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Les effectifs de la fonction publique provinciale

13 novembre 2010

Par Darwin – Lors de la première rencontre organisée par le Réseau Liberté-Québec, des participants ont manifesté leur haine envers les membres de la fonction publique du Québec : «Comment techniquement peut-on mettre à la porte une grosse quantité de fonctionnaires?». « Est-ce qu’on va voir quelqu’un sortir avec des boîtes, quelqu’un se faire congédier?». Je ne tenterai pas ici de psychanalyser les auteurs de telles énormités.

Face à ces dérapages, Lutopium m’a demandé «d’analyser si les effectifs de la fonction publique ont augmenté au cours des dernières années» (commentaire 16). Simple non ? Pas vraiment…

Hausse ou baisse ?

Analyser n’est pas seulement décrire, c’est aussi tenter de trouver pourquoi. Cela dit, avant de chercher pourquoi, il faut regarder. Regardons donc l’évolution des effectifs de la fonction publique provinciale. Pour pouvoir comparer le comparable, le tableau qui suit présente ces effectifs en équivalents temps plein (ETP) pour les principales années charnières depuis 1993-1994, ainsi que la population du Québec et le nombre d’ETP par 1000 habitants.

Sources : Conseil du trésor du Québec et Institut de la statistique du Québec

1993-1994 à 1997-1998

L’année 1993-1994 est simplement la plus ancienne pour laquelle j’ai trouvé des données en ETP. J’en ai trouvé des plus anciennes en nombre d’employés, mais c’est moins comparable (et pas gratuit !). Ces dernières données montrent quand même que le sommet a été atteint en 1992.

La période qui s’étend de 1992 (ou 1993-1994 dans le tableau) à 1997-1998 fut marquée par de fortes compressions budgétaires gouvernementales. C’est l’époque où le gouvernement fédéral a éliminé son déficit et où le gouvernement provincial s’est approché du «déficit zéro».

Ainsi, la part des «Dépenses courantes nettes des administrations publiques en biens et services» (ce qu’on appelle couramment les dépenses gouvernementales) dans le Produit intérieur brut (PIB) est passée de 27,7 % en 1992 à 22,5 % 1998 (et même à un minimum de 21,4 % en 2000), selon les données de Statistique Canada. Cela représente une baisse de plus de 20 % de cette part. Ainsi, le nombre d’ETP dans la fonction publique provinciale a baissé de 11,2 % entre 1993-1994 et 1997-1998. Si on considère le nombre d’ETP par 1000 habitants, cette baisse fut de 12,7 %. Notons que si j’avais les données des deux années précédentes, cette baisse serait encore plus élevée, puisque le nombre de fonctionnaires était 4,7 % plus élevé en 1992 qu’en 1994, selon les données de Statistique Canada.

1997-1998 à 2003-2004

On peut voir que le nombre d’ETP a soudainement augmenté de 19,3 % et le nombre d’ETP par 1000 habitants de 16,0 % entre 1997-1998 et 2003-2004. En fait, cette hausse annule les baisses observées de 1993-1994 à 1997-1998, car le nombre d’ETP par 1000 habitants s’est retrouvé en 2003-2004 légèrement supérieur (1,3 %) à son niveau de 1993-1994 (9,35 et 9,41). Ce revirement peut paraître étrange, mais se comprend finalement assez bien.

Cette hausse s’explique en premier lieu par trois événements :

Cette hausse découle aussi de la popularité de ces trois programmes, du vieillissement de la population, de la hausse de l’immigration (de 26 600 en 1998 à 44 200 en 2004) et par un certain rattrapage dû aux fortes baisses des années précédentes.

On ne peut bien sûr pas connaître l’impact précis de chacun de ces événements en termes d’ETP, sauf pour les 1084 ETP transférés du fédéral. Chose certaine, la hausse d’ETP de cette période s’explique bien.

2003-2004 à 2008-2009

Au cours de cette période plus récente, le nombre d’ETP a diminué de 4,5 % et le nombre d’ETP par 1000 habitants de 7,8 %. Pourtant, le Québec a instauré un nouveau programme en 2006, soit le régime québécois d’assurance parentale. Encore plus étrange à première vue, le ministère en charge de ce programme, celui de l’Emploi et de la Solidarité sociale, fut un des ministères qui a connu la plus grande baisse de ses effectifs, soit une baisse de 18 % ou de près de 1 300 ETP (voir les rapports sur l’effectif de la fonction publique de 2006-2007, page 50, 2007-2008, page 51 et 2008-2009, page 135) !

Il faut dire que cette période fut marquée par l’entrée en vigueur de la politique de ne remplacer qu’un départ à la retraite sur deux. Manifestement, cette politique comporte de nombreuses exceptions, mais a, sans l’ombre d’un doute, eu des effets importants sur les effectifs de la fonction publique.

Et alors…

Pour l’ensemble de la période étudiée, soit de 1993-0994 à 2008-2009, le nombre d’ETP dans la fonction publique du Québec n’a augmenté que très légèrement, avec une hausse de 1,1 %. Par contre, le nombre d’ETP par 1000 habitants a diminué de 6,6 %, et ce, malgré le transfert de deux programmes auparavant administrés par le fédéral, l’ajout de programmes importants qui ont même connu une forte croissance en raison de leur popularité (surtout l’assurance-médicaments et services de garde à contribution réduite), l’augmentation du nombre d’immigrants (les effectifs de ce ministère ont quand même diminué de 5 % au cours des cinq dernières années), la forte hausse des budgets d’infrastructure, etc.

Lutopium me demandait aussi si la sous-traitance avait augmenté dernièrement. Désolé, je ne connais aucune façon de trouver des données à ce sujet et serais même surpris si le Conseil du Trésor en avait des précises à ce sujet. Par contre, j’ai été «surpris» (en fait, pas vraiment) de voir que les effectifs du ministère des Transports ont baissé de 15 % entre 2002-2003 et 2008-2009 pendant que les dépenses augmentaient fortement pour réparer les routes et les infrastructures. Si on en croit le syndicat, la sous-traitance serait en hausse et coûterait très cher. Et ce n’est pas que les syndicats qui prétendent que la sous-traitance coûte cher, car des enquêtes journalistiques en arrivent à la même conclusion.

