Aller au contenu principal

Parler vrai

13 août 2018

Avec son livre Parler vrai, écrit avec Jérémie Bédard-Wien, Manon Massé a décidé «de nous raconter sa vision pour le Québec» et «nous rappelle qu’en démocratie, les espoirs ne se conjuguent qu’au nous».

Préface : Selon Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador depuis 1992, «Manon Massé apporte une réponse, à sa façon, au cynisme que les partis traditionnels ont eux-mêmes provoqué et continuent d’entretenir».

91 voix : Manon Massé raconte la soirée du 7 avril 2014 à l’Olympia, alors qu’elle devait attendre le dépouillement des deux dernières boîtes de scrutin pour savoir si elle serait élue (je m’en rappelle, j’y étais). Elle y présente aussi son objectif, soit de «sortir des sentiers battus, du scénario canné d’avance qui nous amène à perdre espoir et accrocher nos patins».

La fille de Windsor : L’auteure raconte son enfance à Windsor, ville reposant sur l’industrie papetière, et à Boucherville.

Aimer son prochain : L’auteure passe rapidement sur ses années au secondaire et au collégial, mais s’attarde un peu plus sur celles à la faculté de théologie de l’Université de Montréal, au cours desquelles elle vit ses premières militances dans le milieu LGBT.

Goodbye Boucherville : Si l’auteure fut toujours à l’aise avec son homosexualité, ses parents, surtout sa mère, ont pris beaucoup de temps à l’accepter.

L’éduc pop : On a cette fois droit aux premières expériences de travail de l’auteure dans le milieu communautaire, surtout au Comité social Centre-Sud.

La saison des marches : L’auteure ne se considérait pas comme féministe à cette époque. C’est principalement après sa rencontre avec Françoise David en 1994 et lors de sa participation à l’organisation de la marche Du pain et des roses en 1995 qu’elle conclut que pour «comprendre la pauvreté, le racisme, l’exclusion et l’homophobie, on ne peut pas se passer de l’analyse féministe».

Une bouteille à la mer : C’est l’organisation d’un événement international qui occupe par après l’auteure, la Marche mondiale des femmes tenue en octobre 2000, à laquelle plus de 6000 groupes provenant de 161 pays ont participé. Les revendications de la Marche ont été appuyées par plus de 5 millions de signataires et ont été présentées à l’ONU.

La politique autrement : Au Québec, les gains concrets face aux revendications de la Marche mondiale des femmes sont minimes, soit une augmentation de seulement 0,10 $ du salaire minimum décrétée par le gouvernement Bouchard du PQ. Cela amène l’auteure, ainsi que Françoise David et bien d’autres, à s’engager dans la politique partisane en formant le mouvement D’abord solidaires en 2002, puis le parti Option citoyenne en 2004, et finalement, en s’unissant avec l’Union des forces progressistes, Québec solidaire en 2006.

Le bal des élections : Manon Massé devient la première candidate de QS lors d’une élection partielle dans Sainte-Marie-Saint-Jacques en 2006. Elle s’y présentera aussi en 2007, en 2008, en 2012 et finalement en 2014, alors qu’elle l’emportera.

Je me soulève : L’auteure a participé aux manifestations lors de la grève étudiante de 2012 et salue cette contestation qui a entre autres montré que nos jeunes sont bien plus politisé.es que ce que trop de gens pensaient.

Rire dans sa moustache : Manon Massé aborde ici l’importance démesurée que les médias accordent à l’apparence physique et à la façon de s’habiller des politicien.nes.

La charte de la division : Le titre de ce chapitre laisse clairement deviner le sujet qui y est abordé. L’auteure y parle notamment des réactions à la charte des valeurs supposément québécoises des femmes qui fréquentaient le Centre des femmes de Laval où elle travaillait à l’époque, ainsi que les débats qui ont suivi l’attentat de la grande mosquée de Québec.

Entrer par la grande porte : L’auteure décrit la cérémonie de son assermentation comme députée et présente les conditions de vie difficiles (euphémisme) de trop de femmes autochtones.

Le boutte du boutte : Ce chapitre porte sur l’aide sociale, ses bénéficiaires et les compressions qui y ont été adoptées d’un gouvernement à l’autre. L’auteure y présente notamment des événements vécus qui ont fait en sorte que des personnes doivent faire appel à ce programme qui n’est pas un privilège, mais un droit.

