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Les caissières et la surqualification

25 avril 2013

surqualificationJe ne sais pas si vous avez porté attention à la chronique du 11 avril dernier de Francis Vailles sur la surqualification? Je m’excuse d’avoir tant tardé à en parler, mais comme elle se basait sur une étude de 116 pages, il a fallu que je la lise avant de la commenter…

Voici le passage qui m’a fait le plus réagir et qui explique ce billet :

«La moitié des finissants en histoire, par exemple, ont étudié bien davantage que ne le requiert leur emploi. Même constat pour les diplômés en sciences sociales ou en philosophie, dont le taux de surqualification en emploi est de 53% et 41%.

Ces diplômés se retrouvent parfois caissiers (caissières) dans un supermarché ou serveurs (serveuses) dans un restaurant. De fait, le taux de caissiers surqualifiés serait de 100%, selon l’étude, tandis que celui des serveurs est de 52%.»

En fait, l’étude sur laquelle se base cette chronique ne dit nulle part que des «diplômés en sciences sociales ou en philosophie» se retrouvent parfois dans des emplois de caissières ou de serveuses. Mais, elle a bien d’autres défauts.

L’étude

L’étude en question, Origine et sources de la surqualification dans la région métropolitaine de Montréal, a été produite par le Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO) et est signée par Brahim Boudarbat et Claude Montmarquette. On y lit entre autres que 31,5% des travailleurs de la région de Montréal sont surqualifiés pour le poste qu’ils occupent et que toutes les caissières le sont. Mais, comment cette étude est-elle arrivée à ces résultats?

– méthode

Comme on peut le constater à la page 29 de l’étude, la définition de surqualification utilisée par les auteurs repose sur la structure de la Classification nationale des professions de 2006 (CNP2006). La CNP2006 est en effet construite en regroupant les professions par niveaux de compétence :

  • niveau de compétence A : correspond généralement à un diplôme universitaire (baccalauréat et plus)
  • niveau de compétence B : correspond généralement à des études postsecondaires (collégial, technique ou professionnelle) ou à un programme d’apprentissage
  • niveau de compétence C : correspond généralement à un diplôme d’études secondaires (DES)
  • niveau de compétence D : correspond généralement à moins qu’un DES.

Pour évaluer la qualification (qualifiés, sous-qualifiés et surqualifiés; voir page 30) des personnes en emploi, les auteurs ont associé leur plus haut niveau de scolarité à l’aide des données des recensements (pour 1991, 1996, 2001 et 2006) et de l’Enquête sur la population active de Statistique Canada (2006 à 2011) au niveau de compétence des professions dans lesquelles elles occupent un emploi. Ainsi, une personne qui est titulaire d’un diplôme universitaire et qui travaille dans une profession des niveaux de compétence B, C ou D sera considérée surqualifiée, tandis qu’un titulaire d’un diplôme d’études collégiales qui travaille dans une profession de niveau de compétence A sera considérée sous-qualifiée.

– conséquences de l’utilisation de cette méthode

En fait, cette méthode se défend et a été souvent utilisée, notamment par l’Institut de la statistique du Québec dans cette étude. Par contre, elle ne tient pas compte de la réalité du marché du travail et de l’évolution des exigences dans les professions. Par exemple, une personne qui a obtenu un diplôme en Transport par camion et occupe un emploi de conducteur de camion sera considéré surqualifiée, car elle possède un diplôme postsecondaire et occupe une profession de niveau de compétence C! En effet, historiquement, l’accès à cette profession était limitée à un DES (et encore…) et un permis de conduire de classe D (ou 1 à 3 au Québec), comme on peut le voir dans la section «Conditions d’accès à la profession» de la description de cette profession. On peut d’ailleurs voir à la page 44 de l’étude que le taux de surqualification des «conducteurs de matériel de transport» est de 57,6 %. Quand on comprend la méthode utilisée et la réalité du marché du marché du travail, il n’y a rien d’étonnant dans ce résultat. Par contre, il n’a rien à voir avec un manque d’adéquation entre la formation des personnes et l’emploi qu’ils occupent, bien au contraire, comme le prétendent les auteurs de l’étude.

