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Le taux d’emploi au Québec et au Canada entre 2000 et 2018

9 janvier 2019

Comme je l’ai fait au début de 2016, de 2017 et de 2018, je compte dans ce billet analyser l’évolution du taux d’emploi au Québec par tranche d’âge et selon le sexe depuis 2000 et la comparer avec celle qu’a connue le reste du Canada. Pour ce faire, j’utiliserai les données de l’Enquête sur la population active (EPA) tirées du tableau 14-10-0018-01 de Statistique Canada.

Au Québec

– précisions

Dans sa revue de fin d’année publiée dans son communiqué de vendredi dernier sur les estimations de l’emploi en décembre 2018, Statistique Canada a dit que «l’emploi au Québec était inchangé en 2018», affirmation reprise par de nombreux médias. En fait, cette stabilité est celle observée entre les estimations de décembre 2017 et celles du même mois de 2018 (en réalité, une baisse de 300 emplois, mais avec une marge d’erreur à 95 % de 59 800…). Il ne s’agit donc pas d’une revue de l’année complète. Or, les estimations d’emploi pour la moyenne de 2018 ont été supérieures de près de 40 000 à celles de 2017. Ce sont d’ailleurs les données moyennes que je vais analyser dans ce billet.

– les sommets

Le tableau ci-contre montre les taux d’emploi en 2018 pour la population adulte (15 ans et plus) et pour les douze tranches d’âge pour lesquelles l’EPA publie des données, le sommet antérieur de ces taux (qu’il soit le sommet historique ou le deuxième plus élevé lorsque ce sommet historique a eu lieu en 2018), l’année au cours de laquelle le sommet antérieur à 2018 a été atteint et le rang des taux de 2018 parmi ceux des 43 ans de la série historique publiée par l’EPA (1976 à 2018).

On peut constater que, un an après la croissance exceptionnelle de l’emploi en 2017 (voir ce billet), si le taux d’emploi global fut en 2018 seulement très légèrement supérieur à son sommet historique antérieur (61,0 %, par rapport à 60,9 % en 2017 et en 2007), six des 12 sommets par tranche d’âge ont été atteints en 2018 (ceux dont le taux d’emploi est indiqué en caractère gras dans la première colonne et qui ont le rang 1 dans la dernière). Ce constat peut paraître étonnant, mais il s’explique par le fait que les estimations de l’emploi désaisonnalisé sont passées d’un peu moins de 4,20 millions entre janvier et avril 2017 à un peu plus de 4,28 millions en décembre 2017 (une hausse de près de 90 000 emplois), alors qu’elles sont demeurées assez stables tout au long de 2018 (comme Statistique Canada l’a souligné et comme on peut le voir sur le graphique ci-contre), se situant toujours entre 4,24 et 4,28 millions. Ayant profité toute l’année 2018 du niveau de l’emploi de la fin de 2017, la moyenne de l’emploi de 2018 fut nettement plus élevée qu’en 2017 même si l’emploi y est demeuré assez stable.

Par contre, ce qu’il faut noter est que 10 des 12 sommets historiques ont été atteints en 2017 et en 2018, et que les deux autres taux d’emploi furent seulement un peu moins élevés en 2018 que le sommet antérieur (47,3 % en 2018 par rapport à 48,2 % en 2008 chez les 15 à 19 ans, et 72.1 % en 2018 par rapport à 72,2 % en 2003 chez les 20 à 24 ans). En plus, la dernière colonne nous montre que les taux d’emploi de 2018 par tranche d’âge furent les plus élevés dans six cas, au deuxième rang historique dans cinq cas et au troisième rang dans un cas. Bref, malgré la stagnation de l’emploi en 2018, les taux d’emploi des douze tranches d’âge sont demeurés proches de leurs sommets historiques quand ils n’en ont pas établi de nouveaux.

