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Où le vote de Québec solidaire a-t-il le plus changé en 2022?

7 octobre 2022

QS-2022Ce billet est le quatrième que j’écris après une élection pour regarder où le vote de QS a le plus changé (en 2012, en 2014 et en 2018). Alors que le nombre de personnes qui ont voté a augmenté de 1,9 %, le vote pour QS a diminué de 2,4 % ou de 14 953 voix. Son taux d’adhésion est de son côté passé de 16,10 % à 15,43 %, une baisse de 0,67 point de pourcentage ou de 4,2 %. C’est la première fois que QS voit ce nombre et cette proportion diminuer entre deux élections depuis sa fondation. Notons toutefois que la majeure part de cette baisse s’explique par le retrait de la candidature dans Camille-Laurin, circonscription où QS avait reçu près de 8000 votes en 2018 et où il comptait bien en recevoir au moins 10 000 en 2022. En outre, il faisait face cette fois à un adversaire significatif supplémentaire, le parti conservateur du Québec (PCQ) On peut bien penser que ce parti étant aux antipodes de QS sur le plan politique, cela a eu peu d’impact sur ses appuis, mais il demeure qu’un sondage a montré que 13 % des gens qui avaient voté pour QS en 2018 avaient l’intention de voter pour le PCQ en 2022 (voir le troisième tableau de ce fichier, en l’agrandissant pas mal!), plus que tout autre parti à part QS (65 % pour QS, 12 % pour la CAQ, 7 % pour le PQ et 2 % pour le PLQ). On peut imaginer qu’une partie du vote de protestation est passé de QS au PCQ,  et que des personnes ont pu adhérer à la position hostile du PCQ face à la gestion de la pandémie par la CAQ, mais il peut y avoir bien d’autres raisons, les motifs des électeur.trices étant parfois et trop souvent bien mystérieux.

Ce résultat peut sembler décevant quand même, et il l’est, mais cette baisse des appuis est arrivé dans une élection où QS a su ajouter une des propositions les plus novatrices et pertinentes de son histoire, des impôts sur la richesse et les héritages pour les 5 % des contribuables les plus riches, tel que le recommandent des économistes réputé.es, comme Thomas Piketty (voir notamment ce billet). Rarement ai-je vu une proposition subir des attaques aussi mal fondées, des journalistes reniant même les données de Statistique Canada pour leur préférer des observations sur leurs amis, faisant bien sûr partie de la tranche la plus aisée de la société. Habituellement, les journalistes se moquent des conspirationnistes ou autres idéologues qui repoussent les données officielles pour les remplacer par des observations personnelles, mais là, ce sont eux et elles qui l’ont fait!

Cette baisse ne s’est bien sûr pas répartie également entre les circonscriptions et les régions. Je vais ici tenter de montrer dans quelles circonscriptions, dans quelles régions et dans quels types de régions le vote pour QS a le plus changé.

Dans l’ensemble

Comme les taux de participation peuvent avoir changé de façon significative entre 2018 et 2022 dans chaque circonscription, je trouve préférable de présenter les variations des taux de votes pour QS plutôt que celles du nombre de votes. En fait, le pourcentage de votes pour QS a augmenté dans 47 circonscriptions et a baissé dans les 78 autres.

Les 10 circonscriptions où le vote pour QS a le plus augmenté en points de pourcentage sont :

  • Ungava, avec une hausse de 7,7 points de pourcentage, de 16,5 % à 24,2 %;
  • Sherbrooke, de 7,6 points, de 34,3 % à 41,9 %;
  • Maurice-Richard, de 6,8 points, de 27,9 % à 34,7 %;
  • Verdun, de 6,8 points, de 24,0 % à 30,8 %;
  • Viau, de 6,1 points, de 24,3 % à 30,4 %;
  • Saint-François, de 5,5 points, de 22,7 % à 28,2 %;
  • Mont-Royal-Outremont, de 4,8 points, de 15,4 % à 20,3 %;
  • Jean-Talon, de 4,6 points, de 19,2 % à 23,8 %;
  • Rimouski, de 3,9 points, de 17,4 % à 21,4 %;
  • Saint-Henri-Sainte-Anne, de 3,9 points, de 23,8 % à 27,7 %.

Cinq de ces hausses ont eu lieu a Montréal et ont notamment permis l’élection de deux député.es supplémentaires, deux ont été observées en Estrie, une à Québec, une au Bas-Saint-Laurent et une dans le Nord-du-Québec. Seulement quatre baisses furent supérieures à 5 points, soit bien sûr dans Camille-Laurin (de 24,4 points, de 24,4 % à 0), mais aussi aux Îles-de-la-Madeleine (de 8,2 points, de 13,6 % à 5,4 %), dans Lac-Saint-Jean (de 7,3 points, de 14,9 % à 7,6 %) et dans Laviolette-Saint-Maurice (de 5,6 points, de 15,1 % à 9,5 %). Comme en 2018, le meilleur résultat a été obtenu dans Gouin (59,4 %, en légère hausse avec le 59,1 % de 2018) et le moins bon (à part le 0 de Camille-Laurin) dans Beauce-Sud (4,4 %, en baisse avec le 5,8 % de 2018), un poil sous Beauce-Nord (4,5 %, en baisse par rapport au 7,1 % de 2018), deux circonscriptions où les candidat.es du PCQ ont reçu plus de 40 % du vote (et la CAQ aussi!).

Par grandes régions

Comme les sondages donnent presque toujours des résultats pour trois grandes régions, j’ai cru bon de regarder aussi la progression du vote selon ces régions. Notons qu’un certain nombre de circonscriptions chevauchent ces régions, mais j’ai fait de mon mieux pour les attribuer à la région où le plus grand nombre de personnes habitent.

QS-2022_1_total

L ’influence du PCQ se manifeste clairement dans ce tableau. Le vote est demeuré stable dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal, malgré le retrait d’une candidate, alors qu’il a baissé à peu près comme dans la moyenne dans celle de Québec et beaucoup plus fortement dans le reste du Québec, où il était déjà le moins élevé en 2018. Même si les écarts entre ces grandes régions peuvent sembler limités en points de pourcentage, soit un peu plus de quatre entre la RMR de Montréal et le reste du Québec, il s’agit quand même d’un appui moins élevé de près de 25 %, alors qu’il l’était de 17 % en 2018. Cela dit, cet écart était de près de 30 % en 2014 et supérieur à 40 % en 2012.

Par type de circonscription

J’ai voulu aussi examiner la progression par type de circonscriptions, soit urbaines, de banlieues (de Montréal et Québec) et autres. Pour favoriser des résultats vraiment représentatifs pour les circonscriptions urbaines et de banlieues, j’ai compilé les circonscriptions mixtes (à la fois urbaines, de banlieue et autres) avec les circonscriptions du reste du Québec (notamment Rimouski et Rouyn-Noranda-Témiscamingue, mais d’autres aussi) et celles des extrémités de l’île de Montréal avec les banlieues. En fait, hors de Montréal et de Québec, je n’ai pu retenir dans les «villes» que huit circonscriptions, soit Chapleau (surtout à Gatineau), Chicoutimi, Granby, Hull, Joliette, Jonquière, Sherbrooke et Trois-Rivières.

QS-2022_2_type

Alors qu’entre 2012 et 2014, les hausses les plus importantes se sont produites dans les circonscriptions hors des villes et dans celles des banlieues, et qu’entre 2014 et 2018 ces hausses furent les plus fortes dans les villes et les plus faibles dans les banlieues, on peut voir qu’entre 2018 et 2022 il n’y a que dans les villes que le pourcentage de votes a augmenté (malgré la perte d’environ 10 000 votes, je le rappelle), alors qu’il a diminué moins que la moyenne dans les banlieues et près de trois fois plus dans les autres circonscriptions.

La plus grande popularité de QS dans les villes (un phénomène mondial pour la gauche, précisons-le), avec 22,9 % du vote, par rapport à 12,5 % dans les banlieues et à 12,6 % dans les autres circonscriptions, et surtout l’accroissement de cet écart en 2022 sont désolants, mais pas surprenants, quand on constate que les deux gains de 2022 ont eu lieu dans les villes, que la seule perte a eu lieu dans une circonscription considérée dans ma méthode comme «autre» (Rouyn-Noranda-Témiscamingue, une défaite crève-cœur aussi bien en raison de la qualité du travail d’Émilise Lessard-Therrien, de l’emplacement en région de cette circonscription et de la question de l’urne dans cette circonscription : des emplois payants ou la santé de la population, alors qu’un n’exclut pas nécessairement l’autre) et que les 11 député.es de QS ont été élu.es dans des circonscriptions urbaines. Alors que l’écart en pourcentage des appuis à QS entre les circonscriptions urbaines et celles des banlieues et les autres circonscriptions s’était réduit de façon importante en 2018, il s’est au contraire accentué en 2022, passant de 72 à 83 % entre les villes et les banlieues (104 % en 2014), et de 56 à 82 % entre les villes et le reste du Québec (85 % en 2014).

Dans les villes

Finalement, comme c’est clairement dans les milieux urbains que QS est le plus populaire en termes de pourcentage du vote, je me suis dit qu’il serait intéressant de regarder de plus près la situation dans ces milieux. J’ai donc regroupé les villes en fonction des trois grandes régions.

QS-2022_3_villes

De façon contre-intuitive, ce fut dans les villes hors des RMR de Montréal et Québec que l’appui à QS a le plus augmenté, même s’il a augmenté dans les trois grandes régions. Il faut dire que, comme précisé auparavant, je n’ai inclus que huit villes dans le reste du Québec et que 86 % de la hausse du pourcentage de votes dans ces villes est dû à celle mentionnée auparavant à Sherbrooke. Le pourcentage du vote pour QS a augmenté dans quatre autres villes de cette grande région et a baissé légèrement dans les trois autres. Il est aussi important de noter que les villes ne représentaient que 17,2 % des électeur.trices du reste du Québec, mais 24,3 % des votes pour QS. Ainsi, si 17,7 % des électeur.trices des villes du reste du Québec ont voté pour QS, ce ne fut le cas que 12,5 % des électeur.trices non urbains du reste du Québec. Cela dit, l’appui dans ces villes (17,7 %) est demeuré bien moins important que dans les circonscriptions urbaines des RMR de Québec (21,8 %) et de Montréal (25,4 %).

Le niveau d’appui à QS est donc demeuré nettement plus élevé dans les villes de la RMR de Montréal, dépassant même pour la première fois le quart des votes, malgré le retrait d’une candidate (j’ai estimé que ce pourcentage aurait atteint 26,7 % sans ce retrait, disons entre 26,5 % et 27,0 %). L’appui de QS dans la RMR de Montréal était 17 % plus élevé que dans les villes de la RMR de Québec (16 % en 2018) et 44 % plus élevé que dans les villes du reste du Québec (51 % en 2018).

Et alors…

Même si j’ai mentionné quelques facteurs expliquant la légère perte d’appuis à QS cette année, j’hésite souvent à le faire. On n’a qu’à écouter nos supposé.es expert.es en sciences politiques les soirées d’élection pour se convaincre que les facteurs énoncés varient tout au long de la soirée. Je rigolais quand une experte nous a parlé de la légitimité d’un gouvernement de la CAQ quand ce parti récoltait 50 % vers 20 h 15 et de la déconfiture de QS en raison des attaques de ses adversaires sur les taxes orange alors qu’il était quatrième ou cinquième avec 11 % des voix. Ignorait-elle que le vote rural sort toujours en premier (moins de votes par boîte de scrutin) et qu’il favorise la CAQ mais beaucoup moins QS? C’est probablement parce qu’elle ne lit pas mes billets!

En fait, ces facteurs peuvent varier d’une élection à l’autre (et ils le font!), selon les enjeux de l’heure, le déroulement des débats, les plateformes des partis, les gaffes des chef.fes et de leurs candidats, de la sympathie pour des chef.fes (je me souviens du célèbre «on va donner une chance à Mario» en 2007, pas Jodoin, mais Dumont!). Bref, pour des personnes politisées comme moi et sûrement comme celles qui lisent ce billet, il est vraiment difficile de savoir et même de deviner ce qui se passe dans la tête des électeur.trices moins politisé.es quand iels cochent une case…

La concentration du vote permet de faire élire plus de député.es, on l’a vu avec les 21 élu.es du PLQ et, dans une moindre mesure, avec l’ajout d’un.e député.e à QS, et à l’inverse avec l’absence de députation du PCQ et avec la faible représentation du PQ, mais, une plus grande répartition du vote de QS, comme en 2018, est peut-être plus prometteuse à moyen et long termes. En fait, seule l’adoption du scrutin proportionnel mettrait fin à ce (faux?) dilemme. Malgré tout, les idées de QS font maintenant partie du débat public dans toutes les régions du Québec, mais pourraient se propager davantage avec un appui plus important et mieux partagé!

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4 commentaires leave one →
  1. 7 octobre 2022 7 h 43 min

    Félicitations Mario pour cette présentation analytique rigoureuse des pourcentages de votes par regroupements de comtés.

    Dans une analyse par rangs obtenus par comté aux élections de 2022, QS est champion des 3ième (51) et 4ième (43) places. QS n’est franchement rejeté à nulle part avec une seule 5ième place (Huntingdon avec 11,15 % des votes). La CAQ n’a aucune 5ième place. Le PLQ en a 65 ce qui le disqualifie à mon avis d’être une opposition officielle représentative ou légitime. Par contre QS arrive 4ième pour le nombre de comtés en 1ère ou 2ième place (CAQ 100, PQ 48, PLQ 38, QS 29 et PCQ 24).

    Ce qui suit est subjectif. Les résultats par rangs concordent avec la sympathie accordée par la population aux porte-paroles successifs du parti Françoise David, Amir Khadir, Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois. Cette sympathie explique à mon avis les résultats obtenus autant que le programme du parti, et même davantage dans les régions non urbaines. On peut même se demander quel est l’écart entre les opinions personnelles de GND et les positions des membres sur certaines questions incluant la possibilité de rapprochement stratégique avec le PQ, dont le rejet fait très mal aux deux partis (comme l’a illustré le cas Camille-Laurin).

    Pour continuer dans la subjectivité relative, on ne peut interpréter les résultats sans définir QS. Au-delà de son programme détaillé, QS a actuellement deux grandes priorités: la lutte au réchauffement climatique (anti-combustibles fossiles, très pro-transport en commun, anti-étalement urbain, enlevant ainsi tout oxygène au Parti vert) et la lutte aux inégalités (ce qui inclut d’affronter agressivement la crise du logement). Tout le reste vient après, ce qui en fait un parti indépendantiste mou (même anti-identitaire), et un défenseur mou de la langue française et de la laïcité. Mathieu Bock-Côté dit « succursale du département de sociologie de Concordia » , c’est caricatural bien sûr, mais très vrai pour une certaine frange du parti.

    Les résultats un peu décevants de QS s’expliquent à mon avis par la faible participation des jeunes au scrutin. Semble-t-il qu’aller voter la première fois qu’on en a le droit induit une propension plus grande à aller voter tout le reste de sa vie. Merci à QS pour ses efforts envers les nouveaux électeurs. Le résultat supérieur à l’urne qu’aux sondages de la CAQ s’explique par la même raison (forte participation des électeurs âgés) et non par une soit-disant remontée dans la dernière semaine (malgré des propos anti-immigrants).

    À Québec, la banlieue commence bien près du centre-ville. QS a obtenu 39,5 % des suffrages dans Taschereau et 37,7 % dans Jean-Lesage, mais en s’éloignant du centre-ville le vote de QS chute rapidement. QS n’arrive même pas à s’implanter au centre-ville de Lévis.

    Hélène Buzetti dit que l’élection de 2022 en a été une de stabilisation pour QS, un tremplin en faisant un parti légitime pour accéder éventuellement au pouvoir. À mon avis, la frange intransigeante de QS, dont le PQ a été libéré, crée un plafond de verre de l’intérieur. Et en supposant que la population rejettera la CAQ en 2026, le PQ me semble le mieux placé pour accéder au pouvoir, avec ses 48 médailles d’or et d’argent en 2022.

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  2. 7 octobre 2022 8 h 47 min

    Merci pour les bons mots! Petites précisions :

    «Dans une analyse par rangs obtenus par comté aux élections de 2022, QS est champion des 3ième (51) et 4ième (43) places. QS n’est franchement rejeté à nulle part avec une seule 5ième place (Huntingdon avec 11,15 % des votes).»

    J’ai fait un décompte aussi, et j’ai des résultats un peu différents, peut-être parce que ce décompte ou le mien, ou les deux ont été faits avec des données prélminaires. Cela dit, j’avais deux cinquièmes places, l’autre dans Jacques-Cartier, et le site d’Élections Québec indique encore ce matin cette cinquième place, avec 5,02 % du vote à six voix derriére la quatrième! J,ai aussi des résultats différents aux autres rangs, mais je n’ai pas le goût de faire une nouvelle fois le tour des résultats des 125 circonscriptions!

    «un parti indépendantiste mou (même anti-identitaire), et un défenseur mou de la langue française et de la laïcité. »

    Je suis en total désaccord. L’indépendance est essentielle à la réalisation de grandes parties du programme. Mais, pendant qu’elle ne se fait pas, la roue tourne, En 54 ans, depuis la création du PQ, l’indépendance ne s’est pas faite (même en en parlant plus que QS), mais le Québec a vécu l’arrivée du néolibéralisme, l’attaque contre son modèle, des vagues de mises à la retraite et de période d’austérité pour satisfaire le dieu de l’équilibre budgétaire, une hausse des inégalités, des attaques répétées contre les prestataires de l’assistance sociale, des gels du salaire minimum et j’en passe! Le PQ a beau dire qu’il parle plus d’indépendance que QS, il ne l’a pas plus faite, mais a drôlement contribué à ce que je viens de décrire! Et je ne vois pas en quoi le fait de ne pas appuyer le nationalisme identaire rend QS moins indépendantiste.

    Pour la langue française, QS a toujours basé ses propositions sur la langue de travail, tellement qu’il a voté pour le PL 96 parce qu’il applique la loi 101 aux entreorises de moins de 50 employé.es, comme il le propose dans son programme, même si ce PL contient des éléments inacceptables (j’aurais voté contre!). Pour la laîcité, QS veut en fait aller bien plus loin que la CAQ et le PQ en cessant de subventionner les écoles religieuses et en éliminant les avantages fiscaux des organismes religieux, propositions qui sont bien plus systémiques que de s’attaquer à quelques femmes qui portent des signes religieux. C’est l’État qui doit se séparer des organismes religieux, pas les citoyen.nes!

    « par la faible participation des jeunes au scrutin»

    As-tu des données pour appuyer cette explication? Je suis loin d’être certain de ce constat. Si le taux de participation des jeunes est plus bas que la moyenne (et on ne sait pas si ce fut pire en 2022), il n’est pas clair qu’il s’applique aux jeunes politisé.es et soucieux.euses de l’environnement, soit les jeunes susceptibles de voter QS.

    Aimé par 1 personne

  3. 7 octobre 2022 10 h 05 min

    Merci Mario pour ces compléments d’interprétation. Je sais bien que mes commentaires étaient légèrement provocateurs, et ils ont réussi leur effet. Moi non plus je n’avais plus le goût de recompter. J’ai fait ma compilation à partir du site du directeur général des élections. D’ailleurs le PLQ a 21 députés et non 20 comme dans ma compilation. C’est vraiment fastidieux puisqu’il faut aller chercher les résultats un seul comté à la fois. Il y a une page Wikipedia qui présente tous les comtés mais l’auteur vient à peine de commencer à entrer les chiffres. De toutes façons, ça ne change pas les constats.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Résultats_détaillés_des_élections_générales_québécoises_de_2022

    Pour être transparent, j’ai aussi mes ressentiments envers le PQ pour les mêmes raisons que tu cites, et en l’ayant en plus vécu de l’intérieur au gouvernement. Je m’étais juré de ne plus jamais voter pour eux, mais Jeanne Robin (je suis dans Taschereau et j’avais voté pour Catherine Dorion en 2018) m’a conquis par son intelligence, et par la suite Paul St-Pierre Plamondon dissout graduellement mon scepticisme envers le PQ. Je me réjouis de la victoire d’Étienne Grandmont, Jeanne Robin aussi d’ailleurs, ils se connaissent très bien. On peut bien sûr être indépendantiste sans être nationaliste identitaire, c’était une description. PSPP vient de faire avancer la cause en en parlant beaucoup sans gêne.

