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Le marché du travail des femmes – les salaires (2)

3 juin 2021

marché du travail des femmes – les salairesComme mentionné à la fin du billet que j’ai publié jeudi dernier sur l’évolution des écarts de salaire entre les hommes et les femmes, j’aborderai ici ces écarts par industrie et par profession, en mettant à jour le quatorzième billet de la série sur le marché du travail des femmes que j’ai publié en 2015. Pour ce, j’utiliserai les tableaux 14-10-0064-01 et 14-10-0340-01 de Statistique Canada tirés des données de l’Enquête sur la population active (EPA).

Par industrie

Le tableau qui suit présente l’évolution entre 1997 et 2020 des salaires horaires des hommes et des femmes, ainsi que le ratio entre le salaire horaire des femmes et celui des hommes par industrie. J’ai aussi cru bon d’inclure les données de 2019 à ce tableau pour pouvoir estimer l’impact de la pandémie de COVID-19 sur ces écarts. En effet, comme on l’a vu dans le précédent billet, le fait que la baisse d’emplois de 2020 a été beaucoup plus forte que la moyenne pour les emplois à temps partiel et à bas salaires a fait un peu artificiellement augmenter les salaires horaires moyens chez les hommes (de 5,0 %) et encore plus chez les femmes (de 7,3 %). La dernière colonne indique la différence entre les ratios de 1997 et de 2020 en points de pourcentage. Par exemple, la dernière colonne de la première ligne nous montre que le ratio entre le salaire horaire des femmes et celui des hommes a augmenté de 7,7 points de pourcentage entre 1997 (84,2) et 2020 (91,9) pour l’ensemble des salarié.es. Notons que j’avais prévu de mettre en vert les écarts positifs et en rouge les écarts négatifs, mais comme il n’y a aucun écart négatif, toutes les données de cette colonne sont en vert! On verra plus loin que cela fut un peu différent pour les professions.

marché du travail des femmes – les salaires_2_1

Ce tableau nous permet de constater que l’écart le plus positif (21,3 points) s’est observé dans les services publics, industrie formée en majorité par les salarié.es d’Hydro-Québec, mais aussi par ceux et celles d’Énergir et de quelques autres entreprises œuvrant dans les réseaux d’aqueduc et dans l’épuration des eaux usées. Ce résultat est étrange, car le ratio avait en fait diminué d’un peu moins d’un point entre 1997 (84,2) et 2019 (83,6) et le salaire horaire des femmes se serait tout d’un coup trouvé en 2020 plus élevé que celui des hommes, avec un ratio de 105,5, seule industrie dans ce cas. En regardant les données mensuelles du tableau 14-10-0063-01, j’ai constaté que ces salaires, surtout chez les femmes beaucoup moins nombreuses que les hommes (5900 par rapport à 18 300), variaient considérablement d’un mois à l’autre (par exemple de 41,12 $ en septembre 2020 à 55,67 $ en octobre!). Cet exemple montre bien la marge d’erreur importante de ces données et les limites de cet exercice, surtout avec les industries comptant relativement peu de salariés ou de salariées.

La deuxième hausse la plus importante, soit de 19,7 points dans la fabrication, semble plus fiable. D’une part, on y trouve beaucoup plus de salarié.es (349 000 hommes et 125 000 femmes) et, d’autre part, la hausse était importante aussi entre 1997 et 2019 (15,3 points). En plus, le sous-secteur de cette industrie qui embauchait la plus forte proportion de femmes en 2016 (la fabrication de vêtements, voir le tableau 98-400-X2016361 tiré des données du recensement), soit 75 %, et qui est aussi le sous-secteur de la fabrication qui a perdu le plus d’emplois entre 2001 et 2020 (baisse de 38 400 emplois, soit de plus de 80 %) selon le tableau 14-10-0202-01 tiré des données de lEnquête sur l’emploi, la rémunération et les heures de travail (EERH), est celui où les salaires horaires furent les moins élevés de cette industrie de 2001 à 2020 selon le tableau 14-10-0206-01 aussi tiré des données de l’EERH. Bref, en enlevant les salaires les plus bas des femmes travaillant dans cette industrie, la moyenne n’a pu qu’augmenter, ce qui ne veut pas dire que le sort des femmes qui sont demeurées en emploi dans cette industrie s’est vraiment amélioré. Peut-être, mais on ne peut pas le savoir et surtout pas savoir à quel point.