– l’évolution du taux ajusté

Le graphique qui suit présente l’évolution du taux d’emploi réel au Québec (ligne bleue) en comparaison avec un taux d’emploi ajusté (ligne rouge) calculé à l’aide des taux d’emploi par tranche d’âge de chaque année, mais avec la structure d’âge de 1976, c’est-à-dire si le Québec avait conservé le même pourcentage de personnes dans chacune des 12 tranches d’âge. Comme le taux d’emploi se calcule sur la population âgée de 15 ans et plus, la structure d’âge de cette population joue un rôle important sur ce taux. Par exemple, alors que seulement 5,7 % de la population âgée de 15 ans et plus était dans la tranche des 70 ans et plus en 1976, cette proportion atteignait 15,0 % en 2018, proportion 2,6 fois plus élevée! Comme le taux d’emploi de ces personnes est très faible (toujours en bas de 6 % au cours des 43 années analysées), l’augmentation de leur proportion exerce une importante pression à la baisse du taux d’emploi global. J’ai emprunté cette présentation à un document de Statistique Canada paru l’an dernier qui utilisait cette méthode avec le taux d’activité canadien (voir le graphique 3 de ce document), en appelant le résultat un taux ajusté plutôt qu’un taux hypothétique.

On peut voir que l’évolution de la structure d’âge a eu peu d’impact de 1976 à 1997 (impact d’au plus 0,51 point de pourcentage au cours de ces 22 années), puis que cet impact a graduellement gagné en importance pour culminer en 2018 avec une différence entre les deux courbes de 7,2 points de pourcentage. Cela montre que si le Québec avait conservé sa structure démographique de 1976 tout en ayant les taux d’emploi par tranche d’âge de 2018, soit ceux présentés à la première colonne du tableau précédent, son taux d’emploi aurait été de 68.2 % plutôt que de 61,0 %. Et cet écart continuera de s’accentuer au cours des prochaines années. On peut aussi constater avec ce graphique que le taux d’emploi réel du Québec est demeuré relativement stable depuis 2003 (il est passé de 60,1 % à 61,0 % en 2018, une hausse de 0,9 point), alors que le taux ajusté a augmenté de 5,7 points de pourcentage entre ces deux mêmes années (de 62,5 % à 68,2 %). Dit autrement, si les taux d’emploi par tranche d’âge étaient demeurés les mêmes depuis 2003, le taux d’emploi global serait passé de 60,1 % à 54,1 %, en baisse de 6,0 points de pourcentage. Notons finalement que la structure d’âge «idéale» fut celle de 1984. Si le Québec avait conservé cette structure avec les taux d’emploi par tranche d’âge de 2018, le taux d’emploi serait de 68,4 %, plus élevé de 7,4 points de pourcentage que le 61,0 % réel. Cet exercice permet de mieux quantifier l’impact majeur du vieillissement de la population sur l’emploi.

– par tranche d’âge

Le tableau qui suit présente les taux d’emploi au Québec au cours de quatre années charnières, soit 2000, 2007 (juste avant la récession de 2008-2009), 2017 et 2018. Les quatre premières colonnes montrent les taux d’emploi globaux (ligne 15 ans et plus) et par tranche d’âge. Les trois dernières colonnes indiquent les variations des taux d’emploi globaux et par tranche d’âge entre 2000 et 2007, entre 2007 et 2017 et entre les deux dernières années. On notera que j’ai coloré en vert les cellules qui indiquent une hausse du taux d’emploi et en rouge celles qui montrent une baisse de ce taux, et que je n’ai pas coloré les cellules qui ne montrent pas de différence entre ces taux.

– de 2000 à 2007 : cette période fut très positive pour l’emploi au Québec. Non seulement le taux d’emploi global a augmenté de 3,1 points de pourcentage, mais il a connu une hausse dans les 12 tranches d’âge de ce tableau, cette hausse atteignant même plus de 10 points de pourcentage chez les personnes âgées de 55 à 59 ans. En moyenne (moyenne non pondérée en fonction de l’importance relative de chaque tranche), la hausse fut de 5,5 points de pourcentage par tranche d’âge (voir la dernière ligne du tableau), hausse nettement plus élevée que celle du taux d’emploi global (3,1 points). Cet écart illustre bien les conséquences du vieillissement de la population entre ces deux années.

