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Si nous sommes égaux, je suis la fée des dents

13 janvier 2020

Avec son livre Si nous sommes égaux, je suis la fée des dents, la travailleuse sociale Amélie Châteauneuf «propose des pistes de solutions concrètes et bienveillantes afin d’équilibrer la charge mentale» associée à la responsabilité du travail domestique non rémunéré.

Introduction : Encore en 2019, ce sont les femmes qui assument la plus grande part du travail domestique non rémunéré et, surtout, qui l’organisent et qui subissent la charge mentale associée à cette responsabilité. L’autrice présente ensuite brièvement le contenu des chapitres qui suivent.

Une bonne métaphore n’est jamais perdue : Participer aux tâches, ce n’est pas aider l’autre (la femme), c’est prendre l’initiative d’accomplir sa part des tâches, en prendre la responsabilité.

Questions pour échanger vos points de vue : Il y en a six

1. Relevé des inégalités : L’autrice présente et commente des données portant :

  • sur le temps consacré aux tâches domestiques par les hommes et les femmes (ce n’est que dans le cas où la femme travaille à temps plein et que l’homme ne travaille pas que ce temps est équivalent);
  • sur le type de tâche domestique effectué par les hommes et les femmes;
  • sur l’impact du temps consacré au travail domestique non rémunéré sur la vie professionnelle des femmes, sur leur retraite et sur la pauvreté des femmes âgées.

Elle donne aussi des conseils pour corriger ces iniquités à l’intérieur d’un couple. Notons que les données fournies par l’autrice datent parfois de plusieurs années, alors que des données plus récentes sont disponibles. L’utilisation de ces données plus récentes ne changerait toutefois pas grand-chose en général.

2. Pourquoi ces inégalités sont-elles encore présentes dans notre société? : L’autrice explique les mécanismes psychologiques qui se manifestent lorsqu’une femme tente de négocier un partage plus équitable des tâches avec son conjoint. Elle décrit et analyse ensuite quelques réactions que des hommes et des femmes ont lorsque ce sujet est abordé dans un couple ou en groupe. Elle aborde ensuite :

  • la tendance à reprocher aux femmes ces inégalités;
  • la rareté de modèles de couples qui partagent vraiment les tâches;
  • les normes sociales qui sont difficiles à changer;
  • le partage des tâches qui ne tient pas compte du temps et de la fréquence nécessaires pour les accomplir;
  • le concept d’aider par rapport à celui de prendre en charge;
  • les inégalités de revenus et de richesse, qui ne sont pas uniquement discriminatoires en elles-mêmes, mais qui donnent aussi l’impression que le temps des hommes est plus précieux que celui des femmes, impression qui crée des inégalités sociales;
  • la valeur sociale et économique du travail non rémunéré.

3. Changer ou ne pas changer, là est la question : L’autrice analyse cette fois l’impact du travail domestique et de la charge mentale qui l’accompagne sur la santé des femmes et sur leur estime de soi, puis montre que les stéréotypes de genre s’apprennent très tôt dans l’enfance.

4. La pratique – changer la répartition des tâches et de la charge mentale : L’autrice «vous propose une démarche qui vous permettra de partager non seulement les tâches domestiques, mais aussi la planification du quotidien lié à votre vie de famille ou de couple». Ce chapitre contient des questionnaires (sur 30 pages) permettant de mieux évaluer la contribution de chacun.e aux tâches et d’en négocier un meilleur partage. L’autrice donne ensuite des conseils sur la façon d’utiliser efficacement le résultat de ces questionnaires et sur différentes façons d’effectuer un partage équitable.

5. La valeur du travail non rémunéré et l’égalitéà la fois : La lutte contre les inégalités entre les hommes et les femmes exige des actions à la fois globales et entre les membres des couples. Il ne faut pas hésiter à demander de l’aide à cet égard, notamment dans des groupes d’entraide agissant aussi bien auprès des femmes qu’auprès des hommes et même des couples.

Conclusion : L’autrice espère que les femmes sauront exiger un partage égal des tâches sans se sentir coupables de le faire et que les hommes seront heureux de contribuer à cette égalité pour le plus grand bien-être de leur conjointe.

Et alors…

Lire ou ne pas lire? Je ne sais pas. Sur ce sujet, j’ai nettement préféré Toutes les femmes sont d’abord ménagères de Camille Robert, que j’ai présenté dans ce billet, ainsi que Maternité, la face cachée du sexisme de Marilyse Hamelin (voir ce billet), deux livres cités dans celui-ci. Cela dit, il est tout à fait possible que quelqu’un d’autre préfère celui-ci, qui est plus axé sur les solutions à mettre en œuvre concrètement dans un couple, mais qui est moins détaillé sur la présentation de la situation globale (même si cette présentation y est faite en début de livre), ce qui m’intéresse davantage. Les notes sont en bas de pages, surtout des références. Cela dit, ces notes abusent des mentions «op. cit.», «idem» et «ibid.» qui nous forcent, si on veut par exemple vérifier l’année de parution du document cité (ce qui m’est arrivé à plusieurs reprises), à aller consulter la bibliographie à la fin du livre ou les notes précédentes, ce qui est parfois fastidieux.

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