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Retour sur la péréquation

28 novembre 2010

Par Darwin – Bon, ça continue… Lors d’un précédent billet, je démontrais que le Québec subit plus de désavantages qu’il ne retire d’avantages de la péréquation, surtout par rapport à la supposée contribution de l’Alberta à nos finances publiques. Mais, la démagogie sur la péréquation ne s’arrête bien sûr pas à notre supposée hypocrisie contre l’exploitation des sables bitumineux.

L’éditorialiste lucide de La Presse remettait cela hier, en parlant du premier ministre démissionnaire de Terre-Neuve (et Labrador…) Danny Williams : «Quand il déplore le fait que nous profitons de la péréquation (telle une province pauvre) tout en se payant des programmes sociaux extraordinairement généreux (telle une province riche), le premier ministre de Terre-Neuve a raison.».

Non, mais quelle merde !

Ce serait donc à cause de la péréquation que le Québec se paie des programmes sociaux meilleurs que dans les autres provinces du Canada… Comment se fait-il alors que Pratte et les autres lucides autoproclamés ne cessent de nous rabattre les oreilles avec des déclarations dénonçant le niveau plus élevé des taxes et impôts au Québec ?

La péréquation

Il semble qu’on soit obligé de répéter encore et encore en quoi consiste la péréquation. La péréquation vise à «donner aux gouvernements provinciaux des revenus suffisants pour les mettre en mesure d’assurer les services publics à un niveau de qualité et de fiscalité sensiblement comparable». Répétons en chœur et avec ardeur : «à un niveau de qualité et de fiscalité sensiblement comparable». C’est donc parce que les indicateurs utilisés par le gouvernement fédéral démontrent que l’assiette fiscale du Québec (basée en grande partie sur la taille de son économie) ne lui permettrait pas d’offrir les MÊMES services que dans les autres provinces qu’il reçoit de la péréquation. Et même l’Ontario en reçoit

Ce n’est donc pas parce que la péréquation donne au Québec une capacité de dépenses supplémentaire qu’il peut offrir des programmes sociaux plus développés qu’ailleurs, puisque la péréquation ne lui permet que d’en offrir des semblables !

Si nous avons des programmes sociaux plus développés qu’ailleurs, c’est parce que nous avons choisi démocratiquement de nous les offrir et parce que nous payons pour ces services, à même nos taxes et impôts plus élevés qu’ailleurs au Canada ! En fait, ce n’est pas pas tout à fait exact, car il y a une autre raison pour laquelle nous pouvons nous payer ces services : nous sommes plus efficaces !

Nous sommes plus efficaces

Étonnant non ? Ben oui, nous sommes plus efficaces que les autres provinces pour livrer des programmes sociaux. Je ne vous citerai pas des méchants go-gauchistes pour démontrer cela, mais de bons et honnêtes (sic) lucides… En effet, dans son premier fascicule sur les finances publiques du Québec, le Comité consultatif sur l’économie et les finances publiques, composé des très lucides Pierre Fortin, Claude Montmarquette, Luc Godbout et Robert Gagné, nous a présenté à la page 69 un tableau montrant que les programmes sociaux offerts en plus par le Québec par rapport à ceux offerts par l’Ontario nous coûtent 10,5 milliards $ de plus que si nous nous offrions les mêmes services que l’Ontario, mais que si ces mêmes programmes sociaux étaient offerts par l’Ontario, ils leur coûteraient 17,5 milliards $ ! Bref, nous payons 7 milliards $ de moins pour les programmes sociaux au Québec que si ces mêmes programmes étaient offerts en Ontario ! Dit autrement, ces programmes coûteraient 70 % plus cher en Ontario ! C’est de l’efficacité ça, monsieur !

Oui, mais qu’ossa donne ?

D’une part, cela nous donne que les services qui nous sont offerts à faible prix collectif sont autant de dépenses que nous n’avons pas à payer plus cher individuellement. En payant moins qu’ailleurs pour nos services de garde, nos universités ou nos transports en commun (et j’en passe…), c’est autant de sous que nous pouvons garder dans nos poches pour choisir nos dépenses personnelles. Nos amis libertariens devraient être contents !

D’autre part, cela nous donne une des sociétés nord-américaines où les inégalités sont les moins élevés en Amérique du Nord (même si elles le sont encore trop…). Cela nous donne une société plus juste, moins de criminels (et de dépenses qui y sont associées), de meilleures chances pour nos démunis de sortir de leur situation, etc.

Et alors…

En ces temps de déprime sur la corruption qui nous ronge, il est bon de temps en temps de se rappeler que, malgré les entourloupettes de certains de nos politiciens, l’argent qu’on remet à notre État nous offre des avantages tangibles qui nous coûtent relativement peu…

Et ce serait bon aussi de penser que nous pourrions nous en offrir encore plus !

20 commentaires leave one →
  1. koval permalink*
    28 novembre 2010 13 h 26 min

    Pratte est au journalisme ce qu’Antagoniste est aux blogues…

    Je préfère Auger, plus neutre…

    « Mais l’argument le plus intéressant du ministère des Finances est que le Québec finance lui-même ses programmes sociaux novateurs, et que la péréquation a, somme toute, assez peu à voir là-dedans. »

    http://www.radio-canada.ca/nouvelles/carnets/2010/04/06/128553.shtml?auteur=2094

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  2. koval permalink*
    28 novembre 2010 13 h 27 min

    Et Lisée (de l’UdeM) l’explique clairement, qu’on en a plus pour notre argent…

    http://www.immigrer.com/faq/sujet/le-quebec-la-plus-meilleure-province-.html

    Sauf qu’on aime ça au Québec se penser des BS gâtés qui attendent la bouche ouverte après maman Alberta ou pôpa gouvernement, effrayant le manque de fierté…

    😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆

    PS: Lâche pas Darwin, on progresse!

    😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆

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  3. 28 novembre 2010 14 h 06 min

    Encore une fois, Darwin replace les choses… Et vlan, dans les dents…

    Faut dire que Terre-Neuve-Labrador a perdu bon nombre de ses citoyens au cours des dernières années, un peu grâce aux sables bitumineux. Selon Statistiques Canada,

    …Environ 4 500 personnes de plus ont quitté Terre-Neuve-et-Labrador qu’il n’y en est entré en 2005, ce qui a ramené la perte nette à 700 en 2007… Les résidents qui ont quitté Terre-Neuve-et-Labrador au cours des dernières années se sont principalement rendus en Alberta, puis en Ontario et, dans une moindre mesure, en Nouvelle-Écosse.

    Tant qu’à être sur le sujet de Terre-Neuve, il me semble que le Québec devrait s’entendre pour transporter l’électricité de Churchill Falls. On apprenait encore cette semaine, que le Québec devra importer son électricité des USA en période pointe… Et Terre-Neuve qui veut installer un câble sous-marin… Entente impossible ?

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  4. 28 novembre 2010 14 h 10 min

    @ Koval

    Merci pour les deux liens, des textes que je n’avais pas lus. Le premier dit pratiquement la même chose que moi dans les deux billets que j’ai écrits sur la péréquation !

    Le deuxième aussi est intéressant. Tu as sûrement noté cette phrase qui me rappelle (et qui devrait te rappeler !) un échange vif sur un autre blogue :

    «Le revenu médian est un meilleur indicateur de la richesse collective que le revenu moyen : avec cette dernière méthode, il suffit qu’il y ait un Bill Gates dans votre échantillon pour que tout le monde soit, en moyenne, milliardaire.»

    Et il utilise le même exemple que moi (Bill Bates), exemple que j’avais pris de Paul Krugman !

    Lisée a aussi parlé comme moi de l’efficacité du Québec pour livrer des programmes sociaux. Je n’ai pas cité son billet, car il contient selon moi une petite erreur. Voir :
    http://www2.lactualite.com/jean-francois-lisee/quebec-vs-ontario-un-bon-rapport-qualiteprix/

    Il dit que le 17,5 milliards $ de services que nous recevons nous coûte environ 7 milliards $. Pourtant, le document qu’il cite parle bien de 10,5 milliards $. Mais, peu importe, la démonstration qu’il fait ressemble à la mienne. C’est drôle, parce que j’avais soulevé ce point (que, contrairement aux conclusions des lucides, leurs chiffres montent l’efficacité du Québec, ce que Lisée appelle un excellent rapport qualité/prix) à des collègues bien avant de lire le billet de Lisée…

    J’étais bien content de voir que je n’étais pas le seul à être arrivé à cette conclusion, même si nos chiffres diffèrent un peu.

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  5. 28 novembre 2010 14 h 44 min

    @ Luto

    La situation à Terre-Neuve-Labrador est assez complexe. D’une part, le pétrole leur a permis une forte hausse du PIB. Par contre, cet apport ne semble pas bien partagé, ni redistribué. Leeur coefficient de Gini est par exemple passé de 31.0 en 1989 à 38.2 en 2008. De même, le taux de chômage y est encore beaucoup plus élevé que dans le reste du Canada et le taux d’emploi beaucoup plus faible

    Par contre, l’incidence du faible revenu selon la mesure du panier de consommation y a diminué de moitié entre 2000 et 2007. Bref, les inégalités augmentent, mais la pauvreté y a reculé.

    Dans mon billet sur le partage de richesse (https://jeanneemard.wordpress.com/2010/09/18/le-partage-des-richesses/), j’avais d’ailleurs soulevé ce phénomène : «la présence de pétrole ou de diamants enrichit un pays (enfin, dans le calcul du PIB par habitant…), mais ne favorise pas nécessairement la baisse des inégalités. ».

    «Et Terre-Neuve qui veut installer un câble sous-marin… Entente impossible ?»

    Les parties sont campées sur leur position et ne se laissent aucune porte de sortie. C’est donc mal parti. Et le fédéral qui risque de subventionner une dépense ridicule dans le contexte.

    On verra…

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  6. Sombre Déréliction permalink
    29 novembre 2010 9 h 32 min

    Bon article Darwin. Très instructif…

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  7. 29 novembre 2010 17 h 36 min

    «Très instructif…»

    On devrait le faire lire à André Pratte !

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  8. Olivier Gagnon permalink
    30 novembre 2010 22 h 45 min

    Bonsoir Mr. Darwin.

    J’aimerais que vous expliquiez mieux votre conclusion sur les informations du tableau 4 en page 69 du PDF cité.

    Peut-être que j’interprète mal les données mais il me semble pas que c’est ce que le tableau dit. J’y verrais plutôt que le 7 milliards est ce que nous payons de plus en salaires/administration si les mêmes services étaient offerts en Ontario. Je dis cela sous tout réserve, c’est pour cela que j’aimerais que vous approfondissiez votre interprétation.

    De plus, je trouve votre dénonciation des « péréquationneux » assez faible. Il est vrai que la péréquation est basée sur le revenu des provinces pour ensuite faire une moyenne des dépenses per capita pour offrir des services semblables. Par contre, le fait qu’on soit en déficit année après année pour se payer ces services additionnelles qui sont comptabilisés dans la moyenne montre bien que nous n’avons pas les moyens de se les payer. Ca démontre une inefficacité du système à offrir les services avec les taxes et impôts que le Québec récoltent malgré qu’on ait les taux de taxation les plus élevés.

    En fait, malgré que l’on taxe plus les citoyens (revenus) nous ne sommes pas capable d’offrir des services semblables aux autres provinces (dépenses). On peut donc voir ce problème de deux manières: soit nous sommes trop pauvres comparé aux provinces pour offrir ces services ou soit nous dépensons trop en services additionnelles.

    Il reste que cela demeure une question de revenus tant qu’à moi.

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  9. 1 décembre 2010 0 h 39 min

    @ Olivier

    «J’aimerais que vous expliquiez mieux votre conclusion sur les informations du tableau 4 en page 69 du PDF cité.»

    – on paye 10,5 M $ de plus que l’Ontario
    – si l’Ontario offrait les mêmes services, cela lui coûterait 17,5 M $
    – donc le Québec paye ses services 7 M $ de moins que si l’Ontario s’offrait les mêmes services.

    Si vous ne comprenez pas, je n’y peux rien.

    «J’y verrais plutôt que le 7 milliards est ce que nous payons de plus en salaires/administration»

    Ouf ! Vous mélangez les + avec les -…

    Les salaires sont moins élevés au Québec, c’est d’ailleurs la principale raison pour laquelle on peut s’offrir autant de services à des coûts si peu élevés. Heureusement, le coût de la vie est moindre au Québec. Même les lucides Godbout et Fortin ont écrit des textes à ce sujets. Cherchez et vous trouverez…

    Regardez encore le fameux tableau de la page 69. La santé nous coûte 2 milliards $ de moins qu’en Ontario et l’Ontario devrait payer 1,5 M $ de plus pour offrir les mêmes services que nous (ces calculs sont pondérés en fonction de la différence de population entre les deux provinces). Je vois l’assurance-médicaments comme un élément qui doit expliquer une bonne partie de ce 1,5 M $.

    En éducation, nous payons moins, mais l’Ontario devrait payer plus pour offrir nos services, sûrement en grande partie en raison de la différence entre les droits de scolarité à l’université.

    Pour la famille, nous payons plus (5 M $), sûrement en raison des services de garde à tarifs réduits et des prestations parentales, mais cela coûterait 5,5 M $ à l’Ontario pour s’offrir des services similaires.

    Dans les transports, on paye 3,8 M $ de plus, dû à la différence de taille de notre système routier (de mémoire, 60 % plus grand pour une population bien moindre). Cela coûterait 4,0 M $ à l’Ontario pour des services similaires (là, la différence est moindre).

    Bon, j’arrête là.

    «De plus, je trouve votre dénonciation des « péréquationneux » assez faible. »

    Avez-vous au moins lu le billet prédédent (https://jeanneemard.wordpress.com/2010/08/20/lalberta-et-la-perequation/ ) ? Vous pensez que la hausse du dollar canadien depuis 2003 n’a rien à voir avec le fait que notre solde commercial internationnal est passé d’un surplus de 4 m $ à un déficit de 24 M $ ! Avez-vous lu la lette de Daniel Paillé aujourd’hui (hier…) dans La Presse ? Savez-vous que l’Irlande et le Portugal sont dans la mouise parce qu’ils n’ont pas de monnaie nationale ?

    «Par contre, le fait qu’on soit en déficit année après année»

    Avant la récession, le ratio de la dette sur le PIB a diminué pendant au moins 7 ans (peut-être 10)… Allez voir les documents budgétaires si vous ne me croyez pas (je suis exaspéré de devoir toujours chercher pour ceux qui contestent sans données…). Les «j’pense que», j’en ai ma claque !

    «Ca démontre une inefficacité du système à offrir les services avec les taxes et impôts que le Québec récoltent malgré qu’on ait les taux de taxation les plus élevés.»

    Affirmation gratuite. Notre taux de taxation a diminué énormément depuis 10 ans et nos dépenses gouvernmentales depuis près de 20 ans. Regardez les comptes nationaux, la part des dépenses gouvernementales est passée d’environ 27 % du PIB en 1992 à autour de 22 % en 2008 !

    De toute façon, j’en ai ras le bol de perdre mon temps avec les affirmations gratuites des droitistes. Moi, je me fends le cul à vous fournir des sources et vous vous ne fournissez rien que des affirmations gratuites, sans preuve, du haut de votre idéologie.

    «En fait, malgré que l’on taxe plus les citoyens (revenus) nous ne sommes pas capable d’offrir des services semblables aux autres provinces (dépenses).»

    En fait ! Quels faits calisse ! Vous affirmez, condamnez, trouvez mes arguments faibles et ne fournissez aucune donnée ! Allez chier !!!!!!!!

    Si vous voulez que je vous réponde à nouveau, documentez-vous et allez aux sources !

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  10. Olivier Gagnon permalink
    1 décembre 2010 8 h 08 min

    Écoutez Darwin, vous pouvez décider de publier des articles sur un blogue et recevoir seulement des félicitations. On appelle cela de la masturbation intellectuelle. Vous n’avez qu’à modérer les commentaires et seulement filtrer ceux qui vous font plaisir.

    Vous avez par contre décidé de permettre les commentaires sans modération. Ca peut amener des commentaires de n’importe qui, voir de trolls.

    J’ai décidé de suivre votre blogue parce que je le trouvais intéressant et qu’il apportait des arguments documentés qui ne sont pas nécessairement dans ma ligne de pensée. Je considère que toutes idées/arguments peuvent amener à un débat. Si ce n’est pas ce que vous cherchez, je vais vous laisser dans votre antre. Si les commentaires qui ne vous félicites pas mais vous questionnent vous fait grimper dans les rideaux avec des chevaux tout en « envoyant chier » le commentateur, dites le simplement ou modérez les commentaires.

    Franchement, je suis assez déçu de votre attitude malgré que vous écrivez des billets de très bonne qualité. C’est très dommage.

    Je vous laisse sur cette note matinale: « Souriez, la vie est un fromage ».

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  11. 3 décembre 2010 15 h 32 min

    Salut Darwin,

    comme beaucoup d’autre j’apprécie vos chroniques bien documentées. C’est une qualité rare chez les blogueurs, j’essaie d’en faire autant quand c’est possible…

    Mais vous sembler avoir plus de talent que moi pour dénicher les bon tableau dans StatCan et ailleurs.

    Puis-je vous proposer un sujet? depuis longtemps je me questionne sur les envois réels du Québec à Ottawa (impôts, taxes, péréquation et j’en passe) et les retours réels de Ottawa au Québec (dépenses dans les administration, en santé, en éducation, investissement militaire, crédits de R&D, etc.)…

    J’ai croisé bien des tableaux, bien des chiffres, mais ils sont toujours incomplet et ne tiennent pas compte de ce que l’on administre nous-même au Québec ou d’autre spécificités. Je me suis aussi rendu compte il y a quelques années que Ottawa (comme capitale) était un poste de dépense à part non comptabilisé dans les dépenses fédérale faites en Ontario et à ce titre, je crois que Gatineau est considérée comme faisant partie d’Ottawa…

    M’enfin voilà, si ça vous dit de relever le défi, ce serait bien intéressant.

    Voilà, merci pour vos lumières même si certains tableau sont difficiles à lire 😉 Force est d’avoué que les appellations de certaines données sont difficile à décoder le fameux « Écart de dépenses publiques avec ajustement de production des services publics au Québec (prix et salaires) » du Tableau 4 en est un bon exemple…

    Salutations,

    .jpm

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  12. 3 décembre 2010 18 h 55 min

    @ Jean-Philippe Martin

    (1 de 3) (Je ne peux mettre qu’un lien par commentaire pour ne pas être modéré…)

    Je vous remercie de vos commentaires et vous souhaite la bienvenue sur le blogue de Jeanne Émard.

    «Puis-je vous proposer un sujet?»

    J’ai déjà pensé écrire sur cette question (le bilan des sommes payées et reçues par le Québec au fédéral). C’est un sujet à la fois sensible et complexe. J’ai quelques billets à écrire avant et je vais regarder ça. Certains démagogues utilisent ces données de façon tout croche, dont un monsieur qui écrit sur Vigile et dans les commentaires du Devoir dont j’ai déjà parlé ici… Il ne les utilise plus depuis un an ou deux, car elles vont à l’encontre de son message… Et il ne sait pas pourquoi !

    En passant, vous ne prenez pas le bon tableau de Statcan dans votre billet. Vous prenez celui qui se termine en 2007 et l’ISQ les données qui vont jusqu’en 2008. Comme ces données sont révisées à chaque année (ce qui influence même les données datant de plusieurs années, parfois de façon importante !), les chiffres ne correspondaient pas. Le bon est le http://www.statcan.gc.ca/pub/13-018-x/2010001/t/tab0724-fra.htm . Il est d’ailleurs la source du tableau de l’ISQ. La seule différence est que Statcan tient répartit les dépenses du service de la dette par province et pas l’ISQ, ce qui est un peu malhonnête… J’élaborerai dans le billet, quand je l’écrirai.

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  13. 3 décembre 2010 18 h 56 min

    @ Jean-Philippe Martin

    (2 de 3)

    Pour vous faire patienter je vous suggère de lire cette étude de Statcan. Elle explique bien la difficulté de ce sujet, les forces et faiblesses de la comparaison des données, et la complexité de la répartition des dépenses par provinces. Quand j’écrirai sur ce sujet, je devrai la relire…

    Revenus et dépenses de l’administration fédérale selon la province : qui sont les gagnants et les perdants dans la Confédération?
    http://www.statcan.gc.ca/pub/11-010-x/00207/9586-fra.htm

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  14. 3 décembre 2010 18 h 58 min

    @ Jean-Philippe Martin

    (3 de 3)

    «Force est d’avouer que les appellations de certaines données sont difficiles à décoder le fameux « Écart de dépenses publiques avec ajustement de production des services publics au Québec (prix et salaires) » du Tableau 4 en est un bon exemple…»

    En effet, en y regardant de plus près, je me suis aperçu que j’ai fait une erreur d’interprétation, qui ne change toutefois rien à l’analyse et aux conclusions du billet, au contraire ! J’avais lu ce document à sa sortie et en écrivant mon billet, j’ai mal interprété une donnée.

