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Retour sur le marché du travail de novembre 2020

4 février 2021

Retour sur le marché du travail novembre 2020Dans ma série de billets sur les estimations de l’emploi de l’Enquête sur la population active (EPA), j’ai souligné à quelques reprises qu’il fallait prendre les variations d’emploi par industrie avec des pincettes en raison de leurs marges d’erreur importantes. Comme je l’ai fait pour les données de mars à octobre, je reviens donc sur les estimations de l’emploi globales et par industrie de l’EPA de novembre en les comparant avec les données de l’Enquête sur l’emploi, la rémunération et les heures de travail (EERH) qui ont été mises à jour le 28 janvier. Je pourrai ainsi comparer les baisses d’emploi globales et par industrie selon ces deux sources, et surtout montrer quels sous-secteurs des industries ont subi les pertes les plus importantes et lesquels s’en sont bien tirés ou ont même connu une croissance.

Alors que les estimations de l’EPA sont sujettes à d’importantes marges d’erreur, surtout pour les données désagrégées comme celles sur l’emploi par industrie, les données de l’EERH n’ont pas de marge d’erreur, car elles proviennent d’un recensement des salarié.es de toutes les entreprises à partir de leur liste de paye. Pour cette raison, l’EPA ne fournit des estimations que pour 19 niveaux de désagrégation industrielle, tandis que l’EERH en publie pour 398! Par contre, l’EERH ne comptabilise pas les travailleur.euses autonomes, les salarié.es du secteur de l’agriculture (et de quelques autres secteurs qui comptent peu de salarié.es), les grévistes, les personnes en lock-out et celles en congé sans solde, alors que l’EPA le fait. Autre différence, l’EERH compile tous les emplois alors que l’EPA comptabilise les personnes en emploi, en ne considérant par exemple qu’un seul emploi quand une personne en occupe deux ou plus en même temps.

Données industrielles

Le tableau qui suit, basé sur le contenu des tableaux 14-10-0223-01 et 14-10-0355-01 de Statistique Canada, compare l’évolution des données désaisonnalisées sur l’emploi de février à novembre 2020 selon l’EPA et l’EERH, et souligne leurs différences.

Retour sur le marché du travail novembre 2020_1_Québec

Ces différences peuvent s’expliquer par plusieurs facteurs. Par exemple, la différence de près de 560 000 emplois en février 2020 entre les estimations de l’EPA (4 384 500) et les données de l’EERH (3 825 175) s’explique surtout par le fait que les données de l’EERH ne couvrent pas les travailleur.euses autonomes (l’EPA estimait qu’il y en avait justement 562 500 en février). La différence plus grande en novembre (de 672 700 emplois), malgré une baisse de 26 000 travailleur.euses autonomes, est due au fait que beaucoup plus de personnes sans rémunération de la part de l’employeur ont été considérées en emploi par l’EPA, mais pas par l’EERH, en raison de leur absence du travail sans rémunération, l’équivalent d’un congé sans solde. Ainsi, alors que le nombre de salarié.es selon l’EERH et d’employé.es selon l’EPA était presque identique en février avec un écart de 3000 emplois ou de moins de 0,1 % en faveur de l’EERH, cet écart favorisait l’EPA en novembre de 135 000 emplois ou de 3,8 %, ce qui est beaucoup plus qu’en octobre (2,1 %), mais deux fois moins qu’en juin (7,6 %).

Ces facteurs jouent aussi un rôle dans la différence du pourcentage de la baisse de l’emploi entre février et novembre entre les estimations de l’EPA (2,5 %) et les données de l’EERH (5,8 %). Selon le tableau 14-10-0288-01 tiré des estimations de l’EPA, l’emploi global a baissé de 2,5 %, mais de 2,2 % pour les employé.es. La baisse moins élevée du nombre d’employé.es accentue encore plus la différence entre les niveaux de baisse selon l’EPA et l’EERH (2,2 % par rapport à 5,8 %). Il est donc clair que d’autres facteurs ont joué. On pourrait penser à la marge d’erreur des estimations de l’EPA et à la différence de semaine de référence, soit du 8 au 14 novembre pour l’EPA et du 22 au 28 novembre pour l’EERH. Mais ce serait étonnant que ces facteurs aient pu avoir un impact suffisant pour expliquer les 3,6 points de pourcentage d’écart. Il semble donc clair que cet écart de 3,6 points est dû en premier lieu au facteur mentionné auparavant, soit qu’un nombre plus élevé de personnes sans rémunération ont été considérées en emploi par l’EPA en novembre qu’en février, mais pas par l’EERH.