On pourrait se réjouir de constater que les effectifs de la fonction publique augmentent moins vite que la population malgré l’ajout de programmes et le transfert de responsabilités du fédéral vers le Québec, mais, à force de demander à nos employés de faire plus avec moins, ne sommes-nous pas en train de favoriser un copinage qui nous coûte encore plus cher ?

s de la première rencontre organisée par le Réseau Liberté-Québec, des participants ont manifesté leur haine envers les membres de la fonction publique du Québec : «Comment techniquement peut-on mettre à la porte une grosse quantité de fonctionnaires?». « Est-ce qu’on va voir quelqu’un sortir avec des boîtes, quelqu’un se faire congédier?». Je ne tenterai pas ici de psychanalyser les auteurs de telles énormités.

Face à ces dérapages, Lutopium m’a demandé «d’analyser si les effectifs de la fonction publique ont augmenté au cours des dernières années» (commentaire 16). Simple non ? Pas vraiment…

Hausse ou baisse ?

Analyser n’est pas seulement décrire, c’est aussi tenter de trouver pourquoi. Cela dit, avant de chercher pourquoi, il faut regarder. Regardons donc l’évolution des effectifs de la fonction publique provinciale. Pour pouvoir comparer le comparable, le tableau qui suit présente ces effectifs en équivalents temps plein (ETP) pour les principales années charnières depuis 1993-1994, ainsi que la population du Québec et le nombre d’ETP par 1000 habitants.

39 commentaires leave one →
  1. 13 novembre 2010 11 h 06 min

    Comme consultante dont une grande partie des mandats se font dans la fonction publique, je me sens en mesure d’affirmer que les coupures aléatoires qui se font dans la masse salariale des employés de l’État ont des effets dramatiques sur la stabilité et l’indépendance de la bureaucratie – (Parce qu’il faut différencier État québecois (bureaucratie) et gouvernement – le premier assure la stabilité des services quand le second passe son temps à changer et faire de la politique).

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  2. 13 novembre 2010 11 h 46 min

    @ Valérie

    D’abord, bienvenue chez Jeanne !

    Je suis bien content de voir que mes raisonnements basés surtout sur des données chiffrées sont appuyés par des gens qui connaissent le sujet de l’intérieur.

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  3. jack permalink
    13 novembre 2010 19 h 05 min

    « Face à ces dérapages, Lutopium m’a demandé «d’analyser si les effectifs de la fonction publique ont augmenté au cours des dernières années» (commentaire 16). Simple non ? Pas vraiment… »

    Pas facile? C’est le moins qu’on puisse dire!

    Tout d’abord, merci pour ce billet. Tu te lances dans un sujet difficile.

    Merci aussi pour les chiffres que tu fournis (comme d’habitude). C’est tout à ton honneur. Tous tes textes sont appuyés de références fiables. Et si ce n’était pas le cas, ça ferait longtemps que j’aurais arrêté de te lire.

    Je ne suis pas toujours d’accord avec toi mais te lire me fait toujours progresser. Et je t’en suis reconnaissant.

    J’en profite pour te faire un aveu: je ne commente pas tous tes articles mais je les lis tous. Je ne commente que si je crois pouvoir ajouter une nuance ou un argument. J’ai lu tous tes billets et leurs commentaires depuis plusieurs mois. Si je n’ai pas commenté, c’est probablement parce que j’étais d’accord en tout point. Je ne suis pas du genre à écrire « bon billet, je suis d’accord ». C’est peut-être un défaut. Ça ne ferait pas de mal que je le fasse à l’occasion.

    _____

    Voilà venu le moment d’apporter ma contribution…

    J’ai beau essayer de trouver le nombre d’employés de l’état, je reste perplexe. La définition d’employé de l’état, en partant, me cause problème.

    Un professeur d’université, est-ce un employé de l’état?
    Même question pour:
    Une infirmière, un prof d’école privée, un sous-contractant payé ultimement par le gouvernement, un employé de commission scolaire, un paquet d’autres emplois semblables…

    Deuxièmement, les chiffres. Merde. Que croire?

    Les chiffres que tu cites sont exacts. Ce sont les employés des ministères et organismes assujettis à la loi sur la fonction publique et le personnel de haute direction pour le gouvernement du Québec. Rien d’autre.

    Mais si on consulte Statistiques Canada, tableau 183-0002, on constate qu’il y a 882 486 emplois dans le secteur public au Québec.

    Bien sûr, ce n’est pas en équivalent de temps complet. Mais il y a toute une différence entre 882 mille et 67 mille!!

    Je soupçonne que Statistiques Canada compte le gouvernement du Canada, le gouvernement du Québec et les villes. Il compte donc les policiers et les pompiers. Mais je serais surpris qu’il compte les éducatrices de CPE qui sont payées à 80% par le gouvernement. Ou les profs d’écoles privées. Ou les employés qui construiront l’échangeur Turcot et le CHUM car ce ne sont pas des employés du secteur public.

    Toujours selon Statistiques Canada, en mars dernier la fonction publique employait 882 486 personnes sur 3 806 000 employés au total (tableau 282-0001). 23% des travailleurs étaient donc des employés de la fonction publique. Presque 1 travailleur sur 4 au Québec travaillerait pour le fédéral, le provincial ou le municipal.

    C’est sûr qu’à Québec on dépasse largement cette proportion… tu as lu mon lien à ce sujet.

    Toujours selon StatCan, le nombre d’employés de la fonction publique au Québec est passé de 655 197 en août 2000 à 898 773 en décembre dernier soit une augmentation de 37% en 10 ans (je t’invite à consulter les données de StatCan pour constater à quel point j’ai été malhonnête dans le choix de ces dates. C’est mon côté polémiste qui m’y incite).

    Y a-t-il plus ou moins d’employés de l’état aujourd’hui qu’il y a 20, 30 ou 50 ans? À mon avis, ça dépend de la définition qu’on donne à « employé de l’état ».

    Le RLQ a-t-il spécifié la fonction publique du gouvernement du Québec? Je ne le sais pas. Si oui, tes chiffres sont les plus pertinents. Si non, ceux de StatCan apportent un éclairage qu’on ne peut négliger.