Cet exemple est loin d’être unique. Il en est de même dans de nombreuses autres professions. Ainsi, le taux de surqualification du «personnel de bureau» est de 63,3 % (page 43), car les employeurs exigent en règle générale pour ces postes un DEP ou un DEC dans un domaine lié à l’administration (bureautique, comptabilité, etc.), même si ces professions sont considérées par la CNP2006 de niveau de compétence C. Le «personnel de soutien des services de santé» (préposés aux bénéficiaires, assistants techniques en pharmacie, etc.) vit le même phénomène et 75,2 % des personnes occupant un emploi dans ce groupe de professions sont considérées surqualifiées, en raison de la méthode adoptée. D’ailleurs, la CNP2011 a rehaussé le niveau de compétences de plusieurs professions, dont les assistants techniques en pharmacie, les sages-femmes (avec la classification utilisée dans l’étude, elles sont presque toutes surqualifiées!), les conseillers en emploi et les agents de sécurité (tous surqualifiés dans l’étude, comme les caissières). Bref, le taux de surqualification serait bien moins élevé en utilisant cette classification plus à jour.

La hausse des exigences pour accéder à une profession touche aussi de nombreuses professions libérales, surtout celles qui sont réglementées par des ordres professionnels, comme je l’avais mentionné dans ce billet. Par exemple, on a maintenant besoin d’une doctorat professionnel pour exercer la profession de psychologue et d’une maîtrise pour devenir conseiller d’orientation. Est-il étonnant dans ce contexte que les personnes qui n’ont obtenu qu’un baccalauréat dans ces domaines exercent des professions de niveau de compétence B et que, comme le dit M. Vailles dans sa chronique, que «les diplômés en sciences sociales ou en philosophie» aient un «taux de surqualification en emploi (…) de 53% et 41%»? En fait, malgré cette supposée surqualification, ces diplômés ne s’en tirent pas si mal. En effet, la seule étude (de Statistique Canada) qui a analysé le sort des diplômés de sciences sociales à long terme est arrivée à la conclusion que, quand ils ont atteint 45 ans, leurs revenus sont tout à fait comparables à ceux des diplômés en sciences appliquées, et même un peu supérieurs, et que leur taux de chômage est inférieur!

J’aurais bien d’autres exemples à donner, mais disons que le message doit être clair : avoir un niveau de scolarité supérieur au niveau de compétence de la CNP2006 ne veut pas nécessairement dire être surqualifié.

Caissières

Mais, cela n’explique pas que cette étude arrive à la conclusion que 100 % des personnes occupant des emplois de caissiers ou caissières soient surqualifiées… Cela est plutôt dû à un autre aspect de la méthode utilisée par les auteurs de l’étude, aspect que M. Vailles ne mentionne pas. On peut en effet lire à de nombreux endroits dans l’étude, notamment à la page 27, qu’elle a exclu de son échantillon les personnes âgées de 65 ans et plus, mais surtout «les travailleurs sans diplôme».

Cette exclusion a de grands effets. D’une part, le fait de ne pas considérer ces personnes, qui représentaient en 2006 environ 12,3 % des travailleurs de région de Montréal, entraîne une surestimation importante de la surqualification, car aucune personne sans diplôme (moins qu’un DES) n’est par définition surqualifiée! Ainsi, en considérant tous les travailleurs, le taux de surqualification passerait de 31,5 % à 27,6 %! D’autre part, cela implique que 100 % des personnes qui occupent des emplois dans des professions du niveau de compétence «D» (niveau de compétence exigeant moins qu’un DES) se retrouvent par définition surqualifiées! D’ailleurs, on peut voir à la page 44 de l’étude que deux autres groupes de professions ont aussi un taux de surqualification de 100 %, soit le «personnel élémentaire de la production primaire» et les «manœuvres dans la transformation, la fabrication et les services d’utilité publique», les deux seuls autres groupes de professions composés uniquement de professions du niveau de compétence D.

Quelle est la réalité des caissières? Pour répondre à cette question, j’ai utilisé le fichier 97-564-XCB2006005 du recensement de 2006 (le 59ème et dernier sur cette page).

– niveau de scolarité

  • moins qu’un DES : 27,1 % (je le rappelle, ces personnes sont exclues de l’étude)
  • DES : 41,2 %
  • postsecondaire inférieur au baccalauréat : 27,0 %
  • baccalauréat et plus : 4,7 %

On voit donc que, s’il est possible que quelques personnes «diplômées en sciences sociales ou en philosophie» travaillent de fait dans cette profession, elles ne seraient pas bien nombreuses!