Par ailleurs, la présence des travailleur.euses autonomes dans les estimations de l’EPA peut fausser les comparaisons de l’évolution de l’emploi par industrie (notamment dans les autres services, les services professionnels, scientifiques et techniques, les services aux entreprises et les services relatifs aux bâtiments et autres services de soutien où le taux de travailleur.euses autonomes était estimé entre 24 % et 35 % en novembre, selon les données non désaisonnalisées du tableau 14-10-0026-01). Cela dit, malgré ces facteurs, seulement cinq industries présentaient des écarts de plus de cinq points de pourcentage entre les données de l’EERH et les estimations de l’EPA dans l’évolution de l’emploi entre février et novembre (voir la dernière colonne du tableau), soit :

  • les services d’enseignement, avec une hausse de 11,1 % selon l’EPA et une baisse de 4,5 % selon l’EERH;
  • les services aux entreprises, services relatifs aux bâtiments et autres services de soutien, avec une hausse de 2,0 % et une baisse de 6,5 %;
  • le commerce de gros et de détail, avec une hausse de 1,5 % et une baisse de 4,8 %
  • la finance, les assurances et les services immobiliers et de location, avec une hausse de 0,3 % et une baisse de 5,7 %;
  • la construction, avec une baisse de 5,5 % et une hausse de 1,1 %.

Les données par sous-secteurs

Comme mentionné en amorce, je visais entre autres par cette série à déterminer quels sous-secteurs des industries ont subi les pertes d’emploi les plus importantes et lesquels s’en sont bien tirés ou ont même connu une croissance durant la pandémie. Pour ce faire, j’ai dû me servir d’un tableau contenant des données non désaisonnalisées, car il fournit des données pour 398 niveaux de désagrégation industrielle plutôt que pour 27, comme celui que j’ai utilisé pour le tableau précédent en données désaisonnalisées. Pour que ces données soient comparables et éviter les écarts saisonniers importants entre février et novembre, je présenterai les variations d’emploi entre novembre 2019 et 2020.

– Construction

Comme on peut le voir dans le premier tableau de ce billet, le nombre d’emplois entre février et novembre en données désaisonnalisées dans la construction a diminué de 5,5 % selon les estimations de l’EPA, mais a Retour sur le marché du travail novembre 2020_2_constructionaugmenté de 1,1 % selon les données de l’EERH. Le tableau ci-contre nous montre que l’emploi selon les données non désaisonnalisées de l’EERH a augmenté de 2,6 % entre novembre 2019 et 2020. La baisse la plus importante, en nombre et en pourcentage, a été observée dans la construction d’installations de services publics (17 % ou 1300 emplois). L’emploi a augmenté dans la plupart des autres sous-secteurs, avec la hausse la plus élevée en pourcentage (15 %, ou 1000 emplois) dans les autres travaux de génie civil, et la plus élevée en nombre chez les autres entrepreneurs spécialisés (2650 emplois ou de 8,0 %).

– Fabrication

L’emploi désaisonnalisé de la fabrication a diminué de 3,7 % entre février et novembre selon les estimations de l’EPA et de 4,5 % selon les données de l’EERH, et de 5,4 % en données non désaisonnalisées entre novembre 2019 et 2020. Seulement deux sous-secteurs ont connu une hausse de plus de 1 % entre ces deux mois de novembre, soit les usines de produits textiles (9,2 % ou 300 emplois) et la première transformation des métaux (5,5 % ou 900 emplois), dont une hausse de 6,2 % (360 emplois) dans la production et la transformation d’alumine et d’aluminium. Des baisses de plus de 10 % furent observées dans la fabrication de matériel de transport (12 % ou 6600 emplois), dont une baisse de 14 % dans la fabrication de produits aérospatiaux et de leurs pièces (4200 emplois), dans l’impression (12 % ou 1500 emplois) et dans la fabrication de vêtements (12 % ou 1200 emplois).