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  4. 13 novembre 2010 20 h 34 min

    @ Jack

    Ouf. Un petit cours sur les données…

    Ce que j’ai utilisé, ce sont des données administratives, sans aucune marge d’erreur. Elles ont toutefois été transformées en équivalent temps plein (ETP). Elles ne concernent que les «fonctionnaires», pas les employés des commissions scolaires, collèges, hôpitaux, etc. Elles ne comprennent que les employés des ministères et autres organismes similaires (MELS, MSSS, RAMQ, etc.).

    J’ai une série du cansim 183-002, dont vous parlez, mais annuelle. Cette série compte tous les employés, à temps plein comme à temps partiel, et de tous les niveaux. Vous parlez de 882 486 employés, mais sans spécifier la date. La moyenne pour 2009 était de 873747. Nous sommes dans les mêmes eaux… Elle comprend tous les employés du «secteur public», à temps plein, partiel et même saisonnier. Il s’agit aussi de données administratives (et, j’ai vérifié cela avec quelqu’un de Statistique Canada à qui j’ai écrit…), donc sans marge d’erreur. Elles comprennent les employés des unités suivantes (dont les CPE et les profs des écoles privées ne font en effet pas partie !) :

      Administration publique
        Administration publique générale fédérale
        Administrations publiques générales, provinciales et territoriales
        Institutions de services de santé et services sociaux, provinciales et territoriales
        Universités, collèges, instituts de formation professionnelle et écoles de métiers, provinciales et territoriales
        Administrations publiques générales, locales
        Commissions scolaires locales
      Entreprises publiques
        Entreprises publiques, fédérales
        Entreprises publiques, provinciales et territoriales
        Entreprises publiques, locales

    Les données qui sont comparables avec celles que j’ai utilisées sont les données des « Administrations publiques générales, provinciales et territoriales». Il y avait en 2008 en moyenne 85952 employés, mais 67282 ETP en 2008-2009… Notons que ces données ne sont pas directement comparables, car les périodes ne coïncident pas. Il y a eu une hausse du nombre d’employés en 2009 (87455), en raison de la récession (plus de paiements de transfert, de travaux d’infrastructure et autres élément du plan de relance). Bref, 85952 employés est tout à fait compatible avec 67282 ETP (d’ailleurs, la source est la même, toujours selon le monsieur de Statistique Canada, car c’est le Conseil du Trésor du Québec qui lui fournit ces données !). J’ai aussi vérifié les tendances (périodes de hausses et de baisses), et elles sont tout à fait compatibles.

    «Toujours selon Statistiques Canada, en mars dernier la fonction publique employait 882 486 personnes sur 3 806 000 employés au total (tableau 282-0001).»

    Les données du cansim 282-0001 sont bien différentes. D’une part, ce sont des données statistiques provenant de l’Enquête sur la population active et non des données administratives, donc sujettes à des erreurs d’échantilonnage et à des marges d’erreur importantes (ce que les journalistes et même certains économistes semblent ignorer quand ils parlent de création d’emplois et de la hausse de chômage d’un mois à l’autre…). Ensuite, il s’agit de personnes occupées et non d’emplois. Par exemple, une personne occupée peut travailler dans plus d’un emploi (phénomène de cumul d’emplois qui touche, de mémoire, environ 3 % des personnes occupées).

    Je ne vois toutefois pas d’industrie dans les séries de ce tableau. Êtes vous bien sûr que c’est le 282-0001 ?

    Le chiffre que vous me donnez (882 486) me semble erronné. Par exemple, en mars 2010, mois que vous mentionnez, il n’y avait, selon l’EPA, que 936900 personnes occupées dans les administrations publiques pour tout le Canada !
    http://www.statcan.gc.ca/daily-quotidien/100409/t100409a2-fra.htm

    Et en mars 2010, l’EPA compatabilisait 3 879 600 emplois au Québec, pas 3 806 000.

    Et il y a l’EERH (Enquête sur l’emploi, rémunération et heures de travail) qui fournit des données sur les salariés…

    «Le RLQ a-t-il spécifié la fonction publique du gouvernement du Québec?»

    ??? Je sais qu’Antagoniste, source fréquente (pour ne pas dire unique de Duhaime…) prend les données totale sans nuances…

    Mon prochain billet portera sur l’emploi dans le Réseau de la santé…

    «ceux de StatCan apportent un éclairage qu’on ne peut négliger.»

    Chaque donnée apporte un éclairage, si on est capable de les interpréter correctement et sans tricher. Malgré mon penchant idéologique, je ne crois pas tricher ni faire de choix truqué (genre choisir l’année de départ qui appuie mon propos…).

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  5. jack permalink
    14 novembre 2010 0 h 01 min

    Voyons le bon côté des choses… j’avais bien identifié quelques problèmes! Définitions et chiffres…

    Tu es beaucoup plus compétent que moi en ce domaine.

    Les chiffres que j’ai donnés ont été obtenus ainsi:

    Le 882 486 provient, tel que je le précisais à sa première mention, du tableau 183-0002. Géographie: Québec, Secteur publique, composants: Emplois, secteur: secteur Public, Désaisonnalisation: non désaisonnalisées. Mois de mars 2010.

    Le 3 806 000 emplois provient, tel qu’indiqué, du tableau 282-0001. Québec, emplois, les deux sexes, 15 ans et plus, mars 2010.

    Je comprends que ces chiffres ne sont absolument pas comparables à ceux que tu avais utilisés dans ton article. Ils ne couvrent pas les mêmes emplois.

    Je crois pas que tu triches. De fait j’ai moi-même avoué avoir un peu triché en choisissant une période particulière. Selon le tableau 183-0002 précité on peut constater que le nombre d’emplois du secteur public (tout inclus, tel que tu l’as précisé) est passé de 802 k en mai 1994 à 655 k en août 2000 puis est remonté à 899 k en décembre passé (en passant par 809 k en mai 2001 soit une hausse de 23% de l’effectif en 9 mois… difficile à croire).

    « Le chiffre que vous me donnez (882 486) me semble erronné. Par exemple, en mars 2010, mois que vous mentionnez, il n’y avait, selon l’EPA, que 936900 personnes occupées dans les administrations publiques pour tout le Canada ! »

    Hélas je ne suis pas sûr de bien comprendre ce tableau. J’ai l’impression qu’il indique 3, 476 millions d’employés du secteur public au Canada, ce qui voudrait dire que 25% des employés du secteur public au Canada seraient au Québec. Ça ne me paraît pas absurde.

