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L’économie féministe

28 décembre 2011

Ce billet repose essentiellement sur un texte de Sylvie Morel, professeure au département des relations industrielles de l’Université Laval, diffusé au début décembre sur le site Économie autrement. Ce texte, intitulé L’économie féministe : quelques éléments de présentation, vise à «délimiter très généralement le champ de l’économie féministe, en présentant quelques unes des raisons qui en expliquent la grande complexité».

Un champ difficile à délimiter

La première difficulté pour délimiter le champ de l’économie féministe est de la «distinguer de l’approche de genre en économie», plus spécifique. Mme Morel définit ainsi l’économie féministe :

«l’économie féministe est le champ de la théorie économique qui porte sur la situation différenciée des femmes par rapport aux hommes dans l’économie, situation marquée par des inégalités s’exerçant au détriment de ces dernières.»

Il ne s’agit pas ici seulement de décrire ces inégalités, mais aussi de les combattre. En effet :

«l’économie féministe doit traiter la question du changement requis pour parvenir à l’autonomisation économique des femmes et se poser la question de savoir quelles sont les implications de l’émancipation des femmes, en quoi doit consister une économie fondée sur les droits humains des femmes et ce qu’il faut faire pour matérialiser un tel changement »

Conséquence de cet objectif ambitieux, l’économie féministe porte tout autant sur l’analyse des inégalités entre les hommes et les femmes que sur celle des institutions qui permettent de les atténuer, voire de les combattre, institutions telles les services publics qui bénéficient souvent davantage aux femmes.

Autre difficulté pour délimiter son champ, l’économie féministe touche à plusieurs autres domaines de spécialisation de l’économie : développement, travail, finance publiques, santé, etc., les femmes ayant un rapport différent de celui des hommes dans ces domaines et dans bien d’autres. En outre, cette délimitation ne permet pas de situer l’économie féministe dans une orientation précise de la théorie économique, pouvant aussi bien être associée au courant néo-classique qu’à un des nombreux courants dits hétérodoxes (keynésianisme, institutionnalisme, marxisme, etc.).

En plus, l’économie féminisme aborde d’autres disciplines que l’économie, notamment le droit et la philosophie. Pensons par exemple «à Mary Wollstonecraft qui, au 18e siècle, affirmait contre J.-J. Rousseau, que les femmes devaient se voir accorder les mêmes droits et libertés que les hommes». D’autres féministes remettent en question «la neutralité et l’objectivité de la théorie et de la démarche de connaissance».

L’économie féministe se contentait au début, ce qui est déjà beaucoup, de pointer les omissions de la théorie économique dominante, comme le fait de ne pas tenir compte de l’offre de travail des femmes. Je rappelle par exemple que, jusqu’en 1955, les femmes qui occupaient des postes permanents à la fonction publique fédérale devaient démissionner si elles se mariaient. Leur offre de travail n’était donc pas considérée sur le même pied que celle des hommes. Elle a par la suite «œuvré à faire reconnaître les «préoccupations négligées» qui avaient trait aux réalités vécues particulièrement par les femmes, montrant ainsi le caractère inadéquat de nombreuses analyses économiques existantes» : inégalités salariales, ségrégation professionnelle (comme indiqué dans un de mes précédents billetsplus de 50 % des femmes travaillaient en 2006 dans seulement 23 des 520 professions et que cela en prenait 48 pour atteindre la barre de 50 % chez les hommes.»), discrimination systémique, etc.

Même si l’économie féministe peut se manifester dans tous les courants économiques, elle est par nature beaucoup plus présente dans les courants hétérodoxes, la base de l’économie orthodoxe écartant plusieurs éléments d’intérêt pour l’économie féministe.

Une économie féministe surtout hétérodoxe

L’économie orthodoxe évacue en effet de son champ d’analyse maints sujets qui intéressent l’économie féministe, comme la construction sociale des différences entre les sexes, les conflits sociaux, la division du travail et les rapports de pouvoir et de domination. Elle ne tient pas compte de «la lente accession des femmes à l’égalité des droits avec les hommes, entreprise encore largement inachevée». Comme souvent, les théories sont lentes à capter les changements sociétaux, quand elles daignent même en tenir compte. Quant à les intégrer… L’économie orthodoxe, de par sa prétention à l’exactitude, est beaucoup plus inflexible à cet égard qu’une économie hétérodoxe qui vise justement à mieux refléter la réalité. Pourtant, «en oubliant les femmes, ce n’est pas seulement de l’information que l’on perd, c’est de la connaissance que l’on déforme».

Au bout du compte, tenir compte des différences entre les hommes et les femmes, «en repensant les catégories et les schémas d’analyse, entraîne un renouvellement des approches, des problématiques et des concepts». De façon plus directe, l’économie féministe rejette au moins trois aspects de l’économie orthodoxe :

«sa tendance à glorifier la satisfaction de l’intérêt égoïste, (…) son refus de reconnaître la valeur économique du travail domestique, par exemple le fait d’élever des enfants, et son incapacité de s’intéresser aux identités et aux actions collectives fondées sur le sexe ou sur la nation, la race, la classe».

Ce rejet affronte directement les postulats de base de l’économie orthodoxe, dont celui du comportement de l’homo œconomicus. Son comportement est une fiction qui ne correspond d’ailleurs pas plus à celui de l’homme qu’à celui de la femme.

«Les féministes soulèvent des questions non pas parce que l’économie est trop objective mais parce qu’elle ne l’est pas assez. Trop d’hypothèses et d’idéaux méthodologiques ont été exemptés d’un examen critique parce que les communautés existantes des économistes les ont perçus comme universels et impartiaux.»

L’inclusion du travail domestique aux concepts du travail et de la production est un autre apport de l’économie féministe qui affronte directement les bases de l’économie orthodoxe. Il conteste directement le concept de «division sexuelle du travail», d’où découle les notions de hiérarchie et de séparation dans le travail et la production des hommes et des femmes. Il détruit l’«assignation sociale des hommes à la sphère officiellement «productive», où s’accomplit le travail formellement reconnu et rémunéré à travers l’emploi, et celle des femmes à la sphère re-productive de la famille, la sphère informelle «privée», où s’exécute le travail non payé, non rémunéré et non reconnu.»

«Le concept de division sexuelle du travail est aussi associé à celui de «patriarcat», défini comme étant le mode d’oppression des femmes qui fait système. Le marché du travail n’est pas purement capitaliste, il est aussi patriarcal et, réciproquement, le patriarcat, en tant que structure économique, n’a pas qu’une localisation – la famille – mais deux : la famille et le marché du travail.»

Conclusion de l’auteure

Sylvie Morel déplore le peu de place accordée à l’économie féministe tant dans l’enseignement et la recherche que sur la place publique. Elle représente pourtant une source importante pour faire progresser la connaissance et apporter des diagnostics et des solutions différentes aux problèmes économiques contemporains.

«l’économie féministe (…) peut être mobilisée pour consolider, d’un point de vue théorique, des politiques publiques progressistes touchant toutes les questions de l’heure, qu’il s’agisse d’écologie, d’insécurité économique (inégalités, chômage, précarité, pauvreté) ou, plus largement, de droits humains. Les politiques assurant la réalisation des missions collectives de l’État, dont celle de service public, et favorisant la démocratisation des pratiques économiques, entrent dans ce cadre.»

