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Le marché du travail en novembre 2021 au Canada et au Québec, et la COVID-19

9 décembre 2021

marché du travail en novembre 2021 au Canada et au Québec, et la COVID-19Après avoir commenté les données sur l’emploi du Bureau of Labor Statistics (BLS) pour le mois de novembre 2021, je poursuis ma série de billets sur le marché du travail et la COVID-19 en analysant celles de l’Enquête sur la population active (EPA) pour le même mois.

Novembre 2021 au Canada

Statistique Canada a publié le 3 décembre son communiqué sur les estimations de l’EPA pour la semaine du 7 au 13 novembre. On y apprend notamment que :

  • avec sa hausse de près de 154 000 en novembre 2021 (ou de 0,8 %), l’estimation de l’emploi en données désaisonnalisées était rendue supérieure de 186 000 (ou de 1,0 %) à son niveau de février 2020; rappelons-nous que la baisse atteignait près de 3,0 millions d’emplois ou 15,6 % en avril 2020;
  • comme la population adulte a augmenté de 517 000 personnes (ou de 1,7 %) depuis février 2020, son taux d’emploi était toutefois toujours en recul par rapport à février 2020, soit de 0,4 point de pourcentage, étant passé de 61,8 % à 61,4 %;
  • si le taux d’emploi s’était maintenu à 61,8 %, il y aurait 320 000 emplois de plus en novembre 2021 qu’en février 2020 au lieu de 186 000, soit 134 000 de plus; cela dit, comme le vieillissement de la population a fait baisser le taux d’emploi d’environ 0,6 point et l’emploi de 195 000, soit plus que la baisse observée de 0,4 point, celui-ci devrait être plus bas de 0,2 point si la situation était la même qu’en février 2020, et l’emploi moins élevé de 61 000; cela fait en sorte que le déficit d’emploi a non seulement été complètement éliminé, mais que l’amélioration du taux d’emploi par tranches d’âge a permis de faire augmenter l’emploi de 186 000 plutôt que de 125 000;
  • le nombre de chômeur.euses a augmenté de 98 000 personnes ou de 9 % entre février 2020 et novembre 2021, malgré une baisse de 122 000 ou de 9 % en novembre, faisant passer le taux de chômage de 5,7 % en février 2020 à 6,0 % en novembre 2021, en baisse de 0,7 point par rapport à octobre (6,7 %); notons que le vieillissement de la population n’a eu qu’un impact minime sur le taux de chômage;
  • en données non désaisonnalisées, le nombre de chômeur.euses inexpérimenté.es (qui n’ont pas travaillé depuis au moins un an, voir ce billet pour en savoir plus sur le chômage inexpérimenté) a diminué en novembre de 12,2 % (ou de 81 000) au Canada, soit plus que le nombre de chômeur.euses expérimenté.es (baisse de 1,0 % ou de 5700); en conséquence, la proportion de chômeur.euses inexpérimenté.es est passée de 54 % à 51 % des chômeur.euses; ce taux (51 %) est le sixième plus élevé des 551 mois depuis janvier 1976, le sommet ayant été atteint en juin 2021 (56 %) et les cinq plus élevés ayant aussi eu lieu en 2021; notons que cette proportion était d’environ 35 % avant la pandémie;
  • la population inactive a augmenté de 233 000 personnes entre février 2020 et novembre 2021 (ou de 2,2 %), dont 4500 en novembre, hausse moins élevée de près de 40 % que celle qui serait due à la croissance de la population adulte et à son vieillissement; en en tenant compte, cette hausse aurait été de 382 000 (178 000 en raison de la hausse de la population adulte et 204 000 en raison de son vieillissement);
  • le taux d’activité est demeuré stable en novembre 2021 par rapport à octobre, mais est passé de 65,5 % à 65,3 % entre février 2020 et novembre 2021; ce taux est en fait plus élevé de 0,4 point que celui qui aurait été atteint en raison du vieillissement de la population (64,9 %) si la situation sur le marché du travail était demeurée la même qu’en février 2020;
  • l’emploi à temps plein a augmenté de 0,5 % en novembre et l’emploi à temps partiel de 2,1 %; entre février 2020 et novembre 2021, l’emploi à temps partiel a augmenté de 1,7 %, plus que l’emploi à temps plein (0,8 %), alors que c’était l’inverse au cours des mois précédents;
  • l’emploi a augmenté de 0,4 % en novembre chez les personnes âgé.es de 15 à 24 ans, de 0,9 % chez les 25 à 54 ans et de 0,7 % chez les 55 ans et plus; entre février 2020 et novembre 2021, l’emploi a diminué de 0,6 % chez les jeunes et chez les 55 ans et plus, tandis qu’il a augmenté de 1,8 % chez les 25 à 54 ans;
  • comme la population de ces trois groupes a évolué bien différemment depuis 20 mois, il faut préciser que le taux d’emploi des jeunes a quand même augmenté de 0,1 point de pourcentage entre février 2020 et novembre 2021 (de 58,0 % à 58,1 %), et celui des 25-54 ans de 0,8 point (de 83,1 % à 83,9 %), et que celui des 55 ans et plus a diminué de 1,4 point ou de 3,9 % (de 36,0 % à 34,6 %);
  • le taux de chômage des 15 à 24 ans a augmenté de 0,1 point de pourcentage depuis février 2020 (de 10,4 % à 10,5 %) et surpassait de beaucoup celui des deux autres groupes (4,8 % et 6,8 %).

