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Faire mouvement – Les 40 ans du MÉPACQ

26 septembre 2022

Faire mouvement - Les 40 ans du MÉPACQLe livre Faire mouvement – Les quarante ans du Mouvement d’éducation populaire et d’action communautaire du Québec «retrace la contribution du MÉPACQ au développement d’un mouvement citoyen de transformation sociale en mettant de l’avant les bons coups, mais sans faire l’impasse sur les difficultés rencontrées en chemin».

Préface : Jean-Yves Joannette décrit brièvement ce que contient et ne contient pas ce livre.

Introduction : Ce chapitre explique l’urgence d’écrire ce livre. On y présente aussi un survol de son contenu.

1. La préhistoire : La Révolution tranquille a entre autres eu comme effet de faire remplacer la charité chrétienne par des mouvements plus revendicateurs issus de citoyen.nes défavorisé.es à partir des années 1960. Les auteur.es donnent de nombreux exemples de leurs actions dans toutes les régions du Québec, aussi bien en milieu urbain que rural.

2. La lutte pour la reconnaissance et le financement : Ce chapitre porte sur le «combat coriace, mené auprès du ministère de l’Éducation du Québec (MEQ) pour la reconnaissance et le financement de l’ÉPA», soit l’éducation populaire autonome, puis sur la lutte pour la reconnaissance de l’action populaire autonome (ACA) et de la défense collective des droits (DCD).

Sur l’ÉPA, les auteur.es abordent notamment :

  • la création du MÉPACQ (1981);
  • l’élaboration du concept d’ÉPA (1978, avec des révisions ultérieures, entre autres en 1987);
  • les premiers programmes de financement des organismes volontaires d’éducation populaire (OVEP) et d’autres organismes communautaires;
  • la création des premières tables régionales d’OVEP (les TROVEP);
  • la Commission Jean sur la formation des adultes (1980-1982) et ses suites;
  • de nombreuses luttes et actions dans les années 1980 contre les tentatives d’assujettissement des OVEP à des objectifs gouvernementaux et dans les années 1990 contre les compressions et les baisses de financement, et pour la reconnaissance de l’ÉPA;
  • les États généraux de l’éducation (ÉGÉ, 1995-1996) et ses suites, globalement positives pour l’ÉPA en théorie, mais pas vraiment en pratique;
  • un extrait d’un avis du Conseil supérieur de l’éducation paru en 2016 sur l’ÉP;
  • une conclusion de cette section en forme de bilan.

Sur l’ACA, les auteur.es abordent notamment :

  • la distinction entre le financement d’activités et celui de groupes, et entre les organismes populaires, puis communautaires et ceux d’ÉPA;
  • le virage dans les années 1990 du financement de groupes vers le financement d’ententes de services par le réseau de la santé et des services sociaux, ce qui va à l’encontre de l’ACA, puis le retour au financement des groupes à la suite de représentations auprès du gouvernement Parizeau en 1994 et 1995;
  • la construction d’un mouvement national de l’ACA en 1996, le comité aviseur de l’ACA ou le CAACA, qui comprend aussi pour la première fois les groupes de DCD;
  • l’entrée en vigueur de 2002 à 2005 d’un nouveau cadre de financement et l’intégration du MÉPACQ «à la famille de la DCD», malgré sa dissidence avec quelques décisions du CAACA, duquel les groupes de la DCD se sont séparés en 2010 pour former le Regroupement des organismes en DCD (RODCD);
  • les actions pour faire augmenter le financement des organismes de DCD de 2005 à aujourd’hui, alors que le financement s’est légèrement amélioré.

3. Le MÉPACQ au cœur des luttes sociales : Les auteur.es se penchent sur la participation du MÉPACQ à des combats pour la justice sociale et contre le néolibéralisme, en collaboration avec d’autres regroupements et coalitions. Dans ce contexte, les auteur.es abordent la réflexion sur la place des luttes sociales dans les activités du MÉPACQ lors de trois congrès d’orientation (1990, 2000 et 2006), puis les enjeux des principales luttes sociales auxquelles le MÉPACQ a participé :

  • défense des personnes pauvres, dont des demandes de réformes et des actions de résistance aux compressions à l’aide sociale, l’appui à des hausses du salaire minimum, l’opposition aux hausses des tarifs d’Hydro-Québec, l’amélioration du programme d’assurance-chômage (puis emploi) et la résistance aux compressions dans les programmes sociaux fédéraux;
  • rejet de la mondialisation du néolibéralisme et de la réingénierie de l’État du gouvernement Charest;
  • participation active dès sa création en 2010 à la Coalition Main rouge dans le contexte de la lutte contre l’austérité libérale;
  • promotion de la grève sociale à partir de 2010;
  • sensibilisation pour la justice climatique et environnementale à partir de 2012;
  • appui de tout temps aux luttes étudiantes (notamment en 2012), pour l’égalité (féminisme, orientation sexuelle, contre le racisme, etc.) et anticoloniales des Premiers Peuples, contre la répression policière, et quelques autres.

4. Le MÉPACQ, porteur de l’ÉPA : Les auteur.es présentent l’évolution du concept et de la pratique de l’ÉPA, qui favorise les pratiques par lesquelles les citoyen.nes «agissent sur leur milieu pour les changer dans le sens de la justice sociale», aussi bien par la conscientisation et l’éducation que par la lutte. Ils abordent aussi quelques facteurs qui peuvent influencer négativement les pratiques d’EPA, dont le financement et certaines activités non liées à la transformation sociale ou à l’action sociale, ou positivement, dont la formation sur les enjeux politiques, des colloques, des publications et des guides électoraux.

5. La vie interne du MÉPACQ : Ce chapitre porte sur le fonctionnement du MÉPACQ, sa structure, ses instances, ses modes de communication, ses comités de travail, ses sources de financement autres que celles présentées dans le chapitre 2 et les domaines d’intervention de ses groupes membres.

On passe le flambeau et la flamme brille encore : Le 40e anniversaire du MÉPACQ survient alors que de nombreux.euses militant.es prennent leur retraite et sont remplacé.es. Les auteur.es montrent que la contribution du MÉPACQ a eu un impact majeur dans de nombreux domaines et sur la société québécoise dans son ensemble. Et, cette contribution est loin d’être finie!

Et alors…

Lire ou ne pas lire? Lire, mais avec réserves. Si ce livre est l’aboutissement d’un travail colossal, il demeure plus un livre de référence qu’un essai. J’étais bien content d’avoir quelques points de repère sur les organismes mentionnés dans ce livre, ayant travaillé pendant 10 ans au cours des années 1980 au financement de projets présentés par des organismes communautaires, dont un bon nombre étaient membres du MÉPACQ, mais, même là, ce livre demeurait difficile à lire pour moi (surtout le deuxième chapitre), d’autant plus qu’il est inondé d’acronymes. Ce n’est pas un reproche, mon billet ayant reproduit en partie cette abondance, mais un constat sur une caractéristique sûrement incontournable de ce livre. Cela dit, ce livre explique admirablement bien l’évolution du concept d’éducation populaire autonome et les tensions que le mouvement a subies, venant en général de l’externe, notamment des changements de politiques gouvernementales. Bref, on peut en apprendre énormément, même si on saute un paragraphe de temps en temps (ce que je n’ai pas fait, bien sûr!). Les 215 notes, aussi bien des références que des compléments d’information, sont en bas de page.

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