Et alors…

Ce rapide survol de ce courant économique peu connu a permis de constater la pertinence de tenir compte des différences de comportements entre les hommes et les femmes et surtout de la réalité différente qu’elles et ils vivent dans l’économie actuelle. Je vous invite bien sûr à lire ce texte en entier. En effet, pour pouvoir le synthétiser ici, j’ai dû omettre certains passages pourtant importants, entre autres sur le lien entre l’économie féministe et l’institutionnalisme des origines, courant économique dont fait partie l’auteur. Pour les intéressés, j’ai déjà publié un billet sur ce courant très intéressant.

Sylvie Morel a présenté ce document comme une entrée en matière d’une rubrique consacrée à l’économie féministe sur le site Économie autrement. Je suivrai avec attention les autres textes qui y seront publiés sur ce sujet et en ferai part ici.

À suivre, donc…

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50 commentaires leave one →
  1. 28 décembre 2011 21 h 50 min

    Ah! Ça c’est vraiment drôle parce que j’ai bien failli écrire sur cet article de Sylvie Morel à mon avant dernier billet. Je l’ai donc déjà lu.

    Au contraire de toi, je ne suis pas charmée du tout. Je ne vois pas vraiment la pertinence de fonder une nouvelle discipline qui se nomme « économie féministe ». J’ai bien du mal avec ce courant universitaire d' »approche féministe » . Il me semble que c’est plus du militantisme qu’autre chose.

    Je verrais d’un meilleur oeil qu’on fasse des thèses sur l’apport des femmes et du féminisme dans l’économie,

    Si t’es pas féministe, tu crois que tu peux enseigner l’économie féministe? Faut quoi dans son CV pour enseigner l’économie féministe?

    J’aime pas, je considère que c’est un glissement étrange…

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  2. 28 décembre 2011 22 h 16 min

    «Il me semble que c’est plus du militantisme qu’autre chose.»

    Sûrement. Cela regroupe diverses études sous ce thème. Mais, au delà du terme utilisé, je trouve des éléments d’analyse intéressants.

    Il est tout à fait vrai que le milieu de la théorie économique est rigide à tout apport différent. Je me souviens la première fois que j’ai entendu parler d’inclure le travail domestique dans le cadre de l’économie. Tous les vieux économistes rigolaient dans leur barbe, méprisants.

    Cela dit, Sylvie Morel a aussi écrit d’excellents textes sur l’institutionnalisme. C’est vraiment son premier champ d’intérêt. J’ai aussi trouvé intéressant le lien qu’elle fait entre les deux. Elle relativise aussi, par exemple lorsqu’elle cite une autre auteure qui dit que l’économie classique glorifie «la satisfaction de l’intérêt égoïste, notamment chez les hommes», elle s’empresse de préciser que le comportement de l’homo oeconomicus ne correspond pas pas plus aux hommes (moi, j’ai enlevé le «notamment chez les hommes» et l’ai remplacé par trois petits points!).

    En plus, je viens de lire une étude sur les différences de salaires chez les récents diplômés. Je n’en ferais pas un billet parce que l’étude est incomplète, mais les différences qu’on y trouve sont plus que troublantes, plus de la moitié de ces écarts demeurant inexpliqués par les facteurs analysés par les auteurs. Il ne reste que la discrimination pure et simple (ou, bien sûr, d’autres facteurs non considérées, mais il n’en restait pas diable!). Bref, oui, il est intéressant d’analyser les fondements de ces différences et de chercher à les combattre, pas seulement sur le terrain (ce qui est essentiel), mais aussi sur le plan théorique.

    Cela dit, on verra (expression caquiste) ce qui en résultera…

    «Si t’es pas féministe, tu crois que tu peux enseigner l’économie féministe?»

    Je ne connais pas d’économistes hétérodoxes qui enseignent l’économie orthodoxe et vice-versa!

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  3. 28 décembre 2011 22 h 46 min

    «Je ne connais pas d’économistes hétérodoxes qui enseignent l’économie orthodoxe et vice-versa!»

    Je voudrais ajouter que certains sont aussi militants! Je pense entre autres à Claude Montmarquette, assez connu et à d’autres moins connus.

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  4. 28 décembre 2011 23 h 07 min

    Je sais bien que les individus sont militants souvent…mais là, c’est le domaine au complet qui est ouvertement du militantisme….

    Je n’accepte pas que l’Université joue ce rôle!

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  5. 28 décembre 2011 23 h 55 min

    Je t’assure, je ne blague pas, les orthodoxes croient à des choses incroyables, comme l’homo oeconomicus, la concurrence parfaite et ses cinq conditions hallucinantes (https://jeanneemard.wordpress.com/2010/06/26/le-libre-marche-2/ ), et ils enseignent dans toutes les universités du monde occidental! Certaines universités ne mentionnent même pas Keynes… Charrier, je parlerais d’une secte.

    Cela dit, je ne suis pas en complet désaccord avec toi, sur la question du militantisme. Mais, durant toutes mes études, jamais on n’a seulement mentionné la possibilité que les femmes vivent l’économie autrement, qu’il y avait de la discrimination, ni sexuée, ni raciale. Je serais plus en accord que l’économie féministe soit intégrée à la formation que d’en faire un domaine séparé.

    Voici par exemple une citation de Gary Becker, un prof d’université de l’École de Chicago, récipiendaire du «Nobel» d’économie, sur l’impossibilité que la discrimination (pas uniquement raciale) existe (cité dans mon billet sur Stiglitz):

    « (…) dans la théorie néoclassique, la discrimination n’existe pas. L’argumentation [de Gary Becker] est simple : s’il y avait discrimination et que certaines entreprises dans la société ne la pratiquaient pas, elles allaient embaucher les membres du groupe de victimes de la discrimination, puisque leurs salaires seraient inférieurs. Ce mécanisme ferait remonter leurs salaires jusqu’à effacer toute différence entre groupes ethniques.»

    Bref, les salaires plus bas des femmes ne sont qu’une erreur de la réalité! Et j’insiste, c’est un gars qui enseigne à l’université, ça! Alors, un petit cours d’économie féministe au bacc, je trouverais ça pas si mal…

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  6. jack permalink
    29 décembre 2011 0 h 14 min

    « On peut cependant offrir une définition très générale de l’économie féministe afin de donner une première idée de sa signification : l’économie féministe est le champ de la théorie économique qui porte sur la situation différenciée des femmes par rapport aux hommes dans l’économie, situation marquée par des inégalités s’exerçant au détriment de ces dernières.  »

    Au moins ça a le mérite d’être clair. Par définition du champ d’étude les situations où les femmes pourraient être avantagées sont exclues. On sait à quoi s’attendre.

    De plus on comprend que c’est une branche de l’économie. Ce n’est pas de la politique, de la sociologie, de la philosophie; c’est le champ de la théorie économique qui porte sur la situation différenciée des femmes.

