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Plaidoyer pour la culture générale au cégep

18 mars 2019

Avec son livre Plaidoyer pour la culture générale au cégep, Florian Péloquin, docteur en philosophie et en éducation, considère que, «pour décoder notre environnement mondialisé et être en mesure d’y évoluer avec maturité et confiance, la jeunesse devra [à l’avenir], en plus de maîtriser d’autres langues et d’avoir développé une pensée critique, posséder une perspective historique, des grilles d’analyse sociopolitique, des repères interculturels, un certain bagage philosophique, autant de savoirs reflétant une acquisition vaste et profonde de culture générale».

Introduction : «Disons-le dès le départ, cet essai vise à promouvoir le développement de la culture générale des jeunes», culture qu’il définit «en fonction de connaissances structurées, puisées en grande partie dans le domaine historique et celui des arts et lettres». Il explique ensuite à quoi sert cette culture et pourquoi la rehausser lors du passage des jeunes à l’ordre collégial, puis se demande quel contenu prioriser. Pour approfondir ces questions, il a tenu des entrevues (en 2011) avec 21 enseignant.es du collégial, dont les résultats seront présentés dans les chapitres qui suivent.

Définition de la culture générale : La culture générale est un concept complexe et sa définition est en conséquence sujette à interprétations. Après avoir fourni quelques pistes sur la façon de la définir, l’auteur fait une revue de la littérature sur ses différentes dimensions, puis présente la vision des enseignant.es interviewé.es sur ces dimensions. Il répète ce processus (revue de littérature et vision des enseignant.es) avec les domaines de la culture générale (les avis sont variés, mais j’aime bien celui-ci «avoir le minimum de connaissances sur un maximum de sujets»), ses finalités (encore là, les avis varient, mais c’est cette citation que j’ai préférée «s’interroger sur l’utilité de la culture dite générale, c’est comme s’interroger sur l’utilité de la santé», même si certain.es auteur.es et enseignant.es mentionnent des finalités spécifiques de façon pertinente).

L’auteur dégage cinq constats de cette revue de littérature et des entrevues avec les enseignant.es :

  • le spectre des conceptions de la culture générale est vaste;
  • il se dégage une conception plurielle de la culture générale;
  • la plupart du temps, on a mentionné des réserves à intégrer certains éléments à la culture générale;
  • dans tous les cas, la culture générale est constituée de connaissances structurées, le plus souvent (mais pas exclusivement) dans les domaines de l’histoire et des arts et lettres;
  • on s’entend généralement sur le fait que la culture générale se compose de connaissances, et souvent aussi d’habilités intellectuelles, d’attitudes et d’expériences de vie.

L’auteur explique clairement chacun de ces constats et les met en perspectives, puis donne son opinion sur ces sujets. Il conclut que la définition de la culture générale peut varier selon les sociétés et que c’est à elles d’en débattre.

Attentes et jugements sur la culture générale des jeunes : Que ce soit du côté du corps professoral, de spécialistes de l’information ou de la population, «les jugements posés sur la qualité de la culture générale des jeunes sont plutôt négatifs», même s’il y a des avis contraires. L’auteur procède comme dans le chapitre précédent, avec une revue de la littérature et la vision des enseignant.es interviewé.es sur leur jugement du niveau de culture générale des jeunes qui entrent au collégial et à la fin de leurs études au collégial, avec cette fois en plus les résultats de tests que l’auteur et un de ses collègues ont fait passer à des jeunes entrant au collégial en 2001 (les résultats n’étaient pas étincelants, mais pas mauvais).

L’auteur dégage deux constats de cette revue de littérature et des entrevues avec les enseignant.es :

  • la qualité de la culture générale des élèves à leur entrée au collégial ne répond pas aux attentes;
  • le niveau de culture générale des jeunes à leur sortie du collégial s’est amélioré, mais ne satisfait pas totalement aux attentes.