    Je ne suis pas un spécialiste du RLQ mais à mon avis ils se foutent pas mal de savoir si un fonctionnaire appartient au niveau fédéral, provincial ou municipal. C’est pourquoi je les ai amalgamés.

    Ces données amalgamées cachent d’importantes différences. Par exemple, en mai 1986 il y avait presque 60 000 employés d’entreprises publiques fédérales (Postes Canada?) mais il n’en restait que 19 000 en mars dernier. 2 emplois sur 3 disparus en 15 ans. Par contre il y avait 133 000 employés de commissions scolaires en mars 2000 contre 180 000 en mars dernier, soit une augmentation de 35% en 10 ans malgré un nombre d’élèves qui a diminué.

    Tiens… les commissions scolaires. Sûrement un clou sur lquel le RLQ voudrait taper! Après tout ce sont elles qui ont éliminé les récréations! ;o)

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  6. jack permalink
    14 novembre 2010 0 h 14 min

    Zut… je constate une erreur.

    « Toujours selon Statistiques Canada, en mars dernier la fonction publique employait 882 486 personnes…  »

    aurait du se lire:

    « Toujours selon Statistiques Canada, en mars dernier le secteur public employait 882 486 personnes… »

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  7. 14 novembre 2010 1 h 53 min

    @ Jack

    «Le 882 486 provient»

    Pas de problème avec lui, je l’avait mentionné dans mon comm précédent.

    «Le 3 806 000 emplois provient, tel qu’indiqué, du tableau 282-0001. Québec, emplois, les deux sexes, 15 ans et plus, mars 2010.»

    Je viens de comprendre ! Vous mélangez des données administratives avec des données statistiques ! Dans votre description, vous avez oublié d’ajouter «données non désaisonnalisées».

    Mais, j’avais déjà expliqué dans le comm précédent que le 882 486 vient de :

    Administration publique
    Administration publique générale fédérale
    Administrations publiques générales, provinciales et territoriales
    Institutions de services de santé et services sociaux, provinciales et territoriales
    Universités, collèges, instituts de formation professionnelle et écoles de métiers, provinciales et territoriales
    Administrations publiques générales, locales
    Commissions scolaires locales
    Entreprises publiques
    Entreprises publiques, fédérales
    Entreprises publiques, provinciales et territoriales
    Entreprises publiques, locales

    Ce n’est pas assez clair ? Il y a tout là-dedans ! Écoles, collèges, hôpitaux, centres jeunesse, municipalités et tout le bataclan qui n’est pas privé.

    Et ce n’est pas une moyenne annuelle !

    «à 899 k en décembre passé en passant par 809 k en mai 2001 soit une hausse de 23% de l’effectif en 9 mois… difficile à croire»

    Je n’ai pas les données devant moi (et je n’ai pas le goût de les acheter seulement pour ça), mais je peux fournir des raisons (et pas avec mon imagination…) D’une part, les emplois gouvernementaux sont saisonniers. En plus et surtout, mai 2001 est le mois du recensement… Si vous avez lu dernièrement des choses sur l’emploi aux États-Unis, on a pas arrêté de parler de l’impact de l’embauche pour le recensement. C’est la même chose ici !

    Je disais que chaque donnée informe. Mais l’information qualitative est aussi souvent essentielle pour comprendre les données. C’est d’ailleurs la recherche de telles informations qui a le plus grugé de mon temps quand j’ai écrit ce billet.

    «Par exemple, en mai 1986 il y avait presque 60 000 employés d’entreprises publiques fédérales (Postes Canada?) mais il n’en restait que 19 000 en mars dernier.»

    Un autre cas d’information qualitative… Je ne sis même pas sûr de ce que comprend l’expresssion«entreprises publiques fédérales». Dans mes données, l’emploi dans cette catégorie est passé de 56 700 en 1981 à 19550 en 2009. Selon moi, cela est le résultat de privatisation : Pétro-Canada, Téléblobe, Canadair ?… Je ne suis pas sûr des années, et je n’ai pas le goût de vérifier, mais cela devrait être les conséquences d’événements du genre.

    «malgré un nombre d’élèves qui a diminué»

    De combien ?

    Vous sautez trop vite aux conclusions plutôt que de chercher une réponse et d’analyser ces jolis petits chiffres…

    Toute la hausse (enfin, la plus grosse part, près de 90 %) est entre 2000 et 2001 ! Entre 2001 et 2009, la hausse fut de … 4 % ! Je comprends mieux ce que vous disiez dans un commentaire précédent sur le choix des années… Plutôt que de ruer dans les brancards, il faudrait chercher un événement qui s’est passé en 2001 ou une modification dans la méthode de calcul… Quel événement ou quel changement ? Cette fois, je vous le laisse !

    Regardez ces données : il n’y a aucun saut dans ces années en ETC (équivalent temps complet) !

    Cliquer pour accéder à evolution86_04.pdf

    Bref, attention aux conclusions hatives. Et vous savez peut-être maintenant pourquoi j’ai utilisé des ETP (ou ETC) plutôt que ce tableau !

    Ce n’est sûrement pas Antagoniste qui a vu ça !

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  8. 14 novembre 2010 2 h 16 min

    @ Jack

    http://tinyurl.com/3am5mc3

    «En 2001, une modification dans la méthodologie d’une des sources des données de l’emploi dans le secteur public a créé un bris dans la série historique. C’est pour cette raison que la série de données désaisonnalisées ne débute qu’en janvier 2001.»

    Est-ce cela ?

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  9. jack permalink
    14 novembre 2010 7 h 00 min

    « Pas de problème avec lui, je l’avait mentionné dans mon comm précédent. »

    Dans ce commentaire précédent, tu écrivais « Le chiffre que vous me donnez (882 486) me semble erronné. ». C’est pourquoi j’ai jugé bon de le justifier.

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  10. jack permalink
    14 novembre 2010 7 h 03 min

    « Je viens de comprendre ! Vous mélangez des données administratives avec des données statistiques !  »

    Bingo. Tu as tout compris.

    Les meilleures statistiques que j’ai pu trouver sur la taille de l’état sont des données administratives. Les meilleures données que j’ai trouvé sur l’emploi total sont des données statistiques. Si tu as des meilleures données je suis preneur.

