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Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité

9 novembre 2020

plus grand défi de l'histoire de l'humanitéAvec son livre Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité, l’astrophysicien français Aurélien Barrau «appelle à une révolution écologique pour faire face à l’extinction massive de la vie sur la Terre. Il analyse les oppositions à la pensée écologique et propose des pistes pour dépasser les attitudes et les actes qui mènent à la catastrophe».

Préface : L’auteur explique le contexte de la mise à jour et de l’enrichissement de ce livre cette année, alors qu’il est initialement paru en 2019, il y a seulement un an. Il insiste sur le fait qu’il n’est pas un expert en écologie, mais qu’il tenait à apporter sa contribution dans l’espoir que les pouvoirs agissent enfin, car ne rien faire face à «la priorité majeure de ce temps» est un «crime contre l’avenir».

Le constat : L’auteur fait le tour de la situation de la vie sur notre planète, s’inquiétant notamment de la sixième extinction qui est en cours. Il analyse ensuite les conséquences de la pollution, de la fonte des glaciers, de la baisse des espaces habitables pour les animaux humains et non-humains, du réchauffement climatique, de l’océan de plastiques, de la déforestation, de l’épuisement des ressources et d’autres manifestations de la dégradation de l’environnement.

Des ébauches d’évolutions simples et urgentes : L’auteur esquisse quelques «directions simples» pour «commencer à endiguer la catastrophe». Il propose notamment de :

  • diminuer notre consommation, surtout de certains biens (notamment de la viande, des véhicules individuels, du tourisme, des déplacements en avion, des pesticides et des plastiques);
  • mieux protéger les habitats naturels;
  • diminuer la pollution;
  • améliorer l’efficacité énergétique et d’utiliser davantage de sources d’énergies non fossiles;
  • modifier la structure industrielle et professionnelle en visant le bien commun;
  • interdire les comportements irresponsables de la population et des entreprises;
  • utiliser davantage l’écofiscalité;
  • mieux informer la population sur la crise environnementale, y compris dans le système d’éducation;
  • lutter contre les inégalités et contre l’évasion fiscale pour «financer les évolutions écologiques».

L’évolution profonde : Contrairement à la plupart des situations, l’auteur considère qu’il faut s’attaquer aux conséquences de la crise environnementale sans trop se préoccuper des causes possibles (capitalisme, démographie ou autre). Il faut donc, entre autres :

  • harceler le pouvoir politique et ne voter que pour des partis qui présentent des actions fortes;
  • laisser le pétrole où il est;
  • cesser de voir la nature uniquement comme une ressource pour nos besoins;
  • «hiérarchiser nos désirs et intentions» et accepter que le monde doive changer;
  • modifier nos indicateurs de performance;
  • coopérer davantage et moins se concurrencer.

Quelques questions : L’auteur répond succinctement «à quelques objections ou interrogations qui [lui] ont été adressées récemment». Il y aborde notamment :

  • ses contradictions personnelles;
  • l’impact de la technologie sur l’environnement : elle peut aider, mais ne réduit nullement la nécessité d’adopter les mesures qu’il a présentées plus tôt (il contredit ainsi Mark Alizart et son livre Le coup d’État climatique dont j’ai parlé ici la semaine dernière);
  • l’insuffisance et l’inadéquation de la couverture environnementale des médias;
  • l’utilité du maintien des centrales nucléaires à court terme, mais le danger de les garder à long terme;
  • l’impact de la démographie (réel, mais réduire la population sans changer nos habitudes n’améliorerait pas la situation suffisamment).

Que se passe-t-il maintenant? : L’auteur fait le point sur les actions entreprises depuis la parution de la première version de ce livre, il y a un an. S’il y a eu quelques interventions positives, l’ensemble n’est pas réjouissant. Il démolit ensuite avec pertinence des arguments et des accusations des opposant.es à la lutte nécessaire et essentielle pour un environnement sain. Il aborde ensuite :

  • les freins psychologiques qui limitent l’acceptation de la nécessité de changer notre mode de vie et qui mènent à l’inaction des politicien.nes, puis donne de nombreux exemples de ce phénomène;
  • l’efficacité de diverses stratégies pour contrer ces freins et faire agir les politicien.nes;
  • l’aspect systémique du problème écologique et de ses solutions;
  • le narcissisme des petites différences qui nous divise alors que nous avons besoin de nous solidariser;
  • la désobéissance civile;
  • l’activisme fractal, stratégie qu’il juge la plus efficace, avec ses dimensions politiques, économiques, éthiques, symboliques, démographiques, mythologiques, philosophiques et autres (il présente 26 dimensions de l’activisme fractal qui regroupent ses propositions faites tout au long du livre et en ajoutent quelques autres).

Épilogue presque philosophique : L’auteur résume ses analyses et ses propositions en ajoutant une touche philosophique et poétique. Puis, il conclut :

«Une chose est certaine : il est impossible de continuer sur la trajectoire actuelle. Qu’on le veuille ou non, ça ne durera pas.[…] La tâche est immense et le temps presse. Si le génie humain existe, C’est ici et maintenant qu’il doit se manifester

Et alors…

Lire ou ne pas lire? Lire! Ce livre présente à la fois une des meilleures analyses que j’ai lues sur la situation de l’environnement et des propositions cohérentes pour gagner le combat écologique. L’auteur ne parle pas que du réchauffement climatique, mais bien de toutes les agressions que fait l’être humain sur l’environnement et sur la vie des autres espèces. On peut être en désaccord avec certains éléments du livre ou vouloir leur apporter des nuances ou des bémols, mais cela n’enlève rien à la pertinence de l’ensemble. Le livre se lit bien et évite les exagérations. La réalité est déjà assez troublante pour ne pas avoir à en rajouter, quoique nombreuses sont les personnes qui trouvent la réalité exagérée! Et les notes sont en bas de page.

J’ai connu Aurélien Barrau en écoutant des vidéos partagés sur Facebook. En voici une dans laquelle il parle justement de ce livre.

One Comment leave one →
  1. Robert Lachance permalink
    9 novembre 2020 11 h 31 min

    Providentiel !

    « Qui arrive à propos ».

    J’aime

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