Novembre 2021 au Québec

Entre les semaines de référence d’octobre et de novembre (du 7 au 13 novembre), le gouvernement du Québec a permis aux bars et aux restaurants d’augmenter leur capacité d’accueil (à partir du premier novembre). Même si cette annonce a eu peu d’impact sur l’emploi, les données de l’EPA nous apprennent que :

  • l’estimation de l’emploi en données désaisonnalisées a augmenté de 45 500 ou de 1,1 % en novembre, permettant au Québec de rattraper son niveau d’emploi de février 2020 et même de le surpasser de 11 000 emplois ou de 0,3 %;
  • comme la population adulte a augmenté de 1,1 % depuis février 2020 (ou de 79 000 personnes), son taux d’emploi a de son côté baissé de 0,6 point de pourcentage, passant de 61,9 % à 61,3 %, en hausse de 0,6 point par rapport à octobre 2021 (60,7 %);
  • si le taux d’emploi s’était maintenu à 61,9 %, il y aurait 49 000 emplois de plus en novembre 2021 qu’en février 2020 au lieu de 11 000, soit 38 000 de plus; cela dit, comme le vieillissement de la population a fait baisser le taux d’emploi d’environ 0,8 point, soit plus que la baisse observée de 0,4 point, celui-ci devrait être plus bas de 0,4 point si la situation était la même qu’en février 2020, et l’emploi moins élevé de 21 000; cela fait en sorte que le déficit d’emploi a non seulement été complètement éliminé, mais que l’amélioration du taux d’emploi par tranches d’âge a permis de faire augmenter l’emploi de 21 000 depuis le début de la pandémie; ainsi, au lieu d’être inférieur de 10 000 par rapport à son niveau de février 2020, l’emploi en novembre lui était supérieur de 11 000;
  • l’emploi au Québec a augmenté de 0,3 % depuis février 2020, nettement moins que dans le reste du Canada (1,2 %); dans ce contexte, il n’est pas étonnant de constater que le Québec occupait en novembre le septième rang des provinces en termes de croissance de l’emploi en pourcentage depuis février 2020, comme on peut le voir dans l’image qui accompagne ce billet;
  • marché du travail en novembre 2021 au Canada et au Québec, et la COVID-19_1entre février 2020 et novembre 2021, l’estimation de l’emploi a augmenté de 10 000 chez les femmes (ou de 0,5 %) et de 1200 chez les hommes (ou de 0,05 %); l’écart entre ces deux évolutions s’est accru en novembre à l’avantage des femmes, passant de 0,3 point de pourcentage en octobre à 0,45 point; en effet, l’estimation de l’emploi a augmenté de 1,1 % en novembre chez les femmes (+23 400 emplois) et de 1,0 % chez les hommes (+22 000 emplois);
  • si le nombre d’emplois a globalement augmenté de 0,3 % entre février 2020 et novembre 2021, il a baissé de 1,1 % chez les employé.es (ou salarié.es) du secteur privé et de 6,1 % chez les travailleur.euses autonomes (baisse la plus forte dans l’hébergement et la restauration, la santé, les services aux entreprises et les autres services) et a augmenté de 7,8 % chez les employé.es du secteur public, surtout dans le secteur de l’éducation et dans les administrations publiques; en novembre, la hausse la plus forte a eu lieu dans le travail autonome (2,7 % ou 13 500 emplois), suivie par celles chez les employé.es du secteur public (1,4 % ou 14 200 emplois) et chez les employé.es du secteur privé (0,6 % ou 17 700 emplois);