    Je suis complètement d’accord avec « QS a toujours basé ses propositions sur la langue de travail, tellement qu’il a voté pour le PL 96 parce qu’il applique la loi 101 aux entreprises de moins de 50 employé.es, comme il le propose dans son programme, même si ce PL contient des éléments inacceptables (j’aurais voté contre!). Pour la laïcité, QS veut en fait aller bien plus loin que la CAQ et le PQ en cessant de subventionner les écoles religieuses et en éliminant les avantages fiscaux des organismes religieux, ».

    Je me fous de la langue parlé à la maison. Il faut agir sur la langue de travail. Les cours de français dans les lieux de travail, bonne idée je me demande toutefois comment on fait ça en pratique.

    Quant à  » propositions qui sont bien plus systémiques que de s’attaquer à quelques femmes qui portent des signes religieux. C’est l’État qui doit se séparer des organismes religieux, pas les citoyen.nes! »,

    « quelques femmes » n’est pas un argument. La Ville de Montréal a accordé des congés religieux musulmans payés à ses fonctionnaires, en plus des jours fériés accordés à tous, quand ils étaient très peu nombreux. C’est encore là.

    J’ajouterais que contre l’intolérance et l’intégrisme il n’y a qu’une réponse efficace: encore plus d’intolérance. Pour cela il faut lire Nassim Nicolas Taleb: Skin In The Game. Chapitre 2

    Cliquer pour accéder à skin-in-the-game-nassim-nicholas-taleb.pdf

    Ça me dérange également qu’une religion qui ne reconnaît pas la liberté de religion (quand l’apostasie peut être puni par la peine de mort) l’utilise, et la liberté d’expression, pour défendre ses droits. Dernier exemple:
    https://www.journaldemontreal.com/2022/10/04/mcgill-ne-reprimandera-pas-son-enseignant-qui-fait-lapologie-de-la-violence-aux-femmes

    Participation des jeunes aux élections:
    https://www.electionsquebec.qc.ca/communiques/participation-electorale-etude-et-recommandations/
    Sauvé par Google. Je m’étais fié à tous les journalistes qui se demandaient si QS réussirait à faire sortir son vote.

    J’ai aussi cité Mathieu Bock-Côté et Hélène Buzetti pour illustrer qu’il est bénéfique de lire toutes sortes d’opinions, et trouver ce qu’elles ont de bon, même celles avec lesquelles on n’est pas d’accord. Pour s’étirer l’esprit. Dans le même sens, j’aurais préféré que les idées véhiculées par le PCQ soient exprimées à l’Assemblée nationale, au grand jour, plutôt qu’ailleurs comme ça risque de continuer à se produire.

    Nous venons de sortir pas mal de l’interprétation des résultats des élections.

    Amicalement.

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  4. 7 octobre 2022 10 h 12 min

    «Participation des jeunes aux élections»

    Oui, j’ai vu ce rapport, mais c’est pour 2018, et cela ne départage pas le taux de participation selon l’allégeance ou les priorités politiques. Et je sais que cela serait très difficile à faire.

    « j’aurais préféré que les idées véhiculées par le PCQ soient exprimées à l’Assemblée nationale, au grand jour, plutôt qu’ailleurs comme ça risque de continuer à se produire.»

    Moi aussi, mais en plus pour mon attachement à la démocratie. On ne peut pas être pour la démocratie seulement quand ça nous plaît (je ne te vise surtout pas avec ce commentaire, je pense à des commentaires que j’ai lus un peu partout, genre que la consolation pour notre mode de scrutin est l’absence du PCQ…).

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