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La baisse du taux d’activité des hommes aux États-Unis

6 juillet 2016

baisse-taux d'activité des hommesEncore grâce au blogue Economist’s View (même si j’ai pris connaissance de la majorité des études provenant des États-Unis que je présente ici grâce à ce blogue, je ne le mentionne pas toujours), j’ai lu récemment une étude fort intéressante de l’Executive Office of the President of the United States (EOP). Intitulée The long-term decline in prime-age male labor force participation (La baisse à long terme du taux d’activité des hommes dans leurs années d’activité maximale), cette étude explore en détail les facteurs qui peuvent expliquer la baisse spectaculaire du taux d’activité des hommes dans leurs années d’activité maximale (soit ceux âgés de 25 à 54 ans).

Le taux d’activité des hommes des États-Unis âgés de 25 à 54 ans

Le premier constat de cette étude est que le taux d’activité des hommes âgés de 25 à 54 ans est passé de 98 % en 1954 à 88 % en 2014, comme on peut le voir sur l’image qui accompagne ce billet. En fait, pour mieux estimer l’ampleur de cette baisse, on peut décrire ce phénomène autrement, en disant que le taux d’inactivité de ces hommes est passé de 2 % à 12 % au cours de cette période, ce qui correspond à une hausse de 500 % (ou une proportion six fois plus élevée)! Pire, 83 % de ces 12 % n’avaient pas travaillé du tout l’année précédente, ce qui montre un déclin de l’attachement au marché du travail de ces hommes (cette proportion était de 73 % en 1988).

Comme cette situation ne s’est pas observée dans tous les pays industrialisés (seulement deux pays sur les 34 de l’OCDE montraient un taux d’activité de ces hommes inférieur à celui des États-Unis en 2014, soit Israël et l’Italie, et un seul, l’Italie, a connu une baisse supérieure entre 1990 et 2014), les facteurs qui expliquent cette baisse sont sûrement en bonne partie spécifiques à ce pays.

Les auteurs observent ensuite que cette baisse fut graduelle entre les générations, le taux d’activité des hommes âgés de 25 à 54 ans diminuant de façon assez constante entre les cohortes d’hommes nés à chaque décennie entre 1933 à 1942 et 1983 à 1992 (voir le graphique 6 à la page numérotée 11 de l’étude), qu’elle a touché toutes les ethnies (mais davantage les Noirs, voir le graphique 8 de la page 13) et baisse-taux d'activité des hommes1beaucoup, beaucoup plus les hommes moins scolarisés, comme le montre éloquemment le graphique ci-contre. Ce graphique nous permet de constater que le niveau de scolarité avait en 1964 très peu d’impact sur le taux d’activité des hommes âgés de 25 à 54 ans. En effet, l’écart entre ceux n’ayant qu’un diplôme d’études secondaires (DES) ou moins (ligne bleue) était inférieur de moins de deux points de pourcentage à celui des titulaires d’un diplôme universitaire (ligne verte), celui des hommes ayant déjà fréquenté des établissements collégiaux (ligne rouge) se situant entre ceux des deux autres groupes. Alors que le taux d’activité des hommes titulaires d’un diplôme universitaire n’a diminué que de quatre points de pourcentage (de 98 % à 94 %) entre 1964 et 2014, celui des hommes n’ayant qu’un DES ou moins a diminué de 14 points (de 97 % à 83 %). La baisse du taux d’activité de ces hommes, même si leur importance relative a diminué (de 73 % en 1964 à 41 % en 2014), semble être une des caractéristiques les plus importantes pouvant expliquer la baisse globale de leur taux d’activités. Il reste à savoir pourquoi…

Examen des facteurs

Cette étude est trop touffue pour que je puisse présenter tous les raisonnements des auteurs face à leurs constats. Je vais donc me contenter de présenter leurs conclusions sur les facteurs qui pourraient expliquer la chute du taux d’activité des hommes âgés de 25 à 54 ans. Ces facteurs portent sur l’immigration, le travail souterrain, l’offre de main-d’œuvre, sa demande et sur les institutions.

– l’immigration et le travail souterrain

  • Des données excluent que l’immigration ait joué un rôle significatif dans cette baisse;
  • même si les données sur le sujet sont par définition imprécises, rien n’indique que le travail souterrain ait eu le moindre impact.

