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Minarchiste et les migrations interprovinciales

16 octobre 2012

Minarchiste a publié récemment un billet qui commentait quelques-uns des miens. J’ai été agréablement surpris de lire qu’il respecte en général la qualité des arguments que j’y utilise pour appuyer mes opinions. Je n’ai pas trop de problèmes avec ses arguments non plus. Je voudrais toutefois souligner deux sophismes qu’il a utilisés pour ridiculiser mes arguments et ensuite répondre à une de ses questions.

Sophismes

Tout d’abord, il prétend que «presque la moitié de la population ne paie pas d’impôt», alors que les données les plus récentes montrent que le pourcentage de contribuables qui ne paient pas d’impôt s’est élevé à 36.8%, en baisse notable depuis 2004 (41,3 %, voir la page 39). Bien sûr, si considère la population complète du Québec, y compris les bébés et autres enfants qui ne sont pas des contribuables, on arrive de fait à 50 %! Mais, même Mitt Romney n’est pas allé aussi loin!

Ensuite, il dit avoir été «avoir ressenti un vertige» en lisant une de mes propositions pour solutionner les problèmes liés à la concurrence fiscale, proposition que j’aurais faite dans un billet portant sur ce sujet :

«il souhaiterait l’existence d’un gouvernement mondial qui ferait en sorte que les taux d’imposition soient tous alignés, tous comme les programmes sociaux et la réglementation»

Il peut bien avoir ressenti un vertige, car je n’ai jamais écrit quelque chose du genre et il n’a donc pas pu le lire! J’ai plutôt écrit : «ne serait-ce pas plus efficace qu’on laisse tomber cette attitude compétitive qui ne fait que nuire aux uns et aux autres, et qu’on pense plutôt à collaborer?», sans préciser le processus que pourrait prendre cette collaboration. Et je ne parlais dans ce billet que des pays européens, qui disposent déjà de nombreuses institutions où les pays membres pourraient s’entendre pour collaborer, pas nécessairement avec des moyens coercitifs.

En écrivant cette partie de son billet, Minarchiste nous a fourni un exemple intéressant du sophisme de l’épouvantail, en m’attribuant un argument que je n’ai jamais avancé pour pouvoir facilement le contrer et prétendre ensuite que cela détruit ma thèse. Pas fort…

Migrations interprovinciales

Finalement, il m’a demandé de quelle façon je puis expliquer un graphique sur les migrations interprovinciales qu’il a construit pour démontrer que j’ai tort d’affirmer que les Québécois sont moins sujets aux migrations que les habitants des autres provinces, malgré leur niveau d’imposition plus élevé. C’est à cela que je consacrerai le reste de ce billet. Voici tout d’abord le graphique en question.

J’ai trois problèmes avec ce graphique. Tout d’abord, Minarchiste ne fournit pas de source. Ensuite, ce graphique est trompeur. Finalement, quand on présente les données correctement, celles-ci ne prouvent rien de ce qu’il prétend.

Absence de source

L’absence de source est surtout embêtante pour les données du reste du Canada, car j’ai trouvé une source pour les données du Québec de 1962 à 2011, soit la Banque de données des statistiques officielles sur le Québec (BDSO). Elle semble concorder avec celle de ce graphique, car le total du solde migratoire interprovincial donne 684 000, semblable à ce qu’on peut voir sur le graphique. Par contre, pour le reste du Canada, je n’ai trouvé des données qu’à partir de 1971. Cela ne change pas grand chose, car la moyenne du solde migratoire interprovincial pour le Québec pour la période 1962-1970 (-15 100) est semblable à la moyenne de ce solde pour la période 1971-2011 (-13 400).

Graphique trompeur

Minarchiste a choisi de construire son graphique avec le total du solde migratoire de la période sans tenir compte de la population des provinces comparées. Cela est un des trucs les plus répandus pour tromper ses lecteurs. J’ai donc refait un graphique en comparant plutôt le taux moyen du solde migratoire interprovincial entre 1971 et 2011 (solde migratoire/population).

