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Le Manifeste Travail

5 avril 2021

Manifeste TravailAvec Le Manifeste Travail – Démocratiser, démarchandiser, dépolluer, Isabelle Ferreras, Julie Battilana et Dominique Méda dirigent «un collectif de femmes, chercheuses en sciences sociales issues de tous horizons, [qui] appelle à un nouveau partage du pouvoir au sein des entreprises, condition d’une véritable transition écologique».

Introduction – Pour une société plus démocratique, plus juste et plus verte : Julie Battilana rappelle que les attentes du mouvement Occupy ont été déçues, la crise financière ayant davantage mené à des replis identitaires qu’à des politiques progressistes. Elle fait ensuite le lien entre les textes qui composent ce livre et le contexte de la crise de la COVID-19, soulignant le besoin essentiel de profiter de cette crise pour refonder le système économique pour qu’il soit plus juste et axé sur la protection de l’environnement et sur la lutte au réchauffement climatique. Elle explique finalement les trois axes du manifeste travail, soit démocratiser, démarchandiser et dépolluer, et lance un appel à la mobilisation de tous et toutes pour atteindre les objectifs du manifeste.

Le manifeste travail : Le manifeste travail «a été signé par plus de 3000 scientifiques provenant de plus de 650 institutions académiques dans le monde» dans les 15 jours précédant sa publication dans 43 journaux sur cinq continents les 16 et 17 mai 2020. Ce manifeste contenu dans ce texte est disponible sur cette page et on peut le signer ici.

Vers l’action - Du politiquement impossible au politiquement inévitable : Isabelle Ferreras se base sur des déclarations d’organismes internationaux pour montrer «le lien entre justice sociale et justice écologique». Constatant le peu d’avancées réelles en la matière, elle considère qu’il «est l’heure de donner à ces principes une actualité nouvelle». Elle aborde ensuite les moyens concrets de démocratiser les milieux de travail, de démarchandiser le travail et de dépolluer en mettant à contribution tous les secteurs d’activité. Elle conclut en soulignant que ces trois principes doivent être mis en œuvre conjointement pour que la nécessaire transition soit réussie.

Démocratiser l’entreprise : Comme le titre de ce chapitre l’indique, Hélène Landemore se concentre sur le premier axe du manifeste. Elle explique en quoi consiste la démocratisation du travail et présente les raisons pour lesquelles la démocratisation est nécessaire, ses nombreux avantages et ses limites.

Assurer la dignité de chacun, mais aussi agir collectivement pour dépolluer la planète et la sauver : Lisa Herzog dénonce les hiérarchies, les inégalités et les injustices sociales, tant au travail que dans les décisions politiques, économiques, judiciaires et environnementales. Elle présente ensuite les avantages de les éliminer dans tous ces domaines.

Nous risquons d’accroître toujours plus les inégalités, jusqu’à sacrifier les plus faibles et les plus démunis : Si on continue à se fier au marché pour régler les problèmes économiques, sociaux et environnementaux, les inégalités ne pourront qu’augmenter, selon Imge Kaya-Sabanci. C’est particulièrement le cas pour les femmes et pour les autres personnes qui subissent le plus les inégalités.

Elles témoignent de la dignité du travail et de l’absence de banalité de leur fonction : La crise de la COVID-19 a au moins montré l’importance des personnes qu’on qualifie maintenant de travailleur.euses essentiel.les. Adelle Blackett déplore que cette reconnaissance n’ait pas amélioré les conditions de travail et de vie de ces personnes souvent «racisées, salariées à faible revenu ou migrantes sans papier» et n’ait pas mis un frein à la discrimination raciale.

Soumettre le gouvernement de l’entreprise à une double majorité : Sara Lafuente relativise le niveau de démocratie des conseils de surveillance allemands (et d’autres structures semblables ailleurs), pourtant souvent cités comme un modèle de démocratisation du travail. Elle explique en quoi les propositions du manifeste rendraient ces conseils vraiment démocratiques.

Le travail ne peut être réduit à une «marchandise» : S’éloignant un peu du manifeste travail, Julia Cagé considère que le secteur des médias est une des industries qui a subi le plus durement la marchandisation du travail et que son mode de financement doit être revu. Ce texte résume les recommandations de son livre Sauver les médias que j’ai présenté dans ce billet.

Créer une garantie d’emploi pour tous et toutes : Pavlina R. Tcherneva aborde les conséquences directes du chômage pour les personnes qui le subissent et indirectes pour celles en emploi (épée de Damoclès, arme pour les employeurs, etc.). Elle favorise donc la proposition du manifeste de «mettre en place une garantie d’emploi pour tous et toutes» et en présente les avantages.

Il n’y a ni production ni service sans investisseurs en travail : Neera Chandhoke décrit dans ce texte la situation de la «classe ouvrière migrante et informelle», complètement dépourvue de pouvoir et ignorée par la classe ouvrière organisée, se penchant notamment sur les travailleur.euses informel.les de l’Inde et sur le désastre pour ces personnes du confinement dû à la lutte contre le COVID-19.

Les humains au travail ne peuvent être réduits à des «ressources» : Flavia Maximo aborde le travail sous l’angle de son influence sur le corps des travailleur.euses, cette influence variant selon les régions, les métiers et les caractéristiques de ces personnes (sexisme, colonialisme, discrimination, esclavage, travail informel, etc.).

Pour (ne pas) conclure - Il est urgent de changer de voie : Cette (non) conclusion de Dominique Méda porte sur le troisième thème du manifeste, la dépollution, y compris la lutte pour la diversité et contre le réchauffement climatique, pour «garantir la permanence de conditions de vie authentiquement humaines sur terre». Elle aborde les responsables de la situation actuelle, les lacunes de nos indicateurs économiques, les changements à notre mode de vie et de production qu’il faut adopter et l’accompagnement des travailleur.euses qui seront touché.es par la transition écologique, notamment avec les propositions du manifeste décrites dans les textes précédents.

Et alors…

Lire ou ne pas lire? Lire! Les textes qui composent ce livre abordent tous des aspects différents et complémentaires des trois thèmes au cœur du manifeste travail. Je commençais à me demander avant la (non) conclusion si un texte allait aborder directement le troisième thème, la dépollution. Or ce fut fait et bien fait! Bref, ce livre est précieux, car les trois thèmes qu’il met de l’avant sont d’une importance capitale et le seront encore plus au lendemain de la crise de la COVID-19. Il y a bien quelques répétitions, surtout dans les premiers textes, mais cela est bien normal dans ce genre de livre écrit par de nombreuses autrices (ici 12). Autre petit bémol, les 91 notes, dont beaucoup de compléments d’information, s’étendent sur 21 pages à la fin du livre, ce qui nous force à utiliser deux signets. Finalement, j’invite les personnes intéressées à signer le manifeste et à prendre connaissance d’une vidéo de trois minutes sur le manifeste sur cette page.

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