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Retour sur le marché du travail d’octobre 2020

30 décembre 2020

Retour sur le marché du travail octobre 2020Dans ma série de billets sur les estimations de l’emploi de l’Enquête sur la population active (EPA), j’ai souligné à quelques reprises qu’il fallait prendre les variations d’emploi par industrie avec des pincettes en raison de leurs marges d’erreur importantes. Comme je l’ai fait pour les données de mars à septembre, je reviens donc sur les estimations de l’emploi globales et par industrie de l’EPA d’octobre en les comparant avec les données de l’Enquête sur l’emploi, la rémunération et les heures de travail (EERH) qui ont été mises à jour le 22 décembre. Je pourrai ainsi comparer les baisses d’emploi globales et par industrie selon ces deux sources, et surtout montrer quels sous-secteurs des industries ont subi les pertes les plus importantes et lesquels s’en sont bien tirés ou ont même connu une croissance.

Alors que les estimations de l’EPA sont sujettes à d’importantes marges d’erreur, surtout pour les données désagrégées comme celles sur l’emploi par industrie, les données de l’EERH n’ont pas de marge d’erreur, car elles proviennent d’un recensement des salarié.es de toutes les entreprises à partir de leur liste de paye. Pour cette raison, l’EPA ne fournit des estimations que pour 19 niveaux de désagrégation industrielle, tandis que l’EERH en publie pour 398! Par contre, l’EERH ne comptabilise pas les travailleur.euses autonomes, les salarié.es du secteur de l’agriculture (et de quelques autres secteurs qui comptent peu de salarié.es), les grévistes, les personnes en lock-out et celles en congé sans solde, alors que l’EPA le fait. Autre différence, l’EERH compile tous les emplois alors que l’EPA comptabilise les personnes en emploi, en ne considérant par exemple qu’un seul emploi quand une personne en occupe deux ou plus en même temps. Le plus grand défaut des données de l’EERH est qu’elles sont publiées près de deux mois après celles de l’EPA et carrément deux mois après les faits.

Données industrielles

Le tableau qui suit, basé sur le contenu des tableaux 14-10-0223-01 et 14-10-0355-01 de Statistique Canada, compare l’évolution des données désaisonnalisées sur l’emploi de février à octobre 2020 selon l’EPA et l’EERH, et souligne leurs différences.

Retour sur le marché du travail octobre 2020_1_Québec

Ces différences peuvent s’expliquer par plusieurs facteurs. Par exemple, la différence de près de 560 000 emplois en février 2020 entre les estimations de l’EPA (4 384 500) et les données de l’EERH (3 825 175) s’explique surtout par le fait que les données de l’EERH ne couvrent pas les travailleur.euses autonomes (l’EPA estimait qu’il y en avait justement 562 500 en février). La différence plus grande en octobre (de 614 100 emplois), malgré une baisse de 27 000 travailleur.euses autonomes, est due au fait que beaucoup plus de personnes sans rémunération de la part de l’employeur ont été considérées en emploi par l’EPA, mais pas par l’EERH, en raison de leur absence du travail sans rémunération, l’équivalent d’un congé sans solde. Ainsi, alors que le nombre de salarié.es selon l’EERH et d’employé.es selon l’EPA était presque identique en février avec un écart de 3000 emplois ou de moins de 0,1 % en faveur de l’EERH, cet écart favorisait l’EPA en septembre de 78 000 emplois ou de 2,1 %, ce qui est beaucoup, mais trois fois moins qu’en juin (248 000 ou de 7,6 %).