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  7. 29 décembre 2011 0 h 21 min

    @ Jack

    «Par définition du champ d’étude les situations où les femmes pourraient être avantagées sont exclues»

    Rien ne vous empêche d’en citer… Selon mes observations, il n’y en a pas beaucoup, s’il y en a ! Bref, je ne crois pas que ça exclut grand chose!

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  8. 29 décembre 2011 8 h 36 min

    Bien sûr que s’il ne s’agit que d’un aspect de l’économie, je n’ai aucun problème avec ça. Il y a certainement des thèses intéressantes à produire sur la participation/non-participation des femmes dans l’économie.

    Je vais dans le même sens que toi quand tu dis ceci:

    « Je serais plus en accord que l’économie féministe soit intégrée à la formation que d’en faire un domaine séparé. »

    En fait, l’approche féministe, l’approche marxiste, l’école de Chicago et celle d’Autriche, entres autres, sont tous des angles d’approche qu’un bon économiste devrait connaître après avoir reçu sa formation générale.

    Une formation en économie féministe seulement serait une catastrophe, autant qu’un philosophe qui n’a lu que St-Augustin, autant qu’un psychologue qui ne miserait que sur Freud.

    Tous cela existe, malheureusement, et pour moi, on n’est plus digne d’être universitaire quand on est rendu là!

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  9. 29 décembre 2011 8 h 45 min

    En fait, pour décrire encore plus le fond de ma pensée sur ce sujet, je te dirais que je crains que ces « nouvelles sciences » ne nous apportent pas grand chose.

    Il existe aussi la « philosophie féministe ».

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Philosophie_f%C3%A9ministe

    Je veux bien être féministe moi, mais dédoubler toutes les formations parce que l’angle féministe n’a pas assez été pris en compte dans le passé à cause du patriarcat, c’est une chose qui me rend mal à l’aise.

    Du lien Wiki

    « La philosophie féministe est un courant philosophique, en dialogue avec la littérature et la sociologie, né au XXe siècle, qui cherche à repenser la notion de féminité dans ses rapports avec les concepts classiques que sont l’existence, le genre sexuel, l’amour, le langage ou encore l’inconscient. La philosophie féministe est également une philosophie politique engagée qui critique avec virulence le patriarcat et la domination masculine sous toutes ses formes.

    L’une des fondatrices de la philosophie féministe est Simone de Beauvoir, qui appartient au courant existentialiste. La philosophie féministe atteint son apogée avec la French Theory des années 70 : ses principaux représentants sont, en France, Jacques Lacan, Michel Foucault, Gilles Deleuze (théoricien du devenir-femme), Jacques Derrida (critique du phallogocentrisme), Luce Irigaray, Hélène Cixous, Monique Wittig et Julia Kristeva ; aux États-Unis, Judith Butler et Avital Ronell. On peut citer aussi comme philosophe féministe la juriste Catharine MacKinnon, qui n’appartient cependant pas au courant de la French Theory. »

    Je me demande qui est derrière l’origine de l’approche féministe. Je crains bien que ça soit des clowns. Deleuze, Lacan, Deleuze et Dérrida sont pour moi des comiques qui ont influencé beaucoup trop le post moderniste en science humaine, je les trouve fous, je vais le dire, même au risque de m’attirer un commentateur admirateur de ces caves.

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  10. 29 décembre 2011 9 h 30 min

    «Une formation en économie féministe seulement serait une catastrophe»

    Je ne pense vraiment pas que ce soit l’intention de Sylvie Morel. Dans son texte elle semble plus y voir un complément. Comme elle le dit, certaines économistes féministes, sont ortodoxes, d’autres non.

    «En fait, l’approche féministe, l’approche marxiste, l’école de Chicago et celle d’Autriche, entres autres, sont tous des angles d’approche qu’un bon économiste devrait connaître après avoir reçu sa formation générale.»

    J’ajouterais le keynésianisme et l’institutionnalisme, et pourquoi pas un survol du mercantilisme et d’autres courants que je ne connais même pas (Sylvie Morel parle dans son texte des théories de la régulation, de l’économie écologique, de l’école des conventions, que je ne connais pas vraiment). En fait, ce qui m’a le plus manqué, c’est un cours d’histoire de la pensée économique…

    « je les trouve fous, je vais le dire, même au risque de m’attirer un commentateur admirateur de ces caves.»

    Dans un commentaire, le risque est moins grand que dans un billet, et dans un billet, il est moins grand s’il n’est pas dans le titre! Ne te gêne pas si ça te tente, ça complèterait le sujet!

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  11. jack permalink
    29 décembre 2011 10 h 01 min

    La question n’est pas de savoir si je suis capable d’en citer ou même de savoir s’il en existe. La question est de savoir s’il faut en exclure la possibilité avant même de commencer à étudier la question. Pour moi cela relève davantage de la propagande que de la science.

    Mais je vais commencer tout de même. Si je ne me trompe pas le chômage chez les femmes est inférieur au chômage chez les hommes depuis au moins 20 ans. Cette information doit-elle être exclue de l’économie féministe puisqu’elle montre que les femmes sont avantagées?

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  12. 29 décembre 2011 10 h 15 min

    Je ne crois pas qu’il puisse exister – et que l’on doive enseigner,a fortiori, une économie féministe. Ou de la biophysique moléculaire féministe…

    Mais les droits de la femme existent, en revanche… ce qui démontre à quel point le droit est une discipline d’avant-garde! 😉

    Mais en économie, il existe un vieux boy’s club; réunis dans un « club » privé interdit aux femmes, les gars brassaient des affaires entre eux, tout en réglant quelques questions politiques (St-Denis, Mt.Stephen, St.James, etc). Ah, il y a bien, de nos jours, des associations de femmes d’affaires, vouées au réseautage entre femmes, comme les boy’s clubs faisaient du réseautage entre hommes.

    Une partie du « retard » accumulé des femmes (en matière politico-socio-économique) tient sans doute à l’existence de ces clubs fermés. Fermés, au propre comme au figuré, d’ailleurs, et réservés z’au zélites de bonne famille, le plus souvent zopposées à l’émergence du sexe dit faible: femmes, à vos chaudrons, qu’ils disaient!

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  13. 29 décembre 2011 10 h 20 min

    « Je ne pense vraiment pas que ce soit l’intention de Sylvie Morel »

    Darwin

    Moi je ne sais pas, la destination ainsi que l’origine m’échappent dans le papier de Morel.

    Qui sont les pionniers, qui sont à la base de ce nouveau concept qu’est l’économie féministe? J’aurais aimé voir les auteurs. Peut-être que cela s’inscrit dans la mode « approche féministe ».
    Morel n’explique pas non plus ce qu’elle attend de ce nouveau concept; Un certificat? Un bacc? Une maîtrise? Une concentration? Quelques cours?

    Voilà un exemple de programme orienté « féministe! ».

    http://www.politique.uqam.ca/programmes/maitrise/concentrations/414-concentration-en-etudes-feministes.html

    Pour moi, ça va trop loin!

    J’ai très très peur de voir arriver les « mathématiques féministes »….

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  14. 29 décembre 2011 11 h 08 min

    @ Jack

    «Si je ne me trompe pas le chômage chez les femmes est inférieur au chômage chez les hommes depuis au moins 20 ans.»

    Depuis 1991, précisément. Mais, comme il est associé à un taux d’inactivité plus élevé, il apporte moins d’avantages. Par exemple, le taux R8 (282-0086 Chômeurs plus les chercheurs découragés, le groupe en attente et les travailleurs à temps partiel involontaire) n’est plus bas pour les femmes que depuis 2007. Mais, c’est vrai qu’il faut garder l’esprit ouvert et qu’il ne faut pas eclure de données favorables aux femmes. Mais il faut aussi mettre en perspectives ces données avantageuses (comme les désavantageuses).

    @ Papitibi

    «Je ne crois pas qu’il puisse exister – et que l’on doive enseigner,a fortiori, une économie féministe. Ou de la biophysique moléculaire féministe…»

    Moi, je conteste la comparaison entre une science pure et une science sociale. Les molécules réagissent toujours de la même façon, dans des conditions semblables. Pas les êtres humains. Et, il y a des différences observables entre les femmes et les hommes. Attention, on ne doit pas appliquer ces différences à chaque homme et à chaque femme, mais observer les différences systémiques et en tenir compte.

    «Mais en économie, il existe un vieux boy’s club»

    Je crois que vous confondez l’économie avec la finance. Cela dit, les emplois dans la finance sont un exemple du «plafond de verre» que vivent bien des femmes. S’il ne s’appliquait qu’au secteur de la finance, on pourrait le prendre pour un cas isolé, mais ce n’est pas le cas.

    Une récente étude montre que les écarts de salaires horaires entre les diplômés des mêmes programmes sont beaucoup plus élevés chez les diplômés qui gagnent le plus (derniers déciles des hommes et des femmes) que dans les premiers déciles, et ce, 2 ans et 5 ans après l’obtention du diplôme. C’est donc systémique que les meilleurs salaires sient réservés aux hommes. Pourquoi? Là, les avis divergent…

    @ Koval

    «Qui sont les pionniers, qui sont à la base de ce nouveau concept qu’est l’économie féministe?»

    Elle en nomme un bon nombre dans son texte et laisse une bibliographie sur ces auteures à la fin du texte.

    «J’ai très très peur de voir arriver les “mathématiques féministes”….»

    Même réponse qu’à Papitibi sur la biophysique moléculaire féministe…

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  15. 29 décembre 2011 11 h 22 min

    Darwin

    J’ai lu très en diagonale cette référence de Morel, il s’agit de lutte militante….

    On peut lire

    « Renforcer les liens entre les universitaires et les militantes féministes »

    Si un jour je lisais un truc universitaire qui parlerait de renforcer les liens entre les universitaires et une idéologie libertarienne ou néolibéralisme, je lutterais contre cette idée….

    Je lutterai aussi contre l’idée de faire un dogme, un domaine d’étude, des approches féministes et/ou marxiste.

    http://www.awid.org/fre/Actualites-et-Analyses/Dossier-du-Vendredi/Jeter-des-ponts-pour-transformer-le-pouvoir-economique

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  16. 29 décembre 2011 11 h 48 min

    @ Koval

    «Je lutterai aussi contre l’idée de faire un dogme des approches féministes et/ou marxiste.»

    Je ne trouve pas que de créer des ponts entre les mouvements féministes et des universitaires de l’économie féministe a pour but d’en faire un dogme. Donner une base théorique aux revendications de ces groupes me semble sain, tout dépendant comment cela est fait, bien sûr. S’il y a quelque chose, le texte que tu as mis en lien me rassure.

    «Dans l’environnement actuel des crises systémiques qui sévissent à l’échelle mondiale, les défenseurs, les organisations et les mouvements de promotion des droits des femmes s’efforcent de trouver des options possibles au modèle économique néolibéral dont l’effet est si néfaste sur la vie de millions de personnes, et en particulier sur celle des femmes.»

    Le «en particulier» ne me semble pas exclusif, bien au contraire.

    «Le travail de type académique sert souvent de base aux arguments des militantes dans les enceintes politiques et au sein des instances spontanées des mouvements sociaux. De même, les militantes peuvent constituer une source très riche d’informations actualisées et pertinentes pour les universitaires dans la réalisation de leurs recherches.»

    Cela me semble aussi bien correct, pas dogmatique du tout. D’un côté les universitaires apportent leur connaissance de l’économie, de l’autre, les militantes fournissent des pistes pour la recherche (seul bémol, j’espère que les universitaires valident les «informations actualisées et pertinentes » avec des données fiables).

    «De nombreuses participantes, y compris plusieurs universitaires, ont considéré que le concept d’économie féministe est relativement flou. D’autres ont affirmé que le concept d’économie féministe est encore en construction et que le caractère transformateur de l’action féministe est un élément clé de sa définition.»

    Elles font au moins un minimum d’autocritique.

    Bref, oui, il faut s’interroger, mais ces liens me semblent sains.

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  17. 29 décembre 2011 12 h 37 min

    On assiste à un clivage de toutes les formations en science humaine selon qu’on soit féministe ou pas, il y a l’économie féministe, la philosophie féministe l’histoire féministe etc….

    Pourquoi ne pas faire d’autres clivages politiques idéologiques!?!

    Pourquoi ne pas observer toutes la science humaine sous la lorgnette d’Ayn Rand (angle libertarien) comme on a fait avec l’approche Marxiste, ensuite, on utilisera l’angle nationaliste, parce qu’on a été opprimés aussi comme Québécois par les Anglos et puis l’angle homosexuelle aussi….

    Cela devient, à mon avis du relativisme postmoderne que je combats, dans mon monde idéal, j’évacuerais l’Université de ces impostures.

    Cela s’approche du domaine du relativisme et du solipsisme. Tout est dans le regard (ou l’idéologie) de celui qui observe et la vérité n’existe pas…

    Je retiens les leçons et mise en garde de Sokal et Bricmont à ce sujet. Leur point de vue sur le sujet est très intéressant, les liens entre la gauche les lumières et l’université post moderne forment une bonne critique de ces nouveaux courants:

    http://claude.rochet.pagesperso-orange.fr/philo/relativ.html

    Sokal avait publié ce texte frauduleux qui fut encensé et qui concluait à peu près ceci au sujet des sciences post moderne:

    « tout ceci n’est qu’une première étape: le but fondamental de tout mouvement émancipatoire doit être de démystifier et de démocratiser la production de la connaissance scientifique … cette tâche doit commencer avec la jeune génération, à travers une profonde réforme du système éducatif. L’enseignement de la science et des mathématiques doit être purgé de ses caractéristiques autoritaires et élitistes et le contenu de ces sujets doit être enrichi par l’incorporation des aperçus dus aux critiques féministes, homosexuelles, multiculturelles et écologiques. »

    Tu sembles penser que les sciences sont à l’abri de ces courants nouveaux, mais non, il y a des fous prêts à franchir ce qui te sembles des limites claires. Qu’est-ce qui empêche ces mouvement de vouloir investir d’autres facultés après tout?, Les maths, c’est patriarcale aussi, dans le sens que la contribution des femmes fut assez limitée. On pourrait virer Popper aussi, il était assez réactionnaire…

    L’Université doit être au dessus du lobbyisme politique, je ne veux rien savoir, tu ne pourras pas me convaincre… 🙂

    Je me souviens aussi d’avoir déjà parlé de l’approche féministe avec toi et Déréglé.J’avais lu une discussion/débat sur cette approche et on se demandait quel critère d’objectivité utiliser pour les recherches utilisant de telles approches….Certaines répliquaient que tout ce qui visait à l’amélioration de la condition des femmes était la marche à suivre…bonjour l’objectivité….

