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Le marché du travail en janvier 2022 au Canada et au Québec, et la COVID-19

10 février 2022

marché du travail janvier 2022 Canada et Québec et la COVID 19Après avoir commenté les données sur l’emploi du Bureau of Labor Statistics (BLS) pour le mois de janvier 2022, je poursuis ma série de billets sur le marché du travail et la COVID-19 en analysant celles de l’Enquête sur la population active (EPA) pour le même mois.

Janvier 2022 au Canada

Statistique Canada a publié le 4 février son communiqué sur les estimations de l’EPA pour la semaine du 9 au 15 janvier. Notons que les données désaisonnalisées de l’EPA des trois dernières années ont été révisées en janvier 2022, mais que l’impact de cette révision est minime (contrairement à celui des révisions des deux enquêtes des États-Unis). On y apprend notamment que :

  • malgré sa baisse de 200 000 en janvier 2022 (ou de 1,0 %), l’estimation de l’emploi en données désaisonnalisées était toujours supérieure de 33 000 (ou de 0,2 %) à son niveau de février 2020; rappelons-nous que la baisse atteignait près de 3,0 millions d’emplois ou 15,6 % en avril 2020;
  • comme la population adulte a augmenté de près de 600 000 personnes (ou de 1,9 %) depuis février 2020, son taux d’emploi était toutefois toujours en recul par rapport à février 2020, soit de 1,1 point de pourcentage, étant passé de 61,9 % à 60,8 %;
  • si le taux d’emploi s’était maintenu à 61,9 %, il y aurait 370 000 emplois de plus en janvier 2022 qu’en février 2020 au lieu de seulement 33 000, soit 337 000 de plus; cela dit, comme le vieillissement de la population a fait baisser le taux d’emploi d’environ 0,7 point, ce taux devrait être à 61,2 % si la situation économique et la structure économique étaient les mêmes qu’en février 2020; ce taux d’emploi ajusté demeure plus élevé que celui observé en janvier 2022, mais de 0,4 point plutôt que de 1,1; si le taux d’emploi était de 61,2 % plutôt que de 60,8 %, l’emploi serait plus élevé de 130 000, donc supérieur de 163 000 qu’en février 2020 plutôt que de 33 000; ce nombre, 130 000 emplois, représente donc mieux le rattrapage qu’il reste à faire pour retrouver la situation de février 2020;
  • le nombre de chômeur.euses a augmenté de 184 000 personnes ou de 16 % entre février 2020 et janvier 2022, notamment en raison de sa hausse de 106 000 ou de 8,6 % en janvier 2022, faisant passer le taux de chômage de 5,7 % en février 2020 à 6,5 % en janvier 2022, en hausse de 0,5 point par rapport à décembre 2021 (6,0 %); notons que le vieillissement n’a eu qu’un impact minime sur le taux de chômage, en ne le faisant diminuer que de 0,003 point de pourcentage;
  • en données non désaisonnalisées, le nombre de chômeur.euses inexpérimenté.es (qui n’ont pas travaillé depuis au moins un an, voir ce billet pour en savoir plus sur le chômage inexpérimenté) a diminué en janvier 2022 de 4,1 % (ou de 22 300) au Canada, alors que le nombre de chômeur.euses expérimenté.es augmentait de 300 000 ou de 55 %; en conséquence, la proportion de chômeur.euses inexpérimenté.es est passée de 50 % à 38,5 % des chômeur.euses, pourcentage plus «normal» (cette proportion était d’environ 35 % avant la pandémie) après huit mois consécutifs au-dessus de 50 %;
  • la population inactive a augmenté de 380 900 personnes entre février 2020 et janvier 2022 (ou de 3,6 %), dont 131 000 en janvier 2022, hausse moins élevée d’environ 45 000 ou 10 % que celle qui serait due à la croissance de la population adulte et à son vieillissement; dans ce cas, cette hausse aurait été de 426 000 (206 000 en raison de la hausse de la population adulte et 220 000 en raison de son vieillissement);
  • le taux d’activité a baissé de 0,6 point entre février 2020 et janvier 2022 (dont 0,4 point au cours du dernier mois), passant de 65,6 % à 65,0 %; ce taux est toutefois plus élevé de 0,1 point que celui qui aurait été atteint en raison du vieillissement de la population (64,9 %), c’est-à-dire si les taux d’activité par tranches d’âge étaient demeurés les mêmes qu’en février 2020;
  • l’emploi à temps plein a diminué de 0,5 % en janvier 2022, beaucoup moins que l’emploi à temps partiel (3,3 %); entre février 2020 et janvier 2022, l’emploi à temps plein a augmenté de 1,0 %, pendant que l’emploi à temps partiel diminuait de 3,6 %;
  • l’emploi a diminué de 5,3 % en janvier 2022 chez les personnes âgé.es de 15 à 24 ans, beaucoup plus que chez celles âgées de 25 à 54 ans (0,5 %) alors qu’il a augmenté de 0,1 % chez les 55 ans et plus; entre février 2020 et janvier 2022, l’emploi a diminué de 5,2 % chez les jeunes et de 1,4 % chez les 55 ans et plus, tandis qu’il a augmenté de 1,8 % chez les 25-54 ans; cette forte baisse de l’emploi chez les 15 à 24 ans a fait bondir leur taux de chômage à 13,6 % en janvier 2022, en hausse de 2,5 points par rapport à décembre 2021 et de 3,0 points par rapport à février 2020 (10,6 %); ces taux ont aussi augmenté dans les deux autres groupes d’âge depuis février 2020, mais beaucoup moins (de 0,3 et 1,1 point, à 5,0 % et 6,4 %);
  • comme la population de ces trois groupes a évolué bien différemment depuis 23 mois, il est bon de préciser que le taux d’emploi des jeunes a diminué de 2,7 points de pourcentage entre février 2020 et janvier 2022 (de 58,1 % à 55,4 %), et de 1,9 point chez les 55 ans et plus (de 36,1 % à 34,2 %) tandis que celui des 25-54 ans augmentait de 0,5 point (de 83,2 % à 83,7 %).

Janvier 2022 au Québec

Entre les semaines de référence de décembre 2021 et de janvier 2022 (du 9 au 15 janvier), les annonces gouvernementales ont touché les restaurants, les bars, les commerces, les lieux de loisirs, les écoles et bien d’autres milieux. Sans surprise, les données de l’EPA nous apprennent que :

  • l’estimation de l’emploi en données désaisonnalisées a baissé de 63 000 ou de 1,4 % en janvier 2022 au Québec, baisse plus importante que celle observée entre février 2020 et janvier 2022 (61 000 emplois ou aussi 1,4 %);
  • comme la population adulte a augmenté de 1,2 % depuis février 2020 (ou de 87 000 personnes), son taux d’emploi a de son côté baissé de 1,6 point de pourcentage, passant de 61,9 % en février 2020 à 60,3 % en janvier 2022, en baisse de 0,9 point par rapport à décembre 2021 (61,2 %);
  • si le taux d’emploi s’était maintenu à 61,9 %, il y aurait 53 600 emplois de plus en janvier 2022 qu’en février 2020 au lieu d’en avoir 60 700 de moins, une différence de 114 300; cela dit, comme le vieillissement de la population a fait baisser le taux d’emploi d’environ 0,9 point, celui-ci serait plus élevé de 0,7 point à 61,0 % si la structure démographique et la situation économique étaient les mêmes qu’en février 2020, et l’emploi plus élevé de 52 000 qu’en janvier 2022, mais plus bas de 9 000 qu’en février 2020; bref, il manque 52 000 emplois (ou 1,2 %) pour que le Québec retrouve sa situation de février 2020;
  • l’emploi au Québec a diminué de 1,4 % depuis février 2020, alors qu’il a augmenté de 0,6 % dans le reste du Canada; dans ce contexte, il n’est pas étonnant de constater que le Québec occupait en janvier 2022 le huitième rang des provinces en termes de croissance de l’emploi en pourcentage depuis février 2020, comme on peut le voir dans l’image qui accompagne ce billet;
  • marché du travail janvier 2022 Canada et Québec et la COVID 19_1entre février 2020 et janvier 2022, l’estimation de l’emploi a diminué de 35 000 chez les femmes (ou de 1,7 %) et de 26 000 chez les hommes (ou de 1,2 %); l’écart entre ces deux évolutions est passé en janvier 2022 de 1,4 à 0,5 point de pourcentage; en effet, l’estimation de l’emploi a diminué de 1,9 % en janvier 2022 chez les hommes (-42 000 emplois) et de 1,0 % chez les femmes (-21 000 emplois);
  • si le nombre d’emplois a globalement diminué de 1,4 % entre février 2020 et janvier 2022, cette baisse fut 13,0 % (ou de 71 900 emplois) chez les travailleur.euses autonomes (les baisses les plus importantes ont eu lieu dans la santé, les autres services, le commerce, l’hébergement et la restauration, et l’agriculture) et de 2,8 % (ou de 80 200 emplois) chez les employé.es du secteur privé, tandis qu’il a augmenté de 9,4 % (ou de 91 400 emplois) chez les employé.es du secteur public, surtout dans le secteur de l’éducation et dans les administrations publiques; en janvier 2022, l’emploi a augmenté de 27 400 ou de 2,6 % chez les employé.es du secteur public et a diminué de 87 600 ou de 3,2 % chez les employé.es du secteur privé et de 2800 ou de 0,6 % dans le travail autonome;
  • l’emploi à temps plein a diminué de 36 400 ou de 1,0 % en janvier 2022 et l’emploi à temps partiel de 26 600 ou de 3,4 %; entre février 2020 et janvier 2022, l’emploi à temps plein a augmenté de 0,1 % (2600 emplois) tandis que l’emploi à temps partiel a diminué de 7,8 % (ou de 63 200);
  • le nombre de chômeur.euses a augmenté de 39 200 personnes (ou de 18,9 %) entre février 2020 et janvier 2022, dont 31 700 (hausse de 14,7 %) en janvier 2022; le taux de chômage a ainsi augmenté de 0,9 point de pourcentage par rapport à février 2020, pour atteindre 5,4 % en janvier 2022, en hausse de 0,7 point par rapport à décembre 2021 (4,7 %); comme pour le Canada, le vieillissement de la population adulte n’a eu qu’un faible impact sur le taux de chômage (en fait de -0,05 point de pourcentage);
  • en données non désaisonnalisées, le nombre de chômeur.euses inexpérimenté.es est demeuré assez stable en janvier 2022 au Québec (baisse de 800 personnes ou de 0,8 %), alors que le nombre de chômeur.euses expérimenté.es augmentait de 67 800 (ou de 34,1 %); en conséquence, la proportion de chômeur.euses inexpérimenté.es est passée de 43 % à 31 % des chômeur.euses, pourcentage plus «normal» (cette proportion était d’environ 30 % avant la pandémie) après neuf mois consécutifs au-dessus de 40 %;
  • avec sa hausse de 35 000 en janvier 2022, la population inactive a augmenté de 108 000 personnes entre février 2020 et janvier 2022, hausse un peu plus élevée (de 9500) que celle qui serait due à la croissance de la population adulte et à son vieillissement; en en tenant compte, cette hausse aurait été de 98 500 (30 400 en raison de la hausse de la population adulte et 68 100 en raison de son vieillissement);
  • avec sa baisse de 0,5 point de pourcentage en janvier 2022, le taux d’activité est passé de 64,9 % en février 2020 à 63,8 % en janvier 2022; cette baisse de 1,1 point de pourcentage est en fait plus élevée de seulement 0,1 point que celle de 1,0 point (à 63,9 %) qui s’explique par le vieillissement de la population;
  • l’emploi a diminué de 6,9 % en janvier 2022 chez les personnes âgé.es de 15 à 24 ans, beaucoup plus que chez celles âgées de 25 à 54 ans (1,3 %), alors qu’il a augmenté étonnamment de 1,6 % chez les 55 ans et plus; entre février 2020 et janvier 2022, l’emploi a diminué de 10,3 % chez les jeunes et de 1,0 % chez les 55 ans et plus, tandis qu’il a augmenté de 0,4 % chez les 25-54 ans; cette forte baisse de l’emploi chez les 15 à 24 ans a fait bondir leur taux de chômage à 10,5 % en janvier 2022, en hausse de 1,8 point par rapport à décembre 2021 et de 3,5 points par rapport à février 2020 (6,9 %); ces taux ont aussi augmenté dans les deux autres groupes d’âge depuis février 2020, mais beaucoup moins (de 0,5 et 0,6 point, à 4,3 % et 5,7 %);
  • par contre, comme la population de ces trois groupes a évolué bien différemment depuis 23 mois, il est bon de préciser que le taux d’emploi des jeunes a reculé de 6,5 points de pourcentage (de 66,9 % à 60,4 %) entre février 2020 et janvier 2022, alors que celui des 55 ans et plus diminuait de 1,4 point (de 33,0 % à 31,6 %), et que celui des 25-54 ans augmentait de 0,5 point (de 85,5 % à 86,0 %).

– le taux d’activité et la démographie

On pourrait penser que le fait que le taux d’activité en données désaisonnalisées ait été plus élevé dans le reste du Canada (65,4 %) qu’au Québec (63,8 %) en janvier 2022 montre une plus grande vitalité de leur marché du travail. En fait, c’est uniquement en raison des différences dans leur structure démographique que le taux d’activité était plus élevé dans le reste du Canada qu’au Québec, le Québec ayant une proportion nettement plus élevée d’adultes âgé.es de 65 ans et plus (23,9 % par rapport à 21,2 %). Ainsi, si le Québec avait eu la même structure démographique que le reste du Canada en janvier 2022, son taux d’activité aurait été plus élevé que celui du reste du Canada. En effet, avec les données non désaisonnalisées du tableau 14-10-0017-01, on peut calculer, en associant les taux d’activité par tranche d’âge de cinq ans (15-19 ans, 20-24 ans jusqu’à 65-69 ans et 70 ans et plus) au pourcentage de la population adulte dans ces tranches d’âges dans le reste du Canada, que le taux d’activité aurait en fait été en janvier 2022 de 64,7 % au Québec au lieu de 62,7 % par rapport à 64,4 % dans le reste du Canada. Cela n’est pas étonnant, car le taux d’activité au Québec était en janvier 2022 plus élevé que celui du reste du Canada dans huit des neuf tranches d’âge de moins de 60 ans et moins élevé dans les trois tranches les plus âgées.

