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Faire école

26 juillet 2021

Faire écoleAvec son livre Faire école – Profession enseignante, société et santé mentale, Capucine Esther Beauchemin, nom de plume d’une enseignante qui pratique à Montréal depuis une dizaine d’années, «questionne les règles et les modèles qui régentent la transmission du savoir» et nous montre que l’épuisement professionnel est «le résultat logique d’une société axée sur la performance et fondée sur le mythe self-made man, d’une société patriarcale où les principes d’efficacité et de prospérité économique priment sur la santé des personnes».

Avant-propos : L’autrice explique les raisons qui l’ont amenée à utiliser un nom de plume pour ce livre, puis celles qui font en sorte qu’une proportion importante des enseignant.es souffrent d’épuisement professionnel.

Travail et société : L’autrice présente puis commente une liste de ses tâches scolaires pour une semaine typique. Non, elle n’a pas tout fait ce qu’elle avait prévu par manque de temps! Elle aborde aussi dans cette section :

  • des données sur la prévalence des problèmes de santé mentale en général, par secteur de travail et pour la profession enseignante;
  • une adaptation des paroles d’une chanson de Britney Spears;
  • le long et sinueux trajet des précaires de l’enseignement vers la permanence;
  • l’historique des négociations dans l’enseignement depuis 1982;
  • une réunion remplie d’incompréhension sur la pédagogie;
  • une incursion dans le monde de la sociologie et une critique de la méritocratie;
  • les dérives de la gestion axée sur les résultats et des plans de réussite;
  • les déboires d’un.e élève se disant victime de harcèlement de rue qui n’est pas cru.e par le personnel de l’école;
  • les salaires des enseignant.es par rapport à la valeur de leur travail et le lien entre ces salaires et le fait que cette profession est majoritairement féminine;
  • l’importance de la motivation dans le choix d’une carrière et son maintien en emploi;
  • les différentes frustrations et micro-agressions que l’autrice subit dans son travail;
  • cinq scénarios qui mènent au remboursement de ses dettes et à son départ de l’enseignement.

Santé mentale : L’autrice raconte un épisode de dépression qui l’a obligée à s’absenter du boulot pendant deux mois et qui la mine encore parfois trois ans plus tard. Elle aborde :

  • ses problèmes financiers, surtout lors de l’absence du travail;
  • la stigmatisation sociale liée à de nombreuses situations;
  • le présentéisme, l’anxiété de la performance, l’effet Dunning-Kruger, le syndrome de l’imposteur.trice, et d’autres formes de problèmes de santé mentale;
  • un texte sur le sentiment de culpabilité;
  • l’approche uniquement individualiste des cours en travail social à l’Université Laval, alors que la majorité des problèmes sociaux sont dus à l’environnement social;
  • les nombreux biais (sexistes, classistes, racistes, transphobes, etc.) en psychologie;
  • la thérapie de pleine conscience et autres concepts du genre;
  • l’effet des facteurs environnementaux (famille, école, expériences, etc.) sur la santé mentale.

Espoir : L’autrice analyse l’adage qui dit qu’on ne peut pas aimer quelqu’un d’autre si on ne s’aime pas et l’applique à sa situation. Elle aborde ensuite l’importance des liens sociaux, puis présente un texte qui met l’accent sur le côté positif de diverses situations.

Annexe : Cette annexe contient un glossaire commenté d’expressions et de termes utilisés dans le livre.

Et alors…

Lire ou ne pas lire? Lire! Je dois avouer avoir des réticences à lire des livres de témoignages. Pourtant, comme celui-ci est accompagné de données d’ensemble, les témoignages de l’autrice permettent d’illustrer de façon concrète ce que nous apprennent ces données. Je tiens aussi à souligner la structure particulière de ce livre qui permet d’embarquer facilement dans les propos de l’autrice. Elle a choisi un style volontairement familier, ce qui cadre bien avec l’objectif du livre, surtout dans ses parties plus personnelles. Autre bon point, les notes, surtout des références à la bibliographie de la fin du livre, mais aussi des compléments d’information, sont en bas de page.

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