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Mœurs

4 juillet 2022

MoeursAvec son livre Mœurs – De la gauche cannibale à la droite vandale, le philosophe Alain Deneault «nous invite à rompre avec la dynamique des querelles identitaires où chacun se rapporte à sa conscience comme à un bâton dont on se sert pour frapper autrui. Il déplore la dégradation en clichés de catégories pourtant importantes – privilège, racisme systémique, censure, fascisme – tout en portant un regard critique sur une droite conservatrice qui défend bec et ongles la liberté d’expression pour les seuls discours qui lui conviennent».

Bris : L’auteur distingue les mœurs de la politique et se désole de l’utilisation incorrecte (euphémisme) de ces concepts dans les débats politiques.

Chose vue : Ce texte porte sur le comportement déplacé d’un groupe pourtant humaniste.

Un racisme systémique ou systématique? : L’auteur distingue le racisme systémique du racisme systématique et montre que le systémique se reconnaît par son autorisation tacite du racisme individuel (je simplifie, comme je le ferai souvent).

La gauche cannibale : L’auteur explore les thèmes de l’intersectionnalité, du privilège, du masculin générique et du langage inclusif. Une version abrégée de ce texte, centrée sur le thème du privilège (partie elle-même abrégée), peut être consultée sur cette page.

Qui faire? : Ce chapitre porte sur la confusion entre l’importance accordée au fait de donner du pouvoir à des personnalités de gauche (ou ayant des caractéristiques socioéconomiques, genrées ou ethniques déterminées) et ce qu’elles en font. Et cela se fait au détriment de la lutte des classes.

La raison pure : L’auteur réfléchit sur la généralisation à chaque homme du comportement de certains d’entre eux, comme de couper la parole aux femmes ou d’être condescendant envers elles, puis sur d’autres sujets connexes dont le déboulonnage de statuts et l’évocation des territoires non cédés.

Le senti maître : L’auteur aborde l’utilisation du mot en n et ses effets sur les personnes noires.

La médiété : «La vertu ne va pas de pair avec le pathos ni avec notre faculté de l’éprouver, mais concerne notre façon de composer avec lui».

Le lore sans folk : Les motifs invoqués pour manifester ne sont pas toujours ceux qui sont vraiment à la base de l’indignation des manifestant.es.

«Blanc» : Les Blanc.hes peuvent-ils aborder des sujets qui ne les concernent pas directement? Oui, bien sûr, mais tout dépend comment iels le font.

Le commun sans «-isme» : L’auteur explique les conséquences du passage de l’objectif du communisme à celui du commun.

L’extrême centre bien au contraire : L’auteur considère que «l’idéologie d’extrême centre, dans laquelle nous nous enlisons, est extrémiste» et explique pourquoi (texte fortement inspiré de son livre La Médiocratie et, dans une moindre mesure, de Gouvernance).

Le complot sans théorie : Les gens au pouvoir se complaisent à confondre la pensée critique et les discours idéologiques avec le complotisme. L’auteur explique leurs différences et leurs spécificités, et dénonce les manœuvres des personnes au pouvoir qui les associent.

L’oracle scientifique : L’auteur analyse le traitement de l’information au cours de la pandémie de COVID-19. Ce qui me trouble dans ce texte, ce n’est pas son contenu, quoiqu’un peu, mais le fait que l’auteur prétende qu’il est socialement interdit de contredire la science dominante, dans le texte de ce livre qui contient le plus de notes en bas de pages (37), surtout des sources de personnes qui la contredisent. Et, ce n’est pas la seule contradiction de ce texte. Cela dit, il contient de nombreux questionnements dignes d’intérêt.

Un régime permanent d’exception : L’auteur dénonce l’état d’urgence en vigueur au Québec depuis le début de la pandémie et ses conséquences.

La droite vandale : L’auteur montre que la droite conservatrice, qui se présente «comme le chantre de la liberté d’expression», ne défend en fait que les discours qui lui conviennent.

Noir Canada expliqué aux universitaires : L’auteur dénonce le silence des universités lors des poursuites contre le livre Noir Canada, ses auteur.es et son éditeur (Écosociété), puis tente de l’expliquer.

«Fasciste» : L’auteur raconte la fois où il s’est fait accuser de proposer des solutions fascistes par un professeur de sociologie, alors qu’il dénonçait l’utilisation des paradis fiscaux et leur impact sur la démocratie…

La personne «morale» et son «éthique» des affaires : Avec des expressions comme «Les affaires sont les affaires» ou encore «Il n’y a pas d’amis en affaires» (il faudrait en informer M. Fitzgibbon), deux expressions non mentionnées par l’auteur, mais le principe est le même que les exemples qu’il donne, on peut justifier n’importe quel comportement ignoble, ce dont bien des personnes, surtout morales, ne se privent pas. Il aborde ici l’éthique ou la morale des affaires (ou leur absence), la compare à celle des créanciers, montre qu’elle peut elle-même être une bonne affaire (notamment pour son image) et s’interroge sur le niveau finalement assez élevé d’acceptation sociale des manques flagrants d’éthique de certaines entreprises.

Maîtres anonymes : L’auteur fait ressortir la distance qui existe entre la perception que les dirigeant.es d’entreprise ont d’eux-mêmes et ce qu’iels sont vraiment. En plus, s’iels bénéficient des actions de leur entreprise, iels s’en disent non responsables lorsqu’elles sont illégales ou tournent mal.

Faire durer le développement : Même en face de catastrophes climatiques de plus en plus fréquentes et de la disparition de plus en plus d’espèces, les politicien.nes ne réagissent pas, sinon parfois en paroles, et les citoyen.nes pas assez. Et trop peu de personnes remettent en question le système marchand actuel, pourtant responsable du désastre. L’auteur dénonce ensuite l’imposture du concept de développement durable.

Un climat insupportable : L’auteur analyse le désarroi des personnes qui ne trouvent pas comment empêcher la catastrophe climatique et environnementale, ou qui voient leurs efforts ne rien donner. Et d’autres, dont nos gouvernements, se fient au système responsable de ce désastre pour y mettre fin, soit le système capitaliste, croyant pouvoir tout changer en ne changeant rien…

Plus de choix : On ne peut pas délibérer sur tout. La Terre est ronde et c’est tout. Devant la création de nouvelles possibilités de choix, nous pouvons délibérer sur plus de sujets qu’avant, mais faisons trop souvent ces choix sans délibération. L’auteur aborde dans ce contexte les modifications génétiques, la surveillance numérique, la manipulation des choix, le réchauffement climatique et ses solutions.

Et alors…

Lire ou ne pas lire? Lire, même si chaque texte n’a pas eu pour moi le même niveau d’intérêt et si je ne suis pas d’accord avec tout ce qui y est écrit, ce qui montre quand même la grande variété des thèmes qui sont abordés sans ce livre. Dans quelques textes, j’ai trouvé que l’auteur tasse un peu facilement les faits et arguments qui ne confirment pas ses thèses, mais, chose certaine, il a la grande qualité de nous faire réfléchir et d’ébranler nos certitudes. Si quelques textes sont un peu plus difficiles à lire, je retiens quand même la qualité de son écriture et ses talents de vulgarisateur. Pour une vision différente de ce livre, on peut aussi lire cet article. Autre bon point, les 241 notes, toutes des références, sont en bas de page.

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