On peut voir que le portrait est très différent! Au lieu d’être la province où le solde migratoire fut le plus négatif au cours de la période, le Québec se retrouve surpassé à ce chapitre, et par des taux plus de deux fois plus élevés dans les trois cas, par trois provinces!

Évolution du taux migratoire

On sait qu’une moyenne peut être trompeuse. Le graphique qui suit montre l’évolution du taux du solde migratoire interprovincial pour le Québec de 1962 à 2011.

La source de l’Institut de la statistique du Québec est ici. Ce graphique montre principalement deux choses. Tout d’abord, il est clair que ce solde fut beaucoup plus négatif entre 1968 et 1984 que dans les années plus récentes. Ensuite, les deux années où ce solde fut le plus négatif, soit 1970 et 1977, ne correspondent pas à des périodes de taux d’imposition élevé, mais plutôt à des événements politiques importants! En effet, le coup de la Brinks et la première élection où le PQ a fait élire des députés datent de 1970, tandis que 1977 fut l’année qui a suivi l’élection du PQ (1976) et surtout l’année de l’adoption de la Charte de la langue française (Loi 101). On ne peut pas prouver que ce sont les causes de ces records de départs du Québec, mais cela apparaît drôlement plus plausible qu’une hausse des impôts! Finalement, cela ne contredit nullement la faible mobilité des Québécois d’origine canadienne française.

Tendance récente

Compte tenu que les années au cours desquelles les taux du solde de migration interprovinciale furent les plus négatifs datent du début de la période, je me suis dit que ce serait intéressant de regarder la situation récente à cet égard, ce qu’illustre le graphique qui suit pour les 10 dernières années.

Là, le Québec se retrouve au huitième rang, seules les deux provinces ayant un taux migratoire positif le devançant! Même l’Ontario a eu un taux moyen du solde de migration interprovinciale légèrement plus négatif que le Québec entre 2002 et 2011 (0,080 % par rapport à 0,079 %, disons qu’il est égal!)! Pourtant, le Québec est toujours la province qui a le taux marginal d’imposition le plus élevé du Canada (sauf la Nouvelle-Écosse, mais seulement pour les contribuables déclarant plus de 150 000 $ de revenu imposable).

Facteurs explicatifs

Pour répondre à Minarchiste, je dois trouver les principaux facteurs qui peuvent expliquer que le solde migratoire interprovincial du Québec est constamment négatif, même s’il est clair qu’il est loin d’être le plus élevé du Canada, comme il le prétendait.

– la particularité linguistique et culturelle du Québec

Avec les records de 1970 et 1977, il est pour moi assez évident que la particularité linguistique et culturelle du Québec est un facteur explicatif important. Diverses études montrent d’ailleurs que les anglophones quittent le Québec davantage que les francophones (voir entre autre ce billet). Mais à quel point? Minarchiste me reprochait encore dans son billet que mon exemple des médecins n’était pas assez significatif (je rappelle que ce billet portait sur l’exode des cerveaux, pas sur l’ensemble des migrations). Fort bien.

Cette étude de Statistique Canada et ce tableau devraient le satisfaire. On y voit en effet que le solde migratoire interprovincial des francophones natifs du Canada a été positif pour le Québec trois fois sur quatre entre les recensements de 1986 à 2006, tandis qu’il fut légèrement négatif dans tous les cas chez les immigrants francophones et très fortement négatif dans tous les cas chez les non francophones, qu’ils soient immigrants ou non. Il est donc clair que le solde de migration interprovinciale négatif du Québec ne provient pas du tout des Québécois francophones, mais uniquement des immigrants, surtout non francophones, et encore plus des non francophones natifs du Canada.

– Taux de chômage

L’autre facteur qui vient aisément à l’esprit est la situation économique, principalement celle du marché du travail. Cela expliquerait d’ailleurs que l’Ontario, qui avait en moyenne un solde migratoire positif entre 1971 et 2002, a soudain affiché un solde négatif à toutes les années de 2003 à 2011. Avec cela en tête, j’ai pensé comparer le taux annuel du solde migratoire interprovincial avec l’écart entre le taux de chômage du Québec et celui du reste du Canada. Le graphique qui suit illustre le résultat de cette comparaison.