– Commerce de gros et de détail

Retour sur le marché du travail novembre 2020_3_commerceL’emploi désaisonnalisé du commerce de gros et de détail a augmenté de 1,5 % entre février et novembre selon les estimations de l’EPA et a diminué de 4,8 % selon les données de l’EERH, et de 4,0 % en données non désaisonnalisées entre novembre 2019 et 2020. L’emploi a diminué de 5,0 % (9000 emplois) dans le commerce de gros. Il a augmenté légèrement chez les grossistes-marchands de produits agricoles, est demeuré stable chez les grossistes-marchands de véhicules automobiles, et de pièces et d’accessoires de véhicules automobiles, et a diminué de 20 % chez les grossistes-marchands de pétrole et de produits pétroliers (400 emplois) et d’entre 2 % et 10 % dans les autres sous-secteurs.

Dans le commerce de détail, la baisse fut de 3,7 % entre les deux mois de novembre (16 750 emplois). L’emploi a augmenté de 15 % (1200 emplois) chez les détaillants hors magasin et de 7 % (3300 emplois) dans les magasins de marchandises diverses (dont les grands magasins), est demeuré assez stable (écarts de moins de 2 %) dans les magasins d’alimentation, chez les marchands de matériaux de construction et de matériel et fournitures de jardinage, et dans les magasins de produits de santé et de soins personnels, a baissé de 24 % dans les magasins de vêtements et d’accessoires vestimentaires (13 600 emplois) et d’entre 3 et 9 % dans les autres sous-secteurs.

– Transport

Retour sur le marché du travail novembre 2020_4_transportL’emploi désaisonnalisé du transport a diminué de 3,0 % entre février et novembre selon les estimations de l’EPA et de 3,9 % selon les données de l’EERH, et de 3,8 % en données non désaisonnalisées entre novembre 2019 et 2020. Si l’emploi a augmenté de 15 % dans les messageries et les services de messagers (1600 emplois), probablement en raison de la hausse des livraisons de repas et de petits colis par des entreprises spécialisées, et est demeuré assez stable dans le transport ferroviaire, il a diminué d’entre 3 et 10 % dans les autres sous-secteurs, la plus forte baisse en pourcentage ayant été observée dans le transport aérien (10 % et 1400 emplois).

– Finance, assurances, services immobiliers et de location

L’emploi désaisonnalisé de cette industrie a augmenté de 0,3 % entre février et novembre selon les estimations de l’EPA et a baissé de 5,7 % selon les données de l’EERH, et de 6,0 % en données non désaisonnalisées entre novembre 2019 et 2020. Cette baisse fut en fait de seulement 1,0 % dans la finance et l’assurance (1500 emplois), mais de 19 % dans les services immobiliers et de location (11 000 emplois).

– Services professionnels, scientifiques et techniques

Retour sur le marché du travail novembre 2020_5_profL’emploi désaisonnalisé de cette industrie a augmenté de 5,4 % entre février et novembre selon les estimations de l’EPA et de 2,2 % selon les données de l’EERH, mais de 3,2 % en données non désaisonnalisées entre novembre 2019 et 2020. L’emploi a augmenté de 2 % à 9 % dans cinq sous-secteurs, mais a diminué de 14 % dans les services spécialisés de design (500 emplois) et de 3 % dans la publicité, les relations publiques et les services connexes (400 emplois). La plus forte hausse en nombre (4300 emplois ou 6 %) a eu lieu dans la conception de systèmes informatiques et services connexes.

