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Left, l’histoire de la gauche aux États-Unis

15 avril 2013

leftJ’ai lu récemment Left, Essai sur l’autre gauche aux États-Unis de Eli Zaretsky. Comme le dit l’auteur, malgré ses différences avec la gauche européenne, la gauche des États-Unis demeure une gauche et rejette comme partout ailleurs la hiérarchie symbolique…

«[La gauche] remet en question les principes sacrés de l’ordre social, conteste les inégalités de statut, de droit, de pouvoir et de condition dans la mesure où elles sont injustifiables mais peuvent être corrigées, et cherche à les éliminer par le biais de l’action politique.»

Zaretsky raconte l’histoire de la gauche des États-Unis à travers trois époques où elle a su par ses revendications et ses actions modifier profondément la société de son pays.

Les abolitionnistes et l’égalité raciale

L’action des abolitionnistes visait à faire reconnaître l’égalité de tous. Elle a même servi de tremplin au féminisme et, dans une moindre mesure, à la défense des homosexuels. Elle a aussi mis de l’avant des façons de faire bien associées à la gauche :

«[les abolitionnistes] ont inventé une bonne partie du répertoire d’action de la future gauche américaine : la résistance non violente, l’agitation démocratique, l’expérimentation culturelle et sexuelle, et la dénonciation sans relâche de l’hypocrisie de la majorité libérale (…) [ainsi que] la désobéissance civile.»

L’auteur rappelle aussi que, même s’il a aboli l’esclavage, Abraham Lincoln s’opposait à l’égalité raciale, refusant par exemple le droit de vote au Noirs, les mariages mixtes et de les laisser exercer des fonctions publiques. Il restait donc beaucoup de chemin à parcourir avant d’atteindre une véritable égalité, d’autant plus que les abolitionnistes voyaient le passage de l’esclavagisme au capitalisme comme un gain majeur, gain que tous ne trouvaient pas suffisant…

Le Front populaire et l’égalité sociale

Selon l’auteur, «l’État administratif moderne aurait été créé même sans l’aide des socialistes», mais n’aurait pas été fondé sur l’idéal de l’égalité sociale sans eux. Il a divisé la création d’un tel État en quatre étapes :

  • l’ère progressiste (1890-1920)
  • la phase initiale du New Deal
  • la deuxième phase du New Deal
  • l’essor de la gauche à partir de 1937

– l’ère progressiste

Cette époque s’est caractérisée par l’apparition de quatre groupes distincts, réagissant à la concentration du capital et à l’arrivée de grands conglomérats. Le mouvement coopératif populiste a permis à des petits exploitants, surtout agricoles de mettre leurs ressources en commun, tant pour la production que pour la mise en marché. Il a entre autres incité l’État à intervenir pour une première fois dans l’économie pour lui fournir certains équipements (silos et convoyeurs). Le mouvement syndical a aussi connu une période de forte croissance à l’époque. Le mouvement dit «progressiste», en fait centré sur la classe moyenne blanche et protestante, fut entre autres à la base de quatre amendements à la constitution : l’impôt sur le revenu (1913), l’élection des sénateurs (auparavant nommés par les États), la Prohibition (1919) et le droit de vote des femmes (1920). Finalement, les partis socialistes et communistes connurent une des époques les plus fécondes de leur histoire, le candidat à la présidence des socialistes, Eugène Victor Debs, obtenant par exemple 6 % des voix en 1912.

– la phase initiale du New Deal

Cette période fut celle de la planification étatique et de la construction d’un État redistributeur. Elle s’est démarquée par l’élection de Franklin Roosevelt et par la mise en œuvre de son New Deal qui a entre autres permis l’adoption de la Loi Glass-Steagall (séparant les activités de crédit de la spéculation) et d’autres mesures favorisant la syndicalisation et contrôlant les prix et la production de certains secteurs, la hausse de l’impôt sur le revenu et la création de la Sécurité sociale.

– la deuxième phase du New Deal

Avec la réélection de Roosevelt, les mouvements de gauche, des partis communistes aux syndicats en passant par un grand nombre d’artistes, formèrent un Front populaire pour appuyer les réformes du New Deal. Anciennement dominé par les syndicats de métiers, corporatistes, élitistes et souvent racistes, le mouvement syndical se transforma avec le gain en force du Congrès des organisations industriel (CIO), syndicat d’entreprise. Ce syndicat s’impliquait non seulement dans les milieux de travail, mais intervenait dans l’organisation de revendications sociales (logement, aide aux chômeurs, etc.). Il a aussi favorisé le rapprochement entre tous les ouvriers, qu’ils soient blancs, noirs, immigrants, hommes ou femmes. La justice sociale devint l’objectif premier des mouvements de gauche et se refléta de plus en plus dans la production artistique (cinéma, théâtre, littérature, musique, etc.).

– l’essor de la gauche à partir de 1937

Le New Deal et le Front populaire n’avaient pas empêché un bon nombre d’injustices. Par exemple, certains programmes excluaient par leur conception des secteurs occupés majoritairement par des Noirs et des femmes. La discrimination et le sexisme régnaient encore dans bien des industries et des milieux. De nombreux mouvements se sont alors formés pour faire face à ces manquements, marquant les premiers pas des revendications de la Nouvelle Gauche.

La Nouvelle Gauche et la démocratie participative

La Nouvelle Gauche fut la plus éphémère, n’ayant été active que durant les années 1960 et le début des années 1970, mais ses actions furent les plus durables, malgré ses échecs. Elle a été formée de quatre grands mouvements :

  • le mouvement pour les droits civiques
  • le mouvement antiguerre
  • le mouvement féministe
  • le mouvement gay

La Nouvelle Gauche n’a peut-être pas duré longtemps, mais son type d’engagement fut le résultat d’événements antérieurs. Il est donc important de les connaître.

– les années 1950

Les années 1950 furent marqués par la guerre froide, le maccarthysme (entre autres conséquence de la guerre froide) et le retour des valeurs familiales qui se sont entre autres manifestées par le baby boom. À droite, on pourfendait le New Deal et idéalisait «la quête individuelle du salut» (c’est en 1957 que Ayn froide, euh, Ayn Rand, je veux dire, écrivit La grève…). À gauche, on déplorait le lien trop fort du New Deal avec le travail et son organisation, soulignant l’aliénation qui en découle et dénonçant le manque d’autonomie des travailleurs.

