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Terra insecta

30 mars 2020

Avec son livre Terra insecta – Pour sauver la planète, sauvons les insectes, Anne Sverdrup-Thygeson, docteure en biologie de la conservation, professeure à l’Université norvégienne pour les sciences de la vie et conseillère scientifique pour l’Institut national norvégien de recherche pour la nature, s’inquiète des effets sur les insectes de «l’exploitation intensive des terres agricoles, [du] réchauffement climatique [et de] l’abus d’insecticides» et explique que, d’ici un siècle, ils «pourraient tous disparaître, ce qui entraînerait un effondrement catastrophique des équilibres naturels».

Avant-propos : L’autrice nous apprend que, si on ne le sait pas déjà, tous les insectes ont un rôle à jouer dans l’écosystème, même ceux qu’on déteste le plus, comme les guêpes, les moustiques et les cafards. Elle présente ensuite brièvement la structure du livre.

Introduction : Les insectes sont très nombreux (200 millions de fois le nombre d’êtres humains) et sont partout. Ils font toutes sortes de choses, dont de l’élevage et de l’agriculture (voir plus loin).

1. De petites créatures à la conception ingénieuse : L’autrice explique ce qu’est un insecte. Oui, ils ont six pattes, une tête, un thorax et un abdomen, mais bien d’autres caractéristiques qui varient considérablement (il existe par exemple un papillon mâle avec un œil sur son pénis). Elle présente ensuite la classification des insectes, avec leurs règnes, embranchements, et surtout classes, ordres, familles et genres, puis le fonctionnement de leurs sens, avec de très nombreux exemples, parfois étonnants. Elle montre aussi que les insectes (ou certains d’entre eux) sont plus intelligents qu’on pourrait le penser (une variété d’abeilles compte jusqu’à quatre), qu’ils savent communiquer entre eux et qu’ils peuvent se reconnaître et même reconnaître des visages humains (le tout avec des exemples, bien sûr!).

2. Kama-Sutra chez les bestioles à six pattes : Comme son titre nous le laisse deviner, ce chapitre porte sur la sexualité des insectes. C’est leur raison de vivre! Et les exemples sont encore plus étonnants et variés que ceux du chapitre précédent. Il aborde aussi d’autres aspects de la reproduction, dont les soins aux bébés.

3. Manger ou être mangé – les insectes dans la chaîne alimentaire : Les insectes ont des stratégies variées pour trouver à manger et pour ne pas se faire manger. Ici aussi, les exemples sont étonnants, mais pas toujours ragoûtants.

4. Les insectes et les plantes – une éternelle course contre la montre : Des plantes et des insectes collaborent souvent, mais se combattent parfois. Des insectes ont en effet besoin des plantes et de leurs fleurs pour se nourrir, et bien des plantes ont besoin des insectes pour se reproduire. Dans d’autres cas, les insectes peuvent détruire les plantes, même si celles-ci ont développé des défenses contre ces insectes, mais pas contre tous. Ce chapitre aborde aussi la collaboration entre végétaux (par exemple, des plantes et des champignons pour communiquer), les activités agricoles et d’élevage des insectes, leur rôle dans l’agriculture humaine et dans la santé des forêts, et les conséquences positives et surtout négatives de l’importation d’insectes d’un autre continent.

5. Des mouches zélées, des bestioles goûteuses – les liens entre les insectes et notre nourriture : Les liens analysés dans ce chapitre touchent aussi bien la pollinisation par des insectes d’un grand nombre de plantes et d’arbres fruitiers que la nourriture qu’ils produisent (dont le miel, récolté depuis la préhistoire), l’aide à l’agriculture qu’ils procurent et les insectes comme source directe d’alimentation pour les animaux que nous mangeons (dont des poissons et des oiseaux) et pour nous-mêmes. L’autrice y aborde aussi des cas où les insectes dévastent des champs, comme les nuées de sauterelles des plaies d’Égypte de la Bible ou de criquets qui ont envahi récemment les champs de la Somalie, de l’Éthiopie et du Kenya.

6. Des insectes comme gardiens : Ce chapitre porte sur le rôle des insectes comme nettoyeurs, vidangeurs et recycleurs de végétaux, d’animaux morts et d’excréments (l’autrice consacre plusieurs parties de ce chapitre à ce rôle). Ils font aussi le ménage dans les villes, tant dans les espaces verts qu’en nettoyant les détritus (comme les restes de nourriture dans les places publiques), concurrençant les rats! L’autrice s’inquiète par ailleurs des conséquences de l’érosion due aux activités humaines sur la perte des sols et des insectes gardiens qui y vivent, notamment dans les forêts en raison des méthodes de récolte forestière.

7. De la soie à l’écriture – les produits à partir des insectes : La soie et le miel sont loin d’être les seuls produits que nous utilisons qui sont fabriqués par des insectes. Je vous laisse le suspens de les découvrir en lisant ce livre!

8. Du point de vue des insectes : Le vol des libellules a inspiré le fonctionnement des drones. C’est loin du seul cas de biomimétisme fait à partir de l’observation des insectes. Ce chapitre en présente bien d’autres et aborde aussi différents types d’interactions entre les humains et les insectes, ainsi que de nombreuses utilisations des insectes par les humains.

9. Les insectes et nous – dans le futur : L’autrice s’inquiète de l’accélération des changements qui modifient les écosystèmes et qui menacent les insectes. Elle mentionne notamment l’irrigation et la diminution des surfaces de milieux humides, la présence croissante des plastiques et des produits chimiques dans les océans et dans les eaux douces, la pollution lumineuse, l’importation d’espèces d’un continent à l’autre, l’utilisation abusive des pesticides et des engrais chimiques dans l’agriculture, la surexploitation forestière et le réchauffement climatique. Dans certains pays, le nombre d’insectes a déjà diminué de plus de 50 %, baisse atteignant même 75 % en Allemagne, et probablement environ 25 % sur la planète. Elle analyse ensuite chacune de ces menaces et donne des exemples de leurs conséquences parfois désastreuses.

Conclusion : Ce livre a montré clairement que les insectes peuvent vivre sans nous, mais que nous ne pouvons pas vivre sans eux. Nous devrions en prendre soin, plutôt que de les tenir pour acquis. L’autrice conclut en citant un entomologiste : «Le monde est si riche en petites merveilles, mais si pauvre en yeux pour les voir».

Et alors…

Lire ou ne pas lire? Lire! Sans faute, ai-je le goût d’ajouter. Ce livre est une source d’information incontournable. Même si on pense bien connaître les insectes, il est presque certain qu’on en apprendra beaucoup sur eux en lisant ce livre. En tout cas, ce fut le cas avec moi. En plus, le texte est facile à lire, et est parsemé de remarques humoristiques qui agrémentent la lecture. On passe d’un étonnement à l’autre! Les notes explicatives sont en bas de page, ce qui est parfait, mais les sources (ou références) sont à la fin du livre, sans précision sur la partie du texte a laquelle elles sont liées, ce qui enlève presque totalement leur intérêt. Je ne les ai d’ailleurs pas consultées une seule fois. Il fallait bien que ce livre ait un défaut!

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