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Revenus 2012 (2) – le faible revenu

11 septembre 2014

revenus2012(2)Je termine ici ma courte série de deux billets sur les tableaux cansim provenant des déclarations de revenus que Statistique Canada a mis à jour récemment. Cette fois, je vais présenter quelques résultats tirés du fichier 111-0015 portant sur la mesure de faible revenu (MFR). Cette mesure «est un pourcentage fixe (50 %) du revenu ménager médian» pour l’ensemble du Canada et permet de calculer la proportion des ménages qui gagnent moins que cette mesure, soit le taux de faible revenu. Notons que Statistique Canada utilise deux autres mesures de faible revenu, soit les seuils de faible revenu (SFR) et la mesure du panier de consommation (MPC). Toutefois, seule la MFR peut être calculée avec les données sur les déclarations de revenus, car les deux autres mesures reposent non seulement sur les revenus, mais aussi sur le niveau de consommation de certains biens, données bien sûr non comprises dans les déclarations de revenus.

Pour tous les âges

Le graphique qui suit présente l’évolution du taux de faible revenu (pourcentage des familles qui gagnent moins que 50 % du revenu médian après impôt, revenu ajusté en fonction de la taille des familles) pour l’ensemble des familles du Québec (ligne bleue) et du reste du Canada (ligne rouge) et pour les familles monoparentales du Québec (ligne jaune) et du reste du Canada (ligne verte).

revenus2012(2)1

Il peut sembler logique que le taux de faible revenu soit presque identique au Québec et dans le reste du Canada tout au long de la période présentée, soit de 2000 à 2012. Pourtant, il faut savoir que le revenu médian ajusté fut, selon les années, de 13,4 % à 16,2 % plus élevé dans le reste du Canada qu’au Québec. On devrait donc s’attendre à ce que la proportion des familles qui gagnent moins que la moitié du revenu médian canadien soit plus élevée au Québec que dans le reste du Canada. Or, ce n’est pas le cas. On peut conclure de cette observation que les inégalités sont moins élevées au Québec, conclusion appuyée par bien d’autres données de Statistique Canada, notamment par son coefficient de Gini plus faible.

Dans cette optique, il peut sembler étrange que le taux de faible revenu des familles monoparentales québécoises soit moins élevé que celui des familles monoparentales du reste du Canada et que l’écart entre ces deux taux se soit accru entre 2000 (écart de 5,0 points de pourcentage) et 2012 (7,3 points). Or, le même fichier nous apprend que, au cours de ces 13 années, le revenu médian ajusté des familles monoparentales québécoises a toujours été plus élevé que celui des familles monoparentales du reste du Canada et que cet écart s’est accentué (de 1 % à 2 % en 2000 et en 2001 à 8,5 % en 2012). On attribue en général la meilleure situation des familles monoparentales québécoises à l’entrée en vigueur du programme de services de garde à contribution réduite en 1997, programme qui a permis à un plus grand nombre de leurs cheffes de retourner sur le marché du travail (ou d’y rester ou de s’y intégrer). Ce n’est toutefois pas le seul facteur, car ce taux a tout de même diminué de 3,7 points de pourcentage dans le reste du Canada entre 2000 et 2012, baisse notable, même si elle est moins importante que celle observée au Québec (6,0 points). On peut fort probablement attribuer ces baisses à l’amélioration des crédits à l’intention des familles avec enfants, encore plus au provincial qu’au fédéral.

Cela dit, il faudrait retenir que le revenu médian ajusté des familles monoparentales québécoises était en 2012 toujours 10,7 % moins élevé que celui de l’ensemble des familles (tout de même moins de la moitié de l’écart observé en 2000, soit de 23,5 %), taux qui atteignait 28,3 % dans le reste du Canada en 2012, soit beaucoup moins qu’en 2000 (33,8 %). Bref, la situation des familles monoparentales s’est améliorée tant au Québec que dans le reste du Canada, est meilleure au Québec, mais demeure bien moins bonne que celle des autres familles.

Chez les enfants (0 à 17 ans)

Le graphique qui suit présente l’évolution des mêmes données que le précédent, mais en ne comptabilisant que les familles ayant des enfants âgés de 0 à 17 ans.

revenus2012(2)2

Lorsqu’on ne considère que les familles ayant des enfants âgés de 0 à 17 ans, on s’aperçoit que les taux de faible revenu se révèlent passablement différents. Pour l’ensemble des familles, le taux est plus élevé en début de période que lorsqu’on considère toutes les familles (graphique précédent), mais le taux diminue surtout au Québec à tel point que le taux de faible revenu devient moins élevé en 2012 (15,1 %) que pour toutes les familles (17,0 %), alors qu’il reste plus élevé dans le reste du Canada (20,2 % par rapport à 17.1 %). On peut en conclure que les programmes de transferts pour les enfants sont plus avantageux au Québec que dans le reste du Canada, ce que confirment aussi d’autres études.

Du côté des familles monoparentales, l’écart entre le Québec et le reste du Canada est encore plus grand que dans le graphique précédent et va en s’agrandissant pour atteindre son sommet en 2012 avec 11,5 points de pourcentage. Cela dit, tant au Québec que dans le reste du Canada, le taux de faible revenu est plus élevé quand on ne considère que les familles ayant des enfants âgés de 0 à 17 ans, ce qui signifie que le faible revenu touche davantage les familles monoparentales qui ont des enfants plus jeunes.

Et alors…

Comme je l’ai mentionné dans le billet précédent de cette série, cet exercice aurait été plus intéressant si la période présentée avait été plus longue. Dans ce cas précis, on aurait pu par exemple estimer plus précisément l’impact de l’entrée en vigueur du programme de services de garde à contribution réduite en 1997. Cela dit, les 13 années disponibles permettent tout de même de voir l’impact d’autres mesures, comme l’amélioration des crédits pour les enfants, et de constater que le Québec est plus égalitaire que le reste du Canada et qu’il offre de meilleures mesures fiscales pour les familles avec enfants que le reste du Canada. Ces acquis sont précieux, mais il faudra se battre pour les conserver…

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