Défaire la vague : L’auteure aborde ici les changements climatiques. Elle dénonce nos gouvernements (fédéral et provincial) qui soignent leur image lors des conférences internationales, mais n’agissent pas conformément aux engagements qu’ils y prennent.

Le fier monde contre-attaque : L’auteure raconte la bataille pour conserver la circonscription de Sainte-Marie-Saint-Jacques que la Commission de la représentation électorale (CRÉ) recommandait au début de 2017 de rayer. Finalement, la CRÉ a révisé sa recommandation à la satisfaction de l’auteure et des citoyen.nes de cette circonscription.

Divergences : L’auteure traite de nombreux sujets dans ce chapitre, notamment du départ de Françoise David, de l’arrivée de Gabriel Nadeau-Dubois à QS, des débats sur la convergence avec le PQ et de l’union entre QS et Option nationale.

Changer de cassette : L’auteure revient sur le patrimoinegate… Un amendement à une proposition dans un cahier de plus de 130 pages qui visait à changer le mot «patrimoine» dans cette proposition (qui a été battue, mais pas pour cette raison) par «héritage culturel» (moi qui lis toujours attentivement ces cahiers, je ne l’avais même pas remarqué) est devenu dans les médias (surtout sociaux) une intention de rayer ce mot du dictionnaire pour le remplacer par «matrimoine» (mot même pas mentionné dans ce cahier…). Elle en profite pour souligner le travail difficile des journalistes, l’implication des membres de QS dans l’élaboration de son programme et sa difficulté à se plier à la supposée nécessité de toujours résumer des questions complexes avec des clips de 20 secondes. Elle parle aussi des pogos, et ô scandale, utilise le mot patrimoine («défense du patrimoine linguistique») dans son texte (ça me surprendrait que cela ne soit pas volontaire).

Première ministre : L’auteure raconte les discussions qu’elle a eues, notamment avec Gabriel Nadeau-Dubois, pour décider qui allait briguer le poste de premier.ère ministre pour QS et participer au débat des chef.fes au cours de la campagne électorale qui s’en vient.

Ne laisser personne derrière : L’auteure présente quelques-unes des propositions de QS, notamment en santé, en éducation, sur les normes de travail, sur le salaire minimum à 15,00 $ et sur un salaire maximum dans les sociétés d’État et chez les entreprises privées qui sont aidées par l’État.

Reprendre le pouvoir : …grâce à l’indépendance, qui «croise d’autres souverainetés : la souveraineté des peuples autochtones, la souveraineté économique, la souveraineté sur les ressources naturelles et leur exploitation, la souveraineté alimentaire; et, par-dessus tout, la souveraineté du peuple». Elle présente aussi dans ce chapitre :

  • d’autres aspects de la démarche vers l’indépendance;
  • l’importance d’adopter un mode de scrutin proportionnel;
  • les changements nécessaires à nos institutions politiques pour combattre le cynisme et redonner confiance en ces institutions à la population;
  • l’incohérence du gouvernement qui continue à subventionner l’industrie extractiviste (mines et énergies fossiles) malgré l’urgence de faire diminuer nos émissions de gaz à effet de serre, plutôt que de travailler au développement du transport collectif partout au Québec;
  • le rétablissement des structures favorisant le développement économique régional;
  • quelques autres sujets.

Changer le système : Et elle conclut :

«J’ai décidé de sauter sur la glace parce que je refuse de céder à la petite voix qui me dit que je n’ai pas ma place là. Avec vous, j’ai ma place là; nous avons tous et toutes notre place là. Il y a toutes sortes de façon de faire de la politique, mais la démocratie prend tout son sens en équipe. J’ai appris ça il y a bien longtemps sur la patinoire de la ringuette : seul.e, on n’arrive jamais à rien. Ensemble, on est capable de beaucoup.»

Et alors…

Lire ou ne pas lire? Lire! Ce livre est très facile et agréable à lire. Les chapitres sont courts et déboulent les uns après les autres sans cassure. J’ai particulièrement apprécié le dosage d’éléments biographiques et politiques ainsi que la façon dont ces sujets se complètent. Ce livre permet de mieux connaître à la fois le cheminement de cette leader et les priorités qu’elle et QS mettent de l’avant. Alors, pas d’hésitation, ce court livre vaut la peine d’être lu.

Publicités
No comments yet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :