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La crise et le filet social

21 mars 2022

crise et le filet socialAvec son livre La crise et le filet social – Pourquoi la droite n’aime pas la PCU, Pierre Céré, porte-parole du Conseil national des chômeurs et chômeuses (CNC), «revient sur cette période charnière qui a complètement ébranlé le statu quo qui prédomine depuis plusieurs décennies et livre un vibrant plaidoyer pour que des mesures permanentes prennent le relais des modifications temporaires».

Introduction – Le tunnel : L’auteur explique comment il a pu avec ses collègues continuer à offrir des services aux personnes en chômage au début de la pandémie, puis présente le contexte de la création de nouveaux programmes de prestations pour les personnes ayant perdu leur emploi en raison de la COVID-19 ainsi que des critiques contre ces programmes et surtout contre ses prestataires.

1. Le tsunami : Dès l’annonce de l’état d’urgence sanitaire le 13 mars 2020, l’auteur et ses collègues sont entraîné.es dans un tsunami de demandes d’information et d’appels des médias dans un contexte d’impuissance de la machine de l’assurance-emploi (AE) à faire face à un tel afflux de demandes, avec un programme qui n’a cessé de réduire sa couverture depuis les années 1990. Face à cette situation, les deux gouvernements ont conçu de nouveaux programmes, dont le plus important, la Prestation canadienne d’urgence (PCU), a été annoncé le 25 mars.

2. La mal-aimée PCU, et pourtant… : L’auteur «montre de quelles manières la droite économique et politique a forgé» la mauvaise réputation de la PCU. Il décrit la mise en place et l’évolution de ce programme, et son impact économique et social. Pour ce, il aborde :

  • la hausse fabuleuse du chômage et du sous-emploi au début de la pandémie;
  • le besoin d’un programme plus souple que l’AE et en mesure de verser plus rapidement des prestations, dans un contexte de fragilité des systèmes informatiques de l’AE;
  • les critères de la PCU (et de la PCUE pour les étudiant.es), les changements qui ont dû y être apportés en raison d’omissions inévitables, de pressions politiques, de revendications et d’erreurs de bonne foi et les sommes qui furent versées aux prestataires;
  • les mesures à l’intention des entreprises et leur coût;
  • le surcroît de travail pour l’auteur et ses collègues au début de la crise, et sa réduction quand les versements de ces programmes ont commencé;
  • l’impact économique très positif de ces programmes.

3. La droite économique, la droite politique et l’air du temps : L’auteur présente et commente des affirmations négatives sur la PCU et la PCUE de la part de politicien.nes de droite, comme le premier ministre du Québec et les chefs du Parti conservateur du Canada, du Bloc Québécois et du Parti Québécois, affirmations qui reprennent les accusations de la droite économique, comme les porte-parole de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), du Conseil du patronat du Québec (CPQ) et de nombreuses autres organisations patronales, et qui se répandent dans les médias et dans une bonne partie de la population (et même dans deux segments du Bye Bye).

4. L’éclipse sociale : L’auteur déplore le silence des président.es des centrales syndicales sur la PCU et sur d’autres lacunes du filet social lors de la crise. Heureusement, d’autres porte-parole du mouvement syndical et du milieu communautaire ainsi que des chroniqueur.euses, des intevenant.es économiques et des politicien.nes ont pris la défense de la PCU.

5. Le «plan Marshall social» – transition vers un programme d’assurance-emploi amélioré : À l’étonnement de l’auteur, le gouvernement a adopté une série de modifications temporaires au fonctionnement de l’AE pour pallier la fin de la PCU (3 octobre 2020), modifications surpassant sur certains points les revendications des mouvements sociaux. Il instaure aussi la Prestation canadienne de relance économique (PCRE) pour les personnes non admissibles à l’AE, surtout des travailleur.euses autonomes, programme qui a pris fin en octobre 2021. Ce sont ces programmes et modifications que l’auteur qualifie de «véritable plan Marshall social».

6. L’importance du filet social : L’auteur tente d’imaginer quelle aurait été la situation de la population la plus touchée par la crise de la COVID-19 sans filet social amélioré. Comme toutes les crises, cette dernière a servi de révélateur des failles dans notre filet social, notamment dans l’aide directe à la population, mais aussi dans nos systèmes de santé et d’éducation. C’est dans cette optique que le CNC a lancé une campagne pour une révision à long terme de l’AE en se basant sur les mesures temporaires décrites dans le chapitre précédent.

7. Entre l’audace et la peur : L’auteur salue l’audace du gouvernement Trudeau d’avoir adopté la PCU et la PCRE, et d’avoir étendu encore plus qu’attendu la couverture de l’AE. Il se demande toutefois si certains de ces changements à l’AE seront permanents. Pour l’instant, la plupart de ces changements ont été prolongés jusqu’en septembre 2022. Il présente ensuite les paramètres des changements qu’il voudrait voir adoptés de façon permanente.

Conclusion – choisir l’audace : L’auteur réitère son espoir que ces changements deviennent permanents et assure qu’il continuera son combat pour que cet espoir se concrétise.

Et si la conclusion avait tourné au bleu – il n’y aura ni peur ni audace : L’auteur craignait avant la dernière élection que les conservateurs soient élus, ce qui aurait mis fin à l’espoir de changements audacieux et permanents.

Et alors…

Lire ou ne pas lire? Lire, même si ce court livre (104 pages selon l’éditeur, mais 80 pages de texte en omettant les pages blanches et la bibliographie) est un peu long pour le message qu’il contient. Lire, parce qu’il présente bien la succession d’événements qui ont mené à l’adoption de la PCU et de la PCRE, ainsi que la persévérance du gouvernement malgré les pressions de la droite pour y mettre fin de façon prématurée. Il explique aussi très bien le besoin pour toute société visant la justice d’un filet social solide. J’aurais toutefois aimé qu’il montre de façon plus claire que les critiques de la droite contre la PCU et la PCRE ne reposaient sur aucun fait et aucune donnée, comme je l’ai fait à de nombreuses reprises (comme d’autres), notamment dans ce billet. J’imagine que Pierre Céré ne fait pas partie des lecteur.trices de ce blogue! Je conclus toutefois ce billet sur un autre point positif en soulignant que les 112 notes, aussi bien des références que des compléments d’information, sont en bas de page.

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