– Services aux entreprises, services relatifs aux bâtiments et autres services de soutien

Retour sur le marché du travail novembre 2020_6_entrepL’emploi désaisonnalisé de cette industrie a augmenté de 2,0 % entre février et novembre selon les estimations de l’EPA, mais a diminué de 6,5 % selon les données de l’EERH, et de 6,9 % en données non désaisonnalisées entre novembre 2019 et 2020. Les baisses d’au moins 10 % ont eu lieu dans les services de préparation de voyages et de réservation (21 % ou 1700 emplois), les services de soutien aux entreprises (13 % ou 1900 emplois), la collecte des déchets (12 % ou 500 emplois) et les services d’emploi (10 % ou 4300 emplois).

– Services d’enseignement

Retour sur le marché du travail novembre 2020_7_enseignementL’emploi désaisonnalisé dans les services d’enseignement a augmenté de 11,1 % entre février et novembre selon les estimations de l’EPA, mais a diminué de 4,5 % selon les données de l’EERH, et de 4,0 % en données non désaisonnalisées entre novembre 2019 et 2020. Les deux baisses supérieures à 10 % s’observent dans les autres établissements d’enseignement et de formation (21 % ou 2800 emplois) et les services de soutien à l’enseignement (19 %, mais seulement 215 emplois). La baisse la plus forte en nombre provenait des universités (6300 emplois ou 9 %), sûrement en raison de l’enseignement à distance.

– Soins de santé et assistance sociale

L’emploi désaisonnalisé dans les soins de santé et l’assistance sociale a augmenté de 1,2 % entre février et novembre selon les estimations de l’EPA, de 4,4 % selon les données de l’EERH, et de 5,3 % en données non désaisonnalisées entre novembre 2019 et 2020. Entre ces deux mois, les baisses de plus de 8 % et les hausses de plus de 10 % ont été observées dans les :

  • services individuels et familiaux (-10 % ou 3300 emplois)
  • établissements de soins infirmiers (-9 % ou 5100 emplois);
  • services de soins de santé à domicile (-8,5 % ou 270 emplois);
  • établissements résidentiels pour handicaps liés au développement, troubles mentaux, alcoolisme et de toxicomanie (+35 % ou 1850 emplois);
  • services de réadaptation professionnelle (+33 % ou 3650 emplois);
  • établissements communautaires de soins pour personnes âgées (+33 % ou 10 100 emplois);
  • centres de soins ambulatoires (dont les CLSC, +25 % ou 10 600 emplois);
  • autres services de soins de santé ambulatoires (+15 % ou 1100 emplois);
  • hôpitaux psychiatriques et hôpitaux pour alcooliques et toxicomanes (+14 % ou 1160 emplois)
  • autres établissements de soins pour bénéficiaires internes (+12 % ou 1100 emplois).

– Information, culture et loisirs

Retour sur le marché du travail novembre 2020_8_ICLL’emploi désaisonnalisé dans cette industrie a diminué de 21,1 % entre février et novembre selon les estimations de l’EPA et de 16,5 % selon les données de l’EERH, et de 19,0 % en données non désaisonnalisées entre novembre 2019 et 2020. En fait, cette baisse de 19,0 % se compose d’une baisse de seulement 3,8 % dans l’industrie de l’information et l’industrie culturelle (2800 emplois), mais de 37,7 % dans les arts, spectacles et loisirs (22 500 emplois). Les baisses furent les plus élevées dans les arts d’interprétation, sports-spectacles et activités connexes (49 % ou 7950 emplois), le divertissement, les loisirs, les jeux de hasard et les loteries (37 % ou 13 400 emplois), les établissements du patrimoine (16 % ou 1160 emplois) et les industries du film et de l’enregistrement sonore (10 % ou 1500 emplois). Notons que la baisse dans l’édition (9 % ou 1560 emplois) fut de seulement 1,7 % (200 emplois) chez les éditeurs de logiciels, mais de 21 % (1360 emplois) chez les éditeurs de journaux, de périodiques, de livres et de répertoires. L’emploi n’a augmenté que dans le traitement de données, hébergement de données et services connexes (20 % ou 500 emplois) et les télécommunications (2,6 % ou 630 emplois).

