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Comment tout peut changer

8 novembre 2021

image_2021-10-20_173608Avec son livre Comment tout peut changer – outils à l’usage de la jeunesse mobilisée pour la justice climatique et sociale, Naomi Klein lance un hommage à la force de mobilisation et à la résistance des jeunes qui luttent «non seulement pour contrer les effets des changements climatiques, mais surtout pour assurer à tout le monde un avenir juste où il fera bon vivre».

Avant-propos – Explorer le récif : L’autrice explique les objectifs de ce livre, gravitant autour des injustices créées par la crise climatique et des changements qui permettraient d’y mettre fin.

Première partie – Où en sommes-nous?

1. Les jeunes se mobilisent : Plus de 2000 manifestations dans 125 pays ont eu lieu en mars 2019 dans le cadre le la grève étudiante pour le climat. Ces jeunes l’ont fait pour l’avenir de la vie sur la planète, mais aussi pour changer la situation actuelle. L’autrice raconte comment Greta Thunberg en est venue à initier ce mouvement quand elle avait 15 ans en faisant la grève de l’école tous les vendredis pour manifester devant le parlement suédois, au début seule, puis rapidement accompagnée par de plus en plus de jeunes et enfin invitée un peu partout dans le monde pour transmettre son message, permettant à des jeunes de partout de joindre ce mouvement.

2. Les chauffe-planète : De nouveaux records liés au réchauffement climatique sont établis plusieurs fois par année : fonte des glaciers, canicules, feux de forêt, inondations, sécheresses, tornades, ouragans, etc. Tout cela est catastrophique, mais «il s’agit aussi d’un appel à l’action pour le climat». La Terre a déjà connu des périodes plus chaudes entre des ères glaciaires, mais c’est la première fois qu’une telle période est causée par un être vivant. L’autrice aborde ensuite :

  • les méthodes de prévisions du climat par les scientifiques et leurs principaux résultats;
  • les points de bascule et les boucles de rétroaction;
  • les effets bien différents entre un réchauffement de 1,5 degrés et de 2 degrés ou plus (y compris pour la faune et la flore);
  • les gaz qui contribuent au réchauffement climatique et les mesures à prendre pour le limiter.

3. Le climat et la justice : Les conséquences du réchauffement climatique sont loin d’être égales pour tout le monde. L’autrice en donne des exemples avec les conséquences de l’ouragan Katrina et considère que ce sont les décisions gouvernementales néolibérales des années précédentes et les nominations partisanes qui sont les principales responsables de l’ampleur des dégâts qui ont touché surtout les plus pauvres et les Noir.es. Elle donne ensuite un exemple de résistance contre l’exploitation d’une mine de charbon qui a réussi, montrant que la mobilisation peut apporter de bons résultats. Puis, elle explique que l’extraction de l’énergie fossile comporte bien d’autres dangers que le réchauffement climatique, donnant notamment en exemple la catastrophe de LacMégantic en 2013. Elle poursuit en soulignant d’autres effets du réchauffement climatique, dont la montée de l’écofascisme contre les réfugié.es du climat, pourtant victimes des émissions de gaz à effet de serre (GES) des pays riches. Plutôt que d’être rejetées, ces personnes auraient en fait droit à des compensations des pays riches qui devraient reconnaître la dette climatique qu’ils ont envers les populations les plus pauvres de la planète. Mais, ils ne le font pas…

Deuxième partie – Comment en sommes-nous arrivés là?

4. Brûler le passé pour faire cuire l’avenir : Le réchauffement climatique tire ses origines de l’invention d’un moteur à vapeur et de son perfectionnement par James Watt, un ingénieur écossais, au cours de la deuxième moitié du XVIIIe siècle (à partir de 1765). C’est en effet cette invention qui a permis la révolution industrielle du XIXe siècle. Cette révolution a concrétisé les rêves de contrôle de la nature de nombreux philosophes des siècles précédents, s’est traduite par l’appropriation et l’extraction des ressources naturelles, et a débouché sur les débuts du capitalisme moderne. L’autrice explique ensuite le fonctionnement et les caractéristiques des principaux GES (CO2, méthane, etc.) et souligne que nous n’avons pas tenu compte des signes annonciateurs de la situation actuelle.

5. La bataille se dessine : «Les combustibles fossiles ont bâti le monde moderne». Cela est évident, mais trop de gens ont choisi de ne pas s’en apercevoir. Si les premier.ères environnementalistes étaient des riches qui voulaient préserver leurs privilèges (pêche, chasse, randonnées, etc.), ceux et celles qui les ont suivi.es croyaient à l’interdépendance des êtres vivants entre eux et avec la nature, et ont obtenus les premières réglementations environnementales (contre la pollution de l’eau et de l’air, protection de sites et d’espèces menacées, etc.) avant de revendiquer des changements plus profonds dans la façon de produire et même dans le mode de vie moderne.

L’autrice poursuit son historique des mouvements environnementalistes de façon globale et avec des exemples plus anecdotiques, mais qui illustrent bien l’évolution de ces mouvements et leur influence de plus en plus étendue. Malheureusement, les résultats concrets sont plutôt décevants en raison entre autres de la résistance des gouvernements et du système capitaliste par sa recherche de la croissance infinie. Elle aborde aussi le travail de sape des négateur.trices du réchauffement climatique (dont des entreprises), les tactiques d’écoblanchiment, la promotion des petits gestes individuels, quelques actions de militant.es environnementalistes et leur impact sur la sensibilisation de la population.