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  18. Benton permalink
    29 décembre 2011 12 h 44 min

    La réalité ne peut avoir « d’erreur », il en va autrement pour les analyses, plus particulièrement celle de Gary Becker. J’aimerais bien qu’il m’explique pourquoi le mécanisme des salaires ne fonctionnent pas!

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  19. Benton permalink
    29 décembre 2011 12 h 47 min

    Selon moi, la question n’est pas « l’économie a-t-elle un sexe ? » mais « l’économie doit-elle avoir un sexe ? »

    Pour le reste, Il me revient en tête cette déclaration de Stephen Jarislowsky:

    «Parce qu’elles élèvent des enfants, c’est beaucoup plus difficile (de devenir de bonnes administratrices): elles n’ont pas vécu toute leur vie dans cette sorte de culture, elles viennent de l’extérieur, a-t-il lancé. (…) Il y a quelque chose qui manque, c’est cette compétence industrielle. Il faut connaître la concurrence, il faut connaître la culture, il faut connaître toutes sortes de choses économiques, les finances.»

    Il se prononçait sur la place des femmes sur les conseils d’administrations….

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  20. 29 décembre 2011 13 h 09 min

    L’extrait que tu cites Benton suit les propos sexistes suivants:

    «Vous allez me trouver terriblement sexiste, mais je suis très opposé à (cette) idée du gouvernement», a lancé le fondateur de la firme de placements Jarislowsky Fraser au cours d’une allocution prononcée devant le Cercle de la finance internationale de Montréal.

    « Dans la mesure où ces femmes n’ont pas la compétence ou l’expérience, je ne pense pas qu’elles servent à grand-chose dans un conseil d’administration, hormis que d’un point de vue politique, c’est acceptable et que ça peut faire gagner quelques votes, a-t-il ajouté. Mais je ne pense pas que des votes et de bonnes politiques soient la même chose. »

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  21. 29 décembre 2011 13 h 22 min

    @ Benton

    «J’aimerais bien qu’il m’explique pourquoi le mécanisme des salaires ne fonctionnent pas!»

    Parce que la réalité a tort! Comme l’a d’ailleurs déjà dit George Stigler, un autre «Nobel» de l’École de Chicago!

    «Selon moi, la question n’est pas “l’économie a-t-elle un sexe ?” mais “l’économie doit-elle avoir un sexe ?”»

    L’économie féministe, telle que le la comprends, ne dit pas que l’économie a un sexe, mais qu’elle a des fondements qui en ignore un et que ses conséquences sont inégales sur les deux sexes.

    «Il me revient en tête cette déclaration de Stephen Jarislowsky:»

    Disons qu’il s’est fait taper les doigts avec raison après cette sortie qui illustre bien le biais patriarcal de son domaine.

    @ Koval

    «On assiste à un clivage de toutes les formations en science humaine selon qu’on soit féministe ou pas, il y a l’économie féministe, la philosophie féministe l’histoire féministe etc….»

    Là au moins on reste dans le domaine des sciences humaines!

    «Cela devient, à mon avis du relativisme postmoderne que je combats, dans mon monde idéal, j’évacuerais l’Université de ces impostures.»

    Moi aussi, mais je ne vois absolument pas de lien entre les objectifs de l’économie féministe (telle que présentée dans le texte de Morel et celui que tu as mis en lien) et le postmodernisme, bien au contraire. Comme le dit Sylvie Morel (cité dans le billet :

    «Les féministes soulèvent des questions non pas parce que l’économie est trop objective mais parce qu’elle ne l’est pas assez. Trop d’hypothèses et d’idéaux méthodologiques ont été exemptés d’un examen critique parce que les communautés existantes des économistes les ont perçus comme universels et impartiaux.»

    On peut douter de ce courant, mais il vise (ou prétend viser) à apporter plus d’objectivité à la théorie économique, à l’appuyer sur des faits réels, pas sur des modèles hypothétiques qui n’existent pas (comme la théorie classique que nous devrions combattre bien plus que l’économie féminisme!). Elle ne dit pas non plus que toutes les opinions se valent, ni que la réalité n’existe pas, bien au contraire!

    Il est certain qu’un tel mouvement peut déraper. Si c’est le cas, n’aies crainte, je vais prendre mes distances rapidement! Mais, tel qu’elle est présentée dans ce texte, je ne peux que trouver cette approche intéressante.

    «Tu sembles penser que les sciences sont à l’abri de ces courants nouveaux, »

    Pas du tout! Nous avons eu suffisamment d’échanges sur ces questions pour savoir que nous sommes sur la même longueur d’ondes par rapport au postmodernisme!

    «Certaines répliquaient que tout ce qui visait à l’amélioration de la condition des femmes était la marche à suivre…bonjour l’objectivité….»

    Je n’ai rien vu de tel dans ce texte, ni dans celui que tu as mis en lien. Au contraire, elles veulent appuyer les militantes pour que leur revendications soient appuyées sur une base solide (comme j’aimerais que ce soit toujours le cas dans les positions de QS!). Je suis d’accord pour rester circonspect et prudent, mais cela ne m’empêche pas de trouver ce texte, tel qu’écrit intéressant.

    «L’Université doit être au dessus du lobbyisme politique, je ne veux rien savoir, tu ne pourras pas me convaincre…»

    D’une part, je ne vois pas l’économie féministe comme un lobby, mais une façon de s’assurer qu’on tienne compte de la réalité des femmes dans la théorie économique. D’autre part, comme tu le sais, l’université est bien plus envahie par le lobby de l’idéologie néolibérale que par tout autre lobby!

    http://www.luxediteur.com/content/universite-inc
    http://www.renaud-bray.com/Livres_Produit.aspx?id=1215059&def=Je+ne+suis+pas+une+PME%2CBAILLARGEON%2C+NORMAND%2C9782923338453

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  22. 29 décembre 2011 13 h 26 min

    @ Koval

    «L’extrait que tu cites Benton suit les propos sexistes suivants:»

    Merci, ma mémoire se rappelait en effet quelque chose de pire que l’extrait mis par Benton.

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  23. 29 décembre 2011 13 h 53 min

    « Les féministes soulèvent des questions non pas parce que l’économie est trop objective mais parce qu’elle ne l’est pas assez. Trop d’hypothèses et d’idéaux méthodologiques ont été exemptés d’un examen critique parce que les communautés existantes des économistes les ont perçus comme universels et impartiaux »

    En réalité, il n’y a pas que les féministes qui pensent ainsi. Bien des économistes font le même constat, ce n’est tout de même pas une nouveauté mise à jour par les féministes que ce manque d’objectivité dans certains courants ou écoles de l’économie….

    En fait, le texte de Morel ne m’a pas choqué mais je n’y ai rien trouvé de bien nouveau, ces réalités d’injusticess économiques vécues par les femmes. je les connaissais déjà.

