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Laideronnie

18 avril 2022

LaideronnieAvec son livre Laideronnie, Kareen Martel «souhaite braquer les projecteurs sur une des formes de discrimination les plus ignorées. À son avis, les laiderons se replient en Laideronnie, mais peuvent également s’y déployer, revendiquer leur territoire et leur identité. La lumière peut aussi s’y faire douce; en terres moches, on est souvent en bonne compagnie».

Préface : Safia Nolin explique sa relation avec la laideur et raconte quelques anecdotes à ce sujet.

Corps du texte : L’autrice a pris connaissance de son apparence peu attirante dès son passage en garderie. Elle raconte aussi des anecdotes à ce sujet (en fait, tout au long du livre), se demande si elle est assez laide pour écrire ce livre et explique ses pensées et ses stratégies pour se faire accepter ou passer inaperçue lorsqu’elle était jeune. Elle aborde ensuite :

  • un accident et son séjour à l’hôpital;
  • le déménagement de sa famille du Lac-Saint-Jean à Québec;
  • le maintien de l’ostracisme dû à son apparence après des changements d’écoles et de milieux;
  • ses relations avec ses belles amies et avec les garçons qui tournent autour d’elles;
  • les méchancetés qu’on lui a dites à répétition et ses réactions (et absences de réactions) face à ces agressions;
  • les trois années au cours desquelles elle a porté des broches orthodontiques et l’intervention chirurgicale qu’elle a subie «consistant à casser ma mâchoire pour l’avancer afin que je n’aie plus le menton rentré vers l’intérieur»;
  • une tentative de fugue vers la fin de son secondaire;
  • succinctement son passage au cégep et à l’université;
  • ses trucs pour détourner l’attention, car elle «veut seulement que la menace et la détresse cessent»;
  • l’arbitraire des exigences de beauté soutenu «par le capitalisme et le patriarcat qui ferait rire s’il ne faisait pas tant souffrir»;
  • la honte de sa nudité;
  • l’effet contradictoire des compliments, qui deviennent une menace;
  • le piège du maquillage, l’obligation de se faire belle et la tyrannie de la beauté;
  • les avantages du confinement et du port du masque, sauf pour les visioconférences;
  • la moins grande peur de vieillir en Laidonnerie.

Et elle conclut :

«Il faudrait un drapeau pour les laid·e·s. Le drapeau des affreux·ses rebelles, avec des bandes toutes croches dans des teintes de brun orangé des années 1980. […] Un jour en Laideronnie, au reproche «T’es laitte!» on rétorquera : «Honorée de l’être, et de plus en plus j’espère!»»

Et alors…

Lire ou ne pas lire? Lire! J’avais peu d’attente envers ce livre, même si j’ai été attiré par cet article du Devoir, d’autant plus que, je le répète, je ne raffole pas des autobiographies. Celle-ci est toutefois spéciale, l’essentiel des anecdotes autobiographiques servant à appuyer les propos de l’autrice sur le traitement accordé aux personnes laides ou dont l’apparence ne correspond pas aux standards de la beauté. Il faut dire que le sujet abordé n’est pas souvent traité dans des essais, malheureusement, je dirais. En plus, ce livre se lit bien, même s’il n’a aucun chapitre, les réflexions de l’autrice s’enchaînant naturellement sans avoir besoin de césures, d’autant plus qu’elle sait bien faire ressentir les émotions vécues par les personnes victimes de la laidophobie ambiante. Et, avec ses 117 pages selon l’éditeur, il n’est pas bien long à lire, même sur l’écran. Les quatre notes, des références, sont à la fin du livre, ce qui ne m’a pas dérangé, car j’ai lu une version électronique.

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