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Les Québécois et la charité

10 décembre 2010

Par Darwin – Ah, le temps des Fêtes, la guignolée des médias… N’est-ce pas le temps de parler des dons de charité ?

Année après année, on peut remarquer que les Québécois donnent beaucoup moins d’argent en dons de charité que les Canadiens des autres provinces. Les données les plus récentes de Statistique Canada, datant de 2009, montrent encore un écart monumental. Si le pourcentage de donateurs est très semblable (23 % au Canada et 22 % au Québec), les dons médian et moyen sont deux fois plus élevés au Canada qu’au Québec (250 $ et 1380 $ par rapport à 130 $ et 590 $).

Pourquoi ?

Ces données provenant des déclarations de revenus, Statistique Canada ne peut répondre à cette question, puisque la destination des dons n’y est pas demandée. Cela laisse place aux interprétations les plus diverses. Par exemple, cet article propose différentes explications :

  • les Québécois seraient particulièrement étranglés fiscalement et laisserait davantage à l’État le soin de s’occuper des défavorisés (interprétation bien sûr appuyée par l’Institut Fraser et par bien des libertariens);
  • ils auraient plus tendance à distribuer de petits dons à droite et à gauche sans qu’ils soient compilés statistiquement (par exemple, on ne reçoit pas de reçus d’impôt pour les dons à la guignolée des médias, ni pour les moitié-moitié pour financer Centraide, ni bien sûr quand on donne à un sans abri);
  • ils auraient moins tendance à inscrire des dons dans leurs testaments.

Étant toujours sceptique quand des gens ne fournissent pas de sources, je me suis demandé s’il en existait et ce qu’est vraiment un organisme de bienfaisance.

Organisme de bienfaisance

Quand on pense aux organismes de bienfaisance, on pense généralement à des organismes comme Centraide, la Croix rouge, la Société canadienne du cancer et à des organismes de loisirs et d’aide internationale. En fait, les données de Statistique Canada concernent les dons faits à des organismes de bienfaisance qui satisfont aux critères de bienfaisance de l’Agence du revenu du Canada (ARC). Or, la Loi de l’impôt sur le revenu ne définit pas la bienfaisance. L’ARC, utilise donc la jurisprudence pour «déterminer ce qui relève de la bienfaisance au sens de la loi». Ainsi, pour être reconnu comme organisme de bienfaisance et pouvoir émettre des reçus de don de charité, un organisme doit intervenir dans quatre grands domaines :

  • le soulagement de la pauvreté;
  • l’avancement de l’éducation;
  • l’avancement de la religion;
  • autres fins qui sont utiles à la communauté d’une manière qui relève de la bienfaisance aux yeux des tribunaux.

Ces critères étant assez vastes (et vagues…), ils incluent, par exemple, les fondations d’hôpitaux, d’université et même d’écoles primaires, des abris pour animaux, des services d’incendie formés de pompiers volontaires et des organismes qui effectuent «des recherches dans un domaine de connaissance reconnu» et qui diffusent les résultats au public.

Les critères étant vagues, leur application réservent bien sûr des surprises… Ainsi, si l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS), un organisme de gauche qui effectue et publie des recherches «sur les grands enjeux socio-économiques» n’est pas reconnu comme organisme de bienfaisance, des organismes de droite qui font essentiellement la même chose, comme l’Institut économique de Montréal (IÉDM) et l’Institut Fraser le sont… Bon, ne voyons pas là de complot, il semble que ce soit parce que l’ARC a changé ses critères et que ces deux organismes de droite bénéficient de leurs «droits acquis». Mais, quand même, cela fait bizarre…

Pour en savoir plus, j’ai consulté les renseignements financiers des organismes de bienfaisance reconnus que l’ARC publie. Cela permet par exemple d’apprendre que l’IÉDM a émis en 2009 des reçus d’impôt pour une valeur de plus de 540 000 $, (ligne 4500), a reçu des dons de près de 370 000 $ d’autres «organismes de bienfaisance» (ligne 4510) et a même bénéficié de dons sans avoir émis de reçus pour fin d’impôt (près de 250 000 $, ligne 4530). Au total, l’IÉDM a eu des revenus de plus de 1 220 000 $ en 2009.

L’Institut Fraser ? Il a émis en 2009 des reçus d’impôt pour près de 4,3 millions $ (ligne 4500), a reçu des dons de près de 5,3 millions $ d’autres «organismes de bienfaisance» (ligne 4510) et a aussi bénéficié de dons sans avoir émis de reçus pour fin d’impôt (mais seulement un peu moins de 200 000 $, ligne 4530). Il s’est vu en outre remettre plus de 2 millions $ de sources extérieures du Canada… Les revenus totaux de l’Institut Fraser ont ainsi atteint près de 13 millions $ en 2009 !

On voit donc que ces organismes qui luttent pour faire diminuer les impôts et pour réduire la taille de l’État n’ont aucun scrupule à bénéficier de l’aide de l’État pour le combattre ! Et, oui, on peut dire qu’on paye ça avec nos taxes !

Pour obtenir des renseignements financiers du genre pour tous les organismes de bienfaisance (plus de 80 000), on peut consulter cette section du site Internet de l’ARC. Attention, ce n’est pas toujours simple, certaines organisations administrant plusieurs organismes de bienfaisance…

Oui, mais sommes-nous vraiment moins généreux ?

Après cette petite digression instructive, revenons à l’objet de ce billet : pourquoi les Québécois donnent-ils moins de sous à des «organismes de bienfaisance» ?

Avant de trouver les données pertinentes, j’ai d’abord pensé que nous donnions peut-être moins aux fondations d’hôpitaux et d’université. Il est en effet bien connu que les anglophones sont bien plus généreux avec leur alma mater que nous. Par exemple, cet article nous apprend que la Campagne de financement McGill a amassé 570 millions $ en trois ans, pendant qu’une campagne similaire conjointe de l’Université de Montréal, de l’École des hautes études commerciales (HEC) et de l’École Polytechnique a recueilli 218 millions $ en 4 ans et que «la Fondation de l’UQÀM a récolté 140 M$ sur une période de… 30 ans !».

J’avais presque tout faux… La source pertinente est l’Enquête canadienne sur le don, le bénévolat et la participation de Statistique Canada. Les données de cette enquête sont colligées sur le site Internet Dons et bénévolat. En comparant les données du Québec (voir les Feuillets d’information) et du Canada (voir les Rapports) pour 2004 (les données du Québec ne sont pas encore disponibles pour 2007), j’ai fait les constats suivants :

  • le don moyen par adulte était de 340 $ au Canada et de 175 $ au Québec, différence identique en proportion à celle observée sur les déclarations de revenus;
  • les moins riches versent une plus grande partie de leurs revenus en dons que les riches : plus de 1,5 % du revenu pour ceux qui gagnent moins de 20 000 $ par année par rapport à 0,5 % pour ceux qui gagnent 60 000 $ et plus par année;
  • 64 % de l’écart entre les dons des Québécois et des Canadiens s’expliquaient par le fait que les Québécois donnaient moins aux… organismes religieux (!!!), soit moins de 50 $ par personne par rapport à plus de 150,00 $ pour les Canadiens ! Cette proportion était très similaire en 2000 (63 %). Il ne s’agit donc pas d’une exception. Précisons que les organismes religieux qui sont surtout actifs dans d’autres domaines ne sont pas considérés comme dans la catégorie des organismes religieux, mais dans celles de leurs activités principales (services sociaux, sports et loisirs, etc.)
  • un autre 22 % de l’écart (21 % en 2000) était dû au fait que les Québécois donnent moins aux organismes de santé, hôpitaux et universités; bon, mon idée de départ n’était pas complètement idiote…
  • le reste (14 % en 2004 et 16 % en 2000, sans concentration notable dans un secteur précis) s’expliquerait très bien par leur revenus moins élevés.

Bref, je n’étais pas le seul à avoir tout faux ! Ce ne serait donc pas parce que les Québécois se fient davantage à l’État providence ou parce qu’ils se sentent étouffés par la taxation qu’ils donnent moins, mais en premier lieu parce qu’ils sont moins religieux ! Toutes les autres explications ne sont donc que des constructions de l’esprit, souvent balisées par l’idéologie et les croyances (une autre religion ?) de leur auteur.

Étonnant, n’est-ce pas ?

Avec les nombreux indices que nous recevons ces derniers temps (Des pasteurs riches, Églises indépendantes: le culte de l’argent, Le business religieux), nous aurions peut-être pu y penser. Mais, bon, si cette tendance se maintient, peut-être rejoindrons-nous la moyenne de dons du reste du Canada…

Serait-ce vraiment une bonne nouvelle ?

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39 commentaires leave one →
  1. 11 décembre 2010 7 h 53 min

    Un autre mystère qui tombe… merci Darwin !

    Les libertariens (les vrais et les pseudos) utilisent l’argument de la charité à outrance pour justifier la disparition de tous les services publics, incluant ceux destinés à aider les plus pauvres ou ceux qui n’auraient tout simplement pas les moyens de se payer des services privés. J’ai toujours dit que c’était de la foutaise.

    Nous avons récemment appris que certains organismes de charité dépensent la majorité des dons reçus en campagnes de sensibilisation et en frais d’administration, et que les sommes investies sur le terrain sont parfois minimes…

    Compter sur les organismes de charité pour accéder aux soins de santé et à l’éducation, c’est retourner 50 ans en arrière. Et qu’arrive-t-il lorsque le plus important d’entre eux doit choisir ceux qui profiteront de sa générosité ? http://tinyurl.com/2aa2hnb

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  2. 11 décembre 2010 10 h 39 min

    @ Luto

    «Les libertariens (les vrais et les pseudos) utilisent l’argument de la charité à outrance pour justifier la disparition de tous les services publics»

    C’est tellement vrai, que c’est en fait à la suite d’une affirmation de Philippe David, qui prétendait que si les Québécois donnent moins en dons, c’est à cause des impôts et de la forte présence de l’État, que j’ai fouillé pour trouver finalement que le principal facteur qui explique la faiblesse de nos dons est qu’on donne moins aux organismes religieux.

    En fait, cela faisait des années que je me posais cette question (pourquoi les Québécois donnent moins). Avec les dernières révélations dans les journaux sur les dirigeants religieux qui gèrent mal l’argent des donateurs (euphémisme) et avec l’information sur la présence des documents financiers des organismes de bienfaisance sur le site de l’ARC, je me suis dit que cela pouvait faire un billet intéressant (quoique un peu long…).

    «Nous avons récemment appris que certains organismes de charité dépensent la majorité des dons reçus en campagnes de sensibilisation et en frais d’administration, et que les sommes investies sur le terrain sont parfois minimes…»

    C’est grâce à ces articles que j’ai pris connaissance de la présence des documents financiers des organismes de bienfaisance sur le site de l’ARC. Mais, ce que je cherchais était plus le montant des reçus d’impôt donnés par l’IÉDM et Fraser que le % octroyé aux frais d’administration !

    «Compter sur les organismes de charité pour accéder aux soins de santé et à l’éducation, c’est retourner 50 ans en arrière.»

    50 ans minimum !

    «Et qu’arrive-t-il lorsque le plus important d’entre eux doit choisir ceux qui profiteront de sa générosité ?»

    C’est déplorable. Que Centraide dise qu’à l’avenir, il n’acceptera plus ce genre d’organisme, cela pourrait se défendre (et encore !), mais qu’il mette fin à sa contribution de façon aussi subite, c’est inacceptable.

    Il y a une vingtaine d’années, Centraide avait décidé de cesser de financer les organismes de défense des locataires en raison des pressions des propriétaires, de grands donateurs. De même, il avait menacé de ne plus contribuer à la Ligue des droits et libertés en raison de la présence en son sein de l’Office des droits des détenus (dont le directeur était et est toujours Jean-Claude Bernheim…), qui déplaisait aux donateurs du Solliciteur général du Canada, de son syndicat (eh oui…) et d’autres donateurs. Finalement, La Ligue avait négocié un retrait de Centraide sur quelques années (2, si ma mémoire est bonne). Le plus ironique est que l’Office des droits des détenus s’était séparé de la Ligue pas longtemps après…

    J’ignore si la décision actuelle résulte de pressions, quoique je ne le pense pas. Mais, les deux exemples que je viens de donner montre la contradiction entre la charité et le bien public. Comme ce sont les plus riches qui payent le plus (même si c’est en % moindre de leurs revenus) pour la charité, ce sont souvent eux qui influencent la validité des causes à financer. Ils préfèrent nettement financer la charité qui ne remet pas en question les inégalités. Comme ce sera peut-être l’objet d’un de mes prochains billets, je vais arrêter ici !

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  3. koval permalink*
    11 décembre 2010 14 h 40 min

    « On voit donc que ces organismes qui luttent pour faire diminuer les impôts et pour réduire la taille de l’État n’ont aucun scrupule à bénéficier de l’aide de l’État pour le combattre ! Et, oui, on peut dire qu’on paye ça avec nos taxes ! »

    Que veux-tu dire? Le financement par dons de Fraser est privé!?!

    Est-ce que tu parles du retour d’impôt sur les dons?!?

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  4. 11 décembre 2010 17 h 00 min

    @ Koval

    «Est-ce que tu parles du retour d’impôt sur les dons?!?»

    Je parle en effet de la réduction des impôts en raison des dons. On appelle ça une dépense fiscale en termes budgétaire. Au bout du compte, c’est l’ensemble des citoyens qui payent pour ça.

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  5. 12 décembre 2010 6 h 44 min

    « The Mises Institute of Canada was founded to bring the scholarship of liberty in the Austrian tradition to Canada. Now more than ever this message needs to be spread from sea to sea. Help the Mises Institute of Canada by donating – we exist solely by the contributions from people who share our ideals. You can become a Member of the Mises Institute of Canada with a donation of $50 or more. The Mises Institute of Canada is in the process of becoming a charitable organization, and with that status we will be able to issue tax deductible receipts. »

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  6. 12 décembre 2010 9 h 52 min

    @ Luto

    Si jamais le Mises Institute of Canada obtient son statut d’organisme bénévole, cela voudrait dire que les critères de l’ARC sont flexibles… Mais, attendons, ce n’est pas parce que le Ludwig Von Mises Institute of Canada dit qu’il va l’obtenir que c’est vrai…

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  7. cjulie permalink
    12 décembre 2010 11 h 33 min

    Excellente recherche ! Je ne suis pas surprise du résultat. Je me souviens avoir lu un truc similaire aux USA: les états les plus « généreux » sont les plus religieux… Reste à savoir la proportion de ces dons religieux qui servent vraiment la collectivité.

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  8. 12 décembre 2010 12 h 16 min

    @ cjulie

    «Je ne suis pas surprise du résultat.»

    Moi, je l’ai été ! Pourtant, je travaille dans un milieu qui scrute les données statistiques et je n’ai jamais entendu cette hypothèse ! Les plus populaires étaient la délégation à l’État providence, et la deuxième les dons sans reçus d’impôt.

    «Je me souviens avoir lu un truc similaire aux USA: les états les plus « généreux » sont les plus religieux…»

    Je n’ai pas fouillé pour trouver des sources similaires aux États-Unis. Mais, avec les résultats au Canada, il n’est surtout pas illigogique de penser que c’est la même chose aux États-Unis, avec encore plus d’ampleur, puisque la religion y est bien plus présente.

    «Reste à savoir la proportion de ces dons religieux qui servent vraiment la collectivité.»

    Je me suis aussi posé la question. C’est pourquoi j’ai précisé dans le billet que les organismes religieux «qui sont surtout actifs dans d’autres domaines ne sont pas considérés comme dans la catégorie des organismes religieux, mais dans celles de leurs activités principales (services sociaux, sports et loisirs, etc.)». Cela dit, il n’est pas exclus que les communautés religieuses organisent des activités charitables. De ce que j’en sais, cela se fait surtout par le prêt gratuit de locaux à des organismes de charité ou en collaboration avec eux (St-Vincent-de-Paul et autres_. Mais, je ne m’avancerai pas trop là-dessus, car je n’ai pas de données précises. Par contre, le maintien du patrimoine immobilier, le «salaire» du personnel religieux et les soins aux religieux âgés doit gruger drôlement les budgets des communautés religieuses.

    Par ailleurs, les subventions gouvernementales pour l’entretien et les réparations des immeubles religieux ne sont pas comprises dans les dons.

    J’ai cherché dans la base de données de l’ARC avec les mots «diocèse montréal» et ai obtenu 151 réponses, chaque fabrique étant inscrite indépendamment ! J’aime bien faire de la recherche, mais pas au point de compiler tous ces résultats !

    Dernier point : je viens de réaliser que l’argent reçu par les organismes, religieux et autres, qui se financent par des bingos n’est évidemment pas déductible de l’impôt. Est-ce aussi populaire ailleurs ? Par exemple, le CENTRE OZANAM DE LA SOCIETE DE ST-VINCENT DE PAUL INC. de Montréal a reçu 294 000 $ en «vente de produits et de services», mais seulement 157 $ en «dons pour lesquels l’organisme a délivré un reçu aux fins d’impôt» ! Comme je sais qu’ils vivent des bingos (j’ai bien connu le directeur de cet organisme), il est facile de conclure la nature des produits et services qu’ils vendent !

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  9. cjulie permalink
    12 décembre 2010 12 h 28 min

    Beaucoup de questions, et beaucoup de travail pour pouvoir y répondre ! Ça ferait un beau mémoire de maîtrise, non ?

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  10. 12 décembre 2010 12 h 56 min

    «Ça ferait un beau mémoire de maîtrise, non ?»

    En socio ? Je ne sais pas, cela dépendrait des profs !

    Mais, c’est vrai que le sujet est intéressant. Cela fait des années que plein de monde essaie d’interpréter ce phénomène, et que bien des gens ne font qu’avancer des hypothèses (en prétendant souvent que ce sont des faits) en fonction de leur idéologie. Un peu plus de lumière ne ferait pas de tort !

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  11. 13 décembre 2010 4 h 19 min

    Yep! du vrai travail, pour une fois. Dis-moi, Darwin, il t’a fallu combien de temps pour rassembler ces données et arriver à ces conclusions?

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  12. 13 décembre 2010 5 h 39 min

    @ Déréglé

    «il t’a fallu combien de temps»

    Une partie du travail date de quelques mois. Par la suite, je mettais de côté des articles quand j’en trouvais. Plus récemment, quelques heures…

    Mais, sérieusement, cette question me fatiguait depuis longtemps…

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  13. 13 décembre 2010 7 h 10 min

    Un petit article sur la charité dans Le Devoir ce matin :

    Les dons baissent – S’en va-t-on vers une crise de la charité ?
    http://www.ledevoir.com/societe/ethique-et-religion/312893/les-dons-baissent-s-en-va-t-on-vers-une-crise-de-la-charite

    Et si ce n’était pas un crise de charité, mais une crise de religion ? Malheureusement, il est impossible de le dire avec les données de Statcan provenant des déclarations de revenus…

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  14. Stephane.G permalink
    14 décembre 2010 0 h 57 min

    Juste dire…j’écrit pas souvent et avec tout ce travail je comprend que vous pondez pas un truc a chaque jour mais je vous lit toujours…la qualité de vos posts est superbe…Merci

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  15. 14 décembre 2010 6 h 52 min

    @ Stephane.G

    Ça ne fait pas mal du tout de lire ça ! 🙂

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  16. jack permalink
    17 décembre 2010 0 h 44 min

    @ Darwin:

    Encore une fois, tu m’épates. S’il y avait plus de gens comme toi…

    Comment fais-tu pour produire autant de textes bien documentés et qui déboulonnent des mythes auxquels personne (à ma connaissance) ne s’attaque?

    Je considère que des textes comme celui-ci (et bien d’autres de ta part) rendent vraiment service à la société. Je n’aurais pas d’objection à ce que tu obtiennes un statut d’oeuvre de bienfaisance, catégorie éducation et recherche.

    Et je contribuerais.

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  17. 17 décembre 2010 6 h 42 min

    @ Jack

    «Je n’aurais pas d’objection à ce que tu obtiennes un statut d’oeuvre de bienfaisance,»

    mdr !

    «Comment fais-tu pour produire autant de textes bien documentés et qui déboulonnent des mythes auxquels personne (à ma connaissance) ne s’attaque?»

    Je me pose des questions et cherche des réponses, c’est tout !

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  18. jack permalink
    19 décembre 2010 0 h 59 min

    @ Darwin:

    Je viens de faire quelques calculs qui semblent démontrer que tu es trop sévère envers toi-même…

    Tu dis: « Avant de trouver les données pertinentes, j’ai d’abord pensé que nous donnions peut-être moins aux fondations d’hôpitaux et d’université. » et un peu plus loin dans ton texte: « J’avais presque tout faux…  »

    Eh bien j’ai plutôt l’impression que tu ne t’étais pas trop trompé. Si mes calculs sont bons, un Canadien moyen donne 2,1 fois plus qu’un québécois pour la santé et 2,2 fois plus pour l’éducation. Tu avais donc pas mal raison…

    Tu mets l’accent sur la religion et tu as raison. Mais je souligne que les Canadiens donnent 4 fois plus que les Québécois pour la politique! Et 3,75 fois plus que les Québécois pour l’environnement! Et 3,3 fois plus pour le développement et logement! Cela relativise un peu la religion (3,1 fois plus).