    J’ai parlé plus généralement de l’approche féministe parce que je crois que l’économie féministe s’inscrit dans ce courant. Et moi l’approche féministe comme méthodologie en science humaine, j’ai un mauvais oeil là dessus!

    Je me demande si dans ce genre de formation, on pourrait essayer de démontrer que le féminisme peut avoir des défauts, des travers…je trouve que mettre l’épithète de « féministe » au champ d’étude « économie » veut dire faire la promotion du féminisme. L’Université se détache alors de son but principal qui est celui d’être le lieu de critique par excellence.

    Tu parles de lobby de l’idéologie néolibérale dans les université , je sais que l’Université est déjà envahie de farfadets de droite, mais bon, ce n’est pas une raison pour laisser entrer sans critiquer les farfadets de la gauche….

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  24. 29 décembre 2011 14 h 14 min

    @ Koval

    Je crois que, fondamentalement, nos positions ne sont pas si éloignées. Comme moi, tu trouves ce texte correct. Moi, je dis que si ça dérapait, je décrocherais. Toi, tu sembles plus méfiante que moi. On craint finalement les mêmes choses, sauf que je me suis arrêté au texte, pas aux dérapages potentiels que son approche pourrait entraîner.

    Il me semble que nous sommes aussi d’accord qu’un cours sur cette question serait pertinent. Je ne serais pas plus d’accord que toi s’il était question d’en faire un programme autonome, même pas un certificat. On doit connaître les autres courants économiques pour pouvoir apprécier (pas dans le sens d’aimer, mais d’évaluer…) l’apport des questions soulevées par ce texte.

    Pour le reste, on verra!

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  25. 29 décembre 2011 16 h 10 min

    Oui, bien sûr, le texte de Morel est bien sage, sans énormités. Je l’ai déjà lue sur d’autres sujets, elle m’a l’air tout à fait brillante, pertinente et intéressante.

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  26. Richard Langelier permalink
    29 décembre 2011 16 h 35 min

    J’allais mettre mon nez dans le débat, lorsque mon vieux moniteur a rendu l’âme. J’attendais la température maximale de la journée pour aller en acheter un autre. Je viens de faire le vieux truc d’allumer éteindre plusieurs fois et il est ressuscité. J’irai demain, le nouveau aura moins de chance de « péter au frette ».

    La science prolétarienne de Lyssenko http://fr.wikipedia.org/wiki/Trofim_Denissovitch_Lyssenko me fait pencher du côté du point de vue de Koval. J’ai lu aussi des Traités d’économie marxiste qui visaient à résumer Le Capital, alors que le sous-titre du Capital est « Critique de l’économie politique ».

    J’ai étudié avec Sylvie Morel lorsque j’ai fait mon bac et j’ai lu des articles d’elle. Je connais sa rigueur intellectuelle. Le texte paru sur le site Économie autrement est fort bref. Lorsqu’elle parle de « la recherche féministe en économie », je ne sursaute pas, mais lorsqu’elle parle « d’économie féministe », Jean Narrache.

    Au cas où le moniteur.. je poste et je reviens.

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  27. 29 décembre 2011 17 h 24 min

    Original commentaire Richard

    « Tous mourront au goulag. »

    Il avait de bons trucs ce Lyssenko!

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  28. 29 décembre 2011 17 h 48 min

    @ Richard Langelier

    «La science prolétarienne de Lyssenko»

    Ouf, j’ai hâte de savoir quel est le rapport entre ça et le texte de Sylvie Morel!

    Bon, je suis seul dans mon coin… 🙂

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  29. Richard Langelier permalink
    29 décembre 2011 18 h 12 min

    @ Koval

    «original commentaire» me semble un calque de l’anglais.
    Quand j’aurai le temps, j’irai sur wordpress trouver comment mettre de beaux guillemets comme vous le faites.

    @ Darwin

    Attendez, attendez, j’écris lentement.

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  30. 29 décembre 2011 18 h 35 min

    @ Richard Langelier

    «Quand j’aurai le temps, j’irai sur wordpress trouver comment mettre de beaux guillemets comme vous le faites.»

    Vous qui tenez tant au français devez savoir que les guillemets en français se font avec « et »… Mais, bon, c’est peut-être moins beau que “ et ” !

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  31. Richard Langelier permalink
    29 décembre 2011 18 h 52 min

    @ Darwin

    Qui vous a dit que je ne me moquais pas de Koval ?

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  32. 29 décembre 2011 20 h 09 min

    @ Richard Langelier

    «Qui vous a dit que je ne me moquais pas de Koval ?»

    Sur l’économie féministe? 😉

    Non, j’ai compris, sur les guillemets… Disons que j’avais éloigné cette possibilité trop rapidement! 😳

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  33. Richard Langelier permalink
    29 décembre 2011 21 h 41 min

    Sur un comité, une membre nous avait parvenir un article d’une page qu’elle avait publiée dans la revue À Babord, résumant une recherche sur l’industrie du vêtement, dix ans après l’Aléna. Elle avait écrit que les hommes qui représentaient 28 % de la main-d’oeuvre gagnaient en moyenne 26 000$, alors que les femmes gagnaient en moyenne 19 000$. J’ai fait l’hypothèse que pour les hommes, il pouvait y avoir un nuage de points autour de 40 000$ (les emplois d’électriciens, de mécaniciens) et un autre autour de 19 000$ pour les emplois de manutention fixés à cette époque par le décret de l’industrie du vêtement. J’avais un vague souvenir que dans mon cours sur la régression, la droite entre deux nuages de points était en pointillé et que si la moyenne s’y trouvait, elle n’était pas significative [1]. J’avais aussi fait l’hypothèse que la majorité des femmes occupaient des postes d’opératrice de machine à coudre ou de secrétaire payés selon le décret.

    Il n’y a aucune loi de la nature qui nous ferait découvrir quel devrait être le niveau de salaire de l’électricien et celui de l’opératrice de machine à coudre. Peut-être que le rapport de force dont le vandalisme dans l’industrie de la construction au cours des années 70 est un facteur au Québec [2]. Je m’inquiète de la moyenne présentée dans ce résumé d’une page. Tout ça peut sembler loin de Lyssenko, mais il m’arrive d’épouser l’ontologie candide d’Engels : « la quantité se transforme en qualité » [3].

    Lorsque la CSQ a proposé de régler le dossier l’équité salariale en faisant équivaloir moins d’années d’ancienneté à une année de scolarité dans l’échelle salariale, parce que les femmes ont eu moins de chances d’étudier, de nombreuses enseignantes ont écrit dans les pages du Devoir qu’elles avaient quitté l’université, endettées, à 25 ans, alors que d’autres avaient commencé à toucher un salaire et une cotisation au régime de retraite avant cela, qu’elles avaient pris un congé sans solde pour se perfectionner, pendant que les autres touchaient leur salaire et leur cotisation au régime de retraite.