  • toute la hausse de l’emploi en novembre, et même plus, s’est réalisée dans l’emploi à temps partiel, qui a augmenté de 6,7 % ou de 51 700, alors que l’emploi à temps plein a diminué de 0,2 % ou de 6300; entre février 2020 et novembre 2021, l’emploi à temps partiel a augmenté de 1,3 % tandis que l’emploi à temps plein demeurait assez stable (hausse de 0,02 %); les données de ce seul mois ont donc totalement inversé la tendance des 20 derniers mois;
  • le nombre de chômeur.euses a augmenté de seulement 300 personnes (ou de 0,1 %) entre février 2020 et novembre 2021, grâce à une baisse de 51 100 en novembre 2021; le taux de chômage a ainsi rejoint son niveau de février 2020 à 4,5 % en novembre 2021, en baisse de 1,1 point par rapport à octobre (5,6 %); comme pour le Canada, le vieillissement n’a eu qu’un impact minime sur le taux de chômage (en fait de 0,001 point de pourcentage);
  • en données non désaisonnalisées, le nombre de chômeur.euses inexpérimenté.es a diminué en novembre de 24 % au Québec, beaucoup plus que le nombre de chômeur.euses expérimenté.es (10 %); en conséquence, la proportion de chômeur.euses inexpérimenté.es est passée de 50 % à 46 % des chômeur.euses; ce taux (46 %) est le 16e plus élevé des 551 mois depuis janvier 1976, le sommet ayant été atteint en juin 2021 (55 %) et les quatre plus élevés ayant eu lieu en 2021; notons que cette proportion était d’environ 30 % avant la pandémie; cette proportion hors norme de chômeur.euses n’ayant pas travaillé depuis au moins un an illustre à quel point la situation actuelle est particulière et qu’elle l’est encore malgré le retour du taux de chômage à son niveau de février 2020;
  • avec sa hausse de 9300 en novembre, la population inactive a augmenté de 67 400 personnes entre février 2020 et novembre 2021, hausse beaucoup moins élevée que celle qui serait due à la croissance de la population adulte et à son vieillissement; en en tenant compte, cette hausse aurait été de 89 600 (27 800 en raison de la hausse de la population adulte et 61 800 en raison de son vieillissement);
  • avec sa baisse de 0,1 point en novembre 2021 par rapport à octobre (64,3 %), le taux d’activité est passé de 64,8 % à 64,2 % entre février 2020 et novembre 2021; cette baisse de 0,6 point de pourcentage est en fait plus élevée de 0,3 point par rapport au taux qui aurait été atteint (63,9 %) en raison du vieillissement de la population adulte depuis février 2020;
  • l’emploi a augmenté de 3,2 % en novembre chez les personnes âgé.es de 15 à 24 ans, nettement plus que les hausses de 0,7 % chez les 25 à 54 ans et de 0,9 % chez les 55 ans et plus; entre février 2020 et novembre 2021, l’emploi a diminué de 3,6 % chez les jeunes, alors qu’il a augmenté de 1,0 % chez les 25 à 54 ans et de 0,6 % chez les 55 ans et plus;
  • par contre, comme la population de ces trois groupes a évolué bien différemment depuis 20 mois, il faut souligner que le taux d’emploi des jeunes a moins reculé entre février 2020 et novembre 2021 que l’emploi, soit de 1,9 point de pourcentage ou de 2,9 % (de 66,3 % à 64,4 %), mais plus que celui des 55 ans et plus, soit de 0,8 point ou de 2,4 % (de 32,8 % à 32,0 %), alors que celui des 25-54 ans augmentait de 0,9 point ou de 1,1 % (de 85,7 % à 86,6 %);
  • le taux de chômage des 15 à 24 ans a diminué de 1,8 point de pourcentage entre février 2020 et novembre 2021 (de 7,0 % à 5,2 %), mais était quand le plus élevé des trois groupes, suivi par celui des personnes âgées de 55 ans et plus (5,1 % par rapport à 4,9 % en février 2020) et par celui des 25 à 54 ans (4,1 % par rapport à 3,8 %).