– l’offre de main-d’œuvre

  • La proportion des hommes âgés de 25 à 54 ans qui sont inactifs et qui aimeraient travailler a diminué de 28 % en 1985 à 16 % en 2015, indiquant une baisse de l’offre de main-d’œuvre;
  • par contre, cette baisse de l’offre de main-d’œuvre n’est pas due au fait que leur conjointe (ou conjoint) travaille davantage qu’avant, car la proportion des conjoint.e.s qui occupent un emploi a plutôt diminué depuis 50 ans, même si le taux d’activité des femmes a augmenté considérablement depuis ce temps;
  • s’il est vrai que les prestations d’incapacité ont augmenté auprès des hommes de cette tranche d’âge, elles n’expliqueraient qu’entre 4 % et 7 % de la baisse de leur taux d’activité, et les autres transferts gouvernementaux n’y auraient joué aucun rôle (notamment parce qu’ils sont bien plus élevés pour les personnes en emploi); en fait, le durcissement de leurs critères d’admissibilité aurait même dû faire augmenter le taux d’activité de ces hommes;
  • aucune donnée n’appuie l’hypothèse que cette baisse serait en partie due au désir de ces hommes de retourner à l’école pour améliorer leur sort;
  • l’option de l’inactivité est même moins attirante qu’auparavant, le taux de pauvreté parmi ces hommes inactifs étant passée de 25 % au début des années 1970 à 36 % en 2014 (notons que ce taux de pauvreté a aussi augmenté chez les hommes de cet âge en emploi);
  • des données permettent d’exclure que cette baisse du taux d’activité soit due de façon significative à une hausse de la proportion des hommes qui demeurent à la maison pour prendre soin des enfants;
  • baisse-taux d'activité des hommes2si les hommes ayant une faible scolarité choisissaient de travailler moins en raison de transferts gouvernementaux avantageux, les employeurs auraient augmenté les salaires qu’ils offrent pour le type d’emploi qui requière peu de compétences : or, ce fut l’inverse comme le montre le graphique ci-contre qui indique que le ratio des salaires des personnes qui n’ont qu’un DES par rapport à ceux des diplômés collégiaux est passé de près de 85 % en 1975 à environ 55 % en 2014.

– la demande de main-d’œuvre

La baisse de salaire relatif (et réelle) pour les emplois peu spécialisés pourrait expliquer que les personnes peu scolarisées aient «choisi» (ou plutôt aient été contraintes) de quitter le marché du travail. Certaines études arrivent à la conclusion que la baisse de l’emploi exigeant des compétences intermédiaires a forcé les personnes occupant ces postes à postuler des emplois exigeant moins de compétences, réduisant ainsi les possibilités d’emploi des personnes peu scolarisées. Ce phénomène serait entre autres une conséquence de la baisse de l’emploi dans le secteur manufacturier (de 25 % des emplois vers 1970 à moins de 10 % en 2014), baisse qui a touché davantage l’emploi masculin que féminin. D’autres données vont dans ce sens, notamment celles montrant qu’un niveau moins élevé des salaires versés au 10 % les moins bien payés (au décile inférieur) d’un État a un impact négatif important sur le taux d’activité, alors qu’un niveau moins élevé équivalent des salaires des 10 % les mieux payés n’a pratiquement aucun impact sur leur taux d’activité (voir le tableau 2 à la page 28 de l’étude). Les auteurs citent d’autres données appuyant ces observations, mais je vais passer à la suite, d’autant plus qu’elle contient les éléments que j’ai trouvés les plus intéressants de cette étude…

– les institutions

Les auteurs se demandent comment expliquer que, comme tous les pays industrialisés ont dû faire face aux mêmes changements technologiques et aux mêmes manifestations de la mondialisation, le taux d’activité des hommes âgés de 25 à 54 ans ait diminué beaucoup plus aux États-Unis qu’ailleurs et que les inégalités y aient augmenté bien davantage. Ces différences laissent penser que d’autres facteurs que l’offre et la demande de main-d’œuvre ont eu une forte influence.

Les États-Unis ont un des marchés du travail les plus flexibles (lire avec le moins de réglementation) des pays occidentaux, ce qui devrait, selon la théorie économique orthodoxe, l’avantager nettement (c’est en suivant cette théorie que le gouvernement français a conçu sa «loi travail» si contestée dans ce pays). Les États-Unis sont en effet le pays de l’OCDE où il y a le moins de réglementation du marché du travail, le moins de protection contre les licenciements, le troisième plus bas coût de main-d’œuvre, un des salaires minimums les moins élevés et un des plus bas taux de syndicalisation. Les employeurs y sont donc les plus libres d’embaucher qui ils veulent au salaire qu’ils décident. En théorie, donc, le taux d’activité des hommes âgés de 25 à 54 ans devrait être plus élevé que dans la plupart des autres pays de l’OCDE. Or, il l’est moins!