Voici les autres industries dont le ratio entre le salaire horaire des femmes et celui des hommes s’est le plus amélioré :

  • foresterie, pêche, mines, exploitation en carrière, et extraction de pétrole et de gaz (16,5 points, dont 8,0 entre 2019 et 2020) : les femmes ne représentaient que 15,5 % de l’emploi de cette industrie en 2020, avec seulement 5600 emplois; la hausse du ratio en 2020 (de 85,8 à 93,8) doit donc être interprétée avec prudence, d’autant plus que le nombre de femmes aurait augmenté de 33 % (ou de 1400) en 2020, alors que le nombre d’hommes aurait baissé de 16 % (ou de 6000);
  • construction (16,0 points, dont 7,1 entre 2019 et 2020) : c’est aussi un cas spécial (décidément…), car les femmes n’occupaient que 13 % des emplois de cette industrie en 2020, avec quand même 34 000 emplois; comme elles n’occupaient en 2020 que 2,7 % des emplois réglementés de cette industrie (4849 sur 177 489), on peut conclure qu’elles travaillaient surtout dans des emplois différents de ceux des hommes, dont sûrement un grand nombre étaient administratifs; malgré cette hausse, elles ne touchaient en 2020 que 85,3 % du salaire des hommes, le troisième ratio le moins élevé des 16 industries présentées, loin de la moyenne de 91,9 %;
  • transport et entreposage (13,2 points, dont 3,9 entre 2019 et 2020); il s’agit d’une autre industrie où les femmes étaient en 2020 fortement minoritaires, avec 22 % des emplois (48 000 emplois quand même) et où les types d’emplois qu’elles occupent diffèrent grandement de ceux des hommes; cela dit, avec un ratio de 97,7 en 2020, leur salaire horaire était plus proche de celui des hommes que la moyenne de 91,9, alors que ce ratio était égal à la moyenne en 1997 (84,5 par rapport à 84,2);
  • commerce de gros et de détail (10,1 points, dont 2,7 entre 2019 et 2020); cette hausse est nettement plus significative que les précédentes, avec plus de 295 000 emplois occupés par des femmes en 2020, soit plus de 46 %; comme le salaire dans cette industrie était en 2020 le troisième plus bas des 16 industries présentées, la hausse plus élevée que la moyenne du salaire minimum entre 1997 et 2020 (93 % par rapport 84 %) a sûrement contribué à ce rattrapage; d’ailleurs, le salaire horaire des femmes dans cette industrie a augmenté de 95 % entre 1997 à 2020, bien plus que celui des hommes (73 %).

À l’inverse, voici les industries dont le ratio entre le salaire horaire des femmes et celui des hommes s’est le moins amélioré :

  • hébergement et services de restauration (2,7 points, mais une hausse de 9,5 points entre 1997 et 2019 et une baisse de 6,8 points entre 2019 et 2020); là les femmes étaient majoritaires en 2020 (54 %), mais la faible hausse du ratio est clairement dû à sa baisse durant la pandémie, dans cette industrie qui est celle qui a connu la plus forte baisse de l’emploi en 2020 (25,1 %, mais de 26 % chez les femmes et de 24 % chez les hommes); on peut voir que le salaire des femmes n’a pas augmenté en 2020, tandis que celui des hommes augmentait de plus de 7 %; je soupçonne que cela s’explique par le maintien en emploi des postes mieux payés, occupés majoritairement par des hommes;
  • soins de santé et assistance sociale et agriculture (3,7 points); il faut noter que les ratios dans ces deux industries étaient les plus élevés en 1997 (92,6 et 93,9) et qu’il est donc «normal» qu’ils aient moins augmenté que la moyenne, d’autant plus qu’ils se situaient en 2020 aux troisième et quatrième rangs, derrière les deux premières places douteuses des services publics et du transport et entreposage; cela dit, ce ratio avait en fait baissé de 3,7 points dans l’agriculture entre 1997 et 2019 avant de connaître un bond de 7,3 points en 2020; dans la santé, secteur le plus féminin avec 81 % des emplois occupés par des femmes en 2020, le même phénomène s’est produit, mais avec moins d’ampleur (baisse de 0,3 point entre 1997 et 2019, puis hausse de 4,0 points en 2020);
  • finance, assurances, immobilier et location (4,4 points, mais une hausse de 9,8 points entre 1997 et 2019 et une baisse de 5,4 points entre 2019 et 2020); cette industrie regroupe quatre sous-secteurs bien différents; or, selon les données de l’EERH, l’emploi se serait maintenu en 2020 dans la finance et les assurances, mais aurait baissé de plus de 20 % dans l’immobilier et la location; ces mouvements pourraient bien expliquer la forte baisse du ratio en 2020 et sa dernière position en 2020 (82,1).