– de 2007 à 2017 : on peut voir que le taux d’emploi a augmenté dans 11 des 12 tranches d’âge (dont une hausse de plus de 10 points chez les 60 à 64 ans) et n’a diminué que chez les 20 à 24 ans, et encore, de seulement 0,4 point. En fait, la moyenne des variations du taux d’emploi dans les 12 tranches d’âge montre une hausse de 4,1 points de pourcentage, ce qui n’a pas empêché le taux d’emploi global de demeurer stable à 60,9 %. Ce paradoxe apparent illustre encore une fois l’ampleur des conséquences sur le taux d’emploi du vieillissement de la population entre ces deux années (ampleur plus importante entre 2007 et 2017 qu’entre 2000 et 2007) et nous indique à quel point on ne peut pas se fier aux variations du taux d’emploi global pour analyser correctement la situation de l’emploi et son évolution.

– de 2017 à 2018 : j’ai tenu à isoler les variations du taux d’emploi au cours de la dernière année parce que c’est l’année la plus récente (belle lapalissade!) et pour mieux visualiser les tendances récentes. Le constat est généralement positif, mais de faible ampleur. Si le taux d’emploi a augmenté dans six des 12 tranches d’âge, il a diminué dans quatre tranches et est demeuré stable dans les deux autres. Malgré une hausse moyenne du taux d’emploi de 0,6 point par tranche d’âge en une seule année, sa hausse globale fut de seulement 0,1 point. On doit commencer à deviner que cet écart s’explique par le fort vieillissement de la population…

– selon le sexe

Le tableau suivant présente l’évolution du taux d’emploi selon le sexe et les tranches d’âge, cette fois entre 2000 et 2018. Il illustre très clairement la forte hausse de la présence des femmes sur le marché du travail. Ainsi, pendant que le taux global d’emploi des hommes demeurait assez stable entre 2000 et 2018 (baissait en fait de 0,2 point), et cela même si ce taux a augmenté dans les 12 tranches d’âge pour une hausse moyenne de 6,6 points de pourcentage par tranche d’âge (illustrant, on commence à s’en douter, le vieillissement de la population), ce taux augmentait de 6,5 points chez les femmes, faisant diminuer l’écart du taux d’emploi entre les femmes et les hommes de plus de 50 % (de 13,2 à 6,5 points). Encore mieux, on peut aussi observer que le taux d’emploi des femmes a augmenté dans toutes les tranches d’âge (pour une hausse moyenne énorme de 13,5 points par tranche d’âge) et même de plus de 20 points dans trois d’entre elles, soit celles des femmes âgées de 50 à 64 ans, ce qui a fait plus que doubler le taux d’emploi des femmes âgées de 60 à 64 ans, de 17,5 % à 42,0 %, évolution spectaculaire en seulement 18 ans. De même, les taux d’emploi des femmes âgées de 65 à 69 ans et de 70 ans et plus ont respectivement quintuplé et quadruplé, passant de 2,9 % à 15,8 % chez les premières et de 0,8 % à 3,3 % chez les deuxièmes. On notera aussi que le taux d’emploi des femmes en 2018 était rendu plus élevé que celui des hommes chez les personnes âgées de 15 à 24 ans. Par contre, comme cette différence s’observe uniquement chez les étudiant.es (selon le tableau 14-10-0081-01), on peut se demander si cet avantage en est vraiment un, puisqu’il reflète peut-être leur plus grand besoin d’avoir un emploi pour poursuivre leurs études.

La dernière colonne montre que le taux d’emploi des femmes a augmenté plus fortement que celui des hommes dans 10 des 12 tranches d’âge, les deux seules où il a moins augmenté étant chez les personnes âgées de 65 ans et plus. Étant donné que la hausse de la présence des femmes sur le marché du travail commencée il y a environ 40 ans chez les femmes âgées de 15 à 24 ans n’a pas encore atteint ces tranches d’âge (voir ce billet), il est fort probable qu’elle le fera et que le taux d’emploi des femmes âgées de 65 ans et plus augmentera plus que celui des hommes du même âge d’ici quelques années.

Le Québec et le reste du Canada

Ayant constaté la forte hausse du taux d’emploi des Québécois et surtout des Québécoises au cours des 18 dernières années, on peut se demander si ce phénomène s’est aussi observé dans le reste du Canada et s’il fut de la même ampleur. C’est à ces questions que visent à répondre les prochains tableaux.

