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Le marché du travail en juillet 2022 aux États-Unis, au Québec et au Canada, et la COVID-19

11 août 2022

marché du travail juillet 2022 États-Unis et la COVID 19Après avoir analysé les données sur l’emploi de mars 2020 à juin 2022 du Bureau of Labor Statistics (BLS) et jusqu’en mars 2022 de l’Enquête sur la population active (EPA), je vais dans ce billet commenter celles de juillet 2022 pour les États-Unis et plus sommairement pour le Québec et le Canada.

Juillet 2022 aux États-Unis

Le BLS publie au début de chaque mois (le 5 août pour juillet 2022) les données de deux enquêtes, soit celles de la Household Survey (HS), l’équivalent de l’EPA canadienne auprès des ménages, et de l’Establishment Survey (ES), qui ressemble plus à l’Enquête sur l’emploi, la rémunération et les heures de travail (EERH) du Canada auprès des entreprises. Toutefois, les médias ne font à peu près jamais la distinction entre ces deux enquêtes et commentent uniquement la variation de l’emploi selon l’ES et le taux de chômage selon la HS. La couverture journalistique de la publication des données de juillet 2022 par le BLS n’a pas fait exception. Par exemple, cet article de La Presse (en fait de l’Agence France-Presse et repris en grande partie dans celui publié par Radio-Canada) mentionne que «528 000 emplois ont été créés en juillet», sans préciser que la donnée sur l’emploi vient de l’ES (voir le premier nombre inscrit à la dernière colonne de ce tableau) et que le «taux de chômage retombe à 3,5 %, comme en février 2020», sans indiquer non plus que la donnée sur le taux de chômage vient de la HS (voir la septième ligne de cet autre tableau), laissant penser que ces données sont liées, alors qu’elles ne le sont pas. Et cela est particulièrement évident ce mois-ci, comme ça l’a été lors des trois mois précédents!

– emploi, taux de chômage et activité

En effet, l’emploi a augmenté de «seulement» 179 000 emplois selon la HS (voir le nombre à la quatrième ligne de la dernière colonne de ce tableau), alors qu’il a augmenté de 528 000 selon l’ES, pour un écart énorme de 349 000 emplois entre les deux estimations! Si on tient compte du fait que l’emploi de mai 2022 selon l’ES a été révisé à la hausse de 2000 et celui de juin 2022 de 26 000, pour une révision totale de +28 000 emplois, on constate que le nombre d’emplois publié pour juillet était plus élevé de 566 000 que celui publié pour juin, ce qui augmente encore l’écart entre les deux estimations (377 000 emplois, soit +566 000 pour l’ES et +179 000 pour la HS). Par contre, si on tient compte aussi de la baisse de 279 000 travailleur.euses autonomes qui a été captée par la HS, mais pas par l’ES (qui ne porte que sur les salarié.es), cela fait passer l’écart de la variation du nombre de salarié.es à «seulement» 98 000 (+556 000 pour l’ES et +458 000 pour la HS), écart non négligeable, surtout qu’il s’agit du quatrième mois consécutif d’écarts importants à l’avantage de l’ES, l’emploi ayant augmenté de 1,7 million selon la ES, mais ayant diminué de 168 000 selon la HS. En ne retenant que les salarié.es, l’écart demeure énorme à 1,55 million, soit +1 680 000 pour l’ES et +127 000 pour la HS.

Comment expliquer l’ampleur de cet écart? J’ai lu des explications sur des problèmes de désaisonnalisation et sur la hausse du cumul d’emplois (personnes qui occupent plus d’un emploi), notamment dans cet article. S’il est vrai que le BLS a souligné des problèmes de désaisonnalisation à quelques reprises depuis le début de la pandémie, il est difficile de penser qu’ils ne toucheraient pas les deux enquêtes avec une ampleur semblable. Quant au cumul d’emplois, cette explication repose sur le fait que la HS porte sur les ménages et qu’une personne qui occupe deux emplois sera comptée une seule fois, alors que l’ES, qui porte sur les entreprises, compte dans ces cas deux emplois. Or, le nombre de personnes occupant deux emplois a augmenté 263 000 entre mars et juillet, expliquant seulement 17 % de l’écart de 1,55 million d’emplois et en laissant le reste de l’écart (1,29 million d’emplois) inexpliqué.

Notons finalement que la hausse de 528 000 emplois selon l’ES est nettement plus élevée que celle de 250 000 anticipée par les prévisionnistes. De même, leur prévision d’un maintien du taux de chômage à 3,6 % ne s’est pas réalisée, celui-ci baissant de 0,1 point à 3,5 %. En fait, cette baisse est moins liée à la hausse de 179 000 emplois selon la HS qu’à celle de 239 000 personnes inactives (ce qui donne une hausse de 1,0 million depuis mars) et, par voie de conséquence, à la baisse de 0,1 point du taux d’activité (baisse de 0,3 point depuis mars), de 62,2 % en juin à 62,1 % en juillet (voir la troisième ligne de ce tableau), faisant passer le recul par rapport à février 2020 (63,4 %) de 1,2 à 1,3 point. Le nombre de chômeur.euses a de son côté diminué autant (242 000) que le nombre de personnes inactives a augmenté (239 000), ce qui laisse penser à un lien entre ces deux variations de stocks, la baisse du nombre de personnes sans emploi en cherchant un correspondant à la hausse du nombre de personnes sans emploi n’en cherchant pas.

Entre février 2020 et juillet 2022, l’emploi a augmenté de 32 000 (ou de 0,02 %) selon l’ES, surpassant pour la première fois son niveau de février 2022, mais a diminué de 576 000 (-0,36 %) selon la HS. Si on tient compte en plus de la hausse de 144 000 travailleur.euses autonomes (ou de 1,5 %) et si on ne retient que les salarié.es de la HS, l’écart s’élargit, avec une hausse de 0,02 % pour l’ES et une baisse de 0,48 % pour la HS. Notons finalement que cette situation tranche avec la situation canadienne, où l’emploi a dépassé son niveau de février 2020 depuis novembre 2021, alors que son niveau en juillet 2022 a surpassé celui de février 2020 de 2,3 %, ou de plus de 420 000 emplois, malgré un vieillissement de la population plus important qu’aux États-Unis.

Pour mieux comparer les situations de février 2020 et de juillet 2022, il faut aussi tenir compte du fait que la population adulte a augmenté de 1,7 % (ou de 4,38 millions de personnes) entre ces deux mois. Si les États-Unis avaient conservé leur taux d’emploi de février 2020, soit 61,2 % au lieu de 60,0 % comme en juillet 2022, il y aurait 3,4 millions d’emplois de plus (ou 2,2 %) en juillet 2022, c’est-à-dire 161,6 millions au lieu de 158,3 millions. Par contre, si je me base sur cette estimation de Jason Furman et Wilson Powell III du Peterson Institute for International Economics (PIIE), le vieillissement de la population a fait baisser mécaniquement le taux d’emploi de 0,3 point. En appliquant cette baisse, le taux d’emploi correspondant à la situation de février 2020 se situerait alors à 60,9 % en juillet 2022. Avec ce taux, le nombre d’emplois aurait atteint 160,8 millions, soit 2,6 millions de plus (ou 1,7 %) qu’observé en juillet 2022 (158,3 millions). Cette estimation (2,6 millions d’emplois) représente mieux le rattrapage à faire pour que le marché du travail des États-Unis retrouve sa situation d’avant la pandémie. Comme on peut le constater, le vieillissement de la population a eu un effet (-0,8 million d’emplois) 4,3 fois moins élevé que celui de la hausse de la population adulte (+3,4 millions d’emplois) pour expliquer l’écart total avec la situation de février 2020. Notons qu’au Québec, l’impact du vieillissement (-78 900 emplois) fut au contraire plus élevé que celui de la hausse de la population adulte (73 500) entre février 2020 et juillet 2022.

– emploi selon le genre et l’industrie

Selon ce tableau, la hausse de 528 000 emplois en juillet 2022 selon l’ES s’est traduite par un ajout de 201 000 emplois chez les hommes (+0,26 %) et de 327 000 emplois chez les femmes (+0,43 %). Entre février 2020 et juillet 2022, l’emploi a baissé de 100 000 (-0,13 %) chez les femmes et a augmenté de 132 000 marché du travail juillet 2022 États-Unis et la COVID 19_1(+0,17 %) chez les hommes. Comme on peut le voir dans le graphique ci-contre (tiré de ce billet, comme le suivant), les principales hausses du côté industriel en juillet 2022 (présentées différemment que dans le graphique) se sont observées dans :

  • les soins de santé et assistance sociale (+96 600 emplois);
  • les loisirs et l’hospitalité (+96 000 emplois, dont 74 100 dans les services de restauration et les débits de boisson);
  • les services d’enseignement, publics et privés(+52 200 emplois);
  • les services professionnels, scientifiques et techniques (+47 300 emplois);
  • la construction (+32 000 emplois);
  • la fabrication (+30 000 emplois);
  • les administrations publiques, sauf l’éducation (+26 300 emplois);
  • le commerce de détail (+21 600 emplois);
  • le transport (+20 800 emplois).

Même si le secteur des loisirs et de l’hospitalité se classe régulièrement au premier rang des hausses d’emploi depuis janvier 2021, il lui reste encore plus de 1,2 million d’emplois à pourvoir pour retrouver son niveau de février 2020. marché du travail juillet 2022 États-Unis et la COVID 19_2Cela dit, le graphique ci-contre montre que les trois hausses d’emploi les plus importantes, dans les services professionnels et administratifs (986 000), le transport (745 000) et le commerce de détail (208 000) depuis février 2020 sont au total presque équivalentes aux trois baisses les plus importantes, soit les loisirs et l’hospitalité (-1 214 000), dans les administrations publiques (597 000) et les autres services (-251 000), soit +1,9 million par rapport à -2,1 millions. Cela représente un changement structurel important qui explique au moins en partie la hausse du salaire moyen depuis quelques mois (hausse de 5,2 % en un an).

– conséquence de l’inactivité

Entre février 2020 et juillet 2022, le nombre chômeur.euses a diminué de 47 000 personnes pendant que le nombre de personnes inactives augmentait de 5,0 millions! Si le taux d’activité avait été de 63,1 % en février 2022 (63,4 % en février 2020 moins le 0,3 point dû au vieillissement) au lieu de 62,1 % comme en juillet 2022, il y aurait 2,6 millions de personnes inactives de moins et 2,6 millions de personnes en chômage de plus. Dans ce cas, il y aurait 2,6 millions de chômeur.euses de plus qu’en février 2020 (plutôt que 47 000 de moins) et le taux de chômage ainsi ajusté aurait atteint 5,0 % en juillet 2022 plutôt que 3,5 %, en hausse de 1,5 point de pourcentage plutôt que d’être égal à celui de février 2020 (3,5 %). Ce taux de chômage ajusté de 5,0 % reflète mieux la détérioration du marché du travail depuis février 2020 que le taux officiel de 3,5 %. Cela dit, il serait étonnant que le taux de chômage ajusté baisse autant au cours des prochains mois, car le communiqué du BLS mentionne qu’il ne reste que 548 000 personnes inactives qui disent ne pas avoir cherché d’emploi en raison de la pandémie, alors qu’il y en avait 1,2 million en février, ce qui montre qu’il y a de moins en moins de personnes qui sont inactives en raison de la pandémie. Les autres personnes qui ont joint la population inactive l’ont donc fait pour d’autres raisons, qui font l’objet de nombreuses hypothèses (dont la retraite anticipée). Cela dit, la fin de la pandémie, si jamais elle survient, pourrait attirer d’autres personnes que celles-là sur le marché du travail.

Et après?

Avec les différences énormes entre les deux enquêtes sur l’emploi, les tendances pour les prochains mois sont incertaines. En fait, même celles des derniers mois le sont! Comme la marge d’erreur de l’ES est moins élevée que celle de la HS, j’ai tendance en général à accorder plus de crédibilité à ses données. Mais là, les écarts sont trop importants et trop fréquents pour accepter les données de l’ES sans hésiter. Cela dit, il faut tenir compte des autres facteurs qui influencent ces tendances, facteurs dans l’ensemble négatifs :

  • le nombre de cas de COVID-19 est demeuré assez stable au cours des dernières semaines;
  • comme mentionné plus tôt, les données du BLS montrent une baisse du nombre de personnes inactives qui disent ne pas avoir cherché d’emploi en raison de la pandémie;
  • le nombre de personnes atteintes de la COVID longue est en hausse, ce qui a sûrement un effet sur le marché du travail;
  • le nombre de prestataires d’assurance-chômage est en hausse depuis la fin juin;
  • il restait en juillet 2022 selon la HS environ 2,6 millions d’emplois à rattraper pour retrouver la situation sur le marché du travail de février 2020 en tenant compte de la hausse de la population adulte et de son vieillissement;
  • la FED risque de hausser à nouveau son taux directeur, surtout si elle se fie davantage à l’ES qu’à la HS;
  • la guerre en Ukraine et les difficultés d’approvisionnement ont encore le potentiel de nuire à l’économie des États-Unis;
  • le PIB aurait, selon les données préliminaires, diminué un peu au cours des deux premiers trimestres de 2022. Notons toutefois que la baisse du premier trimestre était due en premier lieu à une baisse des stocks accumulés durant la pandémie, ce qui n’est pas une mauvaise chose, et que ces données seront révisées au cours des prochains mois.

Face à tous ces facteurs, il est presque certain que la croissance de l’emploi entre juillet et août sera moins forte qu’au cours des six premiers mois de 2022.

Pendant ce temps, au Canada et au Québec

Même si les manchettes des médias ont été consacrées encore une fois en premier lieu au bas taux de chômage au Canada (qui s’est maintenu à 4,9 %) et en baisse et encore plus bas au Québec (de 4,3 % à 4,1 %), le point saillant des données sur le marché du travail publiées par Statistique Canada vendredi dernier était pour moi ailleurs.

Comme entre mai et juin, l’estimation de l’emploi a diminué entre juin et juillet au Canada (de 30 600) et au Québec (de 4500), deux baisses toutefois nettement inférieures à la marge d’erreur à 95 % (68 200 et 33 600), donc peu significatives. Notons en outre que la hausse du taux directeur de la Banque du Canada de 100 points de base n’avait pas pu avoir d’effet sur ces données, car elle a eu lieu au milieu de la semaine de référence de l’EPA (le mercredi 13 juillet, alors que la semaine de référence de l’EPA s’étendait du 10 au 16 juillet). Ce qui est plus significatif que ces faibles baisses est la nouvelle hausse de la population inactive (+63 900, ou de 0,6 % au Canada, et +19 900, ou de 0,8 % au Québec). Si c’était la première fois que la population inactive augmentait, cela ne serait pas bien inquiétant, mais c’est la quatrième hausse importante depuis quatre mois (comme aux États-Unis), portant la hausse depuis mars à 267 000 ou 2,4 % au Canada et à 84 000 ou 3,3 % au Québec. Ainsi, le taux d’activité a baissé de 0,67 point de pourcentage au Canada et de 1,04 % au Québec depuis mars, se manifestant au Canada à la fois sur le taux de chômage (-0,42 point) et sur le taux d’emploi (-0,36 point), mais bien plus sur le taux d’emploi au Québec (-0,97 point) que sur le taux de chômage (-0,06).

Si la baisse du taux d’emploi depuis mars s’est concentrée chez les personnes âgées de 55 ans et plus au Canada (-0,5 point) et dans une moindre mesure de 25 à 54 ans (-0,3 point), ce sont les jeunes âgé.es de 15 à 24 ans qui l’ont subie le plus fortement au Québec (-2,1 points, par rapport à -0,8 chez les 25 à 54 ans et -0,7 chez les 55 ans et plus). Encore plus troublant, le taux d’emploi au Québec a en fait augmenté de 0,6 point chez les jeunes hommes, mais a baissé de 4,9 points chez les jeunes femmes! Cet écart s’observe aussi du côté de l’inactivité, le nombre de jeunes femmes inactives ayant augmenté de 17,2 % entre mars et juillet (en données désaisonnalisées), alors qu’il diminuait de 1,7 % chez les jeunes hommes. Pourtant, dans le reste du Canada ce nombre a augmenté chez les jeunes hommes (+2,1 %) et a diminué un peu chez les jeunes femmes (0,9 %). Je soupçonnais le mois dernier des problèmes avec la désaisonnalisation et peut-être aussi un effet des marges d’erreur, mais après quatre mois, il doit bien y avoir d’autres raisons. J’ai noté que le nombre de jeunes âgé.es de 15 et 16 ans (les moins actif.ives sur le marché du travail) a augmenté de 4,5 % en un an (et de 8,5 % en trois ans), alors que le nombre de jeunes âgé.es de 20 à 24 ans (les plus actif.ives) a diminué de 1,3 % (et de 4,3 % en trois ans), mais cet effet de composition ne peut quand même pas expliquer l’ampleur de ces changements en quatre mois (au cours desquels ces changements démographiques furent beaucoup moins importants), et pas du tout les écarts entre les hommes et les femmes.

Les salaires horaires ont beaucoup moins augmenté entre juin et juillet qu’ils l’avaient fait entre mai et juin. Ainsi la hausse sur un an est passée de 7,5 % à 8,1 % au Québec, mais est demeurée à 5,2 % au Canada. Si la hausse au Québec correspond à 0,1 point près à l’inflation entre juin 2021 et juin 2022 (les données sur l’inflation pour juillet ne sont pas encore publiées), elle est bien inférieure pour l’ensemble du Canada (5,2 % par rapport à 8,1 %). En outre, la hausse des salaires de juillet 2021 à juillet 2022 a varié de façon importante selon les provinces, se situant à moins de 1 % en Alberta et ne surpassant celle au Québec qu’au Nouveau-Brunswick (8,6 %). Je rappelle que ce n’est pas parce que la moyenne des salaires horaires a été de 8,1 % au Québec que les travailleur.euses ont reçu en moyenne des hausses de 8,1 %, cette hausse résultant en partie d’effets de composition industriels et professionnels (voir ce billet).

Et alors…

On a vu, aussi bien pour les États-Unis que pour le Canada et le Québec, que la situation sur le marché du travail est en fait bien moins positive que nos médias et que certain.es économistes la présentent, surtout en raison de la hausse importante dans les deux pays de l’inactivité depuis quatre mois, ce qui est en fait pire qu’une hausse du chômage, surtout quand elles touchent les personnes de moins de 65 ans et surtout de moins de 55 ans. J’espère la FED et la Banque du Canada analyseront cette situation à fond avant de hausser à nouveau leur taux directeur, car une nouvelle hausse nous rapprocherait dangereusement d’une récession dans les deux pays.

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