Aller au contenu principal

Du cœur au combat

11 avril 2022

Du cœur au combatDans le livre Du cœur au combat – Françoise David en cinq temps de Lisa-Marie Gervais, Françoise David raconte «son demi-siècle d’engagement à travers ses yeux de militante, de mère, de femme. Loin des projecteurs, elle remonte aux origines de son implication et pose un autre regard sur les événements qui l’ont marquée».

Avant-propos : L’autrice présente le contexte qui a entouré son idée d’écrire de ce livre.

Le temps des naissances : Ce n’est qu’à la naissance de son garçon, à 32 ans, que Françoise David devient vraiment féministe. Elle raconte son accouchement, son congé, sa séparation avec le père de l’enfant, sa vie de mère et militante dans ce contexte, sa rencontre avec un autre homme en 1986 (avec qui elle est toujours en couple), les principes de l’éducation de son fils, la naissance de sa petite fille et bien d’autres événements connexes.

La solidarité en marche : Les années 1990 de Françoise David sont marquées par sa militance à la Fédération des femmes du Québec (FFQ), notamment à la présidence à partir de 1994, et comme point culminant, par la marche Du pain et des roses en 1995, qui a mis fin à quelques années de morosité pour le mouvement féministe, notamment après les 14 assassinats de femmes à l’École polytechnique en 1989. Elle raconte comment elle a eu l’idée de cette marche, sa préparation, le choix des neuf revendications de la marche, le choix du slogan (Marche des femmes contre la pauvreté), la logistique de l’événement, son déroulement, sa clôture à Québec, ses nombreux gains et ses quelques déceptions.

À l’ombre du baobab : La marche Du pain et des roses transforme Françoise David en personnalité publique. Toutefois, «le volet québécois de la Marche mondiale des femmes ne mène pas aux mêmes avancées» en 2000. Elle quitte la FFQ en 2001 et se rend au Mali pendant cinq semaines (elle avait déjà été au Rwanda pendant cinq mois en 1968 et 1969) dans une mission pour étudier le niveau de participation des femmes au développement économique, puis y est retournée en 2004 «pour donner une formation d’une semaine sur le féminisme» et en 2008 «pour donner une formation de quelques jours sur l’empowerment». Ces voyages l’ont entre autres aidée à prendre position sur le port du voile et à s’opposer à son interdiction chez les employé.es de l’État.

Le grand saut : «Lorsque questionnée sur la raison de son engagement politique, Françoise David a souvent répondu par cette boutade : «C’est la faute de Lucien Bouchard!»». En effet, face aux faibles gains de la Marche mondiale des femmes en 2000 et à la montée de la droite, Françoise David a participé à la création du collectif D’abord solidaires en 2003, puis du mouvement politique Option citoyenne en 2004, qui a fusionné en 2006 avec l’Union des forces progressistes (UFP) pour former Québec solidaire (QS). Dans ce chapitre, Françoise David raconte ces événements, les campagnes électorales de 2007 et de 2008, ses mandats et ses actions comme porte-parole et présidente de QS, la campagne de 2012 (qui a suivi la grève étudiante), sa performance au débat des chef.fes, son élection au poste de députée de la circonscription de Gouin et son discours de victoire.

La (vie) politique autrement : Ce chapitre porte sur ses cinq années comme députée, d’abord seulement avec Amir Khadir pendant deux ans, puis les trois dernières années avec en plus Manon Massé, sur son adaptation à cette vie sous les projecteurs, sur le style qu’elle a adopté et sur les dossiers sur lesquels elle a le plus travaillé, avec ses succès et ses déceptions. Elle aborde notamment la Charte des valeurs québécoises, son travail dans la circonscription de Gouin, la réforme de l’aide sociale par les libéraux en 2016, l’usure de la vie politique, ses petites victoires (quand même importantes), les relations avec les autres député.es, l’adoption du projet de loi qu’elle a déposé et qui a été adopté pour protéger les droits des locataires aîné.es et sa décision de prendre sa retraite avant la fin de son mandat en 2017.

Transmission : Françoise David n’a pas vraiment retraité avec sa retraite. Elle milite encore, notamment pour le droit au logement, les droits des personnes migrantes et des personnes pauvres, et l’adoption d’un mode de scrutin proportionnel. Elle se préoccupe aussi de la hausse des féminicides, des inégalités sociales croissantes et de bien d’autres causes sociales et environnementales. Elle souligne la nécessité de s’unir dans ces luttes et conclut avec l’importance de l’amour, particulièrement celui des jeunes et des enfants qui montrent «que nos vies, si fragiles, parfois si difficiles, valent la peine d’être vécues. Malgré tout».

Et alors…

Lire ou ne pas lire? Lire! Je ne raffole en général pas des autobiographies. Par contre, j’ai bien aimé ce livre, car on y apprend beaucoup sur les coulisses d’événements connus. Il est relativement court, avec ses 153 pages (114, en version électronique). La narratrice va droit au but, tout en sachant transmettre ses passions. Le style est agréable à lire et le livre est en plus agrémenté au milieu de quelques photos illustrant bien le passage des ans. L’autrice s’efface presque complètement sauf au début de chaque chapitre pour en faire ressortir brièvement le contexte et les points saillants. Les 129 notes, presque toutes des compléments d’information, sont en fin de chapitre, ce qui est encore plus embêtant qu’à la fin d’un livre, car en plus de devoir utiliser deux signets, il faut déplacer le deuxième en cherchant la fin de chaque chapitre. Heureusement, j’ai lu une version électronique.

Publicité
No comments yet

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :