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Les effectifs étudiants par programme d’enseignement

16 décembre 2015

effectifs postsecondairesCela fait un bout de temps que je n’ai pas présenté de billet sur des tableaux cansim. Celui à partir duquel ce billet est basé, le tableau 477-0019, permettra d’élaborer sur un sujet que j’ai abordé il y a deux ans, soit l’évolution des effectifs étudiants par programme d’enseignement.

Ce tableau contient tellement de dimensions différentes que je pourrais y consacrer trois ou quatre billets. Je me contenterai plutôt de présenter trois de ces dimensions, soit les niveaux collégial et universitaire (il contient aussi des données plus détaillées selon le niveau d’études, entre autres en formation préuniversitaire et technique au collégial, et selon les trois cycles universitaires), le programme d’enseignement et le sexe. Je ne présenterai que les données sur les étudiants à temps plein, même si le tableau en contient aussi sur ceux qui sont à temps partiel, et que les données sur l’ensemble des étudiants, sans distinguer les étudiants canadiens des étudiants étrangers, même si ce tableau le permet.

Les programmes d’enseignement

La classification utilisée par Statistique Canada contient 49 programmes d’enseignement. Ce tableau cansim ne fournit toutefois des données que sur les 12 regroupements principaux de ces 49 programmes. On peut toutefois savoir quels programmes détaillés sont compris dans ces 12 regroupements sur cette page.

Pour que les graphiques de ce billet soient plus faciles à présenter, j’ai utilisé des titres plus courts et ai omis ceux qui comptaient moins de 2 % des étudiants. Voici le tableau d’équivalence que j’ai utilisé :

Titre complet

Titre court

Total, programmes d’enseignement

Perfectionnement et initiation aux loisirs

Éducation

Arts visuels, interprétation et communications

Sciences humaines

Sciences sociales et de comportements et droit

Commerce, gestion et administration publique

Sciences physiques et de la vie et technologies

Mathématiques, informatique et sciences de l’information

Architecture, génie et services connexes

Agriculture, ressources naturelles et conservation

Santé et domaines connexes

Services personnels, de protection et de transport

Autres programmes d’enseignement

Total

Omis

Éducation

Arts visuels

Sciences humaines

Sciences sociales

Administration

Sciences physiques

Mathématiques

Génie

Omis

Santé

Services personnels

Omis

Au collégial

Les premiers graphiques présentent la répartition des femmes et des hommes par programme d’enseignement au niveau collégial. Il faut noter que cette répartition comprend aussi bien les effectifs dans les programmes préuniversaitaires que techniques.

– les hommes

effectifs postsecondairesHC1Le graphique ci-contre est un peu difficile à interpréter, car on ne voit bien qu’un seul programme d’enseignement, soit les sciences humaines (ligne jaune), qu’on retrouve à plus de 99 % dans la formation préuniversitaire. On peut y voir clairement que ces programmes ont perdu de la popularité entre 1992-1993, alors qu’on y trouvait la moitié des collégiens, et 2001-2002, année où un peu moins de 40 % de ceux-ci fréquentaient ce programme, avant de regagner le terrain perdu pour regrouper à nouveau la moitié des collégiens en 2013-2014. Comme ce programme (voir ses composants) regroupe selon les années entre 85 % et 100 % des effectifs en formation générale (donc préuniversitaire), les autres étant principalement compilés dans les programmes d’arts visuels et dans la catégorie autres, je soupçonne qu’il s’agit d’une catégorie fourre-tout. Dommage…

effectifs postsecondairesHC2J’ai donc produit un autre graphique pour qu’on puisse voir mieux l’évolution de trois autres programmes. J’ai laissé tombé les programmes en éducation, en arts visuels, en sciences sociales, en santé et en services personnels, car ils regroupaient sur presque toute la période moins de 5 % des collégiens. Le génie (ainsi que la construction et l’architecture, ligne jaune), a connu la baisse la plus forte de tous les programmes entre 1992-1993 et 2013-2014 (baisse de plus de sept points de pourcentage, de 20 % à moins de 13 %), pour même perdre le deuxième rang aux mains des programmes en administration (ligne bleue) qui sont au contraire ceux qui ont le plus gagné en popularité (hausse de quatre points, soit de 10 % à 14 %). La popularité des programmes en mathématiques (en fait, sûrement plus en informatique, car tous les collégiens de ce regroupement sont dans des programmes techniques, ligne rouge) a grandement augmenté entre 1992-1993 (de 6 % à 13 %), avant de chuter pour se stabiliser autour de 5 % entre 2005-2006 et 2013-2014. Ces mouvements, à première vue étranges, correspondent tout à fait au gonflement de la bulle technologique des années 1990 et à son éclatement à la fin de cette décennie (les collégiens ayant déjà commencé leur formation étant restés pour la terminer).

– les femmes

effectifs postsecondairesFC1Du côté des femmes, le programme en sciences humaines (toujours la ligne jaune) ressort aussi, avec pratiquement le même niveau et la même évolution que pour les hommes : baisse en milieu de période et augmentation par la suite. Même si on y distingue un deuxième programme, j’ai fait comme pour les hommes, soit de produire un graphique en éliminant les programmes dont la fréquentation est toujours inférieure à 5 % du total, soit les mathématiques (y compris l’informatique), le génie, la santé (cela m’a surpris que les programmes de ce secteur ne soient pas plus populaires) et les services personnels.

effectifs postsecondairesFC2On peut voir que le deuxième programme le plus populaire chez les femmes, l’administration (ligne verte), a à peu près connu une évolution inverse à celle observée chez les hommes : partie en 1992-1993 à 18 %, sa popularité chez les collégiennes a terminé la période à 12 %, une baisse du tiers ou de six points de pourcentage. Comme ce programme est essentiellement dans la formation technique, j’imagine que cela est dû à la baisse de fréquentation dans les programmes de bureautique, fréquentation très féminine. Les sciences sociales (et le droit, ligne jaune) ont connu une forte croissance entre 1992-1993 et 2002-2003 (de 3 % à 9 %) avant de diminuer graduellement pour se stabiliser à environ 7 % entre 2007-2008 et 2013-2014. Les inscriptions semblent avoir connu une évolution semblable en arts visuels (ligne rouge), mais comme la hausse brutale en 2000-2001 correspond à une baisse semblable dans les sciences humaines, je suis certain qu’il ne s’agit pas d’une vraie augmentation, mais plutôt d’un changement de classification dans les programmes préuniversitaires. Finalement, on observe une hausse constante dans la popularité des programmes d’enseignement (ligne bleue, probablement en technique d’éducation spécialisée et autres programmes du genre).

effectifs postsecondairesFC3Comme les graphiques précédents ne permettent pas de visualiser facilement quels programmes accueillent proportionnellement le plus d’hommes et de femmes, j’ai cru bon d’en ajouter un. Il n’est pas d’une limpidité totale, mais on peut y voir que :

  • la proportion globale de femmes a peu augmenté au cours de cette période (ligne bleue foncée, à peu près invisible au centre du graphique), passant graduellement de 55 % à 59 %;
  • elles sont restées fortement majoritaires (entre 80 % et un peu plus de 90 %) en éducation et en sciences sociales, et un peu moins en santé (autour de 80%);
  • leur proportion fut entre 50 % et 70 % en arts visuels, en administration (en baisse de 70 % à 55 %) et en sciences humaines;
  • leur proportion a gravité entre 30 % et 50% dans les services personnels (cuisine, protection et transport);
  • elles furent nettement minoritaires en mathématiques (j’aurais j’aurais dû utiliser le titre court «informatique»…), en baisse de 30 % en 1992-1993 à moins de 20 % en 2013-2014, et en génie (moins de 20 % tout au long de la période); on voit donc que les programmes d’encouragement à la participation des femmes dans ces disciplines n’ont vraiment pas été couronnés de succès, quoique la situation serait peut-être encore plus inégale sans eux.