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  11. jack permalink
    14 novembre 2010 7 h 06 min

    « Ce n’est pas assez clair ? Il y a tout là-dedans ! Écoles, collèges, hôpitaux, centres jeunesse, municipalités et tout le bataclan qui n’est pas privé. »

    C’est clair. Et ce l’était la première fois. C’est pourquoi je parlais de données amalgamées. Par contre je regrette l’emploi du mot fonctionnaire puisque ce ne sont pas tous des fonctionnaires. Ce sont des employés du secteur public.

    C’est la deuxième fois que je commets cette erreur. Il va falloir que je me corrige.

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  12. jack permalink
    14 novembre 2010 7 h 09 min

    « et je n’ai pas le goût de les acheter seulement pour ça »

    Acheter? Ces données sont disponibles gratuitement sur internet. Je n’aurais certainement pas payé pour ça.

    Je vais sur : http://www.statcan.gc.ca/estat/estat-fra.htm , je fais une recherche dans CANSIM sur le tableau de mon choix et j’obtiens ce que je veux…

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  13. jack permalink
    14 novembre 2010 7 h 24 min

    « D’une part, les emplois gouvernementaux sont saisonniers. En plus et surtout, mai 2001 est le mois du recensement… Si vous avez lu dernièrement des choses sur l’emploi aux États-Unis, on a pas arrêté de parler de l’impact de l’embauche pour le recensement. C’est la même chose ici ! »

    Oui j’ai vu. Ce graphique, par exemple: http://cr4re.com/charts/charts.html#category=Employment&chart=JobLossesAlignedBottomOct2010.jpg

    Mais si tu fais un graphique des données sur les emplois du secteur public avec les options que j’ai spécifiées au commentaire 7 (tableau 183-0002, secteur public, de 1981 à 2010) je ne crois pas que tu attribueras ces variations au recensement ou à une variation saisonnière. Il y a quelque chose de plus fondamental. Il me manque une (ou plus vraisemblablement plusieurs) information qualitative.

    En bonus: si tu fais le graphique comme je l’ai fait tu comprendras encore mieux pourquoi j’ai prétendu être malhonnête dans mon commentaire 4.

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  14. jack permalink
    14 novembre 2010 7 h 38 min

    « De combien ? »

    Zut. Le site du MELS ne fonctionne pas.

    « L’environnement Web du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport ne sera pas accessible
    dimanche le 14 novembre 6 h à 18 h. »

    Mais les commissions scolaires touchent principalement les jeunes de moins de 18 ans. Selon StatCan, tableau 051-0001 il y avait 1 596 791 jeunes de moins de 18 ans au Québec en 2000 alors qu’il y en avait 1 530 262 en 2009. Le nombre de jeunes a donc diminué d’environ 4%. Si on ajoute à ça la perte de clientèle vers le réseau privé je crois qu’on peut raisonnablement croire que le nombre de jeunes fréquentant les commissions scolaires a baissé d’environ 5% pendant que les effectifs de ces commissions scolaires ont augmenté de 35%.

    Ces chiffres sont malheureusement approximatifs.

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  15. jack permalink
    14 novembre 2010 7 h 46 min

    « Toute la hausse (enfin, la plus grosse part, près de 90 %) est entre 2000 et 2001 ! »

    En effet.

    « Quel événement ou quel changement ? Cette fois, je vous le laisse ! »

    J’opterais pour l’implantation de la réforme scolaire. Je ne vois pas pourquoi cette réforme aurait nécessité autant de nouveaux employés mais les dates concordent pas mal.

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  16. jack permalink
    14 novembre 2010 7 h 53 min

    C’est pour cette raison que j’ai du utiliser des données non désaisonnalisées. Je ne voulais pas me limiter aux 10 dernières années.

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  17. 14 novembre 2010 9 h 26 min

    Merci Darwin, mille fois merci. Et merci à Jack d’avoir alimeté le débat afin qu’on creuse encore un peu plus.

    Ceux qui militent sur le terrain et qui devront (de plus en plus) défendre le modèle social-démocrate peuvent – et doivent – avoir accès à des informations précises. Celles-là en font partie. Ça me sera fort utile.

    Surtout avec un discours de droite nébuleux, imprécis, parfois mensonger…

    Merci encore !

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  18. 14 novembre 2010 10 h 24 min

    Je n’avais pas compris que c’était le même qui avait été mentionné auparavant, bref que vous compariez des données de deux sources différentes.

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  19. 14 novembre 2010 10 h 50 min

    Oups, je ne me rappelais plus de cette porte d’entrée…

    le 3806000 est la donnée non désaisonnalisée, c’est pourquoi elle de correspondait pas aux données des communiqués de Statcan qui diffusent toujours les données désaisonnalisées. Je déconseille fortement d’utiliser des données mensuelles du genre. La marge d’erreur (à 95 %) est au dessus de 100 000… Je préfère les moyennes annuelles.

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  20. 14 novembre 2010 11 h 00 min

    Toute l’action se passe entre décembre 2000 et janvier 2001, pour les commissions scolaires et aussi, dans une moindre mesure, la santé. C’est clair que la méthode a changé.

    Pour mai 2001, l’emploi fédéral grimpe soudainement de 10 000 et redescend de plus de 8 000 le mois suivant. Cela me semble clair que c’est dû au recensement… Si on jumelle ce saut à l’autre, beaucoup plus important, entre décembre 2000 et janvier 2001 pour la santé et les commissions scolaires, on comprend mieux le «faux sommet» de mai 2001.

    Je le répète, tout cela confirme que c’est mieux de travailler avec les données en ETC (ou ETP). Le problème est de les trouver !

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  21. 14 novembre 2010 11 h 08 min

    @ Luto

    «Ça me sera fort utile.»

    Tant mieux, parce qu’il y a pas mal de jus de bras là-dedans ! Et, en fouillant davantage grâce à Jack, je comprends moi-même mieux les bizarres conclusions d’Antagoniste et, donc, de Duhaime.

    «Ceux qui militent sur le terrain et qui devront (de plus en plus) défendre le modèle social-démocrate peuvent – et doivent – avoir accès à des informations précises. »

    Les données du billet sont solides, celles de Statcan moins, à cause des changements dans la définition des données.

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  22. 14 novembre 2010 11 h 11 min

    Non, c’est clair que c’est un changement dans la définition des données entre décembre 2000 et janvier 2001.