6. Protéger son foyer… et la planète : Ce chapitre porte «sur des actions récentes de résistance au réchauffement climatique et à l’injustice». Elle présente ensuite de telles actions :

  • d’Autochtones contre un projet d’oléoduc (Northern Gateway) en Colombie-Britannique et au Dakota du Nord (Dakota Access);
  • de jeunes avec une poursuite contre les États-Unis pour son inaction face au réchauffement climatique;
  • des habitants des îles du détroit de Torrès avec une «plainte liée au réchauffement planétaire devant le Comité des droits de l’homme (sic) des Nations-Unis» contre l’Australie.

Troisième partie – Et ensuite?

7. Changer l’avenir : «Il est impossible d’éviter complètement le bouleversement du climat», mais on peut en réduire les impacts les plus catastrophiques. L’autrice présente des mesures pour réduire la présence de GES dans l’atmosphère, en en recommandant certaines et en en rejetant d’autres :

  • retirer du CO2 de l’atmosphère ou l’empêcher de s’y répandre par divers moyens (ça dépend);
  • utiliser la géo-ingénierie (à rejeter);
  • coloniser Mars (suggestion ridicule d’Elon Musk);
  • planter des milliards d’arbres (l’autrice a signé une lettre avec Greta Thunberg et d’autres à cet effet, lettre annexée à ce livre), mesure favorisant en plus la diversité;
  • utiliser davantage l’énergie solaire et éolienne, avec des unités décentralisées (section accompagnée d’une anecdote que l’autrice avait aussi racontée dans son livre précédent).

8. Un New Deal vert : Pour freiner le réchauffement climatique, nous devons selon les climatologues «transformer en profondeur nos façons d’obtenir de l’énergie, d’utiliser nos ressources et de vivre». Dans ce contexte, l’autrice présente les caractéristiques du New Deal originel, celui mis en œuvre dans les années 1930, puis celles du plan Marshall après la Deuxième Guerre mondiale et enfin celles d’un nouveau plan Mashall mondial (ou d’un nouveau New Deal vert mondial). Elle aborde ensuite :

  • l’origine du concept de New Deal vert;
  • les mesures qu’il contiendrait, y compris des réformes sociales;
  • des exemples de plans du genre mis en œuvre dans quelques pays, comme le Buen vivir;
  • l’importance de l’appui et de l’action des mouvements sociaux et de la population pour que ce genre de plan soit adopté et qu’il soit couronné de succès.

9. Une boîte à outils pour jeunes militants : Ce sont les jeunes qui subiront ou bénéficieront le plus des décisions qui seront prises au cours des prochaines années pour réduire les émissions de GES. L’autrice leur propose donc une série de pistes d’action pour qu’elles soient réduites le plus possible :

  • exiger des cours et d’autres activités (sorties, conférences, etc.) sur le réchauffement climatique dès le primaire;
  • participer à des actions sur l’environnement (manifestations, marches, grèves, boycottages, etc.);
  • explorer notre environnement avec des randonnées, en faisant du camping, en plantant des arbres, en observant les oiseaux ou en nettoyant des parcs ou des berges;
  • appuyer des partis politiques et des candidat.es favorables aux mesures les plus positives pour protéger l’environnement et réduire les émissions de GES;
  • utiliser les tribunaux pour forcer les politicien.nes à agir pour l’environnement;
  • réaliser des œuvres artistiques sur le thème de l’environnement (films, affiches, chansons, etc.);
  • devenir membre d’un organisme voué à la protection de l’environnement et y militer.

Conclusion – Le troisième brasier, c’est vous : La situation est grave, mais pas désespérée, car il y a des solutions, comme ce livre l’a bien montré.

Épilogue – Tirer les leçons de la pandémie : La pandémie, malgré tous ses effets néfastes, nous permet de repenser notre mode de vie et de bâtir l’avenir autrement. Elle a montré les failles dans nos services publics et l’importance de se doter d’un État plus résilient, qui s’occupe de tout le monde, pas seulement des plus riches. Elle a aussi montré que tout peut changer. Il nous reste à faire en sorte que ce changement nous amène à lutter contre l’injustice et le réchauffement climatique «pour bâtir un avenir plus juste et plus équitable».

Une solution naturelle à la catastrophe climatique (lettre ouverte, avril 2019) : Il s’agit de la lettre mentionnée au chapitre 7. On y exige l’utilisation de solutions naturelles à la crise climatique, solutions qui ne doivent surtout pas se substituer à la «décarbonisation rapide et générale des économies industrielles».

Et alors…

Lire ou ne pas lire? Lire pour quelqu’un qui n’a jamais lu les livres précédents de Naomi Klein sur le sujet, mais pas pour les autres (dont moi!). J’hésitais d’ailleurs à me procurer ce livre, car j’avais trouvé le livre précédent de l’autrice (La maison brûle – Plaidoyer pour un New Deal vert, voir ce billet) déjà répétitif par rapport à ceux que j’avais lus auparavant. Ce fut la même chose avec celui-ci. J’avais l’impression d’avoir déjà lu une bonne partie de ce livre, si ce n’est les parties qui s’adressent aux jeunes. Cela dit, ce livre a les mêmes qualités que ses précédents : l’autrice est une excellente conteuse, écrit clairement et ses propos sont intéressants et pertinents. Ce livre est en plus agrémenté de nombreuses images et photos, ce qui améliore le plaisir de la lecture. Et les notes sont en bas de page!

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