À l’université

Les effectifs étant moins concentrés au niveau universitaire, je ne serai pas obligé de présenter la répartition des hommes et des femmes par programmes d’enseignement en autant de graphiques.

– les hommes

effectifs postsecondairesHU1Les deux programmes les plus fréquents chez les hommes universitaires sont ceux en génie (et architecture et autres) et en administration, ces derniers étant ceux qui ont connu la plus grande augmentation (de trois points de pourcentage, soit de 18 % à 21 %). Si leur proportion est demeurée assez stable à 15 % en sciences sociales, domaine très varié, elle a diminué en sciences physiques (et de la vie, ligne bleue pâle), en sciences humaines (ligne jaune) et en mathématiques et informatique (ligne verdâtre avec une double flèche) d’entre 1,5 et 2,5 points, et presque autant en éducation (de 1,3 point, ligne bleue foncée). Finalement, leur proportion est demeurée assez stable en santé (entre 8 % et 9 %) et en arts visuels (entre 3 % et 4 %)

– les femmes

effectifs postsecondairesFU1Les principaux programmes d’études sont passablement différents chez les femmes. Si l’administration (ligne rouge vin) est aussi parmi les deux principaux programmes, les sciences sociales occupent le premier rang en 2013-2014 avec 21 % des femmes universitaires. Si l’éducation a occupé le premier rang en 1996-1997 avec 19 % (ligne bleue foncée), ce programme se classait quatrième en 2013-2014, n’accueillant plus que 12 % des femmes universitaires. À l’inverse. La présence des femmes a le plus augmenté en santé, passant de 11 % à 16 %, un gain de cinq points de pourcentage. Parmi les cinq programmes que les femmes choisissent le moins souvent à l’université, on observe des baisses en sciences humaines et en informatique et mathématiques, mais une grande stabilité en sciences physiques et de la vie, en génie et en arts visuels.

effectifs postsecondairesFU2Pour la même raison que lors de la présentation des résultats au niveau collégial, je conclus cette partie en montrant quels programmes accueillent proportionnellement le plus d’hommes et de femmes. S’il y a quelques chose, les proportions de femmes (et donc d’hommes) dans les programmes universitaires sont d’une stabilité étonnante, compte tenu que leur proportion globale est passée de 52 % à 56 % :

  • leur proportion la plus élevée est en éducation, avec environ 80 % des effectifs tout au long de la période;
  • leurs plus fortes augmentations se sont réalisées en santé (ligne orange), avec une hausse de plus de 11 points à 70 % en 2013-2014, en sciences sociales (ligne rouge vin), avec une hausse de huit points pour atteindre 65 % en fin de période, et en sciences physiques (ligne verdâtre avec une double flèche), domaine qui comprend aussi la biologie et la nutrition, avec une hausse de cinq points à 55 %;
  • on ne s’étonnera pas que les deux domaines les moins fréquentés par les femmes furent les mathématiques et l’informatique (ligne vert pâle), avec environ 30 % des effectifs (un des deux domaines en légère baisse avec les arts visuels), et le génie (ligne mauve), domaine où leur proportion est passée de 21 % à 23 %.

Et alors…

En abordant ce billet, je m’attendais à voir une forte hausse de la présence des femmes tant au cégep qu’à l’université. Si hausse il y a effectivement eu, les plus grands mouvements dans ce sens ont dû être antérieur à 1992-1993 (ce que confirme d’autres sources, comme ce billet). Je suis par contre bien content d’avoir constaté que la fréquentation des programmes en administration a moins augmenté qu’ailleurs et que celle en sciences humaines et sociales a tenu le coup.

Ce tableau confirme aussi le clivage disciplinaire chez les femmes et les hommes, et surtout le peu de changement de ce côté. On évolue, mais lentement, très lentement…

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