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  23. jack permalink
    14 novembre 2010 12 h 30 min

    En effet. La cassure est également très nette pour d’autres domaines que l’éducation. C’est un changement de convention, de norme ou de définition.

    Et c’est pourquoi les données désaisonnalisées ne remontent pas plus loin.

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  24. jack permalink
    14 novembre 2010 12 h 35 min

    Je me rétracte à la lumière des nouvelles informations. Je crois que le nombre d’élèves des commissions scolaires a baissé d’environ 5% alors que le personnel a augmenté d’environ 10%.

    Compte tenu de l’implantation de la réforme c’est peut-être raisonnable.

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  25. 14 novembre 2010 12 h 55 min

    @ Jack

    «Compte tenu de l’implantation de la réforme c’est peut-être raisonnable.»

    En fait, la réforme a peu à y voir. Elle a fait augmenter légèrement le nombre de prof d’anglais et peut-être d’éducation physique. Mais les facteurs les plus importants sont :
    – ajout de 90 minutes d’enseignement au primaire;
    – réinvestissement dans le personnel non enseignant (techniciens en éducation spécialisée, psychoéducateurs, psychologues scolaires, orthophonistes, etc.) fortement réduit dans les années 1990 et toujours insuffisant aujourd’hui dans certaines spécialités, comme l’orthophonie;
    – réduction des ratios élèves/enseignant, ce facteur étant de loin le plus important;
    – programme de maintien des dernières écoles de village (facteur moins important).

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  26. 14 novembre 2010 18 h 06 min

    «Si on en croit le syndicat, la sous-traitance serait en hausse et coûterait très cher»
    «ne sommes-nous pas en train de favoriser un copinage qui nous coûte encore plus cher»

    Très bien dit. Un copinage avec les amis du parti libéral.

    Traditionnellement, on allégeait les effectifs de la fonction publique pour équilibrer les budgets d’état, voire pour commencer à payer la dette. Étrangement, depuis quelques années, la dette brute du Québec augmente de façon alarmante, même après quelques réductions des effectifs. Autre chose, depuis le début du règne Charest, donc, depuis l’adoption du fameux article 45 (sur la sous-traitance), nos cotisations pour les services d’état n’ont cessé d’augmenter pour arriver à la fin, malgré tout, en situation de déficit. De deux choses l’une : soit, comme tu le dis, la sous-traitance nous coûte beaucoup trop cher au final, ou bien, carrément, il y a des programmes qu’on ne peut plus se permettre, peu importe par qui ils sont livrés. Je précise que j’ai fait cette hypothèse en fonction du pattern de gestion employé par le gouvernement.

    Serait-il mieux que nos services soient offerts par des firmes ayant obtenu le droit de fournir ces services suite à un processus d’appel d’offre (et non les p’tits amis) où l’état impose une plage (min/max) pour les frais de services et du même coup, l’état s’allégerait des fonds de pension et des assurances des employés qui travailleraient, dorénavant, pour les firmes ? Ou bien, on garde TOUT public, et on indexe les prix des services en fonction du salaire du contribuable, comme pour les cpe, tout ce qui touche la santé ou l’éducation, quitte à avoir un retour d’impôt en fin d’année ?

    Mais, il est certain que présentement, on n’est guère dans la voie optimale, côté gestion des fonds publics. Il faudra innover votre discours messieurs dames, parce que l’autre bord, chez les relquistes, QL, les néocons et tous les sbires de l’IEDM, on veut tout privatiser en détruisant un après l’autre les outils de développement que possède l’état. Et ces positions font de plus en plus leur chemin dans les esprits de nos concitoyens.

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  27. 14 novembre 2010 20 h 04 min

    @ Frankie

    «depuis quelques années, la dette brute du Québec augmente de façon alarmante»

    Sauf depuis le début de la récession de 2008-2009, elle baissait en proportion du PIB. Cette baisse a été ralentie en raison des diminutions d’impôt accordées depuis le début des années 2000, et même avant, baisses qu’on veut remplacer par des hausses de tarifs et de taxes, plus dommageables pour les classes moyennes et les plus démunis. Voir entre autres http://www.iris-recherche.qc.ca/publications/la_revolution_tarifaire_au_quebec.pdf .

    Pour le débat entre la dette brute (qui ne tient pas compte des actifs, comme Hudro-Québec), ce sera pour une autre fois….

    «depuis l’adoption du fameux article 45»

    Vous devez vouloir dire depuis la modification de l’article 45 en 2003 qui facilite la sous-traitance en enlevant le transfert automatique d’une convention collective dans le cas d’une vente d’entreprise.

    «nos cotisations pour les services d’état n’ont cessé d’augmenter»

    Avez-vous des données pour appuyer votre affirmation ? Et pas des données en dollars, qui ne tiennent pas compte de l’enrichissement collectif, mais en % du PIB ? Comme je l’ai mentionné dans le billet : «la part des «Dépenses courantes nettes des administrations publiques en biens et services» (ce qu’on appelle couramment les dépenses gouvernementales) dans le Produit intérieur brut (PIB) est passée de 27,7 % en 1992 à 22,5 % 1998 (et même à un minimum de 21,4 % en 2000)». Cette part se situait à 22,1 % an 2008 (encore 20 % plus basse qu’en 1992), avant d’augmenter à 23,0 % en 2009 (encore 17 % plus basse qu’en 1992), en raison de la récession.

    «soit, comme tu le dis, la sous-traitance nous coûte beaucoup trop cher au final, ou bien, carrément, il y a des programmes qu’on ne peut plus se permettre, peu importe par qui ils sont livrés»

    L’hypothèse n’étant pas démontrée (et étant même contredite), la conclusion ne repose sur rien de concret.

    «Serait-il mieux que nos services soient offerts par des firmes ayant obtenu le droit de fournir ces services suite à un processus d’appel d’offre»

    On peut bien sûr améliorer ce processus (et il faut le faire), mais il demeure que ce genre de système est à la source des problèmes de copinage et possiblement de corruption, que nous vivons actuellement. À moins de changer la nature humaine, mais je ne suis pas confiant de ce côté…

    «Ou bien, on garde TOUT public, et on indexe les prix des services en fonction du salaire du contribuable, comme pour les cpe, tout ce qui touche la santé ou l’éducation, quitte à avoir un retour d’impôt en fin d’année ?»

