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Que reste-t-il de nos voyages ?

10 août 2020

Que reste-t-il de nos voyagesÀ la suite de ma déception face au livre La vraie vie est ici – Voyager encore? de Rodolphe Christin (voir ce billet), une amie m’a suggéré de lire Que reste-t-il de nos voyages? – Réflexions pour aller encore plus loin de Marie-Julie Gagnon. Pour écrire ce livre, cette journaliste a rencontré «des voyageurs aux parcours variés et des experts de différentes disciplines pour tenter de mieux comprendre l’impact du voyage à court, moyen et long terme».

Avant-propos : L’autrice raconte comment elle s’est intéressée aux voyages.

1. Louis-Philippe et le Mali : Louis-Philippe Drolet était attiré par l’Afrique. Il est donc allé au Mali à quelques reprises dans le cadre de stages, mais a fini par y demeurer plusieurs années. Il a ensuite voyagé en France, en Espagne, au Maroc et encore au Mali. Il considère que ces expériences l’ont aidé à devenir producteur pour la télévision. Et ce n’est pas tout…

2. Pourquoi partir? : «Il y a autant de raisons de partir qu’il y a de voyageurs». L’autrice illustre ce fait en présentant les raisons de partir (et de vouloir repartir) d’une douzaine de personnes.

3. Le voyage au fil du temps et des cultures : Ce chapitre porte sur l’histoire des voyages, remontant à l’Antiquité, mais s’attardant davantage sur des époques moins lointaines. On y apprend notamment comment ils se faisaient et étaient considérés. L’autrice raconte ensuite l’arrivée du premier touriste au Québec (vers la fin du XVIIe siècle). Elle aborde aussi avec les personnes qu’elle interviewe la vision différente des voyages selon les cultures.

4. Voyager, qu’est-ce que ça change? : «L’important n’est pas la destination, mais le voyage». L’autrice montre que nos expériences (dont les voyages) nous apportent un bonheur plus durable que l’achat de biens matériels (car ils font davantage partie de nous) et que les voyages peuvent apporter de nombreux bienfaits (confiance, récupération, santé mentale, ouverture, adaptabilité, résistance au stress, etc.), mais aussi son lot de dommages («Le tourisme de masse peut détruire des environnements, des villes et des paysages»).

5. Fuite, quête ou thérapie? : L’autrice présente des témoignages de trois personnes qui ont voyagé seules pour fuir ou régler leurs problèmes, mais surtout pour se retrouver. Et, cela a fonctionné! Cela a aussi fonctionné pour deux autres personnes, même si elles n’ont pas voyagé seules.

6. Il n’y a pas de petits voyages : On peut bénéficier d’un voyage court, long, facile ou difficile. De même, il n’y a pas de bon.nes et de mauvais.es voyageur.euses, dans la mesure où on trouve ce qu’on recherche. Cela dit, cela n’empêche pas les prétendu.es explorateur.trices de regarder de haut les vacancier.ères…

7. Montre-moi où tu vas et je te dirai qui tu es (et combien de likes tu vaux) : Ce chapitre porte sur l’utilisation des réseaux sociaux pour s’informer, échanger et faire part de ses aventures et découvertes en voyage, avec leurs hauts et leurs bas. L’autrice déplore par contre les gens qui monopolisent les sites touristiques intéressants pour se mettre en valeur et diffuser leurs photos sur ces réseaux. L’autrice aborde aussi l’impact des influenceur.euses,

8.Voyager en solo, en couple, en groupe ou en famille : L’autrice présente des témoignages de personnes qui préfèrent voyager seules, en couple, en groupe ou en famille, et fait ressortir les avantages et désavantages de ces façons de voyager, qui peuvent varier selon les personnes.