On voit donc que l’amélioration du ratio entre le salaire horaire des femmes et celui des hommes s’est manifestée dans toutes les industries, mais à des niveaux variables. On a vu aussi que le niveau d’amélioration dépend en bonne partie de l’évolution de l’emploi dans les sous-secteurs de ces industries, ce qui a été particulièrement manifeste dans les écarts souvent importants entre 2019 et 2020 en raison de la pandémie. Cette analyse est donc révélatrice, même si limitée, parce qu’on sait que les femmes n’occupent pas les mêmes genres d’emploi que les hommes dans les industries et que les salaires, s’ils sont en partie associés à des industries, le sont bien plus à des professions. Il est donc essentiel de poursuivre cet exercice en analysant le même type de données par groupe professionnel.

Par groupe professionnel

Le tableau qui suit est construit de la même façon que le précédent.

marché du travail des femmes – les salaires_2_2

On peut remarquer que les données de la première ligne de ce tableau sont identiques à celles de la première ligne du tableau précédent. Même si ce tableau est beaucoup plus grand que le précédent, j’ai éliminé 18 des groupes professionnels pour lesquels le tableau 14-10-0340-01 fournit des données de façon à ne pas le surcharger et en raison de données manquantes. Je vais commenter principalement les 10 grandes catégories professionnelles :

Gestion [0] : La part des femmes dans cette catégorie est passée de 41 % à 43 % entre 1997 et 2020, cette hausse se matérialisant surtout chez les cadres supérieur.es (de 27 % à 38 %). Cela pourrait expliquer la hausse plus forte que la moyenne (9,6 points par rapport à 7,7) de leur ratio salarial, celui-ci s’approchant du ratio moyen (de 4,8 points plus bas en 1997 à 2,9 en 2020).

Affaires, finance et administration [1] : La part des femmes dans cette catégorie est passée de 71,5 % à 69,9 %, la baisse la plus forte ayant eu lieu dans le personnel de supervision en administration et en finance, et personnel administratif (de 87 % à 75 %). Le ratio salarial des femmes a peut-être moins augmenté que la moyenne (5,7 points par rapport à 7,7), mais la hausse fut de plus de 10 points dans trois des cinq sous-groupes (ou grands groupes), leur salaire horaire dépassant même celui des hommes dans le personnel de soutien de bureau, avec un ratio de 106,8 en 2020, le plus élevé de ce tableau.

Sciences naturelles et appliquées [2] : La part des femmes dans cette catégorie est passée de 21,5 % à 24,7 %, hausse répartie assez également dans les deux grands groupes qui la composent. Le ratio salarial des femmes a peut-être moins augmenté que la moyenne (5,4 points par rapport à 7,7), mais cela a permis à leur ratio de demeurer près de la moyenne (91,4 par rapport à 91,9), moyenne qui avait été dépassée en 2019 (93,1 par rapport à 89,9). En fait, ce ratio a dépassé la moyenne en 2020 dans le personnel professionnel (93,5), mais a reculé dans le personnel technique de 1,1 point (mais de 3,1 points entre 2019 et 2020) pour se situer à seulement 84,5.

