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Citations d’Edgar Morin

3 septembre 2018

Avec son livre Le temps est venu de changer de civilisation, le sociologue et philosophe Edgar Morin, «ausculte la civilisation contemporaine, dissèque les innervations de son dépérissement et défriche les voies de sa revitalisation». Ce livre étant très court (112 pages, dont la moitié est formée de dessins), j’ai pensé que cela serait intéressant de souligner quelques citations de ce livre plutôt que de le résumer.

Introduction

Denis Lafay, journaliste et fondateur de la revue Acteurs de l’économie, explique le contexte de la parution de ce livre, qui est en fait un compte-rendu d’entretiens qu’il a eus avec Edgar Morin en 2016, soit avant l’arrivée au pouvoir de Donald Trump aux États-Unis et d’Emmanuel Macron en France. Même si ces entretiens se sont déroulés avant ces événements majeurs, Lafay considère que les propos d’Edgar Morin, alors âgé de 94 ans, gardent toute leur pertinence.

Les entretiens

Alors que «toute l’espèce humaine est réunie sous une «communauté de destin», puisqu’elle partage les mêmes périls écologiques ou économiques [et qu’on devrait donc se solidariser] (…) on se recroqueville, on se dissocie, le morcellement prime sur le décloisonnement, on s’abrite derrière une identité spécifique – nationale ou religieuse». La peur de l’étranger prime sur son accueil, l’étranger pouvant même être intérieur. Voilà ce qui est la véritable crise planétaire, crise «assortie d’une absence d’espérance dans le futur».

L’émergence d’Al Qaeda et de l’État islamique a de nombreuses causes dont «la vision manichéenne du monde [propagée en premier lieu par les États-Unis] opposant empires du Bien du Mal, [qui] ont participé à la fracturation du monde musulman et à la radicalisation de certaines de ses franges».

«Au nom de la compétitivité, tous les coups sont permis (…) à l’heure où la rentabilité est davantage conditionnée à la qualité de l’immatériel (coopération, prises d’initiatives, sens de la responsabilité, créativité (…) etc.) qu’à la quantité de matériel».

Pour permettre un vivre-ensemble le plus harmonieux possible dans nos sociétés multiculturelles, il faut «s’extraire d’un tourbillon qui entremêle rejets et stigmatisations réciproques, et d’un cercle vicieux par la faute duquel les phobies (islamophobie, occidentalophobie, judéophobie) se nourrissent, s’entretiennent, s’exacerbent mutuellement. Elles composent un seul et même poison qui intoxique toute la nation».

«La popularité du Front national cristallise une double régression : celle de la France républicaine et celle du peuple de gauche. (…) Dans une nation dépourvue d’idéaux et d’espérance, cette seconde France de la xénophobie, de la peur, redevient majoritaire. Pire, elle parvient à contaminer ceux-là mêmes qui, il y a encore peu, portaient un intérêt empathique sur le monde.»

Et, ce n’est pas tout…

«La psychose antimigrants est ubuesque. Peu nombreux sont les fugitifs de Syrie ou d’Irak candidats à s’installer en France, et c’est traditionnellement dans les localités les moins exposées à l’immigration que sévissent les plus virulents sentiments xénophobes.»

«La «gauche» n’est bien sûr pas une entité unique». À ses yeux, être de gauche, «c’est se ressourcer dans une multiple racine : libertaire (épanouir l’individu), socialiste (amélioration de la société), communiste (communauté et fraternité), et désormais écologique afin de nouer une relation nouvelle à la nature. Être de gauche, c’est, également, rechercher l’épanouissement de l’individu et être conscient que l’on est qu’une infime parcelle d’un gigantesque continuum qui a pour nom humanité. L’humanité est une aventure, et «être de gauche» invite à prendre part à cette aventure inouïe avec humilité, respect, bienveillance, exigence, créativité, altruisme et justice. Être de gauche, c’est aussi avoir le sens de l’humiliation et l’horreur de la cruauté, ce qui permet la compréhension de toutes les formes de misères, y compris sociales et morales. Être de gauche comporte toujours la capacité d’éprouver toute humiliation comme une horreur».

«Comment faire œuvrer de concert progrès technologique et progrès humain tant que les dynamiques de l’un et de l’autre seront à ce point dissociées? En effet, la science, la technique, l’économie, sont «dopées» par une croissance aussi impressionnante qu’incontrôlée, alors que l’éthique, la morale, l’humanité, sont dans un état de barbarie lui-même croissant.»

Et alors…

Lire ou ne pas lire? Lire! Et pourquoi ne le lirions-nous pas? Ce tout petit livre demande peu de temps à lire, semble un résumé agréable à lire de la pensée d’Edgar Morin et permet une certaine introspection. En effet, même si centrée sur la France, ce livre porte en fait sur la civilisation humaine. Ce qu’il dit sur la société française nous fait réfléchir sur les points en commun et les différences avec la société québécoise, et avec la société mondiale. Et, il n’y a pas de notes!

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