    Du côté plus réjouissant: les Québécois sont presque aussi généreux que les Canadiens en ce qui concerne les arts et la culture (les Canadiens ne sont que 1,1 fois plus généreux), les sports et loisirs (1,2 fois plus généreux), les subventions et collectes de fonds (1,3 fois plus généreux) et les services sociaux (1,6 fois plus généreux).

    Attention: mes calculs sont faits à partir des données de http://www.donetbenevolat.ca/feuillets_2004 qui sont beaucoup plus précises pour la santé, la religion, les services sociaux, l’éducation, les subventions et collectes de fonds et le sports et loisirs que pour l’environnement, les arts et la culture, la politique et le développement et le logement.

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  19. 19 décembre 2010 3 h 44 min

    @ Jack

    «tu es trop sévère envers toi-même…»

    Tous vos calculs sont faits en proportion, pas en montants. Bien sûr que mon «j’avais presque tour faux» était exagéré (dans mon premier jet, je n’avais même pas mis le «presque» !). Je voulais mettre l’accent sur la religion, car c’est là où réside l’impact majeur. Et, il est vrai que jamais je n’y avais pensé. C’est dans ce sens que je me sentais dans l’erreur. Ne pas penser au facteur le plus important…

    Par ailleurs, à tout calculer en proportion, on perd l’importance relative de chaque élément. Si vous avez refait mes calculs, ce qui semble évident, vous avez constaté que l’exercice n’est pas facile. Les documents ne donnent que des pourcentages et le total ne donne pas 100 %….

    De fait, les Canadiens versent 3,1 (j’arrivais à 3,2…) plus pour la religion. La différence en montant est de plus de 100 $ (105, dans mes calculs), ce qui est énorme quand on constate que l’écart total est de 165 $ (340-175). L’écart pour la santé en % me donnait aussi 2,1, mais la différence en montant n’est que de 34 $. Bon, ce n’est pas négligeable, mais c’est trois fois moins… Pour l’éducation, nos chiffres ne concordent pas (j’ai utilisé «éducation et recherche»), mais les sommes en jeu sont beaucoup moindre : j’arrive à un impact de seulement 3 $, moins que pour l’environnement (près de 5 $). Les autres écarts fort en % sont vraiment minimes en $.

    «Attention: mes calculs sont faits à partir des données de http://www.donetbenevolat.ca/feuillets_2004»

    Les miens aussi, comme je l’ai indiqué dans le billet. J’ai aussi fait les calculs avec les données de 2000, pour m’assurer que les écarts de 2004 n’étaient pas spécifiques à cette année-là. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit de données d’enquêtes, sujettes à des erreurs d’échantillonnage…

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  20. jack permalink
    19 décembre 2010 9 h 34 min

    @ Darwin:

    Ce n’est pas aujourd’hui qu’on va s’obstiner… Tout ce que tu dis est vrai. Je ne fais qu’ajouter un complément d’information qui met en lumière certains détails que je trouvais pertinents. Par exemple, la contribution aux partis politiques: en dollars, ça ne change pas grand-chose mais je trouve intéressant de voir qu’au Québec seulement 2% des contribuables font des dons politiques pour un montant moyen de 58$ alors qu’au Canada c’est 6% des contribuables qui donnent en moyenne 78$. Ça ne fait que 3$ de différence par contribuable, mais c’est quand même une différence sociologique marquée.

    Même chose pour la santé: le contribuable québécois moyen donne 30$ mais le contribuable canadien donne 63$. La différence n’est que de 33$ mais c’est aussi plus du double.

    Tu dis: « Pour l’éducation, nos chiffres ne concordent pas… » Voici comment j’ai calculé: si 24% des contribuables québécois donnent en moyenne 30$, cela fait un don moyen de 24/100*30$=7,20$ alors qu’au Canada j’obtiens 22/100*73$=16,06$. La différence n’est que de 9$ mais encore une fois le Québécois moyen ne donne même pas la moitié de ce que donne le Canadien moyen. C’est en faisant 16,06/7,2 que j’obtiens le 2,2 que j’ai mentionné.