Par contre, les États-Unis sont aussi le pays qui consacre le moins de ressources aux mesures actives (aide à la recherche d’emploi, formation des chômeurs, etc.), soit 0,1 % de son PIB par rapport à 0,6 % en moyenne dans l’OCDE. Six fois moins! C’est le taux le plus bas à part le Mexique et le Chili. Cela ne peut que réduire l’attachement au marché du travail des personnes sans emploi. C’est aussi le pays où on accorde le moins de congés annuels obligatoires (en fait aucun!) et de prestations en cas de chômage, et un des pays qui subventionne le moins les services de garde. Si ces corrélations ne sont pas nécessairement des causalités, elles montrent tout de même que la flexibilité n’est pas suffisante en soi pour assurer un bon taux d’activité, et qu’elle doit à tout le moins être accompagnée de mesures qui renforcent le lien avec le marché du travail (je rappelle que ce texte vient du bureau du président des États-Unis et se doit donc d’être «mesuré» dans ses propos…). Une plus forte présence syndicale, un salaire minimum plus élevé et plus de programmes de formation à l’intention des personnes sans emploi pourraient certainement augmenter les incitatifs à joindre le marché du travail et à y rester, surtout pour les personnes ayant de faibles niveaux de compétence.

Les auteurs observent aussi que :

  • le taux d’emprisonnement est le plus élevé des pays de l’OCDE (cinq fois plus élevé que la moyenne, voir ce billet), ce qui fait diminuer considérablement le taux d’activité des hommes lorsqu’ils sortent de prison (notamment parce qu’ils sont exclus formellement du tiers des emplois et de bien plus en réalité en raison de leur exclusion informelle par nombre d’employeurs); comme environ 7 % des hommes âgés de 25 à 54 ans ont déjà été emprisonnés, surtout des Noirs et des hommes peu scolarisés, ce facteur contribue à la fois à la plus forte baisse du taux d’activité chez les Noirs et chez les personnes moins scolarisées; en plus, la comptabilisation des hommes âgés de 25 à 54 ans en prison ferait diminuer leur taux d’activité de 1,5 point de pourcentage;
  • les hommes qui perdent leur emploi durant les récessions ne reviennent souvent pas sur le marché du travail, car ils perdent leurs compétences, notamment en raison du manque de mesures actives mentionnées plus tôt et de la faiblesse des stabilisateurs automatiques (comme l’assurance-chômage et l’aide sociale) et des programmes de création d’emplois aux États-Unis.

Recommandations

Les recommandations contenues dans ce document sont évidemment liées à l’analyse des sections précédentes :

  • appuyer la demande de main-d’œuvre, notamment par des investissements dans les infrastructures, mais aussi en améliorant les stabilisateurs automatiques;
  • investir davantage dans les mesures actives (on s’en doutait!), notamment dans des contributions à la formation et à la création d’emplois, mais aussi dans le travail partagé lors de récessions et en cas de mises à pied massives;
  • permettre l’accès à l’assurance-chômage non seulement lorsqu’un emploi est perdu, mais lorsqu’une personne subit des baisses d’heures de travail;
  • augmenter les crédits d’impôt pour le revenu de travail pour les personnes sans enfants, mais seulement si cette augmentation est accompagnée d’une hausse du salaire minimum, pour éviter que ces crédits servent de subventions aux entreprises qui offrent de bas salaires (cela correspond aux recommandations de l’étude que j’ai présentée dans ce billet);
  • rendre les milieux de travail flexibles pour les personnes qui y travaillent (pas seulement pour les employeurs); on parle ici des horaires de travail, des services de garde et des congés, pas seulement annuels;
  • éliminer des barrières à l’emploi des ex-prisonniers, surtout ceux avec peu de scolarité (ils ne peuvent par exemple pas occuper d’emplois de fleuristes et de décorateurs d’intérieur…);
  • améliorer l’accès aux études supérieures (quoique le document contient peu de recommandations concrètes, comme de diminuer les droits de scolarité ou de transformer les prêts en bourses, préférant insister sur la qualité de l’éducation; cela est un autre exemple du caractère politique de ce document);
  • réformer le système de justice pour faire diminuer le taux d’emprisonnement (en éliminant entre autres les sentences minimales), en donnant aux prisonniers plus de possibilités de formation et en diminuant les restrictions à l’embauche d’ex-prisonniers;
  • réduire les inégalités en faisant augmenter le salaire minimum, en appuyant davantage la syndicalisation et en donnant plus de pouvoir aux travailleurs dans leur milieu de travail (?).

