rapidement que celui des deux autres territoires, mais il serait intéressant de comparer ces PIB en tenant compte du coût de la vie. À ce sujet, je recommande ce billet de Pierre Fortin (qui a écrit bien d’autres textes sur le sujet). Bref, l’affirmation de M. Boyer n’est pas fausse, mais l’indicateur qu’il a utilisé donne l’impression que les écarts de richesses entre les personnes qui habitent ces trois territoires sont bien plus élevés qu’ils ne le sont vraiment.

– Emploi à temps plein : «seulement 18,5 % des emplois à temps plein créés au Canada depuis 35 ans l’ont été au Québec». Cette affirmation est vraie (si ce n’est que c’est en 36 ans, car ces données portent sur les emplois à temps plein entre 1981 et 2017, mais ne chipotons pas), mais on a vu dans la première partie de ce billet que la population du Québec a augmenté bien moins rapidement que celles de l’Ontario et du reste du Canada. Au moins, dans l’affirmation précédente, l’auteur a comparé l’évolution des PIB réels par habitant et non seulement celle des PIB. Pourquoi cette fois ne compare-t-il pas les évolutions des taux d’emploi à temps plein plutôt que seulement les augmentations de leur nombre? Les deux graphiques qui suivent visent justement à mieux comprendre ce choix.

Le graphique ci-contre (tiré du tableau 14-10-0018-01) montre justement l’évolution des taux d’emploi à temps plein pour nos trois territoires. Il montre clairement que ce taux au Québec en 1981 (48,3 %, ligne bleue) était beaucoup plus bas que celui en Ontario (53,5 %, ligne rouge) et que celui dans le reste du Canada (52,3 %, ligne jaune), mais qu’il leur était à peine inférieur en 2017 (49,2 % par rapport à 49,5 % en Ontario et 50,0 % dans le reste du Canada). En fait ce taux a augmenté de 0,9 point de pourcentage au Québec, pendant qu’il diminuait de 4,0 points en Ontario et de 2,3 points dans le reste du Canada. Comment considérer ce résultat comme négatif pour le Québec? Notons qu’en plus, en utilisant le taux d’emploi à temps plein plutôt que le taux d’emploi global, cela pénalise la performance du Québec qui fut particulièrement positive chez les femmes, elles qui travaillent plus souvent à temps partiel (le taux d’emploi global a en effet augmenté de 5,5 points au Québec alors que celui de l’Ontario a diminué de 2,2 points et que celui du reste du Canada est demeuré stable).

Et, ce n’est pas tout. Comme la population du Québec compte une proportion plus élevée de personnes âgées que l’Ontario et que le reste du Canada, l’utilisation du taux d’emploi à temps plein de toute la population adulte (15 ans et plus) le désavantage. Il est de loin préférable de comparer du comparable, par exemple l’évolution du taux d’emploi à temps plein des personnes âgées de 25 à 54 ans, ce qu’on appelle le principal groupe d’âge actif. En utilisant ces données, on constate que ce taux d’emploi a augmenté de 13,0 points de pourcentage au Québec entre 1981 et 2017 (de 61,8 % à 74,8 %), de 2,1 points en Ontario (de 69,6 % à 71,8 %) et de 4,1 points dans le reste du Canada (de 67,7 % à 71,8 %) et est maintenant (en 2017) nettement plus élevé au Québec qu’en Ontario et que dans le reste du Canada (de 3,0 points dans les deux cas). Et c’est ce redressement absolument hors de l’ordinaire que l’IÉDM réussit (enfin, dans son choix malhonnête de données) à faire passer pour un échec!

– Solutions de l’IÉDM : Pourquoi l’IÉDM dénature-t-il ainsi la situation économique du Québec? Pour pouvoir mettre de l’avant ses solutions idéologiques, soit d’accorder «une plus grande ouverture à la concurrence et au secteur privé», de diminuer l’importance des droits acquis et de l’ancienneté, et de combattre une «syndicalisation trop centralisée et monopolisée». Si vous voyez le rapport, faites-moi signe!

Et alors…

Il demeure vrai que le Québec est constamment déficitaire dans la migration interprovinciale et reçoit proportionnellement moins d’immigrant.es que l’Ontario et que le reste du Canada. L’auteur semble en conclusion conscient des raisons du déficit de la migration interprovinciale en soulignant que «des facteurs culturels ou linguistiques [peuvent] expliquer en partie cette situation». Disons que ce facteur limite aussi la possibilité de hausser l’immigration, comme le montrent les débats actuels sur cette question. Est-ce vraiment en diminuant la place des syndicats que la migration interprovinciale cessera d’être négative et que le Québec décidera de recevoir plus d’immigrant.es? Et en quoi cela aurait un impact positif sur le taux d’emploi à temps plein qui s’est davantage amélioré au Québec qu’en Ontario et que dans le reste du Canada? On rigole (tout en frissonnant) de la négation des faits qui apparaissent quotidiennement dans les tweets de Donald Trump, mais ce genre de négation de la réalité est-il bien différent?