– âge et temps partiel

  • 15 à 24 ans : 63,0 % (moyenne des professions à 14,4%)
  • 25 à 44 ans : 21,1 %
  • 45 ans et plus : 15,9 % (moyenne des professions à 38,6 %)

On voit ici que les caissiers et caissières sont beaucoup plus jeunes que la moyenne. La proportion de ces personnes qui travaillent à temps partiel est aussi beaucoup plus élevée que la moyenne (65,1 % par rapport à 20,9 %). On peut donc supposer qu’une forte proportion d’entre elles sont en fait aux études et occupent ce type d’emploi pour les payer, dont une partie importante des 4,7 % qui ont au moins un baccalauréat! Alors, peut-on vraiment affirmer sans rire qu’une étudiante qui travaille dans un emploi du genre pour payer ses études est surqualifiée? Et encore plus que 100% des personnes qui y travaillent le sont? Et, endurer des clients pas toujours faciles, accepter des horaires brisés et rester concentrée pour ne pas se tromper dans la manipulation d’argent en restant souvent debout toute la journée, est-ce vraiment être non qualifié?

Et alors…

En fait, comme l’ont mentionné fort pertinemment d’autres personnes (dont Aurélie Lanctôt et Geneviève Blouin), l’élément qui choque le plus dans ce genre d’études est qu’elles sont basées sur le postulat qu’on étudie pour une seule raison, obtenir un emploi. Cela est justement un des points que le mouvement étudiant et ses alliés ont combattu l’an passé (et combattent toujours) : nos universités ne doivent pas seulement former de la main-d’œuvre pour les employeurs, mais en premier lieu des citoyens autonomes. Et on peut l’être en occupant un emploi n’importe quelle profession!

Mais, ce n’est pas tout. Non seulement cette étude est basée sur une hypothèse fort discutable du rôle qu’on veut donner à notre système d’éducation, mais les auteurs se servent de données qu’ils ne maîtrisent manifestement pas pour prouver leur point, tout en éliminant une partie de la population étudiée pour gonfler leurs résultats! On ne s’étonnera pas que cette étude en arrive à une conclusion aussi aberrante que de dire que 100 % des caissières sont surqualifiées et qu’un chroniqueur ait gobé cette énormité sans la discuter. C’est en fait un autre exemple de biais de confirmation!

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13 commentaires leave one →
  1. 25 avril 2013 1 h 35 min

    Bon, en fait, ça ne me prend pas deux semaines pour lire une étude de 116 pages… J’ai écrit ce billet il y a une semaine. Depuis, Ariane Krol, de La Presse a écrit aussi sur le sujet. Son texte n’est pas génial (elle répète «À quoi bon avoir un bac si c’est pour travailler comme caissier?»), mais elle dit au moins une chose intelligente :

    «Les Montréalais nés au Canada mais dont au moins un parent est né à l’étranger sont plus souvent coincés dans des emplois inférieurs à leurs qualifications que ceux dont les deux parents sont né ici».

    Vrai, il faut s’en préoccuper et prendre des mesures à ce sujet.

    Par ailleurs, je n’insisterai jamais assez sur la notion de biais de confirmation. Pour ce faire, je vais donner un exemple où je me suis fais avoir… J’ai vraiment cru que Sarah Palin avait dit que les États-Unis devraient attaquer la République tchèque…

    http://www.sudinfo.be/709446/article/actualite/monde/2013-04-23/suite-a-l-attentat-au-marathon-de-boston-sarah-palin-allons-envahir-la-republiqu

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  2. barefootluc permalink
    25 avril 2013 5 h 35 min

    Doit-on en conclure que M. Vailles est sous-qualifié et que MM Boudarbat et Montmarquette sont sur-qualifiés?

    Aussi, est-ce que 100 % des personnes œuvrant au CIRANO sont sur-qualifiées?

    😉

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  3. Gilbert Boileau permalink
    25 avril 2013 9 h 16 min

    Heureux de lire que tu n’es pas infaillible … Heureux surtout de lire ton exposé. Quand j’ai lu les résultats de cette étude, je me suis mis à douter .. .Fiston travaille les fins de semaines comme manutentionnaire pour un détaillant de meubles depuis 8 ans pour se payer des études universitaires de deuxième cycle, et peut-être de troisième; est-il surqualifié, c’est sûr! Je crois bien que cette étude était  »orientée » dès le départ et les calculs (faits au moyen d’Excel?) utilisés à partir de données que l’on connaît mal ont donnés les résultats que tu mentionnes. Merci de maintenir la lumière dans cet univers de trippeux d’études qui alimentent le discours de droite …

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  4. 25 avril 2013 9 h 32 min

    @ barefootluc

    «Aussi, est-ce que 100 % des personnes œuvrant au CIRANO sont sur-qualifiées?«

    En fait, le corrolaire du fait que 100 % des personnes qui occupent un emploi dans une profession du niveau de compétence D sont surqualifiés et que 0 % des personnes qui travaillent dans une profession du niveau de compétences A le sont. Vous pouvez le constater à la page 45 http://www.cirano.qc.ca/pdf/publication/2013RP-08.pdf, où il y a de nombreux exemples.