    En conférence de presse, lorsque Françoise David a expliqué la proposition adoptée par les congressistes sur le niveau du salaire minimum, elle l’a justifiée par le fait que ce sont majoritairement des femmes qui sont au salaire minimum. Dans ce cas-là non plus, il n’y a aucune loi de la nature qui nous ferait découvrir la définition d’un emploi qualifié et celle d’un emploi non qualifié. En ce moment, au Québec, on considère qu’un emploi qui exige un diplôme d’études secondaires sans qualifications professionnelles est payé au salaire minimum (sauf dangerosité), celui qui exige un diplôme d’études collégiales techniques plus, un baccalauréat, etc.

    Je sais bien qu’il n’y a pas un discours féministe unifié, avec ses dogmes. À propos de la pornographie et de la prostitution, il peut opposer « mon corps m’appartient » à « dégradation du corps de la femme ». Une libertarienne considère que la femme doit se libérer de l’État. J’ai déjà lu des anthropologues américaines qui n’adhéraient pas au discours trans-historico-géographique de la longue oppression des femmes remontant à la soupe primitive. Elles avaient recensé des études sur les Amérindiens. Elles considéraient que les sociétés iroquoiennes étaient très égalitaires puisque les mères de clan choisissaient les chefs d’expédition de chasse et de guerre, puis les répudiaient.

    Darwin, j’imagine mal un gouvernement féministe avec des Lyssenko. Je me méfie de la conjugaison sciences sociales militantisme, même si elles se sont construites contre l’ordre féodal européen.

    [1] Cette membre m’a offert de me vendre un exemplaire de l’étude et m’a informé que je pouvais me la procurer à la Fédération des femmes du Québec, pour le même prix.
    [2] À Victoriaville, c’était réglé simplement. Les hommes travaillaient 45 heures dans les usines de meubles et les femmes 40 dans les usines de vêtement. Elles avaient le temps de préparer les repas. Le négociateur de l’Union internationale du rembourrage est passé alors que j’avais un emploi d’été dans une usine de meubles. Un travailleur a demandé de réduire la semaine de travail. Le négociateur lui a répondu que c’était pour les femmes qui allaient gagner un revenu d’appoint. Le débat était clos.
    [3] Il n’y a pas de plus cyniques que ceux qui ont défendu le marxisme, à la cafétéria et à la taverne, avant d’avoir lu quelques pages de Marx et d’Engels.

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  34. 29 décembre 2011 22 h 19 min

    @ Richard Langelier

    «J’avais aussi fait l’hypothèse que la majorité des femmes occupaient des postes d’opératrice de machine à coudre ou de secrétaire payés selon le décret.»

    Les décrets ne s’appliquaient pas à toute l’industrie : chemise pour hommes et garçons, confection pour dames, confection pour hommes et gant de cuir. Certaines entreprises s’arrangeaient pour être classées unisexe… Et le salaire des opératrices dans ces décrets partait au salaire minimum… C’était sensé protéger leur emploi! L’emploi dans cette industrie a baissé d’au moins 60 % entre 2002 et 2010!

    «Il n’y a pas de plus cyniques que ceux qui ont défendu le marxisme»

    Ça doit être pour ça que je ne suis pas plus cynique!

    «En ce moment, au Québec, on considère qu’un emploi qui exige un diplôme d’études secondaires sans qualifications professionnelles est payé au salaire minimum (sauf dangerosité)»

    Le problème, c’est que cela est plus vrai dans le cas des emplois occupés par des femmes et moins pour ceux occupés par des hommes. Je travaille en économie du marché du travail depuis environ 20 ans et la discrimination salariale basée sur le sexe, surtout pour les emplois qui exigent peu de qualifications, est la chose qui m’a toujours le plus renversé. Et ça ne s’améliore pas vraiment…

    Revenu moyen d’emploi en 2005 pour les personnes qui travaillaient à temps plein et à l’année:

    Coupeurs de tissu : 26 600 $ (67 % masculin) moins d’un DES : 47 %
    Opératrices : 19 400 $ (89 % féminin) moins d’un DES : 50 %

    Pourquoi 37 % de plus aux coupeurs? C’est plus dangereux? Au contraire, tout est depuis des années automatisé. Tu n’as qu’à bien étendre le tissu (ce qui n’est pas si simple, je tiens à le préciser.

    «Le négociateur lui a répondu que c’était pour les femmes qui allaient gagner un revenu d’appoint. Le débat était clos.»

    Voilà un des facteurs historiques qui explique cette discrimination systémique.

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  35. 29 décembre 2011 22 h 47 min

    @ Richard Langelier

    «J’ai fait l’hypothèse que pour les hommes, il pouvait y avoir un nuage de points autour de 40 000$ (les emplois d’électriciens, de mécaniciens) et un autre autour de 19 000$ pour les emplois de manutention fixés à cette époque par le décret de l’industrie du vêtement.»

    C’est seulment le salaire minimum qui était dans les décrets.

    Je suis allé vérifier le revenu moyen et médian des coupeurs de tissus en 2005 qui ont travaillé à temps plein et à l’année selon le sexe (le salaire le plus élevé est celui des hommes :

    moyen : 28086 $ et 23142 $ (21 % plus élevé pour les hommes)
    médian : 27532 $ et 18776 $ (47 % plus élevé pour les hommes)

    Pour les opératrices de machines à coudre ?

    moyen : 26255 $ et 18374 $ (43 % plus élevé pour les hommes)
    médian : 23123 $ et 18374 $ (26 % plus élevé pour les hommes)

    C’est sur Internet…

    Je donne raison à l’étude de la FFQ (Ruth Rose a beaucoup écrit sur cette industrie, ainsi que Michel Grant; était-elle l’auteure?). Vous avez sûrement remarqué que les moyennes tournent autour des données dont vous avez parlé (26 000 et 19 000).

    En passant, il y a très peu de mécaniciens et d’électiciens dans cette industrie, car, soit que l’entretien et la réparation sont sous-traités, soit qu’ils sont assurés par les grossistes ou fabricants de machinerie. J’ai aussi pas mal travaillé sur cette industrie…

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  36. Richard Langelier permalink
    29 décembre 2011 23 h 38 min

    @ Darwin

    C’est l’article http://www.ababord.org/spip.php?article583 que Gisèle Bourret avait fait parvenir aux autre membres du Comité Économie et mondialisation du mouvement Option citoyenne.
    J’y reviendrai demain puisqu’il me reste des chose à dactylographier.
    Je lis cependant vos « datas » dès qu’elles parviennent.

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  37. jack permalink
    30 décembre 2011 0 h 13 min

    Ces données sur les coupeurs de tissu et opérateur de machines à coudre m’intriguent et m’intéressent. Pourrais-tu me donner le lien vers ces informations?

    Et si tu as des réponses à suggérer à ces deux questions qui surgissent à mon esprit…

    1- Comment est-ce légal de donner des salaires aussi différents pour le même poste?
    2- Ces emplois sont-ils syndiqués?

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  38. 30 décembre 2011 0 h 24 min

    @ Richard Langelier

    «Femmes au travail… atypique»

    Le ton de cet article est passablement misérabiliste… Pas sûr du rôle de l’ALÉNA là-dedans, toutefois. Le taux de temps partiel chez les femmes est remarquablement égal au cours de cette période. De même, la situation des femmes dans l’industrie du vêtement a toujours (enfin, depuis que des données sont disponibles) été déplorable.