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16 commentaires leave one →
  1. Jacques René Giguère permalink
    2 août 2018 9 h 05 min

    Ce qui me choque le plus, c’est que M. Boyer, par ailleurs, un des plus brillants économistes que le Québec ait produit, a décidé de finir sa carrière en troll.

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  2. 2 août 2018 10 h 28 min

    Ça fait des années qu’il est comme cela. Les rapports Bourgogne vers le début du siècle, ça ne vous dit rien? Il examinait l’évolution du PIB du Québec et du reste du Canada dans les années 1990, et affirmait que, si la tendance se maintenait, l’écart du PIB par habitant augmenterait au même rythme que l’écart du PIB. Il ne tenait pas du tout compte du fait que la population du Québec avait augmenté moins rapidement que celle du reste du Canada. Une erreur d’économie 101…

    « Au cours de la période 1990-99, le taux de croissance annuel moyen du PIB a été de 2,0% au Québec par rapport à 2,6% au ROC. À ce rythme, le PIB réel par tête du Québec passera en 25 ans (une génération) de 26 213 $, son niveau en 1999, à 43 199$, une augmentation de 64,8%, alors que le PIB réel par tête du ROC passera de 29 708$ à 56 793$, une augmentation de 91,2%. Ainsi, le PIB réel par tête du Québec, qui accusait un retard de 11,8% en 1999 par rapport à celui du ROC, accusera dans une génération un retard de 23,9%.»

    https://www.cirano.qc.ca/pdf/publication/2001RB-01.pdf#page=4

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  3. 2 août 2018 11 h 15 min

    Dans le point 3 sur la même page, il faisait la même erreur que j’ai soulignée dans mon billet sur la confusion entre l’augmentation de l’emploi et le taux d’emploi. Bref, ce n’est pas récent qu’il fait ce genre d’erreur pour appuyer son idéologie :

    «De 1981 à 1999, le nombre total d’emplois a augmenté au Québec de 568 000, soit une croissance de 20,4% pour l’ensemble de cette période de 18 ans. Cette performance qui peut paraître très favorable doit être comparée à celles de nos voisins immédiats que sont le ROC et les ÉtatsUnis. Le ROC a créé durant cette période 2 666 000 emplois, une croissance de 31,3% et les États-Unis ont créé 33 092 000, une croissance de 33,0%. Pour la période 1990-99, le nombre d’emplois a augmenté de 6,9% au Québec, de 12,4% au ROC et de 12,4% également aux ÉtatsUnis.»

    En fait, le taux d’emploi au Québec a augmenté de 1,5 point de pourcentage à l’époque tandis que celui de l’ensemble du Canada de 0,5 point.

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  4. Jacques René Giguère permalink
    2 août 2018 11 h 23 min

    Que non seulement il finisse sa carrière en troll mais qu’il ait fondé une fabrique à troll : l’IEDM dont le seul mot vrai dans chaque papier est le mot « Montréal ». « Des ans l’irréparable outrage, la vieillesse est un naufrage ». « Sic transit gloria. » Tout mon cours classique va y passer…

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  5. Jacques René Giguère permalink
    2 août 2018 11 h 27 min

    Je donne à mes étudiants un fichier excel où je recalcule les taux de chômage (donnée sans grand intérêt mais utilisé par la presse et les politiciens…) en tenant compte des écarts de taux d’emploi entre QC et ON. Le taux passe de 4 fois le taux ontarien en 1966 à inférieur à celui de l’Ontario cet hiver.

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  6. 2 août 2018 11 h 54 min

    «Le taux passe de 4 fois le taux ontarien en 1966 à inférieur à celui de l’Ontario cet hiver»

    Je suis certain que l’IÉDM trouverait des données qui montrerait que c’est une mauvaise performance.

    Quant à votre citation (« Des ans l’irréparable outrage, la vieillesse est un naufrage »), Rodrigue Tremblay, un de mes anciens profs d’économie, l’avait utilisée quand il était ministre pour répondre à Maurice Bellemare. Disons que cette attaque avait été fortement critiquée, avec raison, selon moi… Pour moi, ce n’est pas une question d’âge chez Marcel Boyer, mais d’idéologie.