    Tiens… pour mettre un peu de controverse dans ce commentaire…

    La situation serait fort probablement pire si on ne considérait que les Québécois francophones. Comme tu le signales dans ton billet McGill reçoit beaucoup plus que les autres universités et je soupçonne que les autres institutions anglophones sont également choyées. S’il fallait qu’on les élimine du calcul les Québécois francophones apparaîtraient encore plus pingres. Si les francophones étaient aussi généreux que les anglophones nos universités seraient beaucoup mieux financées…

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  21. 19 décembre 2010 11 h 34 min

    «Si les francophones étaient aussi généreux que les anglophones nos universités seraient beaucoup mieux financées…»

    En autant que le gouvernement ne dimimue pas ses contributions proportionnellement comme il l’a fait quand il a doublé les droits de scolarité dans les années 1990…

    Et, fondamentalement, est-il pertinent d’assujettir le financement de notre réseau scolaire aux aléas de la charité ? Lorsque la Loi sur l’instruction publique a permis aux écoles primaires et secondaires de créer des fondations, ce sont les écoles en milieu favorisé qui en ont profité le plus !

    Rien d’étonnant de ce côté…

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  22. jack permalink
    19 décembre 2010 13 h 07 min

    D’accord avec toi.

    Et que dire des taxes scolaires… Plafonnées à 0,35$ par 100$ d’évaluation, on ramasse beaucoup plus d’argent dans une zone riche avec peu d’enfants que dans une zone pauvre avec un grand nombre d’enfants. Et quand une proportion non négligeable de ces enfants va au privé on encaisse les taxes scolaires sans avoir à supporter les frais associés aux enfants.

    Le financement actuel des écoles favorise les riches, il n’y a aucun doute à ce sujet.

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  23. 19 décembre 2010 13 h 15 min

    «Et que dire des taxes scolaires…»

    Elles sont en effet régressives. J’y reviendrai peut-être un jour…

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  24. 20 décembre 2010 21 h 18 min

    @ Jack

    «Par exemple, la contribution aux partis politiques: en dollars, ça ne change pas grand-chose mais je trouve intéressant de voir qu’au Québec seulement 2% des contribuables font des dons politiques pour un montant moyen de 58$ alors qu’au Canada c’est 6% des contribuables qui donnent en moyenne 78$.»

    Quand j’ai lu cette phrase, j’ai tiqué, mais n’ai pas réagi immédiatement. En fait, les contributions aux partis politiques ne sont pas considérés comme des dons de bienfaisance. D’une part, elle ne font pas partie de la même règle fiscale et ne donnent pas droit aux mêmes déductions. D’autre part, les partis politiques ne sont vraiment pas des organismes de bienfaisance, aussi laxiste soit la définition de «bienfaisance» !

    À la page 66 de http://www.donetbenevolat.ca/files/giving/fr/ecdbp_rapport_2004_fr.pdf , on peut lire :

    «Droit, défense des intérêts et politique : Cette catégorie regroupe des organismes et des groupes qui oeuvrent pour la protection et la promotion des droits de la personne et des autres droits, qui défendent les intérêts sociaux et politiques de la population en général ou de groupes particuliers, qui offrent des services juridiques et qui servent à promouvoir la sécurité du public. Elle comprend trois sous-groupes : 1) associations civiques et organismes de défense; 2) services juridiques; et 3)
    organismes politiques.»

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  25. Stephane.G permalink
    21 décembre 2010 17 h 20 min

    Trop drole ses conclusions a ce crétin

    http://descoteaux.argent.canoe.ca/general/le-quebec-a-la-fois-chiche-et-queteux/

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  26. 21 décembre 2010 18 h 08 min

    @ Stephane.G

    «Trop drole ses conclusions a ce crétin»

    Ces gens n’ont pas besoin de se poser des questions, de chercher des réponses, ils les ont déjà dans leur petit livre de parfait droitiste… Que les faits montrent une réalité tout à fait différente n’a aucune importance pour eux !

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  27. koval permalink*
    21 décembre 2010 19 h 34 min

    Tu comprends ce qu’il raconte ce ptit?!?!

    http://lesanalystes.wordpress.com/2010/12/20/le-monopole-de-la-compassion/#comment-5732

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  28. 21 décembre 2010 21 h 46 min

    «Tu comprends ce qu’il raconte ce ptit?!?!»

    Je viens de lui répondre. Mais, il est vrai que ces calculs ne sont pas du gâteau, d’autant plus qu’il y a une erreur dans ce feuillet.

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