– Par tranche d’âge

Le premier constat que nous permet de faire le tableau qui suit est que l’écart du taux d’emploi entre le Québec et le reste du Canada s’est grandement amoindri au cours des 18 dernières années. Alors qu’il était de 4,6 points de pourcentage en 2000 (57,8 % par rapport à 62,4 %), il n’était plus que de 0,8 point en 2018 (61,0 % et 61,8 %). Cet écart a donc diminué de près de 85 %. Une autre façon de présenter ce changement est de souligner que les taux d’emploi du reste du Canada étaient plus élevés que ceux du Québec dans les 12 tranches d’âge en 2000, alors que ces derniers étaient plus élevés dans les 9 tranches d’âge les plus jeunes en 2018! En fait, le taux d’emploi a augmenté au Québec dans toutes les tranches d’âge, d’une moyenne de 10,1 points de pourcentage, tandis que ce taux diminuait dans les 3 tranches d’âge les plus jeunes dans le reste du Canada pour une hausse moyenne de seulement 4,0 points (même si le taux global a diminué de 0,6 point, ce qui montre que les autres Canadien.nes vieillissent aussi!). La dernière colonne nous montre que la hausse du taux d’emploi fut plus élevée au Québec que dans le reste du Canada dans 11 des 12 tranches d’âge, la seule ayant augmenté davantage dans le reste du Canada étant celle des personnes âgées de 70 ans et plus, ce qui n’est pas nécessairement un bon signe, car cette hausse (à partir d’un niveau déjà plus élevé) peut montrer une plus grande difficulté à prendre une retraite décente. Si la poursuite du travail est volontaire, c’est sûrement une bonne chose, mais si elle est «forcée», c’en est une moins bonne.

– Par tranche d’âge selon le sexe

Les tableaux qui suivent montrent que la différence de croissance du taux d’emploi entre le Québec et le reste du Canada fut nettement plus grande chez les femmes que chez les hommes. Chez les femmes, la hausse fut tellement plus élevée au Québec (6,5 points de pourcentage) que dans le reste du Canada (1,2 point) qu’elle a permis d’effacer plus de 95 % de l’écart observé en 2000 (5,3 points sur 5,5). Chez les hommes, l’écart a aussi diminué de façon appréciable, soit d’un peu moins de 65 %, passant de 3,7 points à 1,4.

Ces tableaux montrent aussi que le taux d’emploi des femmes au Québec devançait en 2018 celui des femmes du reste du Canada dans les huit tranches d’âge les plus jeunes, alors qu’elles traînaient de l’arrière dans les 12 tranches d’âge en 2000. Si les services de garde à contribution réduite ont sûrement un rôle important dans ce revirement (voir notamment ce billet), on voit bien que d’autres facteurs ont dû jouer. Chez les hommes, le taux d’emploi des Québécois n’était plus élevé que celui des hommes du reste du Canada en 2018 que dans cinq des douze tranches d’âge (c’est quand même mieux que le zéro de 2000!), dont dans les trois tranches les plus jeunes (15 à 29 ans).

Effet du vieillissement de la population

Pour comparer les effets du vieillissement de la population au Québec avec celui du reste du Canada, j’ai fait des calculs semblables à ceux illustrés dans le deuxième graphique de ce billet, mais cette fois pour estimer ces effets entre 2000 et 2018. J’ai donc calculé quel aurait été le taux d’emploi global au Québec et dans le reste du Canada si leur population adulte avait gardé la même structure d’âge qu’en 2000 et ai calculé le taux d’emploi global que cela donnerait. J’ai simplement multiplié les taux d’emploi par tranche d’âge de 2018 avec la population par tranche d’âge de 2000. Ainsi, le taux d’emploi global au Québec serait en 2018 de 66,9 % au lieu de 61,0 %, soit plus élevé de 5,9 points. Au lieu d’avoir augmenté de 3,2 points entre 2000 et 2018, il aurait été plus élevé de 9,2 points. Notons que ces hausses seraient très semblables chez les hommes (5,8 points) et les femmes (6,1 points), ce qui montre que les effets du vieillissement furent de la même ampleur chez les deux. Le même calcul montre que le taux d’emploi global du reste du Canada aurait été plus élevé de 3,5 points si la structure d’âge de sa population adulte était restée la même, soit passablement moins qu’au Québec (5,9 points). Cela montre que l’impact sur le taux d’emploi du vieillissement de la population fut environ 70 % plus important au Québec que dans le reste du Canada (5,95 – 3,48 = 2,47 et 2,47 / 3,48 = 71 %). D’ailleurs, si le Québec avait eu la structure d’âge du reste du Canada en 2018 et avait conservé les taux d’emploi de ses tranches d’âge, son taux d’emploi global aurait été de 62,6 %, plus élevé de 1,6 point que son taux réel (61,0 %) et même de 0,8 point que celui du reste du Canada (61,8 %). Cela montre à quel point il faut être prudent quand on compare les taux d’emploi globaux dans le temps et entre les provinces.