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  7. Jacques René Giguère permalink
    2 août 2018 12 h 31 min

    Je faisais allusion au temps où j’étudiais (maîtrise, début des années 80) à UdM et où je l’admirais…Beaux souvenirs: Tremblay, Dudley, Hollander, Brenner.

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  8. 2 août 2018 13 h 12 min

    Je n’ai eu que Tremblay parmi ceux-là. J’y ai été entre 1972 et 1975… Le nom de Dudley me dit quelque chose, mais je ne l’ai pas eu. J’ai eu Montmarquette (presque aussi à droite que Boyer, deux admirateurs de Gary Becker…), mais n’ai jamais assisté à son cours (il était découragé que je l’aies passé quand même). Boyer, non. J’ai déjà assisté à l’ASDEQ-Montréal à une de ses présentations sur le décrochage scolaire. Même le connaissant, je n’en revenais pas de son discours (il faudrait montrer que l’utilité marginale d’un DES représente des centaines de milliers $ et que, comme tous bons homo oeconomicus parfaitement rationnels, ils ne décrocheraient plus s’ils le savaient, ou quelque chose du genre).

    Sur la citation de Rodrigue Tremblay, j’ai trouvé ça :

    «Il y avait un M. Tremblay, qui a démissionné depuis ce temps-là, mais qui était ministre de l’Industrie et du Commerce, Rodrigue de son prénom, Rodrigue Tremblay. Il n’avait trouvé rien de mieux à dire à l’honorable député de Champlain dans le temps, M. Maurice Bellemare, qui a des états de services beaucoup plus reluisants et beaucoup plus enviables que ceux de n’importe quel membre de cette Chambre en face de nous, il disait à M. Maurice Bellemare: « Comme disait le général De Gaulle, la vieillesse est un naufrage. Je constate l’épave que nous avons devant nous ». Beau respect pour les personnes âgées.»

    Il faut dire que son ajout «Je constate l’épave que nous avons devant nous» (dont je ne me rappelais pas) était encore plus déplacé (euphémisme) que la citation seule.

    http://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/assemblee-nationale/32-4/journal-debats/19840601/122465.html

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  9. Jacques René Giguère permalink
    2 août 2018 17 h 24 min

    Moi, c’était retour aux études en 82-83. Tremblay était revenu de son bref tour de ministre. Mais on en parlait dans le petit monde parlementaire de 1981 dans nos leçons de communications pour députés et personnel politique (j’étais attaché politique pour Claude Ryan, tout comprendre c’est tout pardonner disait Tolstoï , le petit Jésus a grand coeur et me pardonnera enfin j’espère).
    Reuven Brenner réussissait à être Becker à l’os mais sans fanatisme, très imaginatif dans ses applications et en fait avait plein de bon sens.

    Aimé par 1 personne

  10. 3 août 2018 17 h 15 min

    «Becker à l’os mais sans fanatisme»

    Ça me semble contradictoire! 😉

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  11. Jacques René Giguère permalink
    3 août 2018 19 h 29 min

    Comme le dit Chris Dillow du blog Stumbling and mumbling: An extremist not a fanatic.

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  12. 3 août 2018 20 h 41 min

    Je le lis régulièrement (par Économist’s View). Il a un type d’humour que j’aime bien.

    En passant, ce commentaire a été mis en attente parce que vous avez changé l’adresse courriel utilisée. Cela explique aussi le changement d’avatar.

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  13. Jacques René Giguère permalink
    3 août 2018 23 h 48 min

    Ce compte a 4 adresses différentes. C’est le même compte.

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  14. 4 août 2018 9 h 12 min

    WordPress les considère différents.

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  15. Benton Fraser permalink
    13 août 2018 0 h 25 min

    Voilà quelques années, j’ai connu sur un blogue un jeune statisticien qui avait eu comme premier emploi un travail de statisticien à l’IEDM. Il avait travaillé avec une certaine Nathalie Elgrably, avant que le Lévy s’ajoute.
    La madame en question intervenait souvent pour qu’il ignore certaines règles statistiques quand ce n’était carrément couper certaines informations. Il devait débattre avec elle continuellement.
    À titre d’exemple qu’il me donnait, disons que le Québec se classait 17 sur 42, elle publiait un communiqué comme quoi le Québec était avant-dernier sur 18!
    Il me disait qu’en prêtant simplement attention, c’était bizarre que des pays comme les États-Unis apparaissaient pas dans la liste des 18 pays!

    Sa jobs à l’IDEM n’a durée que quelques mois…

    Aimé par 1 personne

  16. 13 août 2018 6 h 35 min

    C’est pire que du cherry picking…

    J'aime

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