    Bien essayé! 😉

    @ Gilbert Boileau

    «Heureux de lire que tu n’es pas infaillible …x

    J’espère que ça ne te surprend pas! Bien que les gens qui l’avoue ainsi sont peut-être pas si nombreux…

    «Je crois bien que cette étude était »orientée » dès le départ»

    L’exclusion des personnes en emploi les moins scolarisées le laisse penser. La droite de Harper tente de nous convaincre qu’il y a plein de pénuries (voir https://jeanneemard.wordpress.com/2013/03/25/le-budget-federal-et-les-postes-vacants/) et cette droite universitaire qu’on forme trop de personnes en sciences humaines (dont en économie?). Cela peut sembler à la fois contradictoire et complémentaire!

    «Merci de maintenir la lumière dans cet univers de trippeux d’études qui alimentent le discours de droite …»

    Comme j’ai fait pas mal le tour des sujets théoriques, il me reste cette manne inépuisable de sujets à traiter… Elle se renouvelle quotidiennement!

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  5. 25 avril 2013 12 h 46 min

    @ Darwin

    Tout le monde sait que le GBS nous dit que les chercheurs sont sur-qualifiés si c’est pour nous produire une étude avec de tels biais et que le chroniqueur est tout simplement sous-qualifié pour analyser une étude. 😉

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  6. 25 avril 2013 13 h 57 min

    Sans doute veulent-ils démontrer que cette unité de production de masse qu’est l’éducation n’est pas efficace!

    Nonobstant cela, par expérience personnelle, sans leur caisse, plusieurs caissières (et caissiers) sont démunies lorsqu’il faut remettre le change….

    Expérience #1: Sur un montant de 9.55$, payé 10.55$… et certains vont prendre le 10$ sans prendre le 55¢…. avec en prime un regarde voulant vous faire sentir stupide! (Ce regarde est encore plus senti lorsque vous donnez le 5 sous!)

    Expérience #2: Sur un montant de 9.55$, donner un 10$, la caisse répond qu’il faut donner 45¢ et alors dite au caissier que vous avez le 55¢. Vous serez surpris de voir le nombre de caissier sortir une feuille et un crayon pour calculer manuellement le change….

    Je ne dis pas que les caissières sont sous-qualifiées mais que la tâche, l’intérêt et une certaine technologie abruti.
    L’entreprise pour laquelle je travaille avait décidé à la fin des années 80, début 90 d’embaucher des opérateurs avec un DEC ou une qualification universitaire au lieu du secondaire 5 que préconisait la tâche. L’objectif étant que plusieurs superviseurs partant à la retraite, l’entreprise voulait un bassin de personnes qualifiées pour les remplacer. Sauf qu’une fois la supervision remplacée, il restait le ¾ des employés embauchés sur-qualifiés sur des postes d’opérateurs.
    Le problème qui en résultait par la suite pour l’entreprise étant des employés malheureux et démotivés devant le peu de perspective d’amélioration de leur statut…

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  7. 25 avril 2013 14 h 42 min

    @ barefootluc

    «le chroniqueur est tout simplement sous-qualifié pour analyser une étude»

    Il est en train de devenir une source d’inspiration encore plus féconde que Claude Picher!

    @ Benton

    «L’entreprise pour laquelle je travaille avait décidé à la fin des années 80, début 90 d’embaucher des opérateurs avec un DEC ou une qualification universitaire»

    Mon employeur a aussi rehaussé ses exigences et, de fait, cela entraîne d’autres problèmes, notamment du roulement important dans les postes d’entrée.

    Je ne dis pas que le phénomène de surqualification n’existe pas, je dis plutôt que les données utilisées et le rejet des données des personnes les moins scolarisées entrainent sa surévaluation, constat qui devient complètement ridicule quand il s’applique aux caissiers et caissières.

    Quand à la baisse des aptitudes de calcul mental, ça s’étend à une grande partie de la population!

