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Prêts pour une prochaine pandémie?

22 août 2022

Prêts pour une prochaine pandémieAvec son livre Prêts pour une prochaine pandémie?, Cécile Tremblay, microbiologiste et infectiologue au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) et professeure au Département de microbiologie, d’infectiologie et d’immunologie à l’Université de Montréal, «décline pour nous le b.a.-ba des pandémies et tout ce que la dernière nous a enseigné : le contexte des éclosions, l’évaluation des risques, la connaissance de l’ennemi, la gestion de la crise, la recherche biomédicale, la communication».

Avant-propos : L’autrice présente le contexte qui l’a amenée à écrire ce livre.

Introduction : Même si on annonce la très forte probabilité de l’arrivée de pandémies depuis des décennies, l’humanité a été prise par surprise avec celle de la COVID-19. L’autrice décrit et commente les faits saillants de l’annonce de son arrivée et des incertitudes qui l’ont entourée, puis présente les objectifs de ce livre et les sujets qu’elle y abordera.

1. Le contexte : Les effets d’une pandémie peuvent varier considérablement selon les pays, notamment en raison des différences dans les systèmes de santé et dans le filet social. L’autrice aborde ensuite les lacunes dans l’organisation des soins aux personnes âgées dans tous les pays; les problèmes de ventilation; le manque de personnel de la santé; l’organisation déficiente des systèmes de soins; les lacunes dans les infrastructures technologiques (notamment pour l’approvisionnement en vaccins et en équipement de protection) et des recommandations sur ces sujets.

2. L’évaluation du risque : L’autrice explique comment apparaissent les pandémies, surtout des zoonoses, et les facteurs qui favorisent leur propagation. Elle aborde aussi les réseaux de surveillance des épidémies; l’importance de rechercher et de trouver leurs origines; l’origine la plus probable du SARS-CoV-2; les différences entre une épidémie, une pandémie et une éclosion; et l’importance de déclarer une pandémie.

3. Connaître l’ennemi : Il est important de bien connaître les propriétés du pathogène à la source d’une pandémie, à la fois pour le combattre, pour soigner les personnes atteintes et pour se préparer à toute nouvelle épidémie. Elle aborde aussi :

  • la différence entre un virus et une bactérie;
  • la forme du SARS-CoV-2 et des autres coronavirus;
  • ce qu’on sait de ce virus (fonctionnement, réplication, mutations, transmission, période d’incubation, facteurs de risques, symptômes, COVID longue, immunité, etc.).

4. La gestion de la crise (1) – Les mesures de santé publique : L’autrice commente les mesures de santé publique adoptées au cours de la pandémie en distinguant «celles qui ont fonctionné de celles qui ont échoué» :

  • surveillance de l’évolution des cas, des taux de positivité, des hospitalisations et des décès, notamment pour pouvoir aplatir la courbe (voire l’annihiler) et suivre les vagues;
  • dépistage, traçage rapide des cas et confinement des personnes infectées et de leurs contacts;
  • distanciation, confinements généraux ou partiels, port du masque, rehaussement des mesures d’hygiène et vaccination.

Elle donne ensuite des exemples de pays qui ont bien appliqué ces mesures (dont la Nouvelle-Zélande et Taïwan) et ceux qui l’ont mal fait (dont la Suède et les États-Unis). Puis, elle analyse la situation au Canada et au Québec sur chacune des mesures mentionnées (pas sur les couvre-feux…). Elle ne pose pas de verdict comme tel sur la performance du Canada et du Québec (sauf sur le manque de préparation et le retard à prendre des mesures), mais souligne les effets psychologiques nocifs de certaines de ces mesures, surtout du confinement.

5. La gestion de la crise (2) – Les outils biomédicaux : vaccins et traitements : Si les mesures présentées au chapitre précédent sont «au cœur de la réponse de première ligne à une pandémie», «les outils biomédicaux, comme les vaccins et les traitements, sont des armes majeures pour endiguer ou contrôler une pandémie». Elle aborde :

  • l’utilité des vaccins pour enrayer une épidémie;
  • leur invention, leur succès, leur fonctionnement, leurs caractéristiques et les phases de leur développement;
  • les nouvelles technologies vaccinales, le déroulement des phases de développement des vaccins contre la COVID-19, leur production, leur efficacité et la durée de la protection;
  • l’importance du taux de vaccination pour développer une immunité collective;
  • l’efficacité de la campagne de vaccination au Canada, au Québec et ailleurs;
  • l’inefficacité de la campagne de vaccination mondiale, notamment dans les pays pauvres, entre autres en raison de la propriété intellectuelle des vaccins à des entreprises privées;
  • les mythes circulant sur les vaccins contre la COVID-19;
  • les traitements efficaces (de façon limitée) et inefficaces aux personnes infectées.

6. La recherche : L’autrice aborde la nécessité de disposer avant les pandémies d’une bonne infrastructure de recherche et les lacunes de celle du Canada et du Québec; le concept d’une seule santé; l’importance des systèmes informatiques et la formation de la relève scientifique.

7. La communication : Une bonne stratégie de communication est un des éléments essentiels «pour favoriser l’adhésion de la population aux consignes et pour prévenir la mésinformation». Elle doit miser sur la rapidité et sur l’ajustement de l’information aux données fiables (ou incertaines, en le précisant); développer un sentiment de confiance et d’autonomie; se faire avec empathie; adapter les messages aux valeurs et aux émotions de la population, et éviter sa politisation.

Conclusion : Le plus important pour l’instant est d’arrêter la progression de cette pandémie, tout en se préparant pour la prochaine, en tenant compte du fait qu’il n’y en a pas deux qui sont pareilles. L’autrice présente quelques scénarios de la suite de cette pandémie (disparition, maintien sous une forme atténuée, etc.); souligne l’importance de la solidarité et de l’entraide; revient sur les correctifs à apporter à notre système de santé et à l’infrastructure de prévention et de réaction (notamment aux investissements en santé publique); et conclut en nous invitant à «repenser notre relation avec les animaux et notre environnement».

Et alors…

Lire ou ne pas lire? Lire, même si ce livre est très différent de ce à quoi je m’attendais et des livres précédents que j’ai lus sur le sujet. Il s’agit ni plus ni moins d’un guide, d’un livre de référence avec beaucoup d’information. Dans ce sens, il est tout à fait complémentaire aux autres livres que j’ai lus sur le sujet. Par contre, il est moins agréable à lire, même si l’autrice est une bonne vulgarisatrice. Autre bémol, les 86 notes, heureusement toutes des références, sont à la fin du livre.

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