– de 1959 à 1965, le mouvement pour les droits civiques

La Deuxième Guerre Mondiale a permis de changer la vision de la ségrégation raciale aux États-Unis, à la fois en raison de la participation des Noirs à cette guerre et aux dénonciations de la ségrégation dont les Juifs furent victimes. D’ailleurs, la Cour Suprême a interdit dès 1944 «la tenue d’élections primaires exclusivement réservées aux Blancs», puis en 1948 la ségrégation dans les transports en commun circulant entre les états. La guerre froide eut aussi un effet semblable, les Russes rappelant aux gens des États-Unis qui leur reprochaient «l’absence d’élections libres dans les Balkans» que, dans bien des états, le droit de vote des Noirs était nié. Embarrassant, pour ceux qui se disaient les champions de la démocratie… En 1954, la ségrégation dans les écoles fut aussi jugée anticonstitutionnelle.

Les abolitionnistes visaient l’égalité politique des Noirs et la deuxième gauche l’égalité sociale. Martin Luther King fut, selon l’auteur, représentatif de ces deux mouvements, surtout du deuxième. Par contre, il n’aurait pas su incarner la Nouvelle Gauche et le mouvement pour les droits civiques qui revendiquaient en plus l’égalité de participation à l’activité démocratique (comme l’a fait Malcolm X). D’ailleurs, l’adoption de la démocratie participative par ce mouvement a confondu bien des observateurs et politiciens comme ce fut le cas ici avec les façons de faire d’une partie du mouvement étudiant de l’an dernier. Les revendications ne touchaient pas que la discrimination, mais l’ensemble des conditions de vie des Noirs.

Après l’assassinat du président John Kennedy, et en partie en réaction à celui-ci, le gouvernement adopta trois mesures importantes : le programme Medicare (assurance-santé pour les personnes âgées et certains autres citoyens), l’élimination des restrictions discriminatoires au vote et un programme de lutte contre la pauvreté. Par contre, peut-être en raison des émeutes des années suivantes, mais aussi du début de la montée de la droite et de la perte de popularité des démocrates due à la guerre du Vietnam, les autres projets d’amélioration (comme l’interdiction de la discrimination pour le logement) prévus par Lyndon Johnson dans son projet de Grande société, ne furent pas adoptés.

– le mouvement antiguerre

Ce mouvement ne fut pas appuyé seulement par la gauche, mais c’est elle qui a marqué son évolution. La critique de la Nouvelle Gauche ne se limitait pas à manifester contre la guerre du Vietnam, mais a instauré une véritable culture de contestation contre toutes les hiérarchies (comme l’illustrent les nombreux sit-ins et autres occupations universitaires de l’époque).

Cela dit, ce sont les révélations jusque-là camouflées des véritables horreurs de cette guerre (surtout le massacre de My Lai) qui ont créé le point tournant. Les cas de désertion, de meurtres d’officiers, de désobéissance aux ordres et même d’immolations (pas seulement au Vietnam, mais aussi aux États-Unis) ont par la suite atteint des sommets historiques. Le caractère racial de cette guerre et les sommes englouties non disponibles pour réduire la pauvreté expliquent aussi la radicalisation du mouvement pour les droits civiques, notamment l’émergence du Black Power et du Black Panther Party.

– le mouvement féministe

Le mouvement féministe a pris tellement d’ampleur à l’époque qu’il a même atteint l’intérieur de la Nouvelle Gauche. Insatisfaites de leur rôle subalterne, bien des femmes ont commencé à revendiquer une participation entière souvent limitée par le patriarcat régnant dans les groupes de gauche. Certaines les ont même quittés de façon à mettre de l’avant leurs revendications de façon autonome.

Ces revendications débouchèrent en de vastes manifestations et en un sentiment de solidarité jamais vu auparavant. Si certaines lois furent adoptées à l’époque et certaines décisions importantes furent prises par la Cour Suprême. dont la décision Roe v. Wade, reconnaissant l’avortement comme un droit constitutionnel, l’impact de ce mouvement fut davantage social et de long terme. Il se fait d’ailleurs encore sentir de nos jours.

– le mouvement gay

L’auteur dit finalement peu de choses sur ce mouvement. Il parle de manifestations en 1969 pour protester contre les descentes abusives des policiers dans les bars fréquentés par des homosexuels (les émeutes de Stonewall), de sa participation au mouvement antiguerre et de la création du Gay Liberation Front en 1970. Il précise que ce mouvement s’est rapidement distancé du mouvement radical pour revendiquer l’acceptation du mode de vie distinct de ses membres.

Conclusion – La gauche américaine d’aujourd’hui

Ici, l’auteur revient pour insister sur le fait que la gauche a toujours su, en période de crise, faire revenir la société vers l’essentiel, soit l’égalité, qu’elle soit raciale, sociale, entre les sexes ou autre. Il montre que le mouvement Occupy a bien su prendre le relai de ce rôle de la gauche en mettant l’accent sur «nous, les 99 %». Il poursuit de façon superbe dans cette finale qui ne peut être résumée en quelques mots. Je préfère lui donner la parole, alors qu’il explique qu’on ne peut pas juger du succès des actions de la gauche uniquement par ses résultats concrets et immédiats, mais qu’on doit le faire en fonction de l’avancement social qu’elle a permis.

«À l’instar des gauches qui l’ont précédée, la Nouvelle Gauche nous a légué une «promesse de paiement» en vue d’«un usage futur», une promesse de radicalisation de l’idéal égalitaire. Ce n’est qu’en nous réappropriant cet égalitarisme fondamental que nous pourrons revendiquer la bannière de la liberté – non pas la stérile «liberté de choix» prônée par le néolibéralisme, mais une conception critique de la liberté enracinée dans l’égalité.»

Et il termine ainsi :

« (…) l’histoire de la gauche américaine est un héritage vivant auquel appartiennent désormais les mobilisations d’Occupy Wall Street. À nous de récupérer cet héritage et de le faire fructifier à la hauteur des exigences de l’époque.»

Et alors…

Il est difficile d’ajouter quoique ce soit après ces citations. J’aimerais seulement préciser que le fait de résumer un livre aussi riche et nuancé ne peut que trahir son contenu et sa profondeur. J’espère tout de même que ce billet donnera le goût à d’autres de le lire… Et cela en vaut la peine, car je n’ai fait qu’effleurer son contenu!

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39 commentaires leave one →
  1. 16 avril 2013 11 h 52 min

    « […] Ce n’est qu’en nous réappropriant cet égalitarisme fondamental que nous pourrons revendiquer la bannière de la liberté – non pas la stérile «liberté de choix» prônée par le néolibéralisme, mais une conception critique de la liberté enracinée dans l’égalité.»

    J’aurais bien aimé en savoir davantage sur la manière dont l’auteur aborde le concept de liberté. Je suis content de constater que je ne suis pas le seul à penser que l’égalité et la liberté sont des notions indissociables.

    D’ailleurs, est-ce que l’auteur fournit une explication au fait que le terme « liberal » est devenu un synonyme de gauchiste aux États-Unis? En Europe, un « libéral » est plutôt vu comme un défenseur de l’économie de marché…

    Cette manière d’utiliser le terme « liberal » s’est même répandu à travers le Canada où le Parti libéral du Canada affrontait jadis seul le Parti conservateur du Canada. D’ailleurs, le Parti libéral du Québec a connu les mêmes origines « gauchistes » bien qu’il ait engendré un sérieux virage à droite depuis. Cela peut paraître trivial mais je crois que ce partage de l’utilisation du mot « liberal » à titre de « gauchiste » démontre l’influence de la politique américaine, et parallèlement de la gauche américaine, tant au Canada qu’au Québec.

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  2. Richard Langelier permalink
    16 avril 2013 16 h 29 min

    Juste avant de lire ton billet, Darwin, je pensais à une conversation que j’avais eue, lorsque je travaillais au tabac. Le fermier (d’origine hongroise) m’a demandé ce que je ferais avec mon argent.
    – Peut-être un voyage en Europe.
    – Don’t spend your money in old countries!

    Ce sentiment de créer un nouveau monde avec la conquête de l’ouest explique peut-être qu’il n’y a jamais eu de parti politique de gauche important aux États-Unis. Christopher Lasch décrit des mouvements populistes. Il utilise le terme pour désigner des mouvements, généralement fondés par un pasteur, pour lancer des coopératives ou faire adopter des lois. Au Canada, le CCF s’est bâti autour de Tommy Douglas. Aux États-Unis, c’est plutôt Roosevelt, Kennedy et Johnson qui ont appliqué les revendications des mouvements sociaux. Il faut dire qu’au Canada, c’est aussi le parti libéral fédéral qui a appliqué des mesures proposées par le CCF. Lorsque le NPD a eu la balance du pouvoir de 71 à 73, le gouvernement Trudeau a amélioré substantiellement le programme d’assurance-chômage.

    Pseudovirtuose, moi aussi, j’aimerais savoir pourquoi « liberal » a pris le sens de « partisan de l’intervention de l’État pour domestiquer l’économie de marché, partisan des droits de Noirs, etc. » aux États-Unis.
    À propos de la réception de l’oeuvre de Keynes au Canada et au Québec, j’ai lu avec intérêt ce texte de Dostaler et Hanin http://classiques.uqac.ca/contemporains/dostaler_gilles/keynes_au_quebec_qc/keynes_au_qc.html . Par contre, la synthèse néo-classique http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Samuelson demeure un mystère, pour moi.

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  3. 16 avril 2013 17 h 59 min

    @ pseudovirtuose et Richard Langelier

    «D’ailleurs, est-ce que l’auteur fournit une explication au fait que le terme « liberal » est devenu un synonyme de gauchiste aux États-Unis? En Europe, un « libéral » est plutôt vu comme un défenseur de l’économie de marché…»

    L’auteur donne une explication dans sa préface à l’édition française. On peut donc conclure qu’elle ne se trouve pas dans l’édition originale, ce qui n’était bien sûr pas nécessaire, le livre s’adressant aux lecteurs des États-Unis qui s’entendent tous sur le concept de «liberal». Ayant peur de mal rendre son explication, je vais la transcrire mot à mot. Mais avant d’expliquer le sens différent du même terme l’auteur présente le contexte. Il explique que les gauches de France et des États-Unis sont issues de deux genres biens différents de révolution.

    «La Révolution française a un caractère double : au niveau politique, elle a aboli la monarchie; sur le plan social, elle a détruit le féodalisme. La Révolution américaine, pour sa part, est une affaire strictement politique qui a garanti l’indépendance du pays à l’égard de la Couronne britannique. Marquée par ses origines, la gauche française a épousé et radicalisé l’idée de révolution sociale, aspirant à créer une société égalitaire entièrement nouvelle. La gauche américaine n’est pas née à l’occasion de la guerre d’indépendance, mais pendant la lutte contre l’esclavage et la guerre de Sécession. Plutôt que de créer une nouvelle société, elle visait à refonder la nation en redécouvrant et radicalisant l’idéal égalitaire qui se trouve au coeur de notre identité nationale.

    Dans les deux pays, la question des relations entre gauche et libéralisme politique est fondamentale, mais elle y a pris des formes assez différentes. En France, le libéralisme s’est développé après la Révolution, en réaction aux «excès» du républicanisme radical; la liberté y a souvent été conçue comme opposée à l’égalité. Ce n’est que dans la période récente que la gauche radicale française a commencé à puiser dans la tradition libérale. Aux États-Unis, le libéralisme a précédé la gauche, formant l’ethos sous-jacent sur lequel elle s’appuyait aussi. Loin de rejeter le libéralisme, la gauche américaine entretient avec lui un dialogue lourd de tensions mais productif. Historiquement, au lieu d’opposer l’égalité à la liberté, elle a opposé l’idée d’égale liberté à la propension libérale à s’accommoder d’une liberté inégalement répartie : la liberté qu’ont certains de pouvoir en dominer d’autres – la liberté de posséder des esclaves, celle d’exploiter les travailleurs ou celle de harceler sexuellement ses employées. Malgré ces trajectoires globalement différentes, ces deux gauches ont tout de même fini par converger.»

    Ça continue comme ça un bout…

    Ce n’est pas totalement limpide (enfin, pour moi), même si c’est très intéressant (enfin, je trouve), mais on comprend bien que de libérer des esclaves puisse être de gauche tout autant que puisse l’être le fait d’enlever les libertés d’exploitation aux seigneurs et autres possédants!

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  4. 16 avril 2013 18 h 26 min

    @ pseudovirtuose

    «J’aurais bien aimé en savoir davantage sur la manière dont l’auteur aborde le concept de liberté. Je suis content de constater que je ne suis pas le seul à penser que l’égalité et la liberté sont des notions indissociables.»

    Celle-là est plus difficile à répondre, car la citation vient à trois pages de la fin, dans la conclusion, et résume donc ce qu’on peut lire dans le livre. La remarque de l’auteur sur Martin Luther King (ou ce que j’en ai écrit : «Les abolitionnistes visaient l’égalité politique des Noirs et la deuxième gauche l’égalité sociale. Martin Luther King fut, selon l’auteur, représentatif de ces deux mouvements, surtout du deuxième. Par contre, il n’aurait pas su incarner la Nouvelle Gauche et le mouvement pour les droits civiques qui revendiquaient en plus l’égalité de participation à l’activité démocratique (comme l’a fait Malcolm X).») va dans ce sens. C’est le rehaussement des niveaux d’égalité qui mènerait à la liberté. Je vais ajouter ce que dis l’auteur juste après la citation que tu as retenue :

    «Pour la Nouvelle Gauche, il était évident qu’aucun Américain ne pouvait être libre tant que les Noirs du Mississipi resteraient victimes du racisme, tant que les paysans vietnamiens seraient bombardés au napalm ou tant que les femmes perdraient leur vie à l’occasion d’un avortement illégal ou succomberaient à d’autres formes de violence masculine. Tel est notre patrimoine, et être de gauche, aujourd’hui, c’est rejeter les libéraux qui opposent à l’égalité une liberté étroitement définie par les critères du marché. Notre Mississipi, c’est Katrina; notre Vietnam, c’est la Palestine; Notre Ku Klux Klan, ce sont les assassins du jeune gay Matthew Shephard.»

    Il poursuit en soulignant le vent d’espoir palpable de la campagne de 2008 d’Obama (vent qui fut bien déçu) et par l’idéal d’égalité du mouvement Occupy Wall Street. Cette conclusion est vraiment superbe, mais je ne peux toute l’écrire ici… On voit donc qu’il lie étroitement la liberté et l’égalité.

    @ Richard

    «j’ai lu avec intérêt ce texte de Dostaler et Hanin»

    Je crois avoir lu ça il y a quelques années. J’ai encore le pdf dans mon ordi… C’est mon plus vieux qui m’avait fait connaître ce texte quand il étudiait en histoire.

    Pour la synthèse néo-classique, je ne sait que te dire… L’application des techniques micro à la macro. Je n’ai jamais été fort là-dessus.

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  5. Richard Langelier permalink
    16 avril 2013 19 h 07 min

    Et pourtant, Samuelson se vend encore comme de petits pains chauds!
    Quant IS-LM, c’est Diane Bellemarre qui me l’a expliqué. Le hic, c’est que ce cours se donnait le lundi matin à 9h à l’UQAM. Elle était bien réveillée. Moi, j’avais arrêté de prendre un coup (ou presque), mais je faisais des marathons de ski le dimanche.

    J’ai 65 ans aujourd’hui, mes chèques de sécurité à la vieillesse entreront le 30 mai, je te paierai une grosse bière si tu m’expliques IS-LM.

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  6. 16 avril 2013 19 h 39 min

    «J’ai 65 ans aujourd’hui»

    Bonne fête, joyeux anniversaire et prompt rétablissement! Pour une fois que vieillir est une bonne nouvelle. Mon prochain billet, qui paraîtra jeudi, devrait t’intéresser…

    «je te paierai une grosse bière si tu m’expliques IS-LM»

    Je ne l’expliquerai pas ici… il faut montrer les dessins et tout ça… C’est l’enfer des étudiants en économie. Je ne suis même pas sûr de pouvoir l’expliquer correctement, sûrement pas aussi bien Krugman qui s’en sert pour expliquer la trappe de liquidité. Je comprends le principe et la mécanique, mais c’est tout.

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  7. youlle permalink
    16 avril 2013 22 h 05 min

    @ Richard Langelier

    Bonne fête Richard! Et une bonne première année de vieillesse. 😉

    L’an prochain ce sera mon tour et dans 7 ou 8 mois il faudra m’informer. Sur le site du gouvernement ce n’est pas très clair à mon goût.

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  8. 16 avril 2013 22 h 31 min

    @Richard Langelier

    Ma prochaine série de billets porte sur la trappe à liquidité de Keynes. J’y aborde justement le IS-LM.

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  9. Yves permalink
    17 avril 2013 5 h 00 min

    Un gang de p’tits vieux sur ce blogue! 😯

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  10. 17 avril 2013 6 h 07 min

    Pseudivirtuose est un peu plus jeune que nous…

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  11. Yves permalink
    17 avril 2013 7 h 38 min

    Je sais. C’est ça qui sauve ce blogue. 😉

    Je ne sais pas si Richard est comme moi, mais je n’apprécie plus tellement me faire souhaiter bonne fête. Cela me rappelle toujours le temps qui passe, pourtant je m’efforce de l’oublier.
    Si ce n’est pas le cas, alors Richard je t’en souhaite toute une! 🙂

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  12. 17 avril 2013 8 h 19 min

    «Je ne sais pas si Richard est comme moi, mais je n’apprécie plus tellement me faire souhaiter bonne fête. »

    Moi non plus, mais je ne dis pas ma date de naissance! Toi non plus, je pense. Lui, il nous l’a dit (et je comprends que cette année, son anniversaire a des conséquences importantes et positives!). Alors il est plus que normal que nous lui souhaitions joyeux!

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  13. 17 avril 2013 9 h 59 min

    « Pseudivirtuose est un peu plus jeune que nous… »

    J’hésite toujours à dévoiler mon âge… J’ai l’impression que les gens risquent de me prendre moins au sérieux par la suite en raison de mon manque d’expérience. L’anonymat résout bien ce problème!

    Un indice : je termine en ce moment ma deuxième année d’université.

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  14. 17 avril 2013 10 h 55 min

    Je ne voulais rien révéler, c’est toi qui l’ai fait! J’ai seulement dit que tu étais un peu plus jeune…

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  15. 17 avril 2013 11 h 13 min

    « Je ne voulais rien révéler, c’est toi qui l’ai fait! »

    Mais je ne t’ai accusé de rien Darwin. 😉

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  16. Richard Langelier permalink
    17 avril 2013 13 h 45 min

    @ Youlle

    Nous recevons une lettre nous informant que nous toucherons la Pension de sécurité à la vieillesse le mois suivant notre 65e anniversaire. (Est-ce bien ça? À notre premier anniversaire, nous avons 1 an?) et que nous avons peut-être droit au Supplément de revenu garanti. Il y a un formulaire à remplir pour ce SRG. En mai et juin, mon SRG sera basé sur mes revenus de 2011. À partir de juillet, ce sera sur mes revenus de 2012. Je suppose que ça se terminera un mois après ma mort. J’en profite pour faire un testament olographe http://www.justice.gouv.qc.ca/francais/publications/generale/testamen.htm#olographe . «Moi, Richard Langelier laisse tous mes biens à Jeanne Émard. Ils paieront mon incinération sans exposition et avec le reste ils achèteront de la bière et écouteront http://eljuky.com/Paroles/Chansons_de_plume_latraverse/la_fete_du_mort.htm .» Le hic, c’est qu’il faut que ce soit écrit à la main, le soir à la chandelle (si je mets un lien avec Ronsard et Ricet Barrier, je serai en modération).

    Moi, l’Aide sociale m’a obligé à demander mon chèque de la Régie des rentes à 60 ans. Vous, je suppose qu’on va vous l’envoyer automatiquement. Comme Québec solidaire n’est pas au pouvoir, vous avez le droit cotiser plus de 12 000$ par année en REER, avec crédit d’impôt au provincial, jusqu’à 71 ans, si vous avez des revenus de travail de plus de 66 666 $ et des droits non utilisés. Je vous souhaite que Québec solidaire ne soit pas au pouvoir d’ici ce temps comme gouvernement provincial et encore moins comme gouvernement d’un Québec souverain.

    @ Darwin

    J’ai reçu comme cadeau, les photos qui t’ont tant fait sacrer l’été passé : la candidate de Québec solidaire dans Arthabaska, Christine Letendre, admirant le sage hégélien de gauche. Depuis qu’elles sont sur mon frigo, ma piaule a une âme. Je réalise qu’avec une douche de campagne, je parais avoir moins de cheveux. Pour ne pas vider un puits artésien, on se mouille, on ferme, on se savonne et on se rince. À Montréal, tout est permis.

    @ Pseudovirtuose

    En 68, je suis entré directement en 2e année en philo à l’Université de Montréal. Les Cégeps existaient depuis 1 an. Nous arrivions du cours classique. On considérait que nous avions une année de scolarité de plus. Nous avons vécu une injonction de la part d’un étudiant qui voulait ses cours. Je faisais partie du noyau dur qui proposait de défier l’injonction en assemblée générale. Si l’étudiant qui voulait ses cours avait assisté à l’assemblée générale, il aurait demandé une condamnation pour outrage au tribunal. Si Gabriel Nadeau-Dubois a été condamné pour avoir dit : « J’ai l’impression que les étudiants voudront faire respecter le vote de l’assemblée générale », je suppose que nous y aurions goûté sérieusement.

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  17. 17 avril 2013 18 h 08 min

    À propos des souhaits de bonne fête, j’ai vu cette image tout à fait pertinente ce matin (merci à Bernard Ducharme!):

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  18. 20 avril 2013 10 h 24 min

    Louis Cornellier parle ce matin dans Le Devoir d’un livre québécois qui semble être sur la même longueur d’onde que Left. Extraits :

    « Contrairement à la légende, écrit Cuccioletta, la gauche est très active aux États-Unis. Bien que la gauche ait toujours été idéologiquement et politiquement minoritaire, elle a été malgré tout présente tout au long des phases importantes de l’histoire du pays. » Souvent même carrément anticapitaliste (qu’on pense à Chomsky, par exemple), cette gauche, en général, s’accommode du compromis mis en oeuvre par Roosevelt, mais elle perd néanmoins progressivement du terrain sur le plan idéologique.»

    (…)

    «Le grand mérite de son essai est de rappeler qu’une société est un terrain d’affrontements idéologiques incessants et que la gauche, pour espérer gagner la bataille, doit d’abord conquérir les têtes. Quand on constate à quel point le Parti québécois, par électoralisme et au nom du réalisme, triture son idéologie sociale-démocrate pour la tirer vers la droite, on se dit que la leçon vaut aussi pour le Québec.»

    http://www.ledevoir.com/culture/livres/376040/etats-unis-la-bataille-des-idees

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  19. Richard Langelier permalink
    20 avril 2013 11 h 15 min

    Il est bizarre, Cornellier. Souvent, son souverainisme lui interdit de critiquer le Parti québécois. Agnès Maltais lui a peut-être rappelé qu’il était social-démocrate.

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  20. 20 avril 2013 11 h 43 min

    Bonne remarque. Je me suis dit aussi que le PQ a dû aller très loin pour que même lui en oublie son parti-pris! Je partage beaucoup de chose avec lui, mais il me perd dès qu’il parle de religion et du PQ…

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  21. Richard Langelier permalink
    20 avril 2013 13 h 34 min

    Religion, je regarde le titre point final. (J’admets avoir eu un scrupule religieux, il y a quelques années. Ma mère était en dépression. Elle m’avait posté de l’argent pour que j’allasse faire brûler un gros lampion à l’Oratoire St-joseph pour sa guérison. La rationalité économique me commandait d’aller plutôt acheter une caisse de 12 pour soigner mon sentiment d’être « l’homme en trop » dans cette société précédant celle de la pénurie de main-d’oeuvre appréhendée. C’aurait été meilleur pour moi et égal pour elle. Le désir de falsifier la théorie néo-classique m’a poussé à aller à l’église à côté de chez nous. J’ai eu l’impression de mettre son argent dans la trappe à liquidité).

    Le Devoir de Claude Ryan faisait rager les péquistes. Dans ses éditoriaux, l’expression « le législateur serait bien avisé de… » me faisait rire. Les journalistes me semblaient plus rigoureux que ceux de La Presse. Celui de Lise Bissonnette puis de Michel Venne m’a paru peu critique face au PQ : « le mode de scrutin devrait être proportionnel, mais en attendant que le gouvernement péquiste le change, il est inutile de vouloir fonder un nouveau parti politique ».

    Sansfaçon est bizarre : « Il y a eu création d’emplois. Le taux de chômage a peu baissé parce qu’il y a eu plus de chercheurs d’emploi. Donc la vie est belle ». Le columnist Michel David est obligé d’admettre que les politiques d’Agnès Maltais visent à aller chercher le vote des Caquistes.

    De toute façon, quand le réel est découpé en actualités, ça ne peut pas voler très haut. Pour accompagner le premier café, je choisis le quotidien le moins superficiel.

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  22. 20 avril 2013 13 h 45 min

    «J’ai eu l’impression de mettre son argent dans la trappe à liquidité»

    Hahaha!

    «Sansfaçon est bizarre »

    Je le trouve très inégal, ces temps-ci. Par exemple, sa sortie contre QS à propos du plafond des RÉER était inutilement méprisante. Et sa réplique à la réponse d’Amir était carrément de mauvaise foi. Utiliser les préposés aux bénéficiaires (dont une forte proportion travaille dans le privé sans régime de retraite) pour contredire Amir n’était pas seulement s’attarder sur l’accessoire plutôt que sur le fond, mais ridicule. Et poursuivre en demandant une hausse de ce plafond sans explication était surréaliste…

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  23. Richard Langelier permalink
    20 avril 2013 19 h 32 min

    Darwin, pendant que nous nous épivardons sur les qualités et défauts de mon petit journal clérical nationaliste et clérical fondé par Henri Bourassa, je ne prends pas le temps de relire le chapitre XV de la Théorie générale de Keynes. J’avais été obligé de la lire en diagonale, parce que dans mon temps, les calculatrices venaient d’être inventées et qu’on pitonnait tout le temps. Dans ton temps, les profs posaient sûrement des questions s’adressant à l’intelligence. Je suppose que dans ses cours d’Économie, Pseudovirtuose branche son portable sur la banque de données et qu’Excel ou un logiciel libre fait les calculs, ce qui lui laisse le temps de lire nous expliquer la monnaie, sujet que j’ai toujours trouvé aride. Par contre, lorsque Keynes écrivait que lors des jours de canicule, la valeur des actions des entreprises de crème glacée augmentait, je comprenais facilement que l’épargne et l’investissement ne formaient pas automatiquement le couple harmonieux décrit par les prédécesseurs de Keynes.

    Comme je ne veux pas que Pseudovirtuose cesse d’écrire des billets lorsqu’il étudiera en France et qu’il lira Le Monde [1] en prenant son premier Expresso, je m’empresse de terminer ce commentaire pour essayer d’en écrire un songé sur son premier billet sur la trappe à liquidité.

    Je n’ai commenté qu’à 17h00 la réponse d’Amir Khadir à l’éditorial de Jean-Robert Sanfaçon http://www.ledevoir.com/politique/quebec/375938/il-faut-bonifier-le-rrq-et-reformer-les-reer#reactions
    Simon Chamberland avait rappelé que c’était de l’impôt reporté. C’est vrai, tout comme c’est vrai pour les cotisations aux régimes de retraite collectifs (dans les deux cas, ça inclut les dividendes d’actions et obligations détenus dans ces régimes). Je lui ai répondu que selon son raisonnement, il ne devrait y avoir aucun plafond. Il était fâché.

    Il n’en reste pas moins que c’est fâchant qu’à l’intérieur de Québec solidaire, nous avons beau dire qu’en toute cohérence, pour les contribuables qui reçoivent plus de 12 000$ en contribution à leur régime de retraite collectif, ce supplément devrait s’ajouter au revenu imposable de même que les intérêts des dividendes d’obligations et actions détenues dans ces régimes, le message ne se rend jamais.

    Dernière heure : Je n’avais pas participé à l’assemblée de Québec solidaire Mercier pour étudier la Cahier de propositions, puisque je ne pouvais descendre les 30 marches qui me séparent du trottoir, me rendre à l’assemblée et revenir. Je viens d’être accepté non seulement comme participant à l’assemblée des délégués, mais comme délégué. Je n’aurai pas besoin d’écrire à une personne généralement digne de foi : « au cas où tu n’en serait pas aperçu. l’amendement de telle assemblée locale ferait perdre toute crédibilité à Québec solidaire…. »

    Pendant ce temps-là, je n’ai pas eu le temps de relire la Théorie générale et Pseudovirtuose pensera que je n’apprécie pas son travail. Le hic, c’est que j’ai cru un p’tit maudit vendeur français que pour 5$ de plus par mois, j’aurais le forfait téléphone, internet haut débit et télé. J’avais dû lâcher les canaux supplémentaires de la télé. Je n’avais pas regardé le hockey depuis que Mario Tremblay a changé de gardien lors de la série contre les Whalers. [2] J’ai recommencé à regarder le hockey à CBC avec Don Cherry. Là, j’ai payé pour avoir Canadiens en français. Avec Hélène Pelletier, Ponton, Vercheval, je m’appuie sur les sous-titres à l’occasion. Au hockey, ils crient dans le bruit du Centre Molson, Bell ou whatever. Je ne sais pas si les sous-titres proviennent d’un logiciel de reconnaissance de la voix. Oups! Je viens de lire après le but d’Ovechtkin : « je viens de voir un argument très fort devant le but du Canadien ». Le problème ne provient pas des sous-titres, Nous sommes loin des Lecavalier et Garneau.

    [1] À 20 ans, le samedi après-midi, j’aimais bien aller voir l’épaisseur du New York Times et admirer la variété des journaux un peu à l’ouest de la Place Ville-Marie. J’en ressortais généralement avec un cigarillo. Pourtant, à côté de chez Da Giovanni, je pouvais avoir ceux que fumaient Clint Easwood dans les films de Leone.
    David Weber est tellement blasé qu’il lit les billets d’humeurs de Lysiane Gagnon.
    [2] Il avait eu raison de ne pas retirer Patrick Roy après les buts des soviétiques des Red Wings. Il n’y a pas encore de livre comme au baseball.

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  24. 20 avril 2013 20 h 48 min

    «Il n’en reste pas moins que c’est fâchant qu’à l’intérieur de Québec solidaire, nous avons beau dire qu’en toute cohérence, pour les contribuables qui reçoivent plus de 12 000$ en contribution à leur régime de retraite collectif, ce supplément devrait s’ajouter au revenu imposable de même que les intérêts des dividendes d’obligations et actions détenues dans ces régimes, le message ne se rend jamais.»

    À ce sujet, je concède à M. Sansfaçon que le communiqué de QS n’était pas clair sur ce point et qu’il ne mentionnait pas du tout les régimes de pension agréées.

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  25. 22 avril 2013 22 h 59 min

    @Richard

    « Je suppose que dans ses cours d’Économie, Pseudovirtuose branche son portable sur la banque de données et qu’Excel ou un logiciel libre fait les calculs, ce qui lui laisse le temps de lire nous expliquer la monnaie, sujet que j’ai toujours trouvé aride. »

    Au risque de vous décevoir, mon cours de Technique d’analyse économique (essentiellement un résumé des cours de math du cégep) se fait toujours à l’aide de manuel, de cahier à reliure et de stylos. Lors des examens, aucun support électronique n’est permis, incluant la calculatrice traditionelle! Je lis Keynes principalement à titre de passe-temps bien que j’ai déjà eu à lire un extrait d’une trentaine de pages de sa Théorie dans le cours Histoire de la pensée économique.

    « Comme je ne veux pas que Pseudovirtuose cesse d’écrire des billets lorsqu’il étudiera en France et qu’il lira Le Monde [1] en prenant son premier Expresso »

    Je pensais plutôt à Libération… Je me doutais bien de toute manière que la trappe à liquidité ne soit pas la plus passionante des matières économiques à couvrir.

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  26. 23 avril 2013 5 h 26 min

    «dans le cours Histoire de la pensée économique.»

    Moi, je n’ai même pas eu de cours sur la pensée économique. Pourtant, je trouve que c’est la matière la plus passionnante en économie!

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  27. 23 avril 2013 14 h 31 min

    « Moi, je n’ai même pas eu de cours sur la pensée économique. Pourtant, je trouve que c’est la matière la plus passionnante en économie! »

    Le cours n’était pas obligatoire mais disponible en option, ce que je trouve bien dommage.

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  28. 23 avril 2013 14 h 52 min

    Il n’existait pas de cours du genre même en option à l’époque à l’UdeM, tandis que Gilles Dostaler le donnait à l’UQAM…

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  29. Richard Langelier permalink
    23 avril 2013 16 h 50 min

    Moi, les deux cours de l’histoire de la pensée économique donnés par Gilles Dostaler étaient obligatoires. Quand je posais une question, les maudits cégépiens se mettaient à parler entre eux. Dostaler me disait: « tu viendras en parler à mon bureau». C’étaient des gauchos, en plus. Ils voulaient devenir économistes à la CSN (la FTQ pratiquant le syndicalisme d’affaires, selon eux et la CSD de l’aplat-ventrisme). La présence au cours n’était pas obligatoire, on avait un take-home à la mi-session et un travail de session sur le sujet de notre choix. Le cours de Théorie marxiste II était optionnel. Là, j’ai pu admirer un Gilles Dostaler ayant toutt lu, toutt vu, toutt bu sur le sujet, nous expliquant que Le livre III du Capital a été écrit à 80% par Engels et Kautsky. J’ose croire qu’il a pu donner par la suite un cours optionnel sur Keynes.
    Depuis ce temps, j’ai été obligé d’admettre qu’on peut être passé par le Cégep et s’intéresser à ce qui se dit dans un cours. À l’UQAM, je sais que le département d’Économie est retourné en Sciences de la gestion et est devenu Le Département des Sciences économiques. À Laval, c’est le Département d’Économique. J’y vois un calque de l’anglais. Sur leur site, je viens de découvrir http://www.ecn.ulaval.ca/fr/nouvelles/un-regime-de-revenu-garanti-pourrait-augmenter-lincidence-du-faible-revenu-plutot-que-de . Je viens de lire l’abstract et je pense que ce pourrait être le sujet d’un beau billet, pour quelqu’un qui trouve ça libidineux, rédiger un billet.

    Dans un tout autre ordre d’idées, j’arrive de mon traitement de physio. Comme je n’ai pas le droit de me pencher à plus de 90 degrés, je ne peux enfiler mon bas ni attacher mon espadrille du côté de la jambe opérée. Je mets mon bas dans mon sac à dos, la stagiaire me l’enfile et attache mon espadrille. Aujourd’hui, j’ai oublié mon bas. Qui plus est, j’ai décidé de l’épater et ai réussi : «Vos quadriceps sont forts! Je vais vous donner congé bientôt». Là, il faudrait que je fasse une sieste avant de me rendre à l’assemblée de Québec solidaire Mercier. Si je détache l’espadrille avec mon crochet, je devrai m’y rendre avec le bas dans le sac à dos et l’espadrille pas attachée. Qui sera l’heureux élu pour accomplir la tâche?

    P.-S. Il y a une franchise de 1,25$ pour chaque taxi et le CLSC paie la différence. J’ai vérifié auprès de mon agente d’Aide sociale. « Je vais vous poster un formulaire. Votre médecin écrira que vous avez besoin de transport pour vous rendre au Centre de physio ». Hier, elle m’a appelé pour savoir combien de traitements par semaine je recevais.
    – La semaine dernière, 3, cette semaine 2.
    – Je vais vous retourner le formulaire et votre médecin écrira qu’il vous faut 2 traitements par semaine.
    – Je n’ai rendez-vous qu’en juin.
    – Il sera trop tard. Votre dossier sera fermé puisque vous serez sur la Sécurité à la vieillesse.
    – C’est la physiothérapeute qui voit l’évolution et décide du nombre de traitements. Ça va me coûter plus cher de taxi pour me rendre à l’hôpital, espérer que la secrétaire accepte de remettre au médecin le formulaire pour qu’il écrive «2 fois par semaine», que le total des franchises.
    – C’est la loi.