Ce graphique montre une relation négative forte entre ces deux facteurs. D’ailleurs, le coefficient de corrélation entre ces deux variables est de -0,67, ce qui montre un corrélation négative assez forte, ce qui veut dire que moins l’écart entre le taux de chômage du Québec et celui du reste du Canada (ligne bleue) est élevé, moins le taux du solde migratoire interprovincial (ligne rouge) est négatif. En fait, si ce n’est de l’année 1977, dont la valeur fortement négative s’explique davantage par des facteurs politiques et linguistiques comme mentionné auparavant, et peut-être aussi des années suivantes, on observe que ces deux courbes évoluent presque systématiquement en sens inverse (comme un miroir). D’ailleurs, si on omet les premières années de la période, on obtient un coefficient de corrélation de -0,75 pour la période allant de 1982 à 2011, soit une relation encore plus forte. Même s’il ne faut pas confondre causalité et corrélation, ce facteur semble sans contredit celui qui explique le mieux que le Québec ait un solde migratoire interprovincial constamment négatif.

Et alors…

Non seulement le graphique que Minarchiste m’a demandé de commenter est trompeur, mais on n’observe aucun lien entre le taux d’imposition et le solde migratoire interprovincial. Sans être concluante (quoique…), l’analyse que j’ai faite dans ce billet montre que les facteurs qui semblent le mieux expliquer la persistance d’un solde migratoire interprovincial négatif au Québec sont dans l’ordre la différence entre le taux de chômage du Québec et celui du reste du Canada, et ses particularités culturelles et linguistiques.

On pourrait toujours prétendre que l’écart entre le taux de chômage du Québec et celui du reste du Canada est dû aux différences des taux d’imposition, mais comment pourrait-on alors expliquer que l’écart entre le taux de chômage du Québec et celui du reste du Canada s’est grandement réduit depuis 2006 (de 2,3 points de pourcentage à seulement 0,4 point), même si le taux marginal d’imposition maximal du Québec est devenu le plus élevé au Canada en 2011 (il était troisième en 2006 à 48,2 %, très légèrement inférieur à celui du Nouveau Brunswick et de Terre-Neuve, à 48,6 % dans ces provinces), si ce n’est celui pour les contribuables de la Nouvelle-Écosse déclarant plus de 150 000 $ de revenu imposable. Pire (ou mieux!), ce taux est demeuré fixe entre 2006 et 2011 au Québec, tandis qu’il a diminué dans cinq provinces et n’a augmenté que dans deux autres (Sources : tableau A-2.1 aux trois quarts de la page, ici et ici), comme on peut le voir dans le tableau suivant.

Malgré l’accroissement de la différence entre le taux marginal d’imposition maximal du Québec et celui des autres provinces, l’écart entre le taux de chômage du Québec et celui du reste du Canada s’est grandement réduit, de même que le solde migratoire interprovincial (de près de 13 000 personnes, ou 0,17 %, en 2006 à moins de 4 000 personnes, ou 0,05 %, en 2011). Il est donc difficile de croire que le taux marginal d’imposition maximal puisse être un facteur le moindrement significatif en la matière.

Bref, on peut déplorer que le Québec ait un solde migratoire interprovincial négatif, mais on doit se réjouir de le voir graduellement diminuer sans avoir besoin de sacrifier ni notre culture, ni notre modèle social plus égalitaire que celui des autres provinces canadiennes.

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32 commentaires leave one →
  1. 16 octobre 2012 8 h 03 min

    « montre l’évolution du taux du solde migratoire interprovincial pour le Québec de 1962 à 2011. »

    J’ai interrompu ma lecture, je ne comprends pas ce qu’est ce taux…

    Exemple, d’après les chiffres de Stat Can, il y a un solde migratoire de -3752 au Québec.

    Sur ton graphique de l’évolution du solde migratoire, cela correspond à -0.7.

    Je me demande donc quel est le dénominateur utilisé pour arriver à ce taux…

    Évidemment qu’il faut prendre en compte la taille de la province en nombre d’habitants…..Minarchiste fait effectivement une grave erreur.