Et alors…

Cette étude est certainement la meilleure analyse que j’ai lue sur la baisse du taux d’activité des hommes âgés de 25 à 54 ans aux États-Unis. Il est aussi rafraîchissant de lire un document qui vient du bureau du président des États-Unis démolir ainsi les supposées vertus de l’absence (ou presque) de réglementation du marché du travail, montrant plutôt que cette quasi-absence entraîne des effets négatifs importants. Avec ce document, le bureau du président rejoint les conclusions d’un grand nombre d’études provenant d’organismes internationaux comme l’OCDE et le FMI.

En lisant cette étude, je me suis seulement demandé comment le taux d’activité des hommes a évolué au Canada et au Québec au cours de la même période. Même si je ne dispose pas de toutes les données qu’ont utilisées les auteurs de cette étude, je me suis dit que ce serait intéressant de quand même examiner celles qui sont disponibles sur ce sujet. Ce sera l’objet de mon prochain billet!

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6 commentaires leave one →
  1. 6 juillet 2016 5 h 54 min

    C’est un bon départ de regarder dans quel genre d’environnement les humains baignent, question le monde du travail. Il faudrait peut-être ajouter, je le sens en lisant la réflexion, que les motivations des humains à travailler dans le monde du travail actuel changent peut-être, pour des raisons qu’on cherchent à comprendre? Ce n’est pas tout de penser ou croire que les humains travaillent pour faire de l’argent et que la réussite sociale passe juste par le marché du travail et les moyens que ça donnent de se procurer tout ce qu’on veut, autant qu’on le peut, l’explication classique.

    Qu’est-ce qui peut avoir changé? On dirait que les gens aiment moins travaillé qu’avant, semble-t-il? Admettons qu’ils perdent leurs motivations, quels-en sont les raisons? Est-ce que c’est par un manque d’estime de soi et ils en ont marres de rester accrocher à un système qui ne semble peut-être plus vouloir d’eux? Ce n’est pas tout de tenter expliquer ces choses à partir de l’environnement. Le marché du travail est le même qu’avant, mais qu’est-ce qui a changé? Ce qui change est peut-être que les gens se valorisent moins avec un bon emploi bien rémunéré et les responsabilités qui vont avec cela.

    Dans le monde du travail, peut-être que l’estime de soi passe de moins en moins par ces critères? D’autre part, fait-on un travail qui passe par nos valeurs personnelles? Petite hypothèse, les gens qui travaillent pour une entreprise veulent-ils tous seulement faire de l’argent, alors que ses valeurs reposent sur le vide de ce critère? Si les gens changent leurs façons de voir, il faudrait peut-être se demander s’ils préfèrent être en bonne santé en se contentant de faire plus des choses qui leurs ressemblent? À force d’empiéter sur ses valeurs personnelles, à cause des exigences d’une entreprise par exemple, je suis à peu près sûr que ça peut avoir des effets sur sa santé mentale et physique, à + ou – long terme.

    Il faut considérer ce que je viens d’écrire comme un brouillon, mais je sais très bien que ce que je dis ici est très clair dans ma tête. Je suis de ceux qui pensent que les humains sont bons par nature, disons un enfant spirituel de J.J. Rousseau. Observer que les gens sont en train de changer dans le monde du travail à partir des statistiques, c’est un premier pas, mais une fois cela admis, c’est l’humain et son environnement qui expliquent le reste, tout en sachant que l’humain se motivent moins avec le fouet manipulateur d’un système que par les principes de ses bonnes intentions. On peut ne pas aimer ce qu’on fait, même si ce qu’on fait peut sembler être très payant.

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  2. 6 juillet 2016 6 h 06 min

    «Ce qui change est peut-être que les gens se valorisent moins avec un bon emploi bien rémunéré»

    Cela pourrait expliquer une partie de la baisse, mais seulement une petite partie, car les données montrent assez clairement que le plus gros de la baisse est lié aux personnes peu scolarisées et aux emplois mal payés.