– le taux d’activité et la démographie

On pourrait penser que le fait que le taux d’activité en données désaisonnalisées ait été plus élevé dans le reste du Canada (65,7 %) qu’au Québec (64,2 %) en novembre 2021 montre une plus grande vitalité de leur marché du travail. En fait, c’est uniquement en raison des différences dans leur structure démographique que le taux d’activité était plus élevé dans le reste du Canada qu’au Québec, le Québec ayant une proportion nettement plus élevée d’adultes âgé.es de 65 ans et plus (23,8 % par rapport à 21,2 %). Ainsi, si le Québec avait eu la même structure démographique que le reste du Canada en novembre 2021, son taux d’activité aurait été plus élevé que celui du reste du Canada. En effet, avec les données non désaisonnalisées du tableau 14-10-0017-01, on peut calculer, en associant les taux d’activité par tranche d’âge de cinq ans (15-19 ans, 20-24 ans jusqu’à 65-69 ans et 70 ans et plus) au pourcentage de la population adulte dans ces tranches d’âges dans le reste du Canada, que le taux d’activité aurait en fait été en novembre 2021 de 65,8 % au Québec au lieu de 63,9 % par rapport à 65,4 % dans le reste du Canada, s’il avait eu la même structure démographique. Cela n’est pas étonnant, car le taux d’activité au Québec était en novembre plus élevé que celui du reste du Canada dans sept des neuf tranches d’âge de moins de 60 ans et moins élevé dans les trois tranches les plus âgées.

– l’emploi par industrie

En gardant en tête le fait que les marges d’erreur des estimations de l’emploi de l’EPA sont encore plus importantes avec des données désagrégées comme celles par industrie, je présente dans le tableau qui suit (basé sur les données du tableau 14-10-0355-01) la variation de ces estimations par industrie entre octobre et novembre 2021, et entre février 2020 et novembre 2021. J’ai mis en caractère gras dans les quatre dernières colonnes du tableau les hausses et les baisses les plus importantes.

marché du travail en novembre 2021 au Canada et au Québec, et la COVID-19_2

Compte tenu de la hausse de 45 500 emplois entre octobre et novembre 2021, il n’y a eu qu’une baisse de plus 8 000 emplois, soit dans la construction (-10 100 ou -3,5 %), mais cinq hausses au-dessus de cette barre, dans :

  • la fabrication (17 800 emplois ou 3,7 %);
  • les services professionnels, scientifiques et techniques (10 000 ou 2,7 %)
  • les administrations publiques (9 800 ou 10,8 %)
  • les services d’hébergement et de restauration (9 000, ou 4,9 %);
  • le transport et l’entreposage (8 400 ou 3,7 %).

On notera que ces cinq hausses importantes ont eu lieu aussi bien dans des industries qui ont perdu les emplois entre février 2020 et octobre 2021 (dans trois cas) que dans des industries qui avaient déjà connu des hausses d’emplois avant novembre 2021 (deux cas). On se serait peut-être attendu à ce que la forte hausse de l’emploi en novembre ait touché davantage les industries qui ont subi le plus durement les effets de la crise, mais ce ne fut pas le cas.

Avec une hausse de seulement 0,3 % entre février 2020 et novembre 2021, il n’est pas étonnant de constater qu’il y ait autant d’industries (quatre) qui aient connu une hausse de plus de 10 000 emplois que d’industries ayant subi une baisse de cette ampleur :

  • les services d’hébergement et de restauration (baisse de 66 500 emplois, ou de 25,7 %);
  • l’information, culture et loisirs (-18 700 ou -10,3 %);
  • le commerce de gros et de détail (-15 000 ou -2,3 %);
  • le transport et l’entreposage (-12 600 ou -5,1 %);
  • les services professionnels, scientifiques et techniques (+38 600 ou 11,1 %);
  • les administrations publiques (+36 000 ou 14,9 %);
  • la finance, assurances, services immobiliers et de location (+35 900 emplois ou 14,3 %);
  • les services d’enseignement (+30 000 emplois ou 9,4 %).