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  2. 16 octobre 2012 8 h 45 min

    «J’ai interrompu ma lecture, je ne comprends pas ce qu’est ce taux…»

    Au début de cette section, j’ai écrit : «J’ai donc refait un graphique en comparant plutôt le taux moyen du solde migratoire interprovincial entre 1971 et 2011 (solde migratoire/population).»

    Il s’agit donc du solde migratoire divisé par la population.

    «Exemple, d’après les chiffres de Stat Can, il y a un solde migratoire de -3752 au Québec.»

    En quelle année? Comme indiqué dans le billet, j’ai utilisé deux sources différentes, une pour le Québec de 1962 à 2011 (http://www.bdso.gouv.qc.ca/pls/ken/p_afch_tabl_clie?p_no_client_cie=FR&p_param_id_raprt=706) et le tableau cansim 051-0012 (par année financière, seule source que j’ai trouvée avec les données des autres provinces, mais seulement à partir de 1971: à http://www5.statcan.gc.ca/cansim/home-accueil?lang=fra, on tape 051-0012). Et je ne vois ce chiffre (-3752) nulle part. Pour la population, j’ai utilisé les données du tableau cansim 051-0001.

    Cela dit, les données des trois dernières années entre 3 000 et 5000 dans les deux sources (pas très loin de ton -3752), et la population (entre 7,8 millions et près de 8 millions), ce qui donne un taux avoisinant -0,05 % pour les trois années, comme l’indique le graphique pour le Québec qui présente ce taux de 1962 à 2011.

    Le seul taux que je vois près de -0.7 % est celui de 1970. Le solde était à -41 156 et la population (selon cansim 051-0005) de 6010750, soit un taux de 6,85 %.

    Je ne sais pas si ça répond. J’aurais pu être plus précis…

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  3. koval permalink*
    16 octobre 2012 9 h 48 min

    C’est moi qui erre, désolée, j’avais pris le chiffre -3752 dans la mauvaise colonne en 1970. J’ai pris le solde migratoire international…..

    C’est très clair maintenant, merci pour l’explication.

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  4. 16 octobre 2012 10 h 51 min

    «C’est très clair maintenant, merci pour l’explication.»

    🙂

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  5. 16 octobre 2012 15 h 04 min

    Première réplique de Minarchiste dans 5, 4, 3, 2, 1…

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  6. 16 octobre 2012 16 h 07 min

    @ pseudovirtuose

    Je ne sais pas. Il répondra peut-être sur son blogue ou ne réagira pas. Tout est posiible.

    De toutes façons, je suis content d’avoir pu analyser correctement le phénomène des migrations interprovinciales, ce que je voulais faire depuis longtemps. Sa question m’aura finalement servi de motivation pour le faire. Je l’en remercie!

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  7. 16 octobre 2012 20 h 26 min

    C’est déjà fait, en commentaire au bas de son billet. Minarchiste met beaucoup d’importance sur la fiscalité des provinces et il se plaît à démontrer que l’Alberta, avec la fiscalité la moins contraignante, possède tout de même le taux du solde migratoire positif le plus élevé au pays parmi les dernières décennies.

    Mais comment explique-t-il alors que le Québec, ayant un des taux marginaux d’imposition les plus élevés au Canada parviennent tout de même à obtenir un taux de solde migratoire négatif moins élevé que celui de la Saskatchewan ou encore du Manitoba et même de Terre-Neuve/Labrador? Ces provinces ont pourtant une fiscalité moins « étouffante » que celle du Québec et qui se rapproche davantage de celle de l’Alberta.

    Il se plait à utiliser les exemples de l’Alberta et du Québec car cela fait son affaire tout en omettant de mentionner que le marché de l’emploi de l’Alberta repose principalement sur l’industrie des sables bitumineux, industrie qui elle-même repose sur la présence de cette ressource en sol albertain.

    « L’écart s’est réduit parce que le Québec a été moins affecté par la récession vu la structure moins cyclique de son économie. »

    Ou peut-être car le Québec a maintenu un niveau d’investissement et de dépenses publiques beaucoup plus élevé en proportion de son PIB qu’ailleurs au pays? Mais bon, cela ne peut pas être la cause de la réduction de cet écart car cela risquerait de valider une partie de la thèse keynésienne et tout bon libertarien sait bien que le keynésianisme c’est bidon, quoi qu’en disent les faits. 😉

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  8. 16 octobre 2012 21 h 32 min

    Cela me sidère toujours que les Minarchistes de ce monde compare le Québec avec
    l’Alberta.

    ILS ONT DU PÉTROLE EN ALBERTA!

    Mais oui, j’oubliais, on a en aussi au Québec. Mais nous sommes trop verts pour l’exploiter et trop gauchiste pour le donner a d’autres….

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  9. 16 octobre 2012 21 h 34 min

    Par contre, si je compare l’Alberta avec la Norvège, l’impôt et la taxation y sont beaucoup plus élevé en Norvège….

    http://www.lemoci.com/Norvege/14-Fiscalite-Comptabilite.htm

    Mais ils ont un fond de plusieurs centaines de milliards. Ce que l’Alberta ne peut pas se targuer!

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  10. 16 octobre 2012 21 h 54 min

    @ pseudovirtuose

    «C’est déjà fait, en commentaire au bas de son billet.»

    Comme je l’avais supposé!

    «Minarchiste met beaucoup d’importance sur la fiscalité des provinces et il se plaît à démontrer que l’Alberta, avec la fiscalité la moins contraignante, possède tout de même le taux du solde migratoire positif le plus élevé au pays parmi les dernières décennies.»

    Dans l’ensemble, je trouve sa réponse tout de même nuancée. Il reconnaît la pertinence de beaucoup d’éléments de mon analyse. Là où je suis moins d’accord, c’est avec son insistance sur l’importance de la fiscalité dans les migrations interprovinciales. J’ai même l’impression qu’il y accorde plus d’importance que dans son billet d’origine.

    Pour contrer mon argument sur le fait que l’écart entre la fiscalité du Québec et le reste du Canada a augmenté tandis que le solde migratoire diminuait, il ignore les différences et ne parle que du niveau des impôts. Je reconnais que la concurrence fiscale puisse avoir un effet, mais une concurrence ne s’établit pas sur le niveau, mais sur les écarts avec les concurrents! Mais comme les migrations ont été en sens inverse des écarts avec les concurrents, il parle de la baisse du taux marginal supérieur d’imposition au Québec sans dire que ces taux ont baissé davantage dans les autres provinces!

    «Il se plait à utiliser les exemples de l’Alberta et du Québec car cela fait son affaire tout en omettant de mentionner que le marché de l’emploi de l’Alberta repose principalement sur l’industrie des sables bitumineux, industrie qui elle-même repose sur la présence de cette ressource en sol albertain.»

    Tout à fait d’accord. C’est le pétrole qui permet d’attirer des gens des autres provinces et d’avoir des taux d’imposition moins élevés et non l’inverse.

    «Ou peut-être car le Québec a maintenu un niveau d’investissement et de dépenses publiques beaucoup plus élevé en proportion de son PIB qu’ailleurs au pays?»

    C’est clair. Les dépenses publiques servent de stabilisateurs économiques.

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  11. 16 octobre 2012 22 h 05 min

    @ Benton

    «Par contre, si je compare l’Alberta avec la Norvège, l’impôt et la taxation y sont beaucoup plus élevé en Norvège….»

    Mais, ça ne compte pas, c’est en Europe! 😉

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  12. 16 octobre 2012 22 h 10 min

    Ce qui me rappelle que j’ai été convaincu de la malhonnêteté de Lucien Bouchard le jour où il a dit qu’il était près a discuter avec les québécois de tous les modèles… sauf le modèle norvégien!

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  13. 16 octobre 2012 22 h 35 min

    Tu as été plus patient que moi! 😉

    Sérieusement, je n’ai jamais eu la moindre confiance en lui…

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  14. 16 octobre 2012 22 h 48 min

    Déjà un conservateur qui se retrouve chef du PQ m’inspirait pas confiance.

    Dans l’Actualité lors d’une interview, le journaliste lui demandait pourquoi avoir accepté ce travail de représenter les gazières. Il répondit:
    « Tout le monde a le droit de gagner sa vie! »

    Ça sonne bizarre venant d’un type que a coupé 6000 postes d’infirmières!!!

    Le plus gênant, c’est il vient de mon coin de pays….

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  15. 16 octobre 2012 23 h 06 min

    Comme Benoit du même nom de famille qui a déjà parlé de la pureté de la race dans votre coin de pays alors qu’il était ministre de l’immigration (et de l’emploi)… Bon, c’était un lapsus, je le reconnais, mais un lapsus révélateur!

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  16. 16 octobre 2012 23 h 18 min

    J’ai rencontré Benoît Bouchard une fois, au travail à l’usine lors de la campagne électorale de 1988. Ma famille étant dans l’organisation Libéral, avait fait des démarches pour que notre candidat rencontre aussi les travailleurs à l’usine.
    Réponse de la direction: « Pas de visite, on ne fait pas de politique ici. »

    Lorsqu’on leur rappelle la visite du Benoit Bouchard la veille, éclaircissement de la direction: « M. Bouchard visitait l’usine en tant que ministre. »

    Et bien pour moi, ça été le seul visiteur au travail que j’ai connu qui donnait des poignées de mains tout en spécifiant de ne pas oublier d’aller voter du bon bord!

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  17. 17 octobre 2012 0 h 13 min

    Bon, je vais te révéler un secret… Mais par courriel!

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  18. Yves permalink
    17 octobre 2012 5 h 27 min

    Darwin, pour ne pas attiser la curiosité des gens tu lui envoies le courriel sans le mentionner ici. 😉

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  19. 17 octobre 2012 6 h 57 min

    Et pourquoi n’attiserai-je pas la curiosité des gens? 😉

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  20. Yves permalink
    17 octobre 2012 7 h 07 min

    Sadique! 😉

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  21. youlle permalink
    17 octobre 2012 11 h 31 min

    Voilà le genre de choses dont les ultra conservateurs libertariens déformateurs vont certainement se servir.

    Des familles imposées à plus de 75%.

    http://affaires.lapresse.ca/economie/quebec/201210/17/01-4584057-des-familles-imposees-a-plus-de-75.php

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  22. 17 octobre 2012 11 h 45 min

    «Des familles imposées à plus de 75%.»

    Il n’y a rien de nouveau là-dedans. Le titre est un peu trompeur, car il s’agit surtout de baisse de prestations. Comme le dit un des professeurs de fiscalité «Des solutions, il n’y en a pas!», enfin, pas de solution qui ne cause d’autres problèmes. Il y a quelques années, j’ai lu une étude qui montrait des taux encore plus élevés dans certaines tranches de revenus et certaines situations, si je me souviens bien. Dans les pires cas, ça approchait le 90 %, il me semble.

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  23. youlle permalink
    17 octobre 2012 12 h 35 min

    @ Darwin

    « Le titre est un peu trompeur »

    Je dirais très trompeur!

    C’est justement la raison pourquoi ils se servent de cela. C’est se servir de l’exeption pour généraliser. Et justement, la baisse de l’aide n’est pas de l’impôt mais plutôt une coupure. Quand ils font leur propagande, ils savent bien que les moins instruits qu’ils endoctrinent ne liront que quelques mots ou simplement qu’ils ne comprendront pas.

    Quand je parles de moins instruits, je ne parles pas seulement de gens au salaire minimum. Je connais des chefs d’entreprise qui ont 50 ou 75 employés qui ont de la misère à lire un tel texte.
    —-
    C’est la raison pour laquelle j’opte pour un salaire de base minimum, un partage des richesses qui ne décourage pas le travail.

    Personnellement être pris dans cette situation je me trouverais un travail avec moins de charge et je n’aurais aucune hésitation à me trouver du travail au noir et j’en connais une sacré gang qui l’ont fait et le font encore et pas nécessairement des pauvres.

    Dire qu’en grande partie ce sont ces gens qui font vivre le société.