    Cela dit, merci pour la réflexion!

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  3. 6 juillet 2016 8 h 38 min

    Donc les personnes peu scolarisées, n’arrivant pas à suivre, semblent sortir de la voie quasi unique, je vois. Revenons aux personnes scolarisées, Goggle expérimente depuis quelques années à rendre les voitures autonomes, c’est-à-dire sans conducteurs et les infos que j’ai à ce propos disent qu’elles ont fait au moins un million de kM sans accident.
    D’autres travaillent sur des robots en les rendant capables de plus en plus d’accomplir des tâches, ultimement capables d’apprendre à partir d’expérimentations. Le problème à ce qu’il semble, ce n’est pas leurs aptitudes, c’est de trouver un moyen pour que ces robots ne finissent pas par dépasser les humains. Ils cherchent donc à trouver un moyen pour imaginer un espèce de commutateur qui les mettrait à «off», au besoin.

    J’imagine qu’un jour, peut-être, des robots seront capables de faire mieux dans certains cas que des personnes scolarisées. Pour avoir moi-même fréquenté autour de 10 ans les universités, je m’étais rendu compte que ce qui importe le plus pour les étudiants, c’était d’abord d’obtenir leurs diplômes et réussir à s’ouvrir des portes sur le marché du travail. Supposons à présent que des robots prennent de plus en plus de place dans la société et que le 1% reste bien assis sur ses lauriers à vouloir remplacer les scolarisées pour faire plus ou moins les mêmes tâches? Sachant que ça coûterait moins cher au système à la mesure où le 1% pourrait le faire? Si ce 1% ne change pas leurs systèmes de valeurs, qui veut que moins ça coûte cher plus ils sont satisfaits, que pensez-vous qu’il pourrait arriver aux personnes disponibles sur le marché du travail, qu’elles soient ou non scolarisées? Si la tendance se maintient, bien entendu…

    Savez-vous ce qui me rend le plus optimiste malgré cela, je pense que les systèmes s’ajustent pour le mieux pour tout le monde, à mesure que les contraintes deviennent de plus en plus visibles. Ce serait juste qu’il ne faut pas faire de dénie, avant que la réalité rattrape tout le monde. En passant, j’aime bien votre blog.

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  4. 6 juillet 2016 9 h 55 min

    Autre petite question, puisqu’il s’agit de gens peu scolarisées, en admettant que le diplôme a tendance à se déprécier, les gens peu scolarisées se feraient donc d’autant plus tassées vers le bas, la tendance les conduisant malheureusement vers le vide?

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  5. 7 juillet 2016 8 h 31 min

    «c’est-à-dire sans conducteurs et les infos que j’ai à ce propos disent qu’elles ont fait au moins un million de kM sans accident»

    Il y en a eu un mortel récemment… http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/international/2016/07/01/004-etats-unis-floride-tesla-voiture-autonome-accident-mortel.shtml

    De toute façon, il reste bien des problèmes à régler (dont l’établissement d’une réglementation adaptée, et les institutions sont lentes…) et il n’est pas clair que le coût de ces véhicules soit abordable. On verra!

    «Supposons à présent que des robots prennent de plus en plus de place»

    Sur les possibilités et les impacts de l’automatisation et de la robotisation, je suis des plus sceptiques (voir par exemple https://jeanneemard.wordpress.com/2016/06/11/lautomatisation-menace-t-elle-vraiment-pres-de-la-moitie-des-emplois/ et https://jeanneemard.wordpress.com/2015/08/12/lautomatisation-et-la-connaissance-tacite/).

    « je pense que les systèmes s’ajustent pour le mieux pour tout le monde»

    Je suis moins optimiste que vous sur les capacités d’adaptation des systèmes, mais, de fait, on ne peut pas prévoir les conséquences d’un changement (comme l’automatisation) sans examiner les autres changements qui surviendraient. Les économistes aiment trop le «ceteris paribus» (toute chose étant égale par ailleurs) alors que les autres choses ne sont jamais égales!

    «En passant, j’aime bien votre blog»

    Merci!

    «es gens peu scolarisées se feraient donc d’autant plus tassées vers le bas»

    Ce serait le cas aux États-Unis selon l’étude que j’ai présentée dans ce billet. Mais, on verra samedi si c’est aussi le cas au Canada et surtout au Québec!

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