Et alors…

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la situation de l’emploi au Québec s’est grandement améliorée au cours des 18 dernières années, surtout chez les femmes et beaucoup plus que dans le reste du Canada. On peut attribuer cette amélioration à deux facteurs principaux, soit à la hausse du niveau de scolarité de la population et surtout à la plus grande présence des femmes sur le marché du travail. Ces deux facteurs (et quelques autres…) ont permis de plus que compenser les effets importants du vieillissement de la population entre 2000 et 2018, période où le taux d’emploi global est passé de 57,8 % à 61,0 %, malgré un effet négatif de 5,9 points de pourcentage du vieillissement.

Après la performance étincelante de 2017, la relative stabilité de l’emploi en 2018 est en soit une bonne nouvelle compte tenu du niveau élevé de l’emploi et surtout des taux d’emploi par tranche d’âge à la fin 2017. En plus, compte tenu de la forte marge d’erreur à 95 % des comparaisons entres les mois de décembre 2017 et décembre 2018 (de 59 800 emplois, je le rappelle), il est loin d’être certain que l’emploi n’a pas augmenté en 2018. C’est d’ailleurs un des points que j’analyserai dans le deuxième billet que je consacrerai au bilan de l’emploi au Québec en 2018. On risque d’avoir quelques surprises!

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One Comment leave one →
  1. 10 janvier 2019 11 h 57 min

    En utilisant mal les données sur l’emploi, Jean-Robert Sansfaçon arrive à une conclusion opposée à la mienne.

    https://www.ledevoir.com/opinion/editoriaux/545176/emploi-bien-des-croutes-a-manger

    Mes réactions :

    «Mauvaise analyse

    «Ainsi, il s’est créé 809 700 nouveaux emplois en Ontario (+12,6 %) et 408 000 au Québec (+10,6 %) depuis la dernière récession. »

    Cette comparaison ne tient pas compte de l’évolution de la population. Au cours de la même période, soit de 2009 à 2018 ce que ne mentionne pas M. Sansfaçon, le taux d’emploi, un indicateur qui tient compte de l’évolution de la population (soit la proportion de la population âgée de 15 ans et plus qui est en emploi), est passé de 60,9 % à 60,9 % en Ontario, bref, a fait du sur place, tandis qu’il est passé de 59,6 % à 61,0 % au Québec, une hausse de 1,4 point de pourcentage, même si le vieillissement de la population y est beaucoup plus important. D’ailleurs, chez les 25 à 54 ans, le taux d’emploi de l’Ontario a augmenté de 2,0 points de pourcentage (de 79.5 % à 81,5 %), alors qu’il a augmenté au Québec de 4,3 points de pourcentage (de 80,3 % à 84,6 %, soit 3,1 points de pourcentage de plus qu’en Ontario).

    Je laisse à M. Sansfaçon le plaisir de calculer combien il y aurait d’emplois de plus en Ontario si cette province avait connu la même hausse de son taux d’emploi que le Québec, ou même si elle avait le même en tenant compte de la structure d’âge de sa population.»

    Et :

    «Ajout

    Il faut aussi savoir que M. Sansfaçon a fait commencer sa comparaison en 2009, une année de récession, récession qui a été bien plus forte en Ontario qu’au Québec. Si on regarde les données à partir de 2007, le taux d’emploi en Ontario a diminué de 2,5 points de pourcentage, soit de 63,4 % à 60,9 %, tandis que celui du Québec a augmenté de 0,1 point, soit de 60,9 % à 61,0 %. Notons aussi que 2018 est la première année où le taux d’emploi du Québec surpasse celui de l’Ontario. Il semble donc que le Québec a mangé ses croutes…»

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