Secteur de la santé [3] : Il faut éviter de confondre cette catégorie professionnelle avec l’industrie des soins de santé et assistance sociale qui comptait d’ailleurs plus de deux fois plus de salarié.es en 2020 (591 000 par rapport à 274 400), avec les éducateur.trices de services de garde, les nettoyeur.euses, le personnel administratif et de gestion, et les autres professions de cette industrie qui ne font pas partie de cette catégorie. La part des femmes dans cette catégorie est passée de 82,0 % à 83,7 %, hausse qui fut la plus élevée (de 66 % à 78 %) dans le personnel professionnel des soins de santé (sauf soins infirmiers). Notons que ce grand groupe comprend une forte proportion d’emplois autonomes (42 % en 2016, mais 57 % chez les hommes, selon le tableau 98-400-X2016294 tiré du recensement), qui ne sont pas considérés ici. Cette proportion est au contraire faible dans les autres grands groupes de cette catégorie (par exemple de 1,5 % parmi le personnel professionnel en soins infirmiers). Le ratio salarial des femmes a carrément diminué dans cette catégorie (de 1,1 point), et ce fut le cas dans trois des quatre grands groupes. Cela dit, leur ratio salarial était en 2020 plus élevé que la moyenne (93,0 par rapport à 91,9), ce qui n’est pas étonnant dans ces emplois pour la plupart syndiqués et assez similaires chez les hommes et les femmes.

Enseignement, droit et services sociaux, communautaires et gouvernementaux [4] : La part des femmes dans cette catégorie est passée de 58 % à 72 %, hausse observée dans les cinq grands groupes qui la composent, mais la plus forte l’ayant été dans l’autre personnel professionnel (avocat.es, psychologues, travailleur.euses sociaux.iales, etc.) chez qui la part des femmes est passée de 50 % à 72 %. Notons que leur part a presque doublé dans le personnel des services de protection publique (policier.ères et pompier.ères surtout), passant de 11 % à 20 %. Le ratio salarial des femmes a diminué dans cette catégorie (de 1,7 point), le faisant passer en 2020 bien au-dessous de la moyenne (83,7 par rapport à 91,9), même s’il était au-dessus de cette moyenne dans quatre des cinq grands groupes (avec un ratio supérieur à 100 dans un cas), alors qu’il était légèrement supérieur à la moyenne en 1997 (85,4 par rapport à 84,2). Par contre, il était en 2020 bien au-dessous de cette moyenne dans le personnel de soutien avec un ratio de seulement 73,6, le plus bas des 32 groupes professionnels présentés dans le tableau. Il faut dire que ce grand groupe est formé de professions fortement féminines mal payées (gardien.nes d’enfants en milieu familial, aides familiaux.ales résident.es et aides-enseignant.es) et de professions fortement masculines bien payées (comme les agent.es de services correctionnels), ce qui explique, mais ne justifie pas, ce faible ratio.

Arts, culture, sports et loisirs [5] : Notons tout d’abord que cette catégorie est celle qui regroupait en 2016 la plus forte proportion de travailleur.euses autonomes (33 % par rapport à la moyenne de 12 %), taux qui atteignait même 44 % dans le personnel professionnel et un sommet de 69 % chez les musicien.nes et chanteur.euses. La part des femmes chez les salarié.es de cette catégorie est demeurée assez stable entre 1997 et 2020, passant de 51 % à 52 %, quasi-égalité qui camoufle en fait la présence dans cette catégorie de professions fortement masculines (notamment les cadreur.euses et les athlètes) et fortement féminines (notamment les danseur.euses, les technicien.nes dans les bibliothèques et les patronnier.ères). En raison du faible volume d’emploi dans cette catégorie (environ 80 000 salarié.es en 2020 et moins de 60 000 en 1997), le ratio varie beaucoup d’une année à l’autre, encore plus chez le personnel professionnel (25 000 salarié.es en 2020). Cela dit, le tableau montre une forte baisse de ce ratio entre 1997 et 2019 et une forte hausse en 2020, à la fois dans la catégorie et dans ses deux grands groupes. On peut aussi remarquer que ce ratio était plus élevé que la moyenne dans la catégorie (93,2 par rapport à 91,9) et encore plus chez le personnel professionnel (101,7), mais moins élevé que la moyenne chez le personnel technique (87,8).