    «Il saute aux yeux que la libéralisation de l’économie n’a pas enrayé, loin de là, la division sexuelle du travail ni corrigé l’écart de revenus entre hommes et femmes.»

    Mais l’a-t-il accentué? Bien d’autres phénomènes se sont passés entre 1988 et 2002…

    Je suis d’accord que cet article triture les faits pour les faire entrer dans le moule. Cela dit, il demeure exact que la situation des femmes sur le marché du travail, surtout au plan des revenus, demeure encore bien loin derrière celle des hommes.

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  39. 30 décembre 2011 0 h 47 min

    @ Jack

    «Pourrais-tu me donner le lien vers ces informations?»

    Aller à http://www12.statcan.gc.ca/census-recensement/2006/dp-pd/tbt/index-fra.cfm
    cliquer sur 13. Travail
    cliquer sur Profession
    C’est le tableau 7. Je l’ai téléchargé en format B20/20, mais il faut connaître…

    En htlm, c’est gossant… Les professions sont J161 et J162

    «1- Comment est-ce légal de donner des salaires aussi différents pour le même poste?»

    Ce n’est peut-être pas dans les mêmes entreprises. Si ça l’est, je ne suis pas sûr que ce soit vraiment illégal. Pour le reste, on peut supposer n’importe quoi (heures de travail, ancienneté, etc.), ce que je n’aime pas faire sans donnée pour étayer. Pour les opératrices de machines à coudre, c’est carrément affolant : les heures sont fixes, elles sont en moyenne beaucoup plus âgées (ça ne peut donc pas être une question d’ancienneté)… Il ne reste plus beaucoup d’hypothèses autres que la discrimination pure et simple, genre accès aux jobs les plus payantes aux hommes (les bonis sont plus payants dans certaines confections: j’ai déjà entendu parler d’une source fiable d’une femme qui a refusé un emploi parce qu’on voulait lui faire coudre des manches droite au lieu des gauches… elle était tellement habituée, qu’elle se tapaient de gros bonis avec les gauches, mais pas avec les droites!).

    2- Ces emplois sont-ils syndiqués?

    Selon une source que je viens de lire, le taux de syndicalisation serait de 15 % dans le vêtement au Canada.

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  40. Benton permalink
    30 décembre 2011 12 h 54 min

    @Darwin

    Je crois que le lien que Richard Langelier fait avec Lyssenko se résume a cette phrase dans wiki:

    À la fin des années 1940, on voit apparaître la fameuse théorie des deux sciences : « La science bourgeoise, fausse par essence, et la science prolétarienne, vraie par définition ».

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  41. 30 décembre 2011 13 h 10 min

    @ Benton

    «Je crois que le lien que Richard Langelier fait avec Lyssenko se résume a cette phrase dans wiki:»

    Ça a du sens, mais, je ne vois toujours pas le rapport avec le texte de Sylvie Morel, ni avec l’économie féministe.

    Si je ne m’abuse, le texte cité par Richard Langelier se rapporte à la biologie, pas à des sciences sociales. En outre, je ne trouve pas du tout ce genre de condamnation ex cathedra ou de sanctification dans le texte de Sylvie Morel. Tel que je l’ai compris, elle veut surtout que les autres courants tiennent compte des particularités des femmes et que les politiques sociales combattent les inégalités basées sur le sexe.

    Que ce courant puisse attirer des personnes intransigeantes qui colporteraient des grossièretés du genre de celles de Lyssenko, j’en conviens, mais ce n’est surtout pas ce qui m’intéresse dans le texte que j’ai présenté dans ce billet.

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  42. Richard Langelier permalink
    30 décembre 2011 15 h 01 min

    @ Darwin

    J’étais persuadé que l’industrie du vêtement était disparue du Canada sous l’effet de la concurrence asiatique. Je suppose que c’est parce que je m’habille à l’Aubainerie. Il faudrait que j’aille faire un tour chez A. Gold & Sons.

    En réalité c’est l’expression « économie féministe » qui m’a « dérangé » dans le texte de Sylvie Morel. Mes scrupules sémantiques m’auront permis d’apprendre bien des choses.

    « Tel que je l’ai compris, elle (Sylvie Morel) veut surtout que les autres courants tiennent compte des particularités des femmes et que les politiques sociales combattent les inégalités basées sur le sexe. »

    Ces vœux sont plus sérieux que les clichés que j’ai entendus tous les Jours de l’An depuis ma prime enfance.

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  43. 30 décembre 2011 15 h 33 min

    @ Richard Langelier

    «J’étais persuadé que l’industrie du vêtement était disparue du Canada sous l’effet de la concurrence asiatique.»

    Disons qu’entre 60 % (Enquête sur le population active) et 70 % des emplois au Québec (Enquête sur l’emploi, la rémunération et les heures de travail) sont effectivement disparus entre 2002 et 2010.

    «Je suppose que c’est parce que je m’habille à l’Aubainerie. Il faudrait que j’aille faire un tour chez A. Gold & Sons.»

    A. Gold & Sons n’existe justement plus… De mémoire, leur manufacture a déjà embauché plus de 1000 personnes…

    «En réalité c’est l’expression « économie féministe » qui m’a « dérangé »»

    J’étais aussi un peu dubitatif en commençant ce texte. Mais, le contenu m’a plu.

    «Ces vœux sont plus sérieux que les clichés que j’ai entendus tous les Jours de l’An depuis ma prime enfance.»

    Quels clichés?

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  44. Richard Langelier permalink
    30 décembre 2011 19 h 47 min

    À propos de clichés…
    Je ne peux faire mieux que pasticher le proverbe inventé par Yvon Deschamps : « Pour la prochaine année, je souhaite à tout le monde d’être riche et en santé plutôt que pauvre et malade! » Ayoye, mes genoux arthrosés! J’aurais don’ dû ne courir que 3 marathons!

    Par contre, là où Yvon Deschamps s’est trompé, c’est que je sais que si j’avais fait mon classique en tant que gosse de pauvres plutôt qu’en tant que gosse de riches, j’en aurais écrit de beaux billets ! J’admets plagier Raymond Devos, par l’absurde : « si seulement, on m’avait aidé, moi!!! »

    Je sais que je ne sais pas, je suis trop paresseux pour vérifier si c’est Jean Gabin qui l’a écrit.

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  45. 30 décembre 2011 21 h 03 min

    «Au Québec, en 2010, le revenu d’emploi médian des femmes a augmenté au même rythme que celui des hommes, soit de 2,8 %. Ainsi, le revenu d’emploi médian atteint 42 751 $ chez les hommes par rapport à 32 269 $ du côté des femmes»

    Page 6
    http://www.stat.gouv.qc.ca/publications/regions/PDF/Flash_travail_2011.pdf

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  46. 30 décembre 2011 21 h 37 min

    Cela reste dans le sens large… quand l’on ajoute un adjectif, que cela soit à la science ou à l’économie, l’on tombe dans l’idéologie…

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  47. jack permalink
    3 janvier 2012 12 h 46 min

    Merci Darwin, encore une fois!

    Je crois que tu m’avais déjà fourni cette référence il y a un bout de temps mais je l’avais oubliée.

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