– l’emploi par industrie

En gardant en tête le fait que les marges d’erreur des estimations de l’emploi de l’EPA sont encore plus importantes avec des données désagrégées comme celles par industrie, je présente dans le tableau qui suit (basé sur les données du tableau 14-10-0355-01) la variation de ces estimations par industrie entre décembre 2021 et janvier 2022, et entre février 2020 et janvier 2022. J’ai mis en caractère gras dans les quatre dernières colonnes du tableau les hausses et les baisses les plus importantes.

marché du travail janvier 2022 Canada et Québec et la COVID 19_2

Plus de la moitié de la baisse de 63 000 emplois entre décembre 2021 et janvier 2022 provient des services d’hébergement et de restauration (-37 000 emplois, ou -19,1 %). Il y a eu une autre baisse de plus 10 000 emplois, soit dans les services aux entreprises, services relatifs aux bâtiments et autres services de soutien (-12 800 ou -7,5 %), une de près de 10 000 emplois dans le commerce de gros et de détail (-9700 ou -1,5 %) et une seule hausse de plus de 10 000 emplois, dans les soins de santé et assistance sociale (+10 700 emplois ou 1,8 %).

Plus de la 100 % de la baisse de 60 700 emplois entre février 2020 et janvier 2022 provient des services d’hébergement et de restauration (-102 600 emplois, ou -39,5 %). Les deux autres baisses et les quatre hausses de plus de 20 000 emplois se sont observées dans :

  • le commerce de gros et de détail (-39 200 ou -5,9 %);
  • l’information, culture et loisirs (-24 800 ou -13,4 %);
  • les services d’enseignement (+41 000 emplois ou 12,8 %);
  • la finance, assurances, services immobiliers et de location (+28 700 emplois ou 11,4 %);
  • les administrations publiques (+26 900 ou 11,2 %);
  • les services professionnels, scientifiques et techniques (+23 500 ou 6,7 %).

Notons finalement que les données beaucoup plus fiables de l’EERH montrent entre février 2020 et novembre 2021 des tendances très différentes à celles de l’EPA non dues aux mois de décembre 2021 et janvier 2022 dans trois de ces sept industries (avec bien sûr des différences dans les quatre autres, mais moins accentuées), soit dans les services d’enseignement (+0,4 % plutôt que +8,9 %), dans la finance, assurances, services immobiliers et de location (+0,7 % plutôt que +14,8 %) et dans l’information, culture et loisirs (-0,7 % plutôt que -12,2 %). Ces écarts illustrent bien l’importance des marges d’erreur des estimations de l’emploi de l’EPA dont je parlais au début de cette section.

Et après?

Les annonces gouvernementales de déconfinement furent trop nombreuses récemment pour en faire le tour. Elles ont touché notamment les restaurants, les salles de spectacles, les cinémas, les amphithéâtres, et les gyms et les spas. Notons aussi que la semaine de référence de l’EPA sera la semaine prochaine (du 13 au 19 février 2022). Le calendrier de déconfinement annoncé cette semaine n’aura un impact que sur les restaurants au cours de cette semaine de référence. Les autres impacts ne se feront sentir qu’au cours de la semaine de référence de mars (du 13 au 19 mars 2022).

En plus, comme le nombre de cas actifs et d’hospitalisations de la COVID a diminué depuis quelques semaines et que le pourcentage de la population adéquatement vaccinée augmente constamment, on peut s’attendre à une hausse importante des estimations de l’emploi en février 2021 au Québec et au Canada, mais sans toutefois compenser totalement la baisse de janvier.

Et alors…

Les baisses de l’emploi en janvier 2022 étant fort probablement transitoires, il n’est pas nécessaire ni même utile d’en faire un bilan approfondi. Si tout va bien (ce qui serait rare par les temps qui courent!), leur impact devrait disparaître en quelques mois et peut-être même en majeure partie dès le mois de février. Les seuls étonnements des baisses de janvier se situent dans des segments de la population pour lesquels les marges d’erreur sont énormes, comme la hausse de l’emploi chez les 55 ans et plus. Il n’y a pas de quoi s’y attarder. De même, la baisse plus forte au Québec que dans le reste du Canada n’étonne pas, les mesures adoptées y ayant été plus sévères. Comme certaines d’entre elles ont été annulées ou le seront bientôt, on peut s’attendre à une hausse de l’emploi plus élevée au Québec que dans le reste du Canada au cours des prochains mois. Je ne peux que conclure comme je le fais souvent : respectons les consignes qui restent et restons prudent.es!

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