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Afghanistan: l’erreur d’Obama

5 décembre 2009

C’est bien connu, suite au règne désastreux de George W. Bush à la Maison Blanche, les américains progressistes ont appuyé massivement Barack Obama lors des dernières élections présidentielles.  Pour une rare fois, il semblait y avoir consensus au sein de la « gauche » américaine, qui donnait l’impression de vouloir en finir avec l’impérialisme militaire, les injustices du système de santé, le niveau alarmant de pauvreté et le racisme omniprésent que l’Amérique semble incapable de faire disparaître.

Mardi soir dernier, le président américain a finalement décidé d’envoyer 30,000 soldats supplémentaires en Afghanistan afin « d’en finir une fois pour toutes avec les talibans et Al Qaida ».  Plusieurs politiciens démocrates, journalistes et commentateurs politiques, qui avaient donné leur appui à Barack Obama l’an dernier, ont fortement manifesté leur désaccord envers cette stratégie militaire :

« Si vous devenez un « président de guerre, » avec cette crise économique qui se poursuit, avec le sacrifice de notre jeunesse sur l’autel de l’arrogance et la cupidité, cette grande civilisation que nous appelons l’Amérique va se précipiter à pleins gaz vers sa chute et l’abîme… Réfléchissez avec soin, Président Obama. Vous êtes le premier à savoir que cela ne doit pas se dérouler ainsi… Vous savez que rien de bon ne sortira de l’envoi de nouveaux soldats à l’autre bout du monde, dans une région que ni vous, ni eux, ne comprennent, pour atteindre un objectif dont ni vous, ni eux, ne savent ce qu’il est, et ce dans un pays qui ne veut pas de nous. Vous pouvez le ressentir au plus profond de vous… » – Michael Moore, dans une lettre publiée quelques jours avant le discours présidentiel.

« You know this, Mr. President: we cannot afford this war. Nothing makes less sense to our status in the world than for us to re-up as occupiers of Afghanistan…  And most of all, and those of us who have watched these first nine months trust both your judgment and the fact you know this, Mr. President: unless you are exactly right, we cannot afford this war. For if all else is even, and everything from the opinion of the generals to the opinion of the public is even, we cannot afford to send these troops back into that quagmire for second tours, or thirds, or fourths, or fifths.  We cannot afford this ethically, Sir. The country has, for eight shameful years, forgotten its moral compass and its world purpose…  You, Sir, called for change, for the better way, for the safety of our citizens including the citizens being wasted in war-for-the-sake-of-war, for a reasserting of our moral force.And we listened. And now you must listen. You must listen to yourself. » – Keith Olbermann, commentateur politique MSNBC

« I would like to respond to the voices of the Afghan people. It’s very clear they do not want to be saved by us. They want to be saved from us. And President Obama’s escalation of the war, sending an additional 30,000 troops, will bring the total strength to about 100,000.  That’s $100 billion a year and that doesn’t even include the private contractors we’ll be paying for, which adds up to about $160 billion dollars a year. It really begs the question about whether the nation-building that we seek to do in Afghanistan would be better directed to rebuilding America, to creating jobs here, to rebuilding bridges here instead of blowing them up in Afghanistan.  I think our priorities are misplaced. And I think that all those who really support this President, who really like him – and I like him – need to challenge him on this. Because we can’t just let this go by the boards because we may have some sympathetic feelings for the difficult task that he has undertaken as President of the United States. » – Dennis Kucinich, représentant démocrate de l’Ohio au Congrés américain.

« No matter what arguments this president attempts to muster, no matter what fantasy he attempts to spin about how things will be made better by a deeper and longer occupation, no matter what vague promises are made about an eventual exit strategy, this occupation is wrong.  It needs to end.  And it can end responsibly. » – John Nichols, The Nation.

Quel sera l’impact de cette décision militaire sur les élections de mi-mandat prévues pour novembre 2010?  Est-ce que le support du président Obama envers le Pentagone et ses généraux aura comme conséquence le renversement de la majorité déjà fragile des démocrates au Sénat?  Est-ce que le président vient de se tirer une balle dans le pied?

5 commentaires leave one →
  1. 5 décembre 2009 10 h 55 min

    Obama avait clairement évoqué cela en campagne électorale. Pas vraiment de surprise ici.

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  2. 7 décembre 2009 8 h 57 min

    Salut Jimmy, t’as entièrement raison, son programme électoral était très précis à l’endroit de l’Afghanistan. Je crois que les militants se réveillent et réalisent la portée du geste. La gauche américaine n’endosse pas l’envoi de troupes additionnelles. Quels en seront les impacts?

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  3. Déréglé temporel permalink
    7 décembre 2009 11 h 54 min

    Je ne suis pas d’accord avec Obama, mais je nuancerais ma position en disant que lui, au moins, contrairement à Bush, assume sa position.
    Bush, c’était le pire des deux mondes, la guerre par principe et y investir le moins possible de ressources (c’était encore pire quand Rumsfeld faisait la pluie et le beau temps au Pentagone).
    Quant à être présent en Afghanistan, la stratégie Obama est définitivement plus efficace que celle de Bush.

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  4. 7 décembre 2009 22 h 55 min

    Obama semble tomber dans le même piège que JFK: une politique intérieure dite « progressiste » doublée d’une présence militaire dans les régions où les valeurs américaines sont malmenées.

    Il paraît incohérent de vouloir se battre sur deux fronts à la fois et espérer être victorieux de part et d’autre. On ne peut essayer d’améliorer la vie des américains et faire la guerre aux Talibans dans le même temps car les moyens logistiques et surtout l’argent ne sont pas assez abondants pour mener à bien les deux objectifs.

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  1. Signal d’alarme pour les démocrates « Jeanne Émard

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