Notons finalement que les données beaucoup plus fiables de l’EERH montrent entre février 2020 et septembre 2021 des écarts similaires à ceux de l’EPA dans trois de ces industries (le commerce de gros et de détail, le transport et l’entreposage, et les services professionnels, scientifiques et techniques), mais des hausses beaucoup moins importantes d’emploi ou carrément une baisse dans les services d’enseignement (-2,3 % plutôt que +10,3 %), dans la finance, assurances, services immobiliers et de location (+1,0 % plutôt que +13,8 %) et dans les administrations publiques (+4,7 % plutôt que +10,8 %), et des baisses moins accentuées dans l’information, culture et loisirs (-3,1 % plutôt que -13,8 %), et dans les services d’hébergement et de restauration (-14,7 % plutôt que -25,0 %). Ces écarts illustrent bien l’importance des marges d’erreur des estimations de l’emploi de l’EPA dont je parlais au début de cette section.

Et après?

Comme l’emploi a rattrapé son niveau prépandémique dans les deux territoires sur lesquels porte ce billet et que les annonces gouvernementales ont de moins en moins d’impact sur l’emploi, les motifs de croissance ou de décroissance de l’emploi dépendront de plus en plus de facteurs plus traditionnels comme la démographie, la saisonnalité et les tendances économiques nationales et internationales. Il n’est donc plus approprié pour moi d’analyser la situation de la COVID-19 dans cette section et de la lier aux variations prochaines de l’emploi, comme je le fais depuis mars 2020.

Et alors…

Avec le rattrapage de l’emploi d’avant la crise au Québec, il est presque temps d’en faire le bilan. On voit que l’emploi s’est rétabli aussi bien chez les femmes que chez les hommes et dans le travail à temps plein et à temps partiel (avec un virage majeur ce mois-ci, pas du tout lié aux variations de l’emploi par industrie). Les variations des taux d’emploi dans les trois principales tranches d’âge se situent presque toutes dans la marge d’erreur (sauf pour les jeunes hommes et les femmes les plus âgées, et dans une moindre mesure des femmes âgées de 25 à 54 ans).

La seule industrie majeure qui présente encore une baisse d’emploi plus élevée que la marge d’erreur est celle des services d’hébergement et de restauration. Comme les taux de chômage et d’emploi ont retrouvé leurs niveaux d’avant la crise en tenant compte du vieillissement de la population et que le taux de postes vacants est énorme dans cette industrie (11,1 % au deuxième trimestre de 2021 au Québec et 14,4 % en septembre 2021 au Canada), cela m’amène à conclure que l’hypothèse sur les changements de carrière (ou de réorientations) que j’émettais dans mon analyse des causes de la hausse du nombre de postes vacants est encore plus importante que je le pensais quand j’ai écrit ce billet en septembre dernier. On assiste peut-être au changement structurel le plus important des dernières années. Chose certaine, cette industrie devra revoir ses façons de faire, notamment mieux rémunérer et traiter ses employé.es si elle espère retrouver son niveau d’activité d’avant la crise.

Cela dit, il est certain qu’un bilan effectué aussi tôt et à l’aide de données mensuelles ne peut pas être approfondi. Il faudra bien sûr attendre au moins un an pour savoir si ces premiers constats tiennent la route. J’y reviendrai donc éventuellement, quand la crise sera véritablement terminée depuis quelque temps, probablement quand les données annuelles de 2022 seront publiées.

Comme mentionné dans mon précédent billet de cette série sur le Québec et le Canada, je vais publier ce qui sera probablement le dernier de cette série le mois prochain (peut-être aussi en janvier pour inclure les révisions de données désaisonnalisées), mais continuerai probablement un certain temps pour les billets portant sur la situation aux États-Unis. Cela dit, on verra!

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