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Paroles d’un bouleau jaune

6 août 2018

Dans Paroles d’un bouleau jaune de Michel Leboeuf, un bouleau jaune «raconte l’histoire des plantes et celle de sa forêt; il discourt sur les théories de l’évolution et sur les origines de la vie». Attirant!

Prologue : L’auteur entend pour la première fois Vieux Jack, le bouleau jaune, lui parler.

Premier équinoxe de printemps

1. Déjà-vu : L’auteur raconte ce qu’il a ressenti lorsqu’il a acheté la terre où pousse Vieux Jack.

Solstice d’été

2. Lumineuse révélation : L’auteur nous apprend d’où vient le nom scientifique du bouleau jaune (betula alleghaniensis), puis raconte sa deuxième conversation avec Vieux Jack.

3. Retour aux sources : Vieux Jack montre comment les végétaux furent essentiels pour l’apparition de la vie et particulièrement de celle des humains, notamment en créant une atmosphère respirable pour eux. Il poursuit en racontant comment les Européens arrivés en Nouvelle-France ont saccagé ses forêts.

4. Une autre version de la Conquête : Vieux Jack raconte les guerres de conquête en Nouvelle-France et d’autres guerres dans de nombreux pays, y compris le bombardement d’Hiroshima et de Nagasaki. Il conclut : «Vous avez dompté l’atome pour en faire un monstre; nous l’avons domestiqué pour en tirer de la nourriture, des sucres, des sucreries. Voilà la différence entre les humains et les arbres».

Équinoxe d’automne

5. Coopération sous la surface : La coopération dont parle Vieux Jack est celle entre les différentes espèces végétales. Il explique entre autres la mycorhize, soit l’association entre un champignon et les racines d’une plante. Il aborde aussi les différents modes de propagation des racines des plantes et des arbres en fonction de leur milieu (racines qui sont profondes en milieu sec, mais étendues près de la surface dans les milieux humides).

6. Entraide au ras du sol : Comme le titre de ce chapitre l’indique, Vieux Jack aborde un autre genre de coopération entre espèces différentes, allant ici parfois jusqu’à la fusion. L’auteur complète ce discours en expliquant les conséquences de la rupture de cette collaboration, par exemple lors de l’extinction d’une espèce due à notre insouciance.

7. Partenariat entre les branches : Cette autre forme de partenariat m’a entre autres permis de savoir ce qu’est une frullanie, plante dont je n’avais jamais entendu parler. Le chapitre se poursuit avec des commentaires sur la théorie de l’évolution par la sélection naturelle : c’est elle qui fait en sorte que la coopération l’emporte toujours sur la compétition. À cet effet, il dénonce les principes contre nature à la base du néolibéralisme, principes qui encouragent entre autres plus la résurgence du darwinisme social. Et il donne de nombreux exemples de la complémentarité des formes de vie qui habitent notre planète.

8. Cycles et chaos : L’interdépendance entre les espèces et les variations de la température créent des cycles de croissance et de déclin.

9. Tu es ce que tu respires : Le poids de l’air que nous respirons est environ dix fois plus élevé que celui de la nourriture que nous mangeons. Pourtant, nous nous préoccupons bien plus de la salubrité des aliments que de la qualité de l’air (cette observation a mis en perspective une nouvelle que j’ai lue il y a quelque temps montrant l’importance pour les cyclistes de choisir des parcours où l’air est plus sain, en évitant par exemple les grandes artères). Cette caractéristique jumelée aux effets des particules émises par la végétation explique aussi le bien-être qu’on ressent lors d’une marche en forêt.

10. Dans l’infiniment petit : Ce chapitre aurait aussi pu s’intituler «Petit cours de chimie du vivant». On y apprend notamment que «tous les végétaux vivent grâce à un jeu restreint de 17 éléments atomiques» et l’ensemble du vivant avec 27.

11. La vraie nature de la nature : L’auteur explique les principales erreurs des botanistes, notamment «l’organisation du savoir biologique occidental sur la notion d’espèces» (sans étudier les interactions entre elles) et la généralisation d’observations basées sur des animaux en captivité à ceux en liberté (comme la notion de mâle alpha). Il aborde ensuite les concepts d’holobionte et d’hologénome.

Solstice d’hiver

12. Êtres sans racines : Selon Vieux Jack, ce n’est pas avec l’agriculture que les humains ont commencé à se déconnecter de la nature, mais bien avant, soit quand ils ont appris à tuer de loin, «avec la lance, avec l’arc et les flèches», puis avec «le fusil, le canon, puis le missile» (j’ajouterais le drone), ce qu’aucun autre animal ne fait.

13. Mutisme : C’est l’hiver et Vieux Jack fait dodo…

14. Quand les arbres s’envoient en l’air : Idem…

Second équinoxe de printemps

15. Accélération : Vieux Jack dénonce l’accélération du rythme de vie des humains et en décrit certaines conséquences.

16. Trois mondes : Selon Vieux Jack, «l’existence des humains, et des humains seulement, se déroule dans trois monde : le naturel, le fabriqué et le virtuel». C’est surtout du naturel dont il a parlé dans les chapitres précédents, mais ici, il développe sa pensée sur le fabriqué (nos maisons et autres objets) et le virtuel (Internet et compagnie).

17. La nostalgie du paradis : Vieux Jack mentionne les contributions que les arbres apportent à l’être humain et à son bien-être.

18. Ce bouleau qui chantait : Vieux Jack conclut ici avec optimisme. «De la même manière qu’un humain ne peut rester indifférent au sort d’un autre si tous deux veulent construire une vraie communauté, nous ne pouvons rester indifférents au sort des autres organismes vivants si nous voulons vivre en harmonie avec eux».

Et alors…

Lire ou ne pas lire? Lire! J’ai été agréablement surpris par ce livre. Alors que je craignais que le subterfuge utilisé prenne le dessus sur le fond, ce n’est vraiment pas le cas. Même si j’ai lu de nombreux livres sur des sujets connexes dernièrement, celui-là m’en a appris beaucoup. En fait, il m’a un peu fait penser au livre Le monde de Sophie de Jostein Gaarder par l’utilisation d’un personnage sympathique pour mieux vulgariser un sujet qui pourrait sans cela paraître rébarbatif. Adoptant la forme d’un roman (ou d’un récit), il n’est pas étonnant qu’il n’y ait pas de notes. Il contient par contre un glossaire et des références à la fin, ce qui m’a parfaitement satisfait, d’autant plus que je ne les ai pas consultées!

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