– Services d’hébergement et de restauration

Retour sur le marché du travail novembre 2020_9_héber-restauLa baisse de l’emploi en données désaisonnalisées entre février et novembre 2020 dans les services d’hébergement et de restauration fut la plus importante de toutes les industries à la fois selon les estimations de l’EPA (34,1 %) et selon les données de l’EERH (38,6 %). Entre les deux mois de novembre, elle fut aussi de 38,6 % en données non désaisonnalisées. Les baisses les plus fortes en pourcentage provenaient des débits de boissons alcoolisées (64 %, ou 8750 emplois) et des services de restauration spéciaux (46 %, ou 6100 emplois). Par contre, la plus forte baisse en nombre, et de loin, a été observée dans les restaurants (37 % ou près de 80 000 emplois, soit 75 % de la baisse totale). La situation ne fut pas plus enviable dans les services d’hébergement, avec une baisse de 38 % ou de 11 700 emplois.

– Autres services (sauf les administrations publiques)

Retour sur le marché du travail novembre 2020_10_autresLes baisses dans les autres services en données désaisonnalisées entre février et novembre 2020 selon l’EPA et l’EERH et en données non désaisonnalisées entre novembre 2019 et 2020 furent toutes trois de 10,4 %. Les baisses les plus fortes en pourcentage ont eu lieu dans les services de nettoyage à sec et de blanchissage (23 % ou 1200 emplois), les autres services personnels (22 % ou 1260 emplois) et les services de soins personnels (14 % ou 2370 emplois). En nombre, la baisse la plus importante s’est observée dans les organismes religieux, fondations, groupes de citoyens et organisations professionnelles et similaires (5450 emplois ou 10 %), dont une baisse de 3250 emplois ou de 16 % dans les organisations civiques et sociales. Le sous-secteur de la réparation et de l’entretien a connu une baisse de 2900 emplois (6,5 %), dont près de 1700 dans la réparation et l’entretien de véhicules automobiles (6 %).

Et alors…

Alors que les estimations de l’EPA de novembre avaient montré une hausse de près de 16 000 emplois, les données de l’EERH présentaient au contraire une baisse de 43 000 emplois. En fait, cet écart de 59 000 emplois est essentiellement dû à la baisse du nombre de travailleur.euses sans rémunération de la part de l’employeur qui ont été considérées en emploi par l’EPA, mais pas par l’EERH. Selon mes calculs, alors que le nombre de personnes dans cette situation était en octobre plus élevé qu’en février de 78 000, cette hausse par rapport à février était rendue à 135 000 en novembre, en hausse de 57 000. Cette hausse est fort probablement due aux mesures adoptées dans les zones rouges et à l’ajout de régions à ces zones. Il est aussi possible qu’une partie de cette hausse soit due aux marges d’erreur des estimations de l’EPA, mais, si mon hypothèse est bonne, on peut s’attendre à ce que le nombre de personnes sans rémunération de la part de l’employeur qui ont été considérées en emploi par l’EPA, mais pas par l’EERH augmente un peu en décembre et encore plus en janvier. Quoi qu’il en soit, cela montre encore une fois à quel point il faut être prudent quand on analyse les données sur l’emploi, encore plus durant cette crise.

Comme au cours des mois précédents, ce billet nous a permis de mieux associer à leurs conséquences par sous-secteurs les décisions gouvernementales pour combattre la COVID-19 et les changements de comportement de la population. Une baisse dans une industrie peut par exemple cacher des hausses dans certains de ses sous-secteurs, comme on l’a vu dans la plupart des industries que j’ai présentées dans ce billet. Les données de novembre nous ont montré de façon bien nette quels sous-secteurs étaient sortis de la crise et ceux qui étaient encore touchés fortement, et même ceux qui ont connu une croissance au cours de cette crise, parfois en raison de celle-ci, comme dans quelques sous-secteurs de la santé, les messageries et les détaillants hors magasins, qui comprennent entre autres les entreprises de vente au détail par Internet (mais pas les magasins ayant pignon sur rue qui vendent entre autres par Internet). On voit que, même si l’emploi s’est redressé de façon importante depuis avril, les mesures d’aide gouvernementales sont encore essentielles pour de nombreuses entreprises et pour les personnes qui ont perdu leur emploi dans de nombreux sous-secteurs.

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