Vente et services [6] : Il s’agit de la catégorie qui regroupe le plus de salarié.es, soit plus de 800 000 en 2020 ou 23 % du total, mais qui a connu la plus forte baisse en 2020 en raison de la pandémie (12,9 % en 2020 par rapport à la baisse moyenne de 4,8 %, mais de 7,1 % chez les hommes et de 17,8 % chez les femmes). La part des femmes dans cette catégorie est passée de 57 % à 51 % entre 1997 et 2020 (54 % en 2019). Le ratio salarial des femmes a augmenté un peu plus que la moyenne (9,0 points par rapport à 7,7), lui permettant de s’approcher de la moyenne en 2020 (91,1 par rapport à 91,9). C’est dans le personnel de supervision en services qu’il a le plus augmenté (de 23,0 points à 97,1), mais il faut souligner que la hausse de 15,6 points dans le personnel de soutien des ventes a permis au salaire horaire moyen des femmes de surpasser celui des hommes (ratio de 102,5). Finalement, le ratio le plus bas s’observait en 1997 comme en 2019 et en 2020 chez les représentant.es des ventes et vendeur.euses (82,0 en 2020). Ce grand groupe contient seulement deux professions, la première fortement masculine (65 % en 2016) et bien payée (les représentant.es des ventes – commerce de gros), l’autre majoritairement féminine (55 %) et mal payée (vendeur.euses – commerce de détail).

Métiers, transport et machinerie [7] : La part des femmes dans cette catégorie est passée de 4,3 % à 6,4 % entre 1997 et 2020 (de loin la part la plus basse des groupes professionnels présentés dans le tableau), avec seulement 30 000 salariées en 2020 (mais 450 000 salariés). Le ratio salarial des femmes a augmenté un peu plus fortement que la moyenne (10,3 points par rapport à 7,7), le laissant tout de même nettement moins élevé que la moyenne en 2020 (86,2 par rapport à 91,9). Face au faible nombre de femmes dans les grands groupes de cette catégorie et des deux suivantes, je ne les ai pas présentés dans le tableau, d’autant plus que Statistique Canada n’a pas fourni de données pour tous ces groupes.

Ressources naturelles et agriculture [8] : La part des femmes dans cette catégorie est passée de 14 % à 26 % entre 1997 et 2020, avec seulement 12 000 salariées en 2020 malgré cette hausse. Le ratio salarial des femmes a augmenté nettement plus fortement que la moyenne (14,3 points par rapport à 7,7), le laissant tout de même beaucoup moins élevé que la moyenne en 2020 (81,5 par rapport à 91,9).

Fabrication et services d’utilité publique [9] : La part des femmes dans cette catégorie est passée de 33 % à 25 % entre 1997 et 2020, avec 47 000 salariées en 2020 (90 000 en 1997). Cette baisse fut la plus forte chez les opérateur.trices de machinerie (donnée non présentée dans le tableau), en bonne partie dans la fabrication de vêtements (observation que j’ai commentée plus tôt). Le ratio salarial des femmes a augmenté nettement plus fortement que la moyenne (12,3 points par rapport à 7,7), le laissant tout de même beaucoup moins élevé que la moyenne en 2020 (79,5 par rapport à 91,9).

Cette analyse nous en apprend un peu plus que celle sur les industries sur les tendances qui expliquent la hausse du ratio entre le salaire horaire des femmes et celui des hommes, et l’ampleur de l’écart important qui s’observe encore en 2020. Par contre, comme on l’a vu, ces tendances et le maintien d’un écart important dépendent beaucoup de la composition des professions à l’intérieur des catégories professionnelles et des grands groupes.

Et alors…

Ces données apportent une autre brique à nos connaissances sur les différences salariales entre les hommes et les femmes. Mais encore là, l’utilisation de regroupements d’industries et de professions variées ne permet pas une connaissance fine de la situation. Pour cela, il faudrait une étude plus approfondie qui comparerait les professions entre elles, et même les postes de travail entreprise par entreprise, car les emplois associés à des professions peuvent aussi varier considérablement (un vendeur d’automobiles a par exemple un salaire bien plus élevé qu’une vendeuse de vêtements, et leur salaire peut aussi varier en fonction du type d’automobiles et de vêtements que ces personnes vendent). Cela dit, avec les données disponibles, il est difficile d’aller beaucoup plus loin que je l’ai fait!

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