    On pourrait aussi plus simplement annuler les baisses d’impôt des dernières années, ajouter un palier d’imposition, éliminer les déductions d’impôt pour gains en capital (actuellement ces gains sont imposés à 50 %, comme s’ils étaient plus nobles que les salaires imposés à 100 %), diminuer le plafond des déductions pour RÉER, etc.

    «chez les relquistes, QL, les néocons et tous les sbires de l’IEDM, on veut tout privatiser en détruisant un après l’autre les outils de développement que possède l’état.»

    Ils ne proposent rien de concret et ne disent surtout pas ce qu’ils couperaient et comment ils réduiraient la dette en baissant les impôts. Ils n’ont aucun programme et ne font que chiâler, ce qu’on reproche habituellement à la gauche, qui, comme je viens de le démontre, a des propositions concrètes.

    «Et ces positions font de plus en plus leur chemin dans les esprits de nos concitoyens.»

    Je ne le nie pas. Le populisme est attrayant tant que rien n’est précisé. La hausse de popularité de l’ADQ et sa chute subséquente le montre bien.

    La réalité est complexe et la gauche refusera toujours à cesser de la nuancer pour un bénéfice à court terme (enfin, je l’espère !).

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  28. 14 novembre 2010 23 h 14 min

    @ Darwin

    «Ils ne proposent rien de concret et ne disent surtout pas ce qu’ils couperaient et comment ils réduiraient la dette en baissant les impôts. Ils n’ont aucun programme et ne font que chiâler»

    À vrai dire, ils proposent quelque chose. Au niveau de la dette, ils la rembourseraient, en grande partie, en vendant les sociétés d’état du Québec (Hydro, SAQ, Loto, SAAQ, …). Ça ne sera certainement pas avec les impôts et les taxes ; ils désirent les éliminer totalement, considérant cela comme du vol. Au niveau économie macroscopique, voilà un aperçu qui provient des principes d’économie de l’école économique autrichienne :

    Sur les moyens de limiter la création monétaire, les économistes de la tradition autrichienne se divisent en deux camps. Outre les taux de change flottants, les uns recommandent le régime de l’étalon-or et la limitation des crédits consentis par les banques au montant de leurs actifs. Les autres recommandent le système de la banque libre, considérant que des banques libres de leurs décisions mais supportant pleinement les conséquences de leurs actions, concurrentes entre elles pour l’émission et le maintien en circulation de signes monétaires et sans possibilité de recours à une banque centrale, seraient obligées par leurs clients et par la concurrence de maintenir un taux de réserve relativement élevé qui les garantirait contre le risque.
    Donc, si les vrais libéraux et les libert-à-riens sont fidèles avec eux-mêmes, et arrivent à faire élire leurs pantins, ces derniers n’auront pas le choix de travailler dans le but de démanteler la banque centrale du pays, et de réinstaurer le principe d’étalon-or. Le problème sera de quantifier, dans nos temps contemporains, la valeur de notre travail par rapport à une référence en or. Deuxième problème : si nous projetons ce principe au niveau mondial, avec les réserves d’or restantes sur la planète, si du jour au lendemain les gens iraient échanger leurs bons en papier (salaires courants) pour leurs valeurs en or respectives, chaque individu ne pourrait recevoir que 20 grammes d’or. Vingt grammes d’or, ce n’est même pas une once, donc, c’est totalement insuffisant. Après ça, ils veulent bâtir un système pour tout le monde avec ce principe … Très vite, pour éviter l’effondrement, des paramètres artificiels devront être ajoutés à leur économie, d’un coup que la demande en or devienne subitement très forte (industrie joaillière, circuits intégrés, domaine médical). Par exemple, si l’industrie mondiale de l’électronique a un besoin urgent de 1000 tonnes d’or dans l’année en cours, comment allons-nous déterminer la valeur des 1000 tonnes d’or par rapport à nos bons de papier en sachant que la production annuelle d’or est limitée, et que les ressources terrestres de ce métal sont aussi limitées, et qu’elle s’épuisent et se consomment de plus en plus (hausse de la consommation et de la population mondiale) ?! D’un autre côté, si les banques et ceux qui possèdent de grandes quantités d’or mettent trop de restrictions sur l’utilisation de l’or à des fins industrielles, qu’arrivera-t-il avec ces industries, dont certaines sont cruciales pour la production d’appareils de fine pointe et de systèmes informatiques ?

    Concernant l’aide sociale, pour eux, cela doit toujours se faire sur une base volontaire. Tu donnes, seulement si tu veux, sinon, c’est du vol. Par exemple, la personne atteinte de sclérose en plaques dans une région peu peuplée, peut très bien crevée dans des conditions atroces si personne ne veut l’aider. On pourrait également parler des enjeux de société, mais déjà avec ça, on a un bon aperçu de leurs objectifs.

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  29. 15 novembre 2010 5 h 35 min

    @ Frankie

    Je connais le catéchisme libertarien, merci. Je n’appelle pas cela un programme, désolé et aucun parti actuel et même projeté n’endosse ça. Le RLQ n’est pas un parti et ne compte pas en devenir un.

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  30. jack permalink
    15 novembre 2010 18 h 04 min

    Merci d’abord et avant tout à Darwin. J’ai beau avoir alimenté un peu le débat, toutes les explications sont venues de lui.

    Si on tente de résumer un peu…

    Au cours des 15 dernières années le nombre de fonctionnaires provinciaux a été plutôt stable tel qu’indiqué dans le billet initial. Ces chiffres n’ont été contestés par personne.

    Si on essaie de mesurer la taille du secteur public dans son ensemble (fédéral, provincial, municipal et sociétés publiques) on se bute à un problème de données: si on utilise des données valables (les données désaisonnalisées) de Statistiques Canada on est limité aux 10 dernières années en raison d’un changement méthodologique survenu en janvier 2000.

    Malheureusement certaines données sont publiées sur le site de StatCan sans tenir compte de ce changement (les séries non désaisonnalisées). Une personne de bonne foi mais qui n’est pas au courant de ce détail peut avoir l’illusion d’une augmentation importante à ce moment précis. Comme ces données s’affranchissent de la limite de 10 ans elles sont très attrayantes pour celui qui recherche une tendance à long terme. C’est un piège!