9. Daphne et l’Australie : Ce chapitre ne contient qu’un seul témoignage, mais particulier!

10. Partir longtemps : L’autrice a déjà séjourné une quinzaine de mois à Taïwan, mais Jean-Michel Dufaux, malgré de nombreux voyages, a attendu la cinquantaine pour prendre une année complète pour voyager. Un couple, bien établi, a vendu sa maison pour partir deux ans en voyage et compte bien continuer ainsi. Un dernier témoignage porte sur une dame habituée aux voyages, qui a vécu 17 ans à Paris, et qui, de retour au Québec, continue à voyager.

11. Nadia Lackdari de New York à la Nouvelle-Zélande : Il n’y a qu’un témoignage dans ce chapitre, mais d’une personne qui a beaucoup voyagé, et qui raconte les difficultés d’un retour après une longue absence.

12. Que reste-t-il, 20 ans après : Il reste beaucoup, selon les deux témoignages de ce chapitre et l’opinion d’une experte.

13. Le choc du retour : Les choses ont changé quand une personne revient d’un voyage, encore plus s’il a été long. Elle a changé et ses ami.es aussi. Elle croit trop souvent pouvoir reprendre ses relations comme avant, mais il lui en manque des bouts et il en manque aux autres! Il faut donc prévoir une transition pour se réadapter, sinon le choc du retour risque de perdurer. À moins de repartir!

14. Et après, on fait quoi? : Ce chapitre présente deux témoignages très particuliers qu’on ne peut pas généraliser avec d’autres cas.

15. Notre incidence sur les contrées visitées : L’autrice dit faire la part des choses entre les personnes qui rejettent toute utilisation de l’avion (elle les accuse d’une façon que je trouve méprisante de faire la chasse aux sorcières) et celles qui passent d’un avion à l’autre sans se poser de questions (je trouve de mon côté qu’en matière environnementale, faire la part des choses comme elle le fait ne pourra pas freiner le réchauffement climatique, bref qu’elle ne fait pas vraiment la part des choses). Elle aborde ensuite l’impact des voyages sur «les destinations visitées et leurs habitants», et pas seulement en matière environnementale (délocalisation par Airbnb, volontourisme qui accentue la pauvreté et la détresse, mises en scènes pour des touristes à la recherche d’authenticité, consommation par les touristes de ressources qui manquent à la population locale, souffrance animale, etc.). Malgré ma remarque de départ, c’est de loin le chapitre que j’ai préféré dans ce livre.

Conclusion : L’autrice conclut en racontant ce que ses voyages lui ont apporté.

La conclusion est suivie de courtes citations de personnes interrogées pour ce livre qui résument en quelques phrases ce que les voyages leur ont apporté.

Et alors…

Lire ou ne pas lire? Ça dépend des goûts! De mon côté, je ne suis pas friand des livres construits autour d’anecdotes. Cela dit, les analyses d’expert.es à la fin des chapitres permettent de faire le lien entre ces témoignages anecdotiques et des concepts plus généraux. Je ne suis pas un grand voyageur, il faut dire, même si je me souviens bien de mon tour de la Gaspésie sur le pouce à 15 ans, notamment de ma nuit à la Maison du pêcheur en 1969 la veille de sa fermeture et de l’expulsion des personnes qui s’y trouvaient. Mais, je n’ai pas besoin de voir pour connaître une histoire, mes lectures et les documentaires que j’écoute me suffisent amplement. Si les voyages apportent beaucoup, ce que je ne nie pas, loin de là, il me semble que, de nos jours, on doit les limiter en raison d’un autre objectif plus important, conserver la Terre habitable. En plus, le livre passe vite sur le fait que ce type de vie n’est pas accessible à tout le monde, seulement une ou deux personnes soulignant leur chance d’avoir les moyens de vivre ainsi.

Cela dit, ce livre se lit bien et l’autrice sait bien rendre les témoignages qu’elle a reçus. J’ai parfois trouvé que l’on confondait le concept de voyage et celui de travail à l’étranger, mais ce sont des sujets complémentaires. Le livre est bien structuré, chaque chapitre apportant une dimension supplémentaire aux précédents. Autre bon point, les notes pas très nombreuses (45) sont en bas de pages.

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