Là aussi, l’auteur explique ces constats, les met en perspectives et donne son opinion sur ces sujets. Il conclut qu’il serait bon «de s’interroger sur le rôle de la formation collégiale dans l’acquisition de la culture générale, non seulement en fonction des besoins universitaires et de ceux du milieu de travail, mais aussi en fonction du développement de l’être humain en tant que tel».

Développement de la culture générale : L’auteur procède de la même façon, cette fois sur la contribution à la culture générale de la famille, de la société et de l’école, du programme d’études et des pratiques pédagogiques (avec ses 25 pages, presque uniquement formées des commentaires des enseignant.es, il s’agit de loin de la plus longue partie du livre).

L’auteur dégage cinq constats vers la fin de ce chapitre :

  • l’environnement dans lequel vit le jeune influence le développement de sa culture générale;
  • il serait judicieux de bonifier les programmes collégiaux pour y inclure davantage d’éléments de culture générale;
  • les moyens pédagogiques utilisés pour le développement de la culture générale sont les mêmes que ceux des autres domaines d’enseignement;
  • le contenu des programmes laisse peu de place à des pratiques pédagogiques pouvant développer une culture générale en dehors de ce contenu;
  • les initiatives pédagogiques personnelles et sporadiques ne permettent pas de développer une culture générale d’une manière suffisante et structurée.

Dans cette section comme dans les précédentes, l’auteur explique ces constats, les met en perspectives et donne son opinion sur ces sujets. Il conclut en soulignant que, pour transmettre efficacement des éléments de culture générale, les enseignant.es doivent en posséder une solide et que, en conséquence, leur formation devrait en comprendre davantage.

Conclusion : L’auteur revient sur les principaux constats de ce livre et en ajoute un treizième, en forme de bilan : «Un lien continu existe entre les conceptions de la culture générale, les attentes au regard du développement de cette culture et les pratiques pédagogiques utilisées pour la développer». Et il conclut :

«J’espère que cet essai pourra contribuer au développement de la culture générale des jeunes, notamment lors de leur passage au collégial. Cette culture constitue le meilleur socle de connaissance pour cheminer dans la vie et devenir des citoyennes et citoyens avertis.»

Annexe – Test de culture générale : Cette annexe contient le questionnaire utilisé par l’auteur et un collègue pour le test dont il présente les résultats dans le deuxième chapitre.

Et alors…

Lire ou ne pas lire? Je ne sais pas… Je m’attendais à un plaidoyer pour la culture générale au cégep (on se demande bien pourquoi) et ce livre est plutôt une analyse de la culture générale des jeunes et des moyens pour l’améliorer. C’est tout à fait louable, mais ce n’est pas ce pour quoi j’ai été attiré par ce livre. J’imagine (je n’en suis pas du tout certain) qu’il plairait davantage à des enseignant.es, surtout du cégep, mais certaines parties, dont celle sur les pratiques pédagogiques, sont beaucoup trop pointues pour un lecteur comme moi. Ce livre a quand même de grandes qualités, dont sa structure impeccable et son exhaustivité (enfin, je ne connais pas assez le sujet pour en être certain, mais c’est ce qui m’a semblé). En plus, il n’est pas bien long (une centaine de pages, si on ne tient pas compte de l’annexe) et les notes sont en bas de page.

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  1. Robert Lachance permalink
    18 mars 2019 18 h 48 min

    Qu’on se le dise si ce que vous mentionnez dans votre premier paragraphe fait partie de ce qu’une génération laisse aux ado.es avancé.es de la suivante comme libération.

    Je dirais esclavage émotif et cognitif vicariant moins pire que le latin, le grec et la littérature que j’aurais troqué pour plus d’anglais, de sciences dont le commerce, la finance et la cuisine.

    Il prêche pour son clocher laïque j’imagine et celui de ses collaborateur.es. C’est pratique humaniste courante depuis la nuit des temps.

    Je n’ai rien contre un socle de connaissance pour cheminer dans la vie et devenir des citoyen.nes averti.es.

    Je n’ai rien contre un test de culture générale fruit de réflexions, de débats à participant.es et auditoires représentatifs.

    J'aime

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