    La physiothérapeute vient de me dire : « À la fin de vos traitements, je vais vous écrire une lettre précisant le nombre de visites que vous aurez faites. S’il y a problème, la responsable du CLSC qui vous a référé ici, communiquera avec elle ». Pendant ce temps-là, Agnès Maltais…

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  30. 23 avril 2013 17 h 25 min

    «je pense que ce pourrait être le sujet d’un beau billet»

    Je vais lire cette étude (in english only…) avant de voir si ça vaut la peine. J’imagine déjà un éloge des incitatifs et une vision du travail comme s’il ne servait qu’à gagner des sous, n’avait aucun rôle de socialisation, de fierté, d’outil pour sortir de l’exclusion… C’était leur technique lorsqu’ils ont analysé une recommandation semblable en 2009 (http://worthwhile.typepad.com/Rapport-CCLP-Final.pdf ). En tout, les graphiques se ressemblent et le sujet aussi…

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  31. Richard Langelier permalink
    23 avril 2013 17 h 52 min

    En « Économique », il faut bien faire des hypothèses simplificatrices, comme Newton qui étudiait le mouvement sans frottement, sous cloche. Le hic, c’est qu’ils oublient souvent de revenir sur ces hypothèses.
    Un auteur comme Max Weber pose un idéaltype. Il revient constamment sur les hypothèses.

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  32. 25 avril 2013 17 h 57 min

    @ Richard Langelier

    «Je viens de lire l’abstract et je pense que ce pourrait être le sujet d’un beau billet, pour quelqu’un qui trouve ça libidineux, rédiger un billet.»

    J’ai fini de traverser cette étude. Les données utilisée ne sont pas mentionnées, il est alors impossible d’analyser leurs résultats. En plus, ils ont trafiqué les recommandations du Comité consultatif de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CCLP).

    C’est ce que Ève-Lyne Couturier explique dans la brochure de l’IRIS parue aujourd’hui aux pages numérotées 18 à 21. Il est donc inutile d’en faire un billet!

    http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2013/04/IRIS-brochure-Revenu-Minimum_WEB.pdf

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  33. 25 avril 2013 18 h 01 min

    Ah oui, j’oubliais. Dans sa recommandation, le CCLP prévoir une mesure très semblable à celle que j’ai proposée pour modifier le fonctionnement du revenu minimum garanti de QS :

    «Le Comité consultatif recommande au gouvernement que le régime intégré de soutien aux personnes et aux familles soit défini de manière à corriger les situations où les gains de travail sont complètement déduits du soutien financier et à faire en sorte qu’au total, chaque dollar gagné procure une amélioration nette du revenu disponible

    Ce sera peut-être utilse au congrès!

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  34. Richard Langelier permalink
    25 avril 2013 22 h 03 min

    Justement, Darwin, je croyais que l’assemblée de Mercier, cette semaine, porterait sur la plate-forme électorale. Je voulais préciser que l’amendement 19.1 de la Mauricie : « tout revenu d’emploi s’ajoute au montant remis dans le cadre du revenu minimum garanti » était une proposition pour le revenu de citoyenneté.

    Comme Québec solidaire proposait, lors de la dernière campagne électorale, qu’un emploi à temps plein au salaire minimum soit payé environ 24 000$ par année, ta suggestion [1] : « 12 000$ moins la moitié des gains de travail » est d’une rationalité quasi hégélienne [2]. En ce qui concerne les autres gains, il va de soi qu’une personne ne serait pas obligée de demander son chèque de la Régie des rentes à 60 ans. Si une personne reçoit 10 000$ par année comme indemnité pour un accident de travail ou de la route, victime d’un acte criminel, c’est plus délicat. Si les commissions thématiques n’avaient pas été mises au neutre lors des débats sur les enjeux 2 et 3 et la commission Économie, fiscalité et lutte à la pauvreté jusqu’à l’automne dernier, ces sujets auraient été étudiés et débattus avant le congrès.

    Chambly demande la signification de ce « en partie ». Laurier-Dorion « invitera le congrès à voter contre si la proposition n’est pas suffisamment claire ». Je peux aller au micro, sans bas ni espadrille attachée à droite, mais je ne suis pas familier avec le micro. Trois minutes pour toi et trois minutes pour moi, disons nos prières! Si d’autres sondages que celui de Crop-La Presse sont aussi désastreux pour le PQ, les péquistes trouveront bien l’erreur. J’imagine Pauline Marois demandant à Françoise David, au débat des chefs :
    – lors de la dernière campagne électorale, votre formulation: « en commençant par les plus pauvres » signifiait que ce serait les personnes répondant aux critères actuels pour recevoir l’Aide sociale qui toucheraient ce revenu minimum garanti. Seul le terme « Aide sociale » était changé. Les barèmes devenaient 12 000$ pour une personne seule et 24 000$ pour un couple. Donc, les gains de travail admissibles demeuraient 200$ par mois. Ou alors, Mme David, est-ce que ça signifiait qu’une personne qui n’a eu aucun revenu dans l’année recevrait un chèque de 12 000$, celle qui a eu un revenu de 11 999$. un chèque de 1$?

    [1] Je m’excuse de dévoiler un courriel personnel.
    [2] C’est un compliment.

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  35. 26 avril 2013 5 h 49 min

    «je croyais que l’assemblée de Mercier, cette semaine, porterait sur la plate-forme électorale»

    C’est là-dessus qu’elle a porté! Enfin, presque! On ne s’est pas rendus au dizième du contenu!

    «Je voulais préciser que l’amendement 19.1 de la Mauricie : « tout revenu d’emploi s’ajoute au montant remis dans le cadre du revenu minimum garanti » était une proposition pour le revenu de citoyenneté.»

    Je sais, c’est une façon détournée de remettre ça sur le tapis.

    «ta suggestion [1] : « 12 000$ moins la moitié des gains de travail » est d’une rationalité quasi hégélienne»

    En fait, la proposition actuelle ne précise pas de % précis pour justement laisser toute la marge de manoeuvre possible en fonction d’un budget réaliste.

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  36. Richard Langelier permalink
    26 avril 2013 19 h 24 min

    Oubli :
    J’ai lu la brochure d’Ève- Lyne Couturier. Comme je lui fais confiance, je n’imposerais pas la rédaction d’un billet sur la « recherche de nos comiques d’Économique de Laval » [1]à mes pires ennemis. A fortiori, je ne le demande plus à mes meilleurs amis. Bien quoi, les basses flatteries sont payantes à long terme. Pour être plus subtil à l’avenir, je m’en vais lire Machiavel de ce pas (qui n’était pas machiavélique, m’a-t-on dit).

    [1] Ils s’imaginent sûrement que publier une étude en anglais (et même l’abstract) la rend encore plus scientifique.

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  37. 26 avril 2013 19 h 25 min

    «J’ai lu la brochure d’Ève- Lyne Couturier»

    Je l’ai trouvé très bien. Rien à redire!

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