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  8. youlle permalink
    25 avril 2013 18 h 24 min

    @ Benton

    « Nonobstant cela, par expérience personnelle, sans leur caisse, plusieurs caissières (et caissiers) sont démunies lorsqu’il faut remettre le change…. »

    C’est la caisse qui leur dit le montant du change et est une chose qui s’apprend en 5 minutes. Heu! Il faut seulement le savoir.

    Exemple: sur un achat de $7,45 le client donne $10,50 pour se débarrasser de sa monnaie.

    Sur une caisse auto: Il faut compter de un dollar à $3,05.

    Sur une petite caisse du club des employés: Il faut compter de $7,45 à $10,50. C’est simplement l’inverse.

    L’ancienne méthode est aussi facile que sur une caisse auto. Le niveau de difficulté est exactement le même.

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  9. Sophie permalink
    25 avril 2013 19 h 59 min

    Un article fort intéressant, encore une fois.
    C’est clair que cette étude était citée pour renforcer chez les lecteurs la conviction qu’il faut éviter les études en soi-disant « sciences molles » (câline que je hais ce terme), comme le prouvent plusieurs des commentaires lorsque la question a été mise en « blogue de l’Édito » (http://blogues.lapresse.ca/edito/2013/04/22/diplome-inutile-ou-probleme-passager/) qui sautent aussitôt à cette conclusion (heureusement, ce n’est pas le cas de tous).
    J’ai un bac en histoire et je n’ai jamais travaillé dans mon domaine, mais c’est parce que je me destinais à l’enseignement et j’ai découvert en faisant mes stages que je n’aimais pas enseigner. Avoir su cela, c’est sûr que j’aurais fait un autre choix, mais ça aurait été davantage en archivistique ou en bibliothéconomie, par exemple.
    Aujourd’hui, c’est sûr que je ne gagne pas un salaire de diplômée universitaire mais je gagne quand même ma vie, et je ne suis pas caissière. Je pense que la soi-disant statistique de 100% des caissiers/caissières surqualifiés s’explique facilement par le fait que c’est un type d’emploi répandu parmi les étudiants, et j’imagine que certains doivent le garder s’ils ont fini leurs études, Pas plus compliqué que ça.

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  10. 25 avril 2013 20 h 13 min

    @ Sophie

    «j’imagine que certains doivent le garder s’ils ont fini leurs études»

    S’il y en a qui le gardent, il n’y en a pas beaucoup. La forte proportion de jeunes (15-24) dans cette profession et la faible proportion de diplômés universitaires (dont sûrement un bon nombre d’étudiantEs) le montrent bien.

    Le meilleur résumé de la situation que j’ai lu a été écrit par Ève-Lyne Couturier sur Facebook (en partageant ce billet) :

    «En somme, Francis Vailles écrit une chronique en se fiant à une étude sur la surqualification qui exclut les personnes n’ayant aucun diplôme et qui en conclut que 100% des caissièr·e·s sont surqualifié·e·s puisque… wait for it… aucun diplôme n’est requis pour faire la job!»

    Voilà!

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  11. 27 avril 2013 13 h 24 min

    Merci pour le lien. Je vois que je ne suis pas la seule à avoir réagi à cette étude. L’éditorial de La Presse a d’ailleurs fini par apporter un bémol : les employés « surqualifiés » connaissent peut de chômage. Tiens donc! S’ils ont le choix entre un « employé de bureau » qui a son DEC en administration et l’autre qui a une maîtrise en socio, c’est drôle, mais la plupart des employeurs vont prendre le sociologue. 😉

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  12. 27 avril 2013 15 h 42 min

    @ Gen (Geneviève Blouin)

    «S’ils ont le choix entre un « employé de bureau » qui a son DEC en administration et l’autre qui a une maîtrise en socio, c’est drôle, mais la plupart des employeurs vont prendre le sociologue.x»

    Vous soulevez un point intéressant. On dit souvent que des employeurs refusent d’embaucher des diplômés universitaires de peur que la personne quitte rapidement. Cela existe sans l’ombre d’un doute, mais les données montrent que les diplômés universitaires ont un taux d’emploi plus élevé et un taux de chômage moindre que les autres personnes. Cela montre que, dans l’ensemble, la prime à la scolarisation existe vraiment et que la situation que vous mentionnez est plus fréquente que celle qu’on entend le plus souvent..

    En plus, l’étude de CIRANO observe que les personnes qu’elle dit surqualifiées ont des salaires plus élevés que les personnes uniquement qualifiées pour des professions identiques, quoique moins élevés que s’ils travaillaient dans une profession correspondant à leur niveau de qualification.

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