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  24. 17 octobre 2012 13 h 22 min

    «je n’aurais aucune hésitation à me trouver du travail au noir »

    C’est une réflexion que je me suis faite lors du débat sur l’«angoissse fiscale» des riches, alors que l’IRIS publiait sa note socio-économique sur l’aide sociale (http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2012/10/Note-Aide-sociale-FINAL-web.pdf).

    Les riches et leurs porte-parole semblaient trouver bien normal de contourner les lois fiscales, mais ne disent mot sur les conséquences du fait que les prestataires de l’aide sociale aptes au travail se fassent couper un dollar de prestations pour chaque dollar de revenu de travail qui excède 200$. Là, le taux d’imposition, si on veut l’appeler ainsi, de leurs revenus de travail entre 200$ par mois et 789$ est de 100 %! Et même plus, si on tient compte des dépenses supplémentaires qu’il faut faire pour travailler! Et au dessus de 789$, ils perdent le remboursement de certaines dépenses (médicaments et autres).

    Si jamais ces personnes, qui ne reçoivent que 589$ par mois, essaient d’améliorer leur sort en travaillant au noir, on les traite de fraudeurs, de bougons et autres expressions du genre. Par contre, si un riche fait bien pire, il ne fait que réagir à un incitatif… ce qui est simplement «normal», selon eux. Par contre, si le pauvre réagit aussi à un incitatif qui l’empêche de vivre dignement, c’est mal.

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  25. 18 octobre 2012 21 h 01 min

    Belle surprise! Le Québec est moins à risque de faire défaut que l’Alberta ou l’Ontario d’ici 20 ou 30 ans!

    http://www.lesaffaires.com/bourse/nouvelles-economiques/surprise-l-ontario-et-l-alberta-risquent-de-faire-defaut-avant-le-quebec/550069/1

    Cette partie vaut de l’or : « Bien que le Québec affiche aussi d’importants déficits, les finances publiques de la province reposent moins sur les prix volatils des matières premières que l’Alberta, observe M. Joffe. »

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  26. 18 octobre 2012 21 h 12 min

    C’est toujours agréable à lire, mais sans voir les hypothèses, c’est difficile d’évaluer dette opinion. Cela reste l’avis d’une seule personne.

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  27. 18 octobre 2012 21 h 45 min

    http://www.lesaffaires.com/article/download/id/625&UTM_campaign=solvabilite-des-provinces-et-des-obligations-federales-etude-de-l-institut-macdonald-laurier

    Je croyais pourtant que l’étude en question contenait lesdites hypothèses; j’en ai fait un survol rapide…

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  28. 18 octobre 2012 22 h 07 min

    Oups, je n’avais pas vu le lien… Un peu heavy à lire pour ce soir!

    J’ai regardé vite et ça me semble plein d’hypothèses et suppose aucun changement dans les taux d’imposition, si j’ai bien vu. Leur modèle semble carrément explosif. Je ne peux pas me prononcer comme tel, mais ça me semble un peu fort… Et les probabilités avec deux chiffres après le point me font toujours sourire.

    Dans le fond, tout ce que ce genre d’étude prouve, c’est que si toutes les hypothèses se réalisent, ça va aller mal!

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  29. 19 octobre 2012 10 h 19 min

    J’ai regardé cette étude un peu plus attentivement.

    Ma lecture en diagonale a été efficace! De fait, cette étude est construite sur la base d’un million de scénarios, mais toujours avec la même structure fiscale! On ne signale que brièvement le fait que l’Alberta n’a pas de taxe de vente et que si elle en adoptait une, le scénario changerait complètement.

    Bref, cette étude montre simplement que l’Alberta est la province qui a le déficit structurel de long terme le plus élevé du Canada, l’Ontario le deuxième et le Québec le moins élevé. Cela n’est pas inintéressant, bien au contraire, mais l’étude n’évalue pas l’espace fiscal disponible (par exemple la possibilité plus grande de l’Alberta d’augmenter ses revenus par des hausses de taxes ou d’impôt). De ce côté, l’Ontario me semble plus mal prise…

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