    Grosso modo on peut toutefois considérer qu’environ un travailleur sur quatre travaille dans le secteur public.

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  31. 15 novembre 2010 19 h 42 min

    @ Jack

    Cela résume assez bien le tout.

    «Au cours des 15 dernières années le nombre de fonctionnaires provinciaux a été plutôt stable»

    Ils sont même propottionnellement un peu moins nombreux quand on considère la hausse de la population.

    «si on utilise des données valables (les données désaisonnalisées) de Statistiques Canada on est limité aux 10 dernières années»

    Le problème n’est pas la saisonnalité des données. Si on prend des moyennes annuelles, la saisonnalité disparaît. Et on ignore toujours la raison du saut en 2001. Je préfère utiliser les données administratives en ETP ou ETC.

    «Grosso modo on peut toutefois considérer qu’environ un travailleur sur quatre travaille dans le secteur public.»

    J’arrive plutôt entre un sur cinq et un sur quatre (22,5 % environ), mais ne chipotons pas… Notons que, quand on tient compte du secteur de la santé, ils sont en hausse, mais ça, ce sera pour mon prochain billet, si je parviens à le faire avancer et à le terminer !

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  32. Olivier Gagnon permalink
    17 novembre 2010 3 h 16 min

    Bonjour !

    Très intéressant comme blogue. Dans mes signets. Je ne suis pas de la même idéologie que vous mais j’aime bien me renseigner sur les théories et les arguments que la gauche propose. Surtout qu’ici il semble y avoir une certaine démarche intellectuelle plutôt que dogmatique.

    Par contre, je semblez avoir assez de bagages pour critiquer sans tomber dans les attaques fallacieuses et sortir les épouvantails. Il faut être conséquent ! Ca manque cruellement dans le débat présentement. Des deux côtés.

    Au plaisr.

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  33. 17 novembre 2010 17 h 43 min

    Bienvenue ici et merci pour les commentaires !

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  34. 26 novembre 2010 18 h 05 min

    Lu aujourd’hui dans La Presse, trois articles portant aur la baisse de services que nous subissons en raison de la politique du remplacement d’un retraité sur 2 (en fait, cela semble n’être que 4 sur 10 dans certains ministères) :

    «Fonction publique: la qualité des services souffre de l’attrition»

    http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/quebec/201011/26/01-4346498-fonction-publique-la-qualite-des-services-souffre-de-lattrition.php

    Avec des liens vers les deux autres articles au bas de la page :

    «Fonction publique: la Régie du logement croule sous les dossiers»

    «Fonction publique: d’autres compressions en vue»

    Je suis agréablement surpris que La Presse ait publié cela !

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  35. 28 novembre 2010 16 h 20 min

    Lu dans Le Devoir, à
    http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/311911/l-origine-du-mal-la-dependance-envers-le-prive
    L’origine du mal: la dépendance envers le privé

    «Une source, à cheval entre le milieu municipal et les firmes de génie-conseil, affirme que «l’ingénieur, c’est l’alpha et l’oméga d’un projet: il fait les plans, les devis, il valide les soumissions, il surveille les travaux et il accorde les extras. Les villes sont déficientes à les contrôler», dit cette personne, qui refuse d’être identifiée par peur de représailles. Elle ajoute: «Les firmes sont fortes du pouvoir que les municipalités leur ont donné. C’est la responsabilité du donneur d’ouvrage de décider quel est le niveau de dépendance qu’il est prêt à assumer.»

    À Montréal, on a appris à la dure avec le dérapage des compteurs d’eau, où la firme BPR a pris le contrôle du projet de A à Z à la place des fonctionnaires de la Ville, avec une facture gonflée. Montréal, qui donnait tout le travail de génie aux firmes privées jusqu’à récemment, a d’ailleurs changé de cap. En octobre 2009, elle employait 221 ingénieurs. Elle en compte maintenant 254.

    En mai dernier, le directeur de la Ville de Montréal, Louis Roquet, soutenait qu’il était essentiel de regarnir l’expertise interne, ce qui permettra à la Ville de ne plus avoir une confiance aveugle envers les firmes.»

    ««Quand tu entends les politiciens dire qu’ils sont fiers de remplacer seulement une personne sur deux qui part à la retraite, que l’État est inefficace, disons que ce n’est pas motivant d’aller travailler dans le public. Il y a des raisons profondes à modifier.»

    Pierre J. Hamel, chercheur à l’INRS-urbanisation, affirme que la montée du discours voulant que le privé soit beaucoup plus efficace que le public a aidé ces firmes à vendre leurs services aux municipalités et au gouvernement.»

    Bref, tout cela va dans le sens le la dernière phrase de mon billet : « à force de demander à nos employés de faire plus avec moins, ne sommes-nous pas en train de favoriser un copinage qui nous coûte encore plus cher ?»

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  36. 8 décembre 2010 17 h 57 min

    «Lutopium me demandait aussi si la sous-traitance avait augmenté dernièrement. Désolé, je ne connais aucune façon de trouver des données à ce sujet et serais même surpris si le Conseil du Trésor en avait des précises à ce sujet.»

    Le syndicat a fait une recherche sur les coûts de la sous-traitance. Il serait bien sûr préférable de connaître les source et la méthode utilisée, mais on ne peut pas non plus rejeter ses conclusions sans en savoir plus :

    «Selon le Syndicat des professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), les dépenses en sous-traitance ont augmenté de 2 milliards de dollars entre 2003 et 2009.

    Or, selon le président du syndicat, Gilles Dussault, les réductions par attrition du nombre de professionnels dans la fonction publique auront permis des économies de tout au plus 800 millions de dollars.»

    Québec abuse de la sous-traitance, disent ses professionnels
    http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2010/12/07/005-professionnels-quebec-dussault.shtml

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  37. 9 décembre 2010 1 h 41 min

    Encore de la sous-traitance qui coûte cher :

    «Le ministère des Transports a accordé récemment des contrats d’ingénierie pour la reconstruction d’un viaduc et de l’intersection qui y mène, dépassant jusqu’à cinq fois les tarifs habituels. »

    Des services d’ingénierie de luxe aux Transports
    http://www.ledevoir.com/politique/quebec/312683/des-services-d-ingenierie-de-luxe-aux-transports

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