    Pour bien comprendre, il fallait relire le fascicule… ce que, je l’avoue, je n’ai pas fait (ou refait).

    L’explication des concepts est à l’annexe 2, à la page numérotée 55 de http://consultations.finances.gouv.qc.ca/media/pdf/le-quebec-face-a-ses-defis-fascicule-1.pdf . Mais le plus important pour comprendre est de regarder avant le tableau 1 à la page numérotée 15.

    On voit sur ce tableau que, selon les auteurs de ce rapport, si le Québec offrait seulement les services offerts par l’Ontario, ses dépenses baisseraient de 17,5 milliards $. Il dépenserait 68,5 milliards $ au lieu de 86 milliards $ (j’arrondis, bien sûr). Mais, en fait, le tableau 4 (à la page numérotée 58) montre qu’il ne paie en fait que 10,5 milliards $ de plus que l’Ontario.

    Donc, l’Ontario dépense actuellement (en ramenant sa population à la taille de celle du Québec) 86 – 10,5 = 75,5 milliards $. En divisant ce 75,5 par le 68,5 que paierait le Québec en offrant les mêmes services que l’Ontario, on conclut que les services gouvernementaux coûtent 10,2 % plus cher en Ontario (75,5 – 68,5 = 7 puis 7 / 68.5 = 10,2 %). Si la même différence de coûts s’appliquait aux services supplémentaires qu’offre le Québec, ces services qui nous coûtent au total 86 milliards $, leur coûteraient 8,8 milliards $ de plus qu’à nous (86 x 10,2 % = 8,8). Bref, j’avais tort, nous ne sauvons pas 7 milliards $ par rapport à l’Ontario, mais bien 8,8 milliards (on s’approche du 10 milliards $ dont parlait Jean-François Lisée…) !

    La confusion est que j’avais interprété que les auteurs avaient calculé les services du Québec au coût de l’Ontario, tandis qu’ils calculaient les services offerts par l’Ontario au coût du Québec… On peut d’ailleurs lire en bas du tableau de la page numérotée 15 : «Écart entre les dépenses effectives au Québec et les dépenses financées publiquement en Ontario ajustées au coût de production des services publics au Québec (prix et salaires) et normalisées à la population du Québec.»

    Est-ce plus clair ? 😉

    J'aime

  15. Harold Martel permalink
    6 mars 2016 14 h 52 min

    Est-ce que vous avez déjà déterminé qu’elle était la participation de l’Alberta
    à la péréquation avant l’arrivée du pétrole.

    Merci,

    Harold Martel

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  16. 6 mars 2016 15 h 34 min

    Je ne suis pas certain de bien comprendre votre question. L’Alberta exploite du pétrole depuis 1947 (à Leduc), alors que la péréquation existe depuis 1957. Cela dit, l’Alberta a déjà reçu de la péréquation, car le système de péréquation ne tenait pas compte des revenus tirées des ressources naturelles.

    « Bien que l’Alberta ait reçu des paiements de péréquation durant les premières années d’existence du programme alors que les ressources naturelles n’étaient pas incluses, elle n’a pas bénéficié de ce programme par après car son développement économique s’est appuyé sur la production des hydrocarbures.»

    (page 8 de http://ideefederale.ca/documents/Perequation.pdf ).

    Quant à sa participation au financement de ce programme, il est en fait le ratio des revenus du gouvernement fédéral qui proviennent de cette province. Mais, comme l’Alberta a toujours produit du pétrole depuis que la péréquation existe (cela dit, sa production a grandement augmenté depuis qu’elle exploite les sables bitumineux sur une grande échelle, soit depuis environ 2002), je ne sais pas trop comment répondre…

    Selon le tableau cansim 384-0004 (qui n’est plus mis à jour et dont les données les plus récentes datent de 2009), l’Alberta fournissait 15,2 % des recettes fédérales en 1981 (la première année de ce tableau) et 16,7 % en 2009. Le sommet a été observé en 1982 (17,2 %) et le minimum en 1989 (9,3 %).

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