Ces facteurs jouent aussi un rôle dans la différence du pourcentage de la baisse de l’emploi entre février et septembre entre les estimations de l’EPA (2,9 %) et les données de l’EERH (4,7 %). Selon le tableau 14-10-0288-01 tiré des estimations de l’EPA, l’emploi global a baissé de 2,9 %, mais de 2,6 % pour les employé.es. La baisse moins élevée du nombre d’employé.es accentue encore plus la différence entre les niveaux de baisse selon l’EPA et l’EERH (2,6 % par rapport à 4,7 %). Il est donc clair que d’autres facteurs ont joué. On pourrait penser à la marge d’erreur des estimations de l’EPA et à la différence de semaine de référence, soit du 11 au 17 octobre pour l’EPA et du 25 au 31 octobre pour l’EERH. Mais ce serait étonnant que ces facteurs aient pu avoir un impact suffisant pour expliquer les 2,1 points de pourcentage d’écart. Il semble donc clair que cet écart de 2,1 points est dû en premier lieu au facteur mentionné auparavant, soit qu’un nombre plus élevé de personnes sans rémunération ont été considérées en emploi par l’EPA en octobre qu’en février, mais pas par l’EERH.

Par ailleurs, la présence des travailleur.euses autonomes dans les estimations de l’EPA peut fausser les comparaisons de l’évolution de l’emploi par industrie (comme dans les autres services, les services professionnels, scientifiques et techniques, les services aux entreprises, services relatifs aux bâtiments et autres services de soutien, et l’information, la culture et les loisirs où le taux de travailleur.euses autonomes était entre 21 % et 37 % en octobre, selon les données non désaisonnalisées du tableau 14-10-0026-01). Cela dit, malgré ces facteurs, seulement cinq industries (toutes dans le secteur des services) présentaient des écarts de plus de cinq points de pourcentage entre les données de l’EERH et les estimations de l’EPA dans l’évolution de l’emploi entre février et octobre (voir la dernière colonne du tableau), soit :

  • les services d’enseignement, avec une hausse de 10,1 % selon l’EPA et une baisse de 3,5 % selon l’EERH;
  • la finance, les assurances et les services immobiliers et de location, avec une hausse de 2,8 % et une baisse de 6,0 %;
  • les services aux entreprises, services relatifs aux bâtiments et autres services de soutien, avec des baisses de 0,8 % et de 8,6 %;
  • le commerce de gros et de détail, avec une hausse de 0,6 % et une baisse de 4,7 %
  • l’information, la culture et les loisirs, avec des baisses de 16,1 % et de 11,1 %.

Les données par sous-secteurs

Comme mentionné en amorce, je visais entre autres par cette série à vérifier quels sous-secteurs des industries ont subi les pertes d’emploi les plus importantes et lesquels s’en sont bien tirés ou ont même connu une croissance. Pour ce faire, j’ai toutefois dû me servir d’un tableau contenant des données non désaisonnalisées, car il fournit des données pour 398 niveaux de désagrégation industrielle plutôt que pour 26, comme celui que j’ai utilisé pour le tableau précédent en données désaisonnalisées. Pour que ces données soient comparables et éviter les écarts saisonniers importants, je présenterai les variations d’emploi entre octobre 2019 et 2020.

– Construction

Comme on peut le voir dans le premier tableau de ce billet, le nombre d’emplois entre février et octobre en données désaisonnalisées dans la construction a diminué de 3,9 % selon les estimations de l’EPA, mais de Retour sur le marché du travail octobre 2020_4_constructionseulement 0,1 % selon les données de l’EERH. Le tableau ci-contre nous montre que l’emploi selon les données non désaisonnalisées de l’EERH a augmenté de 2,2 % entre octobre 2019 et 2020. La baisse la plus importante, en nombre et en pourcentage, a été observée dans la construction d’installations de services publics (16 % ou 1900 emplois). L’emploi a augmenté dans la plupart des autres sous-secteurs, avec la hausse la plus élevée en pourcentage (17 %, ou 1100 emplois) dans les autres travaux de génie civil , et la plus élevée en nombre chez les autres entrepreneurs spécialisés (2700 emplois ou de 8,0 %).

– Fabrication

L’emploi désaisonnalisé de la fabrication a diminué de 5,0 % entre février et octobre selon les estimations de l’EPA et de 4,2 % selon les données de l’EERH, et de 5,1 % en données non désaisonnalisées entre octobre 2019 et 2020. Seulement deux sous-secteurs ont connu une hausse de plus de 1 % entre ces deux mois d’octobre, soit les usines de produits textiles (5,6 % ou 180 emplois) et la première transformation des métaux (11,1 % ou 1800 emplois), dont une hausse de 13,7 % (820 emplois) dans la production et la transformation d’alumine et d’aluminium. Des baisses de plus de 10 % furent observées dans la fabrication de produits du pétrole et du charbon (16 % ou 700 emplois), l’impression (14 % ou 1700 emplois), les usines de textiles (13 % ou 400 emplois) et la fabrication de vêtements (17 % ou 1700 emplois).

– Commerce de gros et de détail

Retour sur le marché du travail octobre 2020_5_commerceL’emploi désaisonnalisé du commerce de gros et de détail a augmenté de 0,6 % entre février et octobre selon les estimations de l’EPA et a diminué de 4,7 % selon les données de l’EERH, et de 4,1 % en données non désaisonnalisées entre octobre 2019 et 2020. L’emploi a diminué de 4,9 % (8900 emplois) dans le commerce de gros. Il a augmenté légèrement chez les grossistes-marchands de produits agricoles, est demeuré stable chez les grossistes-marchands de véhicules automobiles, et de pièces et d’accessoires de véhicules automobiles, et a diminué de 28 % chez les grossistes-marchands de pétrole et de produits pétroliers (640 emplois) et d’entre 2 % et 11 % dans les autres sous-secteurs.

Dans le commerce de détail, la baisse fut de 3,9 % entre les deux mois d’octobre (17 500 emplois). L’emploi a augmenté de 14 % (1100 emplois) chez les détaillants hors magasin et de 9 % (3800 emplois) dans les magasins de marchandises diverses (dont les grands magasins), est demeuré assez stable (écarts de moins de 1 %) dans les magasins d’alimentation et chez les marchands de matériaux de construction et de matériel et fournitures de jardinage, et a baissé d’entre 3 et 21 % dans les autres sous-secteurs. Les baisses les plus fortes (de plus de 10 %) ont été observées dans les magasins de vêtements et d’accessoires vestimentaires (21 % ou 11 400 emplois) et les magasins d’appareils électroniques et ménagers (10 % ou 1100 emplois).

– Transport

Retour sur le marché du travail octobre 2020_6_transportL’emploi désaisonnalisé du transport a diminué de 4,3 % entre février et octobre selon les estimations de l’EPA et de 4,1 % selon les données de l’EERH, et de 4,0 % en données non désaisonnalisées entre octobre 2019 et 2020. Si l’emploi a augmenté de 12 % dans les messageries et les services de messagers (1300 emplois), probablement en raison de la hausse des livraisons de repas et de petits colis par des entreprises spécialisées, et est demeuré assez stable dans le transport ferroviaire, il a diminué d’entre 3 et 10 % dans les autres sous-secteurs. Étonnamment, l’emploi n’a baissé que de 3 % dans le transport aérien (360 emplois), probablement en raison de la Subvention salariale d’urgence du Canada.

– Finance, assurances, services immobiliers et de location

L’emploi désaisonnalisé de cette industrie a diminué de 2,8 % entre février et octobre selon les estimations de l’EPA et de 6,0 % selon les données de l’EERH, et de 5,8 % en données non désaisonnalisées entre octobre 2019 et 2020. Cette baisse fut en fait de seulement 0,7 % dans la finance et l’assurance (1100 emplois), mais de 19 % dans les services immobiliers et de location (11 000 emplois).

– Services professionnels, scientifiques et techniques

Retour sur le marché du travail octobre 2020_7_professionnelsL’emploi désaisonnalisé de cette industrie a augmenté de 2,1 % entre février et octobre selon les estimations de l’EPA et de 1,7 % selon les données de l’EERH, mais de 3,0 % en données non désaisonnalisées entre octobre 2019 et 2020. L’emploi a augmenté de 1,3 % à 8,4 % dans cinq sous-secteurs, mais a diminué de 17 % dans les services spécialisés de design (600 emplois) et de 5 % dans la publicité, les relations publiques et les services connexes (645 emplois). La plus forte hausse en nombre (4400 emplois ou 6 %) a eu lieu dans la conception de systèmes informatiques et services connexes.

– Services aux entreprises, services relatifs aux bâtiments et autres services de soutien

Retour sur le marché du travail octobre 2020_8_entreprisesL’emploi désaisonnalisé de cette industrie a diminué de 0,8 % entre février et octobre selon les estimations de l’EPA et de 8,6 % selon les données de l’EERH, et de 6,3 % en données non désaisonnalisées entre octobre 2019 et 2020. Les baisses de plus de 10 % ont eu lieu dans les services de préparation de voyages et de réservation (20 % ou 1700 emplois), la collecte de déchets (14 % ou 600 emplois), les services de soutien aux entreprises (14 % ou 2100 emplois), les services administratifs de bureau (13 % ou 1900 emplois) et les services d’emploi (12 % ou 5200 emplois).

– Services d’enseignement

Retour sur le marché du travail octobre 2020_9_enseignementL’emploi désaisonnalisé dans les services d’enseignement a augmenté de 10,1 % entre février et octobre selon les estimations de l’EPA et a diminué de 3,5 % selon les données de l’EERH, et de 2,8 % en données non désaisonnalisées entre octobre 2019 et 2020. Les deux baisses supérieures à 10 % s’observent dans les services de soutien à l’enseignement (18 %, mais seulement 210 emplois) et les autres établissements d’enseignement et de formation (12 % ou 1700 emplois). Les baisses les plus fortes en nombre provenaient des universités (4800 emplois ou 7 %) et des collèges communautaires et cégeps (2200 emplois ou 6 %), sûrement en raison de l’enseignement à distance.

– Soins de santé et assistance sociale

L’emploi désaisonnalisé dans les soins de santé et l’assistance sociale a augmenté de 1,0 % entre février et octobre selon les estimations de l’EPA, de 3,4 % selon les données de l’EERH, et de 4,7 % en données non désaisonnalisées entre septembre 2019 et 2020. Entre ces deux mois, les baisses et les hausses de plus de 10 % ont été observées dans les :

  • services de soins de santé à domicile (-13 % ou 400 emplois);
  • établissements de soins infirmiers (-10 % ou 5900 emplois);
  • établissements résidentiels pour handicaps liés au développement, troubles mentaux, alcoolisme et de toxicomanie (+33 % ou 1750 emplois);
  • établissements communautaires de soins pour personnes âgées (+32 % ou 10 000 emplois);
  • services de réadaptation professionnelle (+31 % ou 3400 emplois);
  • centres de soins ambulatoires (dont les CLSC, +25 % ou 10 700 emplois);
  • autres services de soins de santé ambulatoires (+16 % ou 1240 emplois);
  • autres établissements de soins pour bénéficiaires internes (+15 % ou 1350 emplois);
  • hôpitaux psychiatriques et hôpitaux pour alcooliques et toxicomanes (+13 % ou 1000 emplois).

– Information, culture et loisirs

Retour sur le marché du travail octobre 2020_10_ICLL’emploi désaisonnalisé dans cette industrie a diminué de 16,1 % entre février et octobre selon les estimations de l’EPA et de 11,1 % selon les données de l’EERH, et de 14,0 % en données non désaisonnalisées entre octobre 2019 et 2020. Les baisses furent les plus élevées dans les arts d’interprétation, sports-spectacles et activités connexes (49 % ou 8350 emplois), le divertissement, les loisirs, les jeux de hasard et les loteries (20 % ou 8000 emplois, mais de seulement 10 % ou de 700 emplois dans les jeux de hasard et loteries), l’édition (11 % ou 2050 emplois) et les établissements du patrimoine (10 % ou 800 emplois). Notons que la baisse dans l’édition fut de seulement 5,0 % (520 emplois) chez les éditeurs de logiciels, mais de 22 % (1500 emplois) chez les éditeurs de journaux, de périodiques, de livres et de répertoires. L’emploi n’a augmenté que dans le traitement de données, hébergement de données et services connexes (15 % ou 360 emplois) et les télécommunications (3,4 % ou 830 emplois).

– Services d’hébergement et de restauration

Retour sur le marché du travail octobre 2020_11_h et rLa baisse de l’emploi en données désaisonnalisées entre février et octobre 2020 dans les services d’hébergement et de restauration fut la plus importante de toutes les industries à la fois selon les estimations de l’EPA (30,6 %) et selon les données de l’EERH (26,2 %). Entre les deux mois doctobre, elle fut 25,3 % en données non désaisonnalisées. Les baisses les plus fortes en pourcentage provenaient des débits de boissons alcoolisées (40 %, ou 5500 emplois) et des services de restauration spéciaux (38 %, ou 5250 emplois). Par contre, la plus forte baisse en nombre, et de loin, a été observée dans les restaurants (24 % ou 52 000 emplois, soit 73 % de la baisse totale). La situation ne fut pas plus enviable dans les services d’hébergement, avec une baisse de 25 % ou de 8600 emplois.

– Autres services (sauf les administrations publiques)

Retour sur le marché du travail octobre 2020_12_autresLes baisses en données désaisonnalisées entre février et octobre 2020 selon l’EPA et l’EERH dans les autres services furent respectivement de 9,2 % et 9,4 %. La baisse fut aussi semblable en données non désaisonnalisées entre octobre 2019 et 2020, soit de 9,6 %. Les baisses les plus fortes en pourcentage ont eu lieu dans les autres services personnels (29 % ou 1600 emplois), les services de nettoyage à sec et de blanchissage (21 % ou 1100 emplois) et les services de soins personnels (10 % ou 1700 emplois). En nombre, la baisse la plus importante s’est observée dans les organismes religieux, fondations, groupes de citoyens et organisations professionnelles et similaires (4900 emplois ou 9 %), dont une baisse de 3000 emplois ou de 15 % dans les organisations civiques et sociales. Le sous-secteur de la réparation et de l’entretien a connu une baisse de 3100 emplois (7 %), dont plus de 1900 dans la réparation et l’entretien de véhicules automobiles (7 % aussi).

Et alors…

Les estimations de l’EPA avaient montré une baisse de 13 000 emplois entre septembre et octobre en raison du reconfinement de quelques industries pour lutter contre la deuxième vague de la COVID-19. Or, les données de l’EERH ont montré au contraire une hausse de 12 000 emplois. En fait, cet écart de 25 000 emplois est essentiellement dû à la baisse de plus de 42 000 personnes sans rémunération de la part de l’employeur qui ont été considérées en emploi par l’EPA, mais pas par l’EERH. Selon mes calculs, alors que le nombre de personnes dans cette situation était en septembre plus élevé qu’en février de 120 000, cette hausse par rapport à février était rendue à 78 000 en octobre, en baisse de 42 000. Sans ce phénomène, l’emploi aurait en fait baissé davantage dans les données de l’EERH que dans les estimations de l’EPA. Cela montre encore une fois à quel point il faut être prudent quand on analyse ces données, encore plus durant cette crise.

Comme au cours des mois précédents, ce billet nous a permis de mieux associer à leurs conséquences par sous-secteurs les décisions gouvernementales pour combattre la COVID-19 et les changements de comportement de la population. Une baisse dans une industrie peut par exemple cacher des hausses dans certains de ses sous-secteurs, comme on l’a vu dans la plupart des industries que j’ai présentées dans ce billet. Les données d’octobre nous ont montré plus clairement que par les mois passés quels sous-secteurs étaient sortis de la crise et ceux qui étaient encore touchés fortement, et même ceux qui ont connu une croissance au cours de cette crise, parfois en raison de celle-ci, comme dans quelques sous-secteurs de la santé. On voit que, même si l’emploi s’est redressé de façon importante depuis avril, les mesures d’aide gouvernementales sont encore essentielles pour les personnes qui ont perdu leur emploi dans de nombreux sous-secteurs. Et je vous souhaite une